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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

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21 août 2008 4 21 /08 /août /2008 11:11

Les six cygnes

 

Lors d’une partie de chasse, un roi se perdit en forêt. Quand il trouva refuge dans une chaumière, il demanda à la vieille femme, qui était une sorcière, de lui indiquer le chemin. La sorcière accepta à condition qu’il épousât sa fille. Le roi fut d’accord avec ce marché, mais malgré la beauté de la jeune fille, il « ne pouvait la regarder sans un secret effroi. » De retour au château, le mariage fut célébré.

 

Le roi avait déjà été marié. D’un premier lit, il avait eu six garçons et une fille. Le roi décida de les emporter dans un château isolé afin que leur marâtre ne puisse leur nuire.

Grâce à une pelote « de fil douée d’une vertu merveilleuse, » le roi parvenait à retrouver le chemin de la demeure de ses enfants aussi souvent qu’il le désirait.

Les absences répétées du roi inquiétèrent la jeune mariée qui réussit à en apprendre la raison : le roi rendait visite à ses enfants. La jeune femme « confectionna de petites chemises de soie, […], elle cousit un charme dedans. » Puis elle partit en forêt, où grâce à la pelote de fil du roi, elle trouva le chemin de la demeure des enfants. Quand elle arriva, « elle jeta sur chacun d’eux une des petites chemises et dès qu’elle leur toucha le corps, ils se changèrent en cygnes. » Ensuite, la jeune femme regagna la demeure royale, ignorant que les fils du roi avaient aussi une petite sœur.

 

Le lendemain, quand le roi vint voir ses enfants, il ne trouva que sa fille qui lui conta ce qui s’était passé. Cette nouvelle attrista le roi qui n’imaginait pas que son épouse pouvait être à l’origine de cela. La fille du roi demanda à son père l’autorisation de rester dans cette demeure. Dès que le roi eut quitté les lieux, sa fille partit à la recherche de ses frères. Elle marcha tant et tant qu’elle arriva auprès d’une cabane abandonnée. Elle y entra afin de se reposer. C’est alors qu’elle aperçut « six cygnes entrer par la fenêtre. » Elle reconnut ses frères. Le bonheur de se retrouver fut de courte durée. Afin de rendre forme humaine à ses frères, elle devait « rester six ans sans parler et sans rire et pendant ce temps coudre pour [ses frères] six petites chemises faites de fleurs étoilées. »

 

La jeune fille s’isola dans les bois où elle commença à coudre les chemises pour ses frères. Un roi, lors d’une partie de chasse, la vit. Comme elle ne répondait à aucune question, elle fut emmenée dans la demeure du roi qui l ‘épousa.

La mère du roi, mécontente de cette union, fit tout pour perdre sa belle-fille. Quand la jeune reine accoucha de son premier enfant, la reine-mère « le lui enleva et lui barbouilla la bouche de sang pendant son sommeil. Puis elle alla trouver le roi et l’accusa d’être une ogresse. » Le roi ne fit rien contre son épouse.

Quand naquit le troisième enfant, le reine-mère usa du même stratagème envers sa belle-fille, le roi ne put que « livrer [sa femme] à la justice. » La jeune reine fut condamnée au bûcher. Quand elle fut conduite au bûcher, les six ans venaient de s’écouler et chacune des chemises était cousue sauf une manche. Les six cygnes arrivèrent. Dès que leurs ailes touchèrent les chemises, les cygnes reprirent forme humaine. La jeune fille expliqua tout à son mari. La mère du roi « fut liée sur l’échafaud et réduite en cendres. » Le roi et le reine vécurent alors heureux.

 

La Belle au Bois Dormant

 

Il y a fort longtemps, un roi et une reine ne parvenaient pas à avoir d’enfants. « Un jour que le reine était au bain, une grenouille sortit de l’eau » et lui annonça qu’elle donnerait naissance à une fille.

Quand l’enfant vint au monde, le roi donna une grande fête au cours de laquelle il invita douze sages-femmes parmi les treize qui se trouvaient au pays, car « il ne possédait que douze assiettes d’or. »

« Les sages-femmes firent à l’enfant leurs dons merveilleux. » Alors que onze d’entre elles avaient prononcé « leurs formules magiques », la treizième arriva et déclara que lors de ses quinze ans, la princesse se piquerait avec un fuseau et tomberait morte. Ne pouvant annuler le vœu, la douzième l’atténua en disant que la princesse dormirait cent ans.

 

Le jour de ses quinze ans, la jeune fille, laissée seule, se promenait dans le château et « gravit l’étroit escalier en colimaçon. » La jeune fille aperçut « une vieille femme assise, qui filait activement son lin avec son fuseau. » La princesse voulut savoir ce que la vieille femme faisait. A peine fut-elle près du rouet que la princesse se piqua sur le fuseau et « tomba sur le lit qui se trouvait là, et resta plongée dans un profond sommeil. » Tout le château se trouva endormi.

 

Petit à petit, une haie d’épines poussa et cacha le château. Une légende naquit. Plusieurs fois, des fils de roi tentèrent leur chance mais aucun ne parvint à franchir cette haie.

Quand les cent ans furent écoulés, un prince, qui connaissait la légende, vint. « De belles et grandes fleurs […] le laissèrent passer sans dommage et se refermèrent en formant une haie derrière lui. » Le prince découvrit le château endormi, parvint à trouver l’endroit où reposait la princesse et l’embrassa. Elle se réveilla comme tout le château. On célébra les noces et « ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours. »

 

Blancheneige

 

Une reine, qui « était assise auprès d’une fenêtre encadrée d’ébène noir, […], cousait. » Soudain, elle se piqua et « trois gouttes de sang tombèrent dans la neige. » C’est pourquoi, elle souhaita avoir « une enfant aussi blanche que la neige, aussi rouge que le sang et aussi noire que le bois de ce cadre. » Quelques mois plus tard, la reine mit au monde l’enfant qu’elle avait tant désirée, mais elle ne lui survécut pas. L’enfant fut appelée Blancheneige.

 

Le roi, un an plus tard, se remaria, mais sa nouvelle épouse, « fière et hautaine », ne supportait pas que quelqu’un puisse être plus belle qu’elle.

Souvent, elle interrogeait son miroir magique afin de savoir qui était la plus belle. Elle ne se sentait rassurée que lorsque le miroir lui disait :

« Madame la Reine, vous êtes la plus belle de tout le pays. »

 

Blancheneige grandissait et devenait de plus en plus jolie. Quand elle eut sept ans, elle devint plus belle que la reine.

Un jour que la reine interrogea son miroir, celui-ci lui répondit :

« Madame la Reine, vous êtes la plus belle ici,

Mais Blancheneige est mille fois plus jolie. »

La reine devint immédiatement jalouse de Blancheneige et se mit à haïr la jeune fille. Alors la reine demanda à un chasseur d’emmener Blancheneige dans la forêt  et de la tuer. Comme preuve du meurtre, il devait rapporter le foie et les poumons.

Le chasseur obéit, mais une fois dans la forêt, les larmes de Blancheneige l’empêchèrent de mettre fin au jour de l’enfant. Il la laissa partir et tua un jeune marcassin dont il donna le foie et les poumons à la reine qui les fit cuisiner pour les manger.

 

Blancheneige, apeurée, marcha longtemps dans la forêt. Quand elle arriva devant une maison, elle y entra. Tout était petit, mais bien tenu et confortable. Elle se restaura, puis se coucha dans le septième lit qui était à sa taille.

Quand la nuit tomba, les habitants de la demeure revinrent dans leur maison. Ils remarquèrent tout de suite que quelqu’un était venu chez eux. Quand ils trouvèrent Blancheneige dans un des lits, ils n’osèrent pas la réveiller.

 

Le matin venu, « Blancheneige se réveilla et en voyant les sept nains, elle fut prise de peur. » Cependant, elle fut vite rassurée. Les nains lui proposèrent de rester avec eux et de s’occuper de la maison. Elle accepta.

Comme la jeune femme se retrouvait seule le jour, les nains lui recommandèrent d’être prudente car sa belle-mère finirait bien par apprendre où elle se trouvait.

 

Quand la reine interrogea son miroir, elle apprit que Blancheneige était vivante et se trouvait chez les sept nains. Comprenant que le chasseur l’avait dupée, la reine chercha comment tuer Blancheneige. Déguisée « en vieille mercière », elle se rendit chez les sept nains. Blancheneige ne se méfia pas d’elle et la laissa entrer dans la maison. Prétextant que Blancheneige était mal habillée, la reine mit le lacet neuf que la jeune fille venait de lui acheter. La méchante reine le serra si fort que « Blancheneige en perdit le souffle et tomba comme morte. » La reine quitta la maison.

 

Quand les nains revinrent, ils trouvèrent Blancheneige « couchée par terre. » Comprenant que le lacet était trop serré, les nains le coupèrent, ce qui permit à la jeune fille de reprendre connaissance. Quand la jeune fille eut expliqué ce qui s’était passé, les nains mirent Blancheneige en garde.

 

De retour au château, la reine interrogea son miroir qui lui apprit que la jeune fille était toujours vivante. Cette fois-ci, la reine décida de confectionner un peigne empoisonné. Déguisée en vieille femme, elle retourna chez les sept nains. A peine arrivée là-bas, elle parvint à gagner la confiance de Blancheneige et lui planta dans la chevelure. Aussitôt, Blancheneige perdit connaissance. La reine partit.

 

Peu après les nains arrivèrent. En voyant le peigne dans les cheveux de Blancheneige, ils devinèrent qui l’avait mis. Ils recommandèrent une fois encore la prudence à la jeune fille.

 

Quand la reine apprit de son miroir que Blancheneige était toujours vivante, elle fut terriblement en colère. Elle prépara une pomme dont seul le côté rouge était empoisonné. La reine retourna chez les sept nains, mais Blancheneige ne la laissa pas entrer. Elle accepta cependant la moitié de la pomme tendue par la reine. Quand Blancheneige vit que le reine mangeait la moitié sans que rien n’arrive, elle fit de même avec la moitié rouge qu’elle avait dans la main. Elle tomba morte dès la première bouchée.

 

Quand la reine apprit par son miroir qu’elle était la plus belle de tout le pays, elle fut heureuse.

 

En revenant chez eux, les nains trouvèrent Blancheneige allongée sur le sol, mais ils ne trouvèrent rien sur elle indiquant qu’elle avait été empoisonnée. Ils l’installèrent alors sur une civière puis la pleurent. Elle restait si belle qu’ils décidèrent de lui faire un cercueil de verre transparent qu’ils installèrent sur la montagne.

 

« Blancheneige demeura longtemps […] dans le cercueil. » Un jour, un prince, qui avait passé la nuit dans la demeure des nains, vit le cercueil de la jeune fille. Il réussit à convaincre les nains de le laisser emmener Blancheneige.

Quand les serviteurs du prince emportèrent le cercueil, ils trébuchèrent. Blancheneige cracha alors le morceau de pomme. Le prince lui expliqua ce qui s’était passé et la demanda en mariage.

 

La noce fut préparée. De nombreux invités étaient attendus, parmi eux la belle-mère de Blancheneige qui venait d’apprendre par son miroir que sa belle-fille était vivante. D’abord, elle ne voulut pas se rendre à ce mariage puis la curiosité la poussa à s’y rendre.

 

La reine reconnut Blancheneige dès son arrivée. Terrorisée, elle ne put bouger. « Mais déjà on avait fait rougir des mules de fer sur des charbons ardents, […], et on les posa devant elle. Alors il lui fallut mettre ces souliers chauffés à blanc et danser jusqu’à ce que mort s’ensuive. »

 

L’oiseau d’or

 

Un roi avait un magnifique jardin dans lequel un pommier produisait des pommes d’or. Quand les pommes furent mûres, on les compta. Or dès le lendemain, il manqua une pomme.

Quand le roi l’apprit, il ordonna que quelqu’un soit de garde dans le jardin la nuit suivante. Le roi avait trois fils. Il chargea l’un d’entre eux de surveiller l’arbre, mais il ne put lutter contre le sommeil et le lendemain matin il manqua une pomme. La nuit suivante, le deuxième fils n’eut pas plus de chance, il s’endormit, il manqua une pomme le matin suivant. Par contre le troisième fils arriva à lutter contre le sommeil et « quand minuit sonna, un frémissement parcourut l’air et [le fils] vit au clair de lune un oiseau qui venait à tire d’aile […] dont le plumage brillait comme de l’or. » Alors que l’oiseau commençait à becqueter une pomme, le jeune garçon tira une flèche et blessa l’oiseau qui perdit une de ses plumes d’or.

 

Le lendemain matin, le fils alla donner la plume d’or à son père et lui raconta ce qu’il avait vu durant la nuit. Le roi tint alors conseil et décida qu’il lui faudrait l’oiseau en entier.

 

Le fils aîné, « se fiant à son intelligence », partit à la recherche de l’oiseau. En chemin, il rencontra un renard qui en tentant de sauver sa vie, lui donna un conseil. Sur le chemin qu’il allait parcourir, le fils du roi  ne devait pas entrer dans l’auberge «  toute brillante de lumière » mais dans celle de « mauvaise apparence. » Mais le fils aîné du roi n’en tint pas compte. Quand il arriva dans le village décrit par le renard, le fils du roi alla dans l’auberge où chants et danses régnaient. C’est alors que le fils du roi « oublia l’oiseau , son père et tous les bons principes. »

 

Quand le roi constata que son fils ne revenait pas, il laissa son deuxième fils partir. En chemin, le garçon rencontra le renard avec lequel il se passa la même chose qu’avec son frère aîné.

Quand après plusieurs jours, le deuxième fils ne revint pas, le roi ne voulut pas laisser partir son dernière fils, estimant qu’il aurait encore moins de chance que ses deux frères. Finalement, le roi ne put se résoudre qu’à laisser partir son dernier fils.

 

En chemin le dernier fils rencontra le renard à qui il ne voulait pas de mal. C’est pourquoi le renard aida le jeune homme. Tous deux, ils arrivèrent au village. Le jeune homme choisit la bonne auberge où il passa la nuit. Le lendemain, quand le jeune homme retrouva le renard, ce dernier lui donna un nouveau conseil. Le fils du roi devait marcher jusqu’à un château. Une fois arrivé, il devait ignorer les soldats endormis et traverser toutes les chambres pour parvenir jusqu’à « un cabinet où un oiseau d’or se trouv[ait] dans une cage de bois. »

 

Le fils du roi parvint au château transporté par le renard. Quand le fils du roi parvint dans la pièce de l’oiseau, il aperçut les trois pommes d’or « dispersées dans la pièce. » Pourtant, le fils du roi ne tint pas compte du conseil du renard : il changea l’oiseau de cage et « le mit dans la cage d’or. » Comme l’oiseau cria, il réveilla les soldats. C’est pourquoi le garçon fut arrêté, jugé et condamné à mort. Mais le roi de ce château lui proposa la vie sauve si le fils du roi « apportait le cheval d’or qui court encore plus vite que le vent. »

 

Le prince accepta mais il était désespéré, car il ne savait pas où pouvait être ce cheval. Le renard vint près du garçon et lui promit, malgré son ancienne désobéissance, de l’aide. Le cheval demeurait dans une écurie. En arrivant sur les lieux, les palefreniers ne dérangerait pas le fils du roi, qui n’aurait qu’à faire sortir le cheval de l’écurie et lui mettre seulement « la mauvaise selle de bois et de cuir. » Une fois encore, le jeune homme ne tint pas compte du conseil du renard. Quand le cheval eut sur le dos la selle d’or, il hennit, ce qui réveilla les palefreniers. Une nouvelle fois, le garçon fut arrêté, jugé et condamné à mort. Le roi de ce château accorda la vie sauve au jeune homme si ce dernier lui ramenait avec « la belle princesse du château d’or. »

 

Désespéré, le fils du roi partit à la recherche de cette princesse. Le renard eut pitié de lui et lui indiqua le chemin du château d’or. En arrivant, le garçon devait, selon les conseils du renard, embrasser la princesse et ne pas la laisser dire au revoir à ses parents. Quand à minuit, le jeune homme arriva au château d’or, il trouva facilement la princesse et l’embrassa. Mais la jeune fille supplia tant le fils du roi qu’il céda. Ce qui provoqua le réveil de tous les habitants du château. Le jeune homme fut mis en prison.

Le lendemain, le roi du château d’or lui dit qu’il obtiendrait la grâce que s’il parvenait à déplacer la montagne avant huit jours. Le fils du roi se mit au travail, mais au soir du septième jour, quand il constata qu’il avait bien peu avancé, il « fut pris d’une grande tristesse et perdit tout espoir. » C’est alors que le renard revint et promit de l’aide au jeune garçon qui pourtant ne le méritait pas.

 

Le lendemain matin, la montagne avait disparu. Le garçon alla trouver le roi pour lui dire que la montagne avait disparu. Le roi accorda, comme promis, la main de sa fille au jeune homme. Le couple partit et fut rejoint par le renard.

 

Le renard apprit au garçon comment avoir le cheval d’or. Il devait emmener la princesse auprès du roi qui la lui avait demandée. Comme il y aurait une grande liesse, le jeune homme obtiendrait le cheval. Ensuite le jeune homme devrait monter dessus et tendre la main à demoiselle afin de pouvoir la saisir. Ainsi il pourrait prendre la fuite en sa compagnie sans être rattrapé par personne. Quand le fils du roi parvint à faire cela, le renard lui indiqua qu’il pourrait obtenir l’oiseau d’or.

 

En arrivant dans la cour du château à l’oiseau d’or, le fils du roi fut accueilli de la façon dont lui avait parlé le renard. On apporta l’oiseau d’or au garçon qui s’en alla aussitôt avec la jeune fille et le cheval.

 

Après avoir accompli tout cela, le renard demanda une récompense au garçon. Ce dernier devait tuer le renard, lui couper la tête et les pattes. Comme le jeune homme refusa, le renard partit et lui conseilla de ne jamais acheter de gibier de potence et de ne jamais s’asseoir sur la margelle d’un puits.

Le garçon trouva ces recommandations étranges. Il poursuivit néanmoins son chemin. Quand il arriva dans le village aux deux auberges, les habitants étaient sur le point de pendre deux hommes qui n’étaient autre que ses frères.  Il leur sauva la vie contre une somme d’argent. Ensemble, ils poursuivirent le voyage.

 

En chemin, ils s’arrêtèrent pour se restaurer. Le plus jeune frère, sans y prendre garde, s’assit sur la margelle d’un puits. Il fut alors poussé par ses deux frères qui partirent avec le butin que le jeune frère avait acquis.

Le renard vint en aide au garçon, mais ce dernier devait faire attention aux gardes que ses frères avaient postés dans les environs du château paternel.

 

Quand le jeune homme arriva au château, il avait pris soin de changer de vêtements pour ne pas être reconnu. Dès qu’il arriva la jeune fille cessa de pleurer, le cheval se mit à manger et l’oiseau à chanter. Ce changement d’attitude surprit le roi qui en demanda la raison. Quand la jeune princesse, malgré les menaces des deux frères, eut tout expliqué au roi, ce dernier demanda à ce que tous les occupants du château lui soit présenté. Son plus jeune fils fut retrouvé et ses deux frères exécutés. La demoiselle épousa le fils du roi.

 

Quelques temps plus tard, le fils du roi retourna en forêt et revit le renard. Cette fois, le garçon accepta de tuer le renard qui soudain se changea en homme. Cet homme était le frère de la princesse que son époux venait délivré d’un enchantement. Désormais, ils vécurent dans le bonheur.

 

FIN DE LA TROISIEME PARTIE

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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 11:12

 Le vaillant petit tailleur

 

Un tailleur, qui s’était préparé quelques tartines de marmelade, achevait son travail. C’est alors que des mouches s’intéressèrent à ses tartines. Il parvint, à l’aide d’un vieux chiffon, à en tuer sept d’un coup. Fier de cet exploit, « le petit tailleur se coupa une ceinture, la cousit et y broda en grandes lettres : « Sept d’un coup ! ». » Avec cette ceinture nouée autour du corps, il décida qu’il devait faire connaître son exploit aux habitants de sa ville. Puis estimant que cela ne suffisait pas, il « décida d’aller courir le vaste monde. »

En chemin, il rencontra un géant qui le toisa. Le petit tailleur lui fit voir sa ceinture, ce qui inspira du respect de la part du géant. Toutefois, le géant décida de soumettre le tailleur à l’épreuve. A chaque fois, grâce à une ruse, le petit tailleur sortait vainqueur des défis imposés par le géant. Ce dernier proposa alors au tailleur de venir pour une nuit dans sa taverne.

Quand tous deux arrivèrent, d’autres géants étaient déjà là. Le géant offrit son lit au petit tailleur qui préféra se blottir dans un coin de la taverne pour trouver le sommeil. Quand le géant estima que le tailleur était endormi, il frappa son lit croyant assommer son hôte. Le matin, lorsque les géants virent le tailleur sortir de la taverne, ils prirent peur.

 

Le petit tailleur continua son chemin. Quand « il se trouva dans la cour d’un palais royal, […], il se coucha dans l’herbe et s’endormit. » Tandis qu’il sommeillait, des hommes l’aperçurent et à la lecture de sa ceinture, allèrent dire au roi que cet homme pourrait leur être utile en cas de guerre.

A son réveil, le petit tailleur trouva l’ambassadeur chargé de lui transmettre le message du roi. Le petit tailleur accepta « de prendre du service dans l’armée », mais cela contraria les militaires qui demandèrent congé au roi.

Dérouté par le départ de ses militaires, le roi proposa un défit au petit tailleur : s’il venait à bout de deux géants qui semaient le terreur dans une forêt de son royaume, le petit tailleur pourrait épouser la fille unique du roi et aurait la moitié du royaume.

Une fois de plus, grâce à la ruse, le tailleur réussit à mettre en colère un géant contre l’autre. Ils s’affrontèrent et trouvèrent la mort tous deux. Le petit tailleur « tira son épée et en assena quelques bons coups dans la poitrine de chacun des géants, puis il sortit du bois pour retrouver ses cavaliers. » Il déclara que le défit avait été relevé. Dubitatifs les cavaliers entrèrent dans la forêt et découvrir « les géants baignant dans leur sang, au milieu des arbres arrachés. »

 

Quand le tailleur demanda au roi la récompense promise, ce dernier « chercha un nouveau moyen de se débarrasser du héros. » Le tailleur devait maintenant venir à bout d’une licorne qui faisait de gros dégâts.

Une fois de plus, la ruse permit au tailleur de capturer la licorne. Mais le roi refusait toujours de tenir sa promesse. Cette fois, le tailleur devait « attraper un sanglier qui causait de gros dégâts dans la forêt » avec l’aide des chasseurs. Une fois encore, la ruse permit au tailleur de relever le défit. A contre-cœur, le roi tint sa promesse.

 

Quand la jeune fille comprit qui était son mari, elle fit part à son père de son chagrin. Ils complotèrent pour se débarrasser du tailleur, mais l’écuyer « attaché à son jeune maître, […] dénonça tout le complot. »

Sachant cela, le soir venu, le petit tailleur alla se coucher, comme à son habitude, feignit de dormir et parla dans un faux sommeil, effrayant ainsi ceux qui, devant sa porte de chambre, étaient chargés de se débarrasser de lui. « C’est ainsi que le petit tailleur devenu roi le resta toute sa vie. »

 

Cendrillon

 

« Un homme riche avait une femme qui tomba malade . » Avant de s’éteindre, l’épouse demanda à parler à sa fille unique à qui elle recommanda d’être toujours pieuse et bonne. Elle promit aussi à son enfant de toujours veiller sur elle.

 

Quelques mois plus tard, le père de la jeune fille se remaria. Sa nouvelle épouse avait deux filles « qui étaient jolies et blanches de visage, mais laides et noires de cœur. » La jeune fille fut privée de tout et dut travailler dur du matin au soir.

 

Quand un jour, le père de la jeune fille se rendit à la foire, il proposa à chacune des filles de leur ramener quelque chose. Alors que les deux sœurs désiraient de belles choses, Cendrillon –ainsi surnommée par les deux sœurs- demanda un rameau.

Quand le père fut de retour, il donna à chacune d’elles, ce qu’elles avaient demandé. Cendrillon alla sur la tombe de sa mère et y planta le rameau de noisetier. Cendrillon « pleura si fort que ses larmes tombèrent dessus et l’arrosèrent. » Le rameau grandit bien vite et devint un arbre sous lequel Cendrillon venait se recueillir. Un oiseau y venait aussi dès que Cendrillon était là. Chaque fois qu’elle « exprimait un souhait, l’oiseau faisait tomber entre ses mains ce qu’elle avait souhaité. »

 

Lorsque le roi donna une fête « afin que son fils pût choisir une fiancée », Cendrillon voulut s’y rendre mais sa belle-mère lui trouva des corvées à faire. Bien qu’avec l’aide des oiseaux, Cendrillon parvint à venir à bout de tout ce que lui avait été demandé de faire, Cendrillon n’eut pas le droit de se rendre au bal.

Seule dans la maison, elle décida de se rendre sur la tombe de sa mère et dit :

« Petit arbre, agite-toi et secoue-toi,

Jette de l’argent et de l’or sur moi. »

Aussitôt l’oiseau lui donna une « robe d’or et d’argent et des pantoufles brodées de soie et d’argent. »

Quand elle arriva ainsi habillée au bal, elle ne fut pas reconnue par sa belle-mère et ses filles. Cendrillon dansa toute la soirée avec le prince. Quand elle parvint à lui échapper à la fin de la soirée, le prince la fit rechercher.

Le lendemain, alors que tout le monde avait quitté la maison, Cendrillon retourna sur la tombe de sa mère et prononça les mêmes paroles que la veille. Quand elle arriva à la fête, le fils du roi « la prit aussitôt par la main et ne dansa qu’avec elle. » Quand Cendrillon partit à la fin de la fête, le prince la suivit mais la jeune fille trouva refuge dans un poirier. Le roi pensant un fois encore que cette jeune fille avec laquelle avait dansé son fils ne pouvait être que Cendrillon, fit abattre l’arbre, mais Cendrillon  avait déjà réussi à regagner la demeure paternelle.

 

Le troisième jour de la fête, Cendrillon fit comme la veille et arriva dans une robe encore plus somptueuse que les autres. Elle dansa toute la soirée avec le prince. Le soir venu, Cendrillon voulut partir mais « le prince avait usé de ruse et avait fait enduire de poix tout l’escalier. » Cendrillon perdit une chaussure que le prince ramassa. « Je ne prendrai pour épouse que celle qui pourra chausser cette chaussure d’or. » dit le prince à son père.

 

Quand le prince fut dans la famille de Cendrillon, l’aînée essaya la chaussure. Comme elle était trop petite pour son pied, sa mère lui ordonna de se couper le gros orteil afin de pouvoir la mettre. Ainsi chaussée, la jeune fille alla près du prince qui la mit sur son cheval. Quand ils passèrent devant la tombe de la mère de Cendrillon, les deux colombes du noisetier dirent :

« Le soulier est trop petit,

La vraie fiancée est encore au logis. »

Après avoir vu le pied sanglant de la jeune fille, le prince revint dans la demeure avec la fausse fiancée et demanda à l’autre fille d’essayer la chaussure. La jeune fille dut se mutiler le pied pour le faire entrer dans la chaussure. Quand le prince vit la jeune fille, chaussure au pied, il partit à cheval avec elle. En passant devant la tombe de la mère de Cendrillon, le prince entendit la même phrase que la première fois. Il fit demi-tour et demanda si une autre fille vivait dans la maison. On fit alors venir, à contre-cœur, Cendrillon, qui parvint à glisser son pied dans la pantoufle d’or. « La marâtre et les deux sœurs furent terrifiées et devinrent blanches de rage. »

Le prince partit avec Cendrillon et en passant devant le noisetier, il entendit :

« Le soulier n’est pas trop petit,

C’est la vraie fiancée qu’il mène au logis. »

 

Quand les noces furent célébrées, les « perfides sœurs vinrent la voir et voulurent s’insinuer dans ses bonnes grâces pour avoir part à sa fortune. » Alors les colombes volèrent vers les deux sœurs et leur crevèrent un œil à chacune. « Pour leur méchanceté et leur perfidie, elles furent punies de cécité pour le restant de leurs jours. »

 

Les sept corbeaux

 

Un homme avait eu sept garçons, mais il souhaitait avoir une fille. Quand son épouse attendit un autre enfant, il espéra. Une fille vint au monde mais elle « était chétive et petite, et à cause de sa faiblesse il fallut l’ondoyer. » Le père demanda à l’un de ses fils d’aller chercher « de l’eau lustrale à la fontaine. » Tous les enfants décidèrent d’y aller et arrivés sur les lieux se disputèrent tant qu’ils perdirent la cruche pour puiser l’eau. Les enfants n’osèrent pas revenir chez eux. Ne voyant pas ses fils revenir, le père se mit en colère et déclara qu’il désirait que ses fils soient changés en corbeaux, ce qui arriva.

La tristesse d’avoir perdu leur fils fut quelque peu atténuée par la présence de leur fille. Longtemps, la petite fille ne sut pas qu’elle avait eu des frères. Quand elle l’apprit, elle « éprouv[a] chaque jour du remords et [crut] qu’elle devait délivrer ses frères. » C’est pourquoi, elle partit à leur recherche. Après avoir parcouru le monde, elle trouva refuge auprès des étoiles et reçut de l’étoile du matin un osselet qui devait l’aider à sauver ses frères enfermés dans la montagne de verre.

 

Quand elle arriva près de la montagne, elle se rendit compte qu’elle avait perdu l’osselet. Elle se coupa un petit doigt et parvint à entrer dans la montagne. Un gnome vint vers elle. Elle lui apprit qu’elle recherchait ses sept frères. Le gnome lui apprit qu’ils n’étaient pas encore de retour. La jeune fille prépara le repas des corbeaux. Puis elle « mangea une miette dans chaque gobelet ; mais dans le dernier gobelet, elle laissa tomber le petit anneau qu’elle avait emporté. »

 

Quand les corbeaux furent de retour, chacun d’eux remarqua que quelqu’un avait mangé et bu dans leur vaisselle. Quand « le septième [vida] son gobelet. L’anneau en tomba. » Le corbeau le reconnut, il s’écria alors :

« Dieu veuille que ce soit notre petite sœur, alors nous serions délivrés. » Quand la jeune fille entendit ces paroles, elle se montra à ses frères qui reprirent forme humaine. Heureux de se retrouver, ils revinrent chez eux.

 

Le Diable aux trois cheveux d’or

 

Une pauvre femme mit au monde un petit garçon coiffé à qui on avait prédit qu’à l’âge de quatorze ans, il épouserait la fille du roi.

Un jour que le roi se rendit dans la village où vivait cet enfant, il entendit parler de cette histoire, ce qui le mit en colère. Le roi parvint à se faire confier l’enfant sans que personne ne le reconnaisse. Le méchant roi mit l’enfant dans une boîte qu’il jeta dans l’eau. Mais la boîte ne coula pas et arriva dans un moulin où elle fut retenue par le barrage. Quand la boîte fut découverte par le meunier, ce dernier fut heureux de cet enfant tombé du ciel.

 

Un jour, le roi arriva jusqu’à ce moulin et voyant le garçon, interrogea le meunier qui lui apprit qui était cet enfant. Le roi comprit qu’il s’agissait de l’enfant dont il avait essayé de se débarrasser il y a plusieurs années. Le roi demanda alors au jeune garçon d’aller jusqu’au château afin de transmettre à la reine, le message qu’il venait d’écrire. Le garçon partit et transporta le message qui demandait à la reine de tuer l’enfant qui lui remettrait cette lettre. Mais le garçon se perdit en forêt et trouva refuge dans une maison de brigands. Une vieille femme, effrayée, l’accueillit et lui conseilla de partir car les brigands pourraient revenir et qu’ils s’en prendraient à sa vie. Trop fatigué, il refusa de partir et demanda à dormir. Quand les brigands revinrent, le garçon dormait. Les brigands apprirent son histoire grâce à la vieille femme. Quand les brigands découvrirent la lettre, ils furent émus par son contenu et décidèrent d’en écrire une autre dans laquelle ils disaient que « le jeune garçon devrait être marié avec la fille du roi.

Le matin venu, la garçon reprit sa route. Quand il arriva au château, il confia sa lettre à qui de droit et aussitôt la reine exécuta les ordres. Le garçon fut marié à la fille du roi.

 

Quand le roi apprit ce mariage, il fut en colère. C’est pourquoi, il demanda à son gendre de se rendre en enfer pour lui ramener les trois cheveux d’or du diable. Le jeune homme obéit. En chemin, il rencontra des gens qui lui posèrent des questions. Le garçon demanda à ces gens d’attendre son retour pour obtenir une réponse.

Quand il arriva en enfer, il trouva la grand-mère du diable qui l’aida. Ainsi, l’enfant eut les trois cheveux d’or et la réponse aux questions posées par les personnes qu’il avait rencontrées.

Sur le chemin du retour, il permit  aux habitants de retrouver leur fontaine qui donnait du vin, à d’autres leur arbre aux pommes d’or et au passeur de rivière, la promesse d’un remplaçant. Quand le garçon arriva au château avec les cheveux d’or et les récompenses des habitants, « quatre ânes chargés d’or », il fut heureux d’être de retour.

En voyant cela, le roi voulut savoir comment le garçon avait gagné cet or. Le roi se rendit au lieu indiqué par le garçon et depuis le roi est devenu le passeur de la rivière.

 

La jeune fille sans mains

 

Sans le savoir, un pauvre meunier, devenu subitement riche, avait promis sa fille au diable. Quand, après avoir écouté le récit de son mari, l’épouse comprit que le diable avait fait tout cela, les époux mirent en place une stratégie. Leur fille perdit alors ses deux mains.

La jeune fille décida de partir. Quand elle « arriva à un jardin royal et […] vit au clair de lune qu’il y avait là des arbres couverts de beaux fruits », elle voulut y entrer. Un ange vint l’aider. Ainsi, elle put manger une poire parmi celles qui « étaient toutes comptées. » Le jardinier voyant la jeune fille accompagnée d’un ange, n’osa rien lui dire. Quand le roi se rendit compte qu’une poire manquait, il interrogea le jardinier qui lui rapporta ce qu’il avait vu. Le roi annonça que la nuit prochaine, il monterait la garde en sa compagnie.

A minuit, la jeune fille arriva, un prêtre l’interrogea. Quand la jeune fille dit qu’elle était abandonnée de tous sauf de Dieu, le roi « l’emmena dans son château royal, et comme elle était si belle et si pieuse, il l’aima de tout son cœur, puis il lui fit des mains d’argent et la prit pour épouse. »

 

Quelques mois plus tard, le roi dut partir à la guerre. Il confia son épouse à sa mère et lui demanda de veiller sur elle et sur l’enfant qu’elle portait. Quand l’enfant vint au monde, la mère du roi écrivit à son fils, mais le diable s’en mêla et remplaça le courrier maternelle par une lettre de sa main et intercepta la réponse du roi. Lorsque la mère du roi lut qu’elle devait faire tuer sa belle-fille et son petit-fils, elle ne put obéir à l’ordre de son fils. C’est pourquoi, elle les laissa partir.

Dans la forêt, Dieu aida la jeune femme et son enfant. Ils trouvèrent refuge dans une maisonnette où « une demoiselle blanche comme neige » prit soin d’elle.

 

Quand le roi revint de la guerre, il fut désespéré par les propos de sa mère. Celle-ci le rassura et lui apprit que sa femme et leur fils vivaient encore. Le roi partit donc à leur recherche. Quand, enfin, après de longs mois, il les retrouva, le roi fut heureux de les revoir et découvrit avec bonheur que les mains de son épouse avaient repoussé grâce à Dieu. Alors, ils « vécurent dans la joie jusqu’à leur bienheureuse mort. »

 

FIN DE LA DEUXIEME PARTIE

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17 août 2008 7 17 /08 /août /2008 11:27

Sans doute connaissez­-vous quelques-uns de ces contes… Toutefois, la plupart d’entre eux vous sont sûrement inconnus. Voici l’occasion de redécouvrir ou de découvrir ce que est connu en allemand sous le nom de Märchen, c’est-à-dire le conte de fée.

 

Afin de rédiger ces contes, les frères Grimm ont collecté des nombreuses informations. Certains contes sont même empruntés à des récits et à des fabliaux français. C’est pourquoi, les sources des frères Grimm sont à la fois orales et écrites. Un premier volume de contes paraît en 1812. Un deuxième suit en 1815. Une dernière édition est publiée du vivant des frères Grimm en 1857.

 

Dans l’univers de ces contes, peu de personnages ont un prénom. Les mutilations sont nombreuses : mains et jambes sont quelquefois coupées. Les personnages, qui sont punis de leurs forfaits, périssent par le feu ou sont mutilés. Les métamorphoses sont toutes aussi nombreuses. Les rois et les reines sont de tous les royaumes à la fois. Parfois la religion a une petite place dans ces contes.

 

LIVRE PREMIER

 

De celui qui partit en quête de la peur

 

Un père avait deux fils : l’aîné était intelligent, mais son cadet était sot. Alors que l’aîné était peureux, le cadet ne craignait rien, faute de comprendre ce qu’était la peur.

Le père désespérait. Un jour, le sacristain, à qui le père s’était confié, lui proposa de s’occuper de cet enfant. Ce fut un échec.

Sur les conseils de son père, la cadet partit « courir le vaste monde », avec cinquante écus en poche.

 

En chemin, tandis qu’il murmurait qu’il voulait avoir peur, il fut entendu par un homme. Ce dernier lui proposa de passer la nuit près de l’arbre « où sept filous [venaient] de célébrer leurs noces avec la fille du cordier et où, pour l’heure, ils [apprenaient] à voler. »

Le cadet accepta et promit à l’homme les cinquante écus qu’il possédait, s’il parvenait à avoir peur. Or le cadet s’occupa des pendus et n’éprouva aucune crainte.

 

Le jour suivant, un charretier, qui avait entendu sa supplique, le conduisit dans une auberge où il lui fut raconté l’histoire du château ensorcelé. Le cadet se rendit donc au château. Le roi l’écouta et après avoir demandé trois choses –le feu, un tour et un établi- le cadet alla au château ensorcelé.

 

Trois nuits durant, le cadet parvint à affronter les différents démons qui peuplaient les lieux, libérant ainsi le château du mal dont il était victime.

Ayant réussi à casser l’enchantement, le cadet put épouser la fille du roi, comme il lui avait été promis.

Ce fut sa femme qui, après l’avoir aspergé « avec le seau d’eau froide plein de goujons, de sorte que les petits poissons se mirent à frétiller autour de lui », parvint à le faire frissonner de peur.

 

Le fidèle Jean

 

Un roi fort malade, fit demander à son chevet son « fidèle Jean » qui était « son serviteur préféré. »

Le roi demanda à Jean de s’occuper de son jeune fils et « de l’instruire en tout ce qu’il [devrait] savoir. » Jean accepta et reçut comme autre consigne de lui montrer « tout le château, toutes les chambres, les salles, les souterrains et les trésors qui y [étaient]. » Mais Jean devait laisser fermer la dernière chambre où était « caché le portrait de la princesse du Toit d’or. » Le roi mourut et Jean tint la promesse faite au roi.

 

Après la visite du château en compagnie de Jean, le jeune roi remarqua qu’une seule porte restait fermée. Il demanda des explications. Jean s’en tint à la promesse qu’il avait faite au défunt roi, mais le jeune roi ne voulut rien entendre. Jean dut céder.

Quand Jean ouvrit la porte, le jeune roi aperçut un portrait de femme et s’évanouit. Quand il reprit connaissance, le jeune roi questionna Jean qui lui répondit. Le jeune roi était tombé amoureux de cette femme mais comment conquérir son cœur ?

Le fidèle Jean chercha et proposa au roi de faire fabriquer à partir de l’or qu’il avait « toutes sortes d’oiseaux, de bêtes sauvages et fabuleuses. » Le roi accepta et quand tout fut prêt, les deux hommes prirent la mer.

Quand ils arrivèrent dans la ville de la princesse, le fidèle Jean demanda au roi de rester sur le navire, tandis qu’il irait auprès de la princesse avec quelques objets en or.

 

Le fidèle Jean se fit passer pour le serveur d’un marchand auprès de la camériste de la princesse. Quand la princesse vit les objets d’or apportés par Jean, elle voulut voir les autres objets dont lui avait parlé Jean. La princesse accepta de venir sur le navire. Quand ils furent dessus, Jean demanda au timonier de faire partir le bateau du port, tandis que la princesse regardait à l’intérieur la vaisselle d’or. Quand la princesse comprit qu’elle avait été dupée, elle prit peur. Le roi lui avoua tout. La princesse accepta de devenir son épouse.

 

Alors que la navire regagnait la demeure du roi, le fidèle Jean, qui était resté sur le pont, entendit trois corbeaux qui s ‘étaient posés sur le navire, parler. Ces trois oiseaux connaissaient tout ce qui permettrait au roi d’éviter le malheur avec sa femme. Ayant compris ce qu’avait dit les corbeaux, le fidèle Jean décida d’agir en conséquence. Il tua donc le splendide coursier roux qui devait conduire le roi à sa perte. Il brûla la chemise nuptiale factice sans que le roi ne dise rien contre lui, mais quand le fidèle Jean suça trois gouttes de sang du sein droit de la princesse pour lui rendre la vie, le roi fit jeter Jean en prison. Alors qu’il devait être exécuté, le fidèle Jean demanda à prendre la parole une dernière fois. A peine eut-il dit ce qu’il savait, qu’il fut changé en statue de pierre, comme l’avaient annoncé les corbeaux.

 

Les deux époux, affligés par cet événement, firent installer la statue de Jean dans leur chambre. Le temps passa. Un jour, tandis que le roi se demandait une fois encore comment rendre la vie au fidèle Jean, la statue de pierre lui dit qu’il retrouverait la vie à condition que le roi coupe la tête de ses deux enfants et qu’il frotte la statue avec leur sang. Saisi de terreur, le roi accepta néanmoins ce marché. Jean retrouva la vie et la rendit aux deux enfants.

 

Quand son épouse revint de la messe, le roi lui raconta qu’il pouvait rendre la vie à la statue en sacrifiant la vie de leurs deux enfants. Se souvenant de la fidélité de Jean, la reine accepta ce marché. C’est alors que le roi ouvrit l’armoire dans laquelle il avait enfermé Jean et les deux enfants. « Alors ils vécurent ensemble et furent heureux jusqu’à la fin de leurs jours. »

 

Les douze frères

 

Un roi et une reine avaient douze fils, mais le roi voulait une fille. Quand la reine fut enceinte, le roi lui dit que si c’était une fille, les douze garçons devraient mourir afin que sa fille « soit l’unique héritière du royaume. »

Le roi fit fabriquer douze cercueils pour ses douze fils.

Le plus jeune des enfants, Benjamin, proche de sa mère, ayant remarqué la tristesse de sa mère la questionna. Sa mère finit par lui avouer le terrible secret. Benjamin la rassura et lui fit part de son plan : leur départ. Ils quittèrent donc la demeure paternelle et comme convenu avec leur mère, attendirent dans les environs le signal afin de savoir si l’enfant né était une fille ou un garçon. Quand un drapeau rouge fut hissé sur le donjon, les douze enfants surent qu’une fille était née et que leur retour dans la demeure familiale était impossible.

Dans la forêt, ils trouvèrent « une petite chaumière enchantée qui était vide. » Ils y passèrent dix ans.

 

Dans la demeure familiale, la fille du roi grandissait. Elle finit par apprendre l’existence de ses frère et la raison de leur départ. La jeune fille déclara à sa mère qu’elle souhaitait partir à la recherche de ses frères, ce qu’elle fit.

En forêt, elle trouva la chaumière et rencontra Benjamin. Ils discutèrent. Benjamin expliqua à sa sœur qu’il devait trouver les mots pour parler de leur petite sœur à ses autres frères, car ils « [étaient] convenus de faire mourir toutes les jeunes filles qu’[ils pourraient] rencontrer, parce qu’[ils avaient] dû abandonner [leur] royaume à cause d’une fille. » Benjamin cacha sa sœur.

Les onze frères, grâce aux propos de Benjamin, acceptèrent de laisser la vie sauve à leur sœur. Ils vécurent harmonieusement jusqu’au jour où la jeune fille cueillit douze lis qu’elle destinait à ses frères qui « se changèrent en douze corbeaux qui volèrent à tire-d’aile au-dessus de la forêt, et que la maison disparut avec le jardin. » La jeune fille était désespérée. Soudain une vieille femme vint lui dire qu’elle ne pourrait délivrer ses frères du mauvais sort qu’en restant « muette pendant sept ans, sans pouvoir ni parler ni rire, et si [elle] disai[t] un seul mot […] tout serait vain et [ses frères] mourraient à cause de cette unique parole. » La jeune fille tint parole et vécut dans la forêt.

Un roi, qui était à la chasse, aperçut la jeune fille. Comme il la trouva belle, il la ramena avec lui et l’épousa. Mais la mère du roi sema le doute sur la belle jeune fille dans l’esprit de son fils. Elle parvint à convaincre son fils que son épouse avait commis de mauvaises choses. C’est pourquoi, le roi condamna son épouse à mourir sur le bûcher. Alors que « les flammes commencèrent de lécher les vêtements de leurs langues rouges, le dernier instant des sept années venait juste de s ‘écouler. » Les douze corbeaux arrivèrent et délivrèrent leur sœur qui put expliquer à son mari la raison de son si long silence. Ils vécurent heureux et la mère du roi fut jugée et mise « dans un tonneau rempli d’huile bouillante et de serpents venimeux. »

 

Les trois nains de la forêt

 

Un veuf et une veuve ayant eu chacun une fille, vivaient non loin l’un de l’autre. Un jour, la femme proposa à cet homme de se marier. Il s’en remit au sort. Il demanda à sa fille de prendre sa botte à la semelle trouée, de la pendre à un gros clou et de verser de l’eau dedans. Il ne se marierait que si la botte ne fuyait pas. Comme la botte resta pleine d’eau, il accepta de se marier.

 

L’épouse, jalouse de sa belle-fille, inventait chaque jour, de quoi lui rendre la vie difficile. Un jour d’hiver, elle envoya sa belle-fille, habillée d’une robe de papier, chercher des fraises en forêt. En chemin, elle aperçut une maison « où trois nains étaient à la fenêtre. Elle leur souhaita le bonjour et frappa discrètement à la porte. » Une fois entrée, elle accepta de partager son maigre repas et de balayer la neige « à la porte de derrière. » Dès qu’elle fut dehors, chaque nain lui accorda un don pour la récompenser. Le premier lui donna « le don d’embellir de jour en jour. » Le deuxième déclara qu’ « il lui tombera[it] des pièces d’or de la bouche chaque fois qu’elle proférera{it] un mot. » Le troisième annonça qu’ « un roi viendra[it] et la prendra[it] pour femme. »

Quand la jeune fille revint avec les fraises découvertes en balayant la neige, la belle-mère fut surprise, et ce, d’autant plus qu’une pièce d’or tombait de sa bouche dès qu’elle parlait. La demi-sœur fut jalouse, c’est pourquoi, elle voulut se rendre dans la forêt. Elle fut si désagréable avec les nains qu’elle rencontra qu’elle reçut trois punitions. Elle ne pouvait qu’enlaidir de jour en jour, qu’avoir un crapaud sortant de sa bouche dès qu’elle parlerait et que mourir d’une mort terrible.

 

De retour chez sa mère, la fille eut un crapaud qui sortait de sa bouche à ses premières paroles. Cela mit sa mère en colère.C’est pourquoi, elle chargea sa belle-fille d’aller faire « rouir le fil. »

Alors que la jeune fille était dans la forêt, « un splendide carrosse dans lequel se trouvait le roi » passa et s’arrêta.L’ayant pris en pitié, le roi lui demanda de venir avec lui. Ils se marièrent. Un an plus tard, la jeune femme eut un fils.

 

Quand sa belle-mère apprit le mariage et cette naissance, elle vint avec sa fille au château. Quand elle arriva, elle ne trouva que la reine. Avec l’aide de sa fille, la belle-mère jeta la jeune reine « par la fenêtre dans la fleuve qui coulait devant. »

La belle-mère installa sa propre fille dans le lit et parvint à faire croire au roi que son épouse était malade.

La nuit durant, « le marmiton vit une cane qui nageait dans le caniveau et […] demanda :

-Que fait mon petit enfant ? »

Quand le marmiton eut répondu qu’il dormait, la reine retrouva forme humaine et alla s’occuper de son fils, et ce, deux nuits durant. Mais la troisième nuit, elle demanda au marmiton d’aller dire au roi de venir avec son épée qu’il devrait « brandir trois fois sur le seuil au dessus d’[elle]. »

Le marmiton obéit et vint avec le roi. En accomplissant ce geste, il retrouva sa femme qu’il cacha « jusqu’au jour, où l’enfant devait être baptisé. »

Après le baptême, le roi demanda à la vieille femme ce qu’il convenait de faire « à quelqu’un qui [avait ] tiré un autre de son lit et l’[avait] jeté à l’eau. » Ayant répondu que cette personne méritait  d’être placée «  dans un tonneau garni de clous que l’on fera rouler du haut de la montagne jusqu’au fleuve. » Le roi répondit alors que telle serait sa punition pour elle et sa fille. Ce qui arriva.

 

Jeannot et Margot

 

Un couple de bûcheron avait deux enfants, Jeannot et Margot.

Alors que la disette sévissait, la femme poussa son mari à abandonner les deux enfants en forêt. Ayant entendu le projet de ses parents, Jeannot anticipa et alla ramasser de nombreux petits cailloux blancs avant d’aller dormir.

Le lendemain, la famille se rendit dans la forêt pour faire du bois. En chemin, Jeannot sema les petits cailloux dont ses poches étaient emplies.

 

Après avoir passé la journée dans la forêt, les enfants décidèrent  de prendre le chemin de la maison, ce qui fut possible avec les petits cailloux semés en cours de route. Si le père fut sincèrement heureux de revoir ses enfants, la mère feignit seulement de l’être.

 

Quand la disette revint, la mère parvint à faire accepter à son époux ce qu’elle lui avait déjà fait accepter une première fois. Bien que les enfants aient entendu les propos de leurs parents, ils ne purent agir, la porte étant fermée.

Le matin, le long du trajet, Jeannot sema du pain. Cette fois-ci, ils furent conduits plus loin que la première fois. Quand ils voulurent revenir en suivant les miettes de pain semées, ce fut impossible. Les oiseaux avaient tout mangé. Les enfants marchèrent encore et encore.

 

Un oiseau parvint à les attirer jusqu’à une maisonnette qui « était de pain et couverte d’un toit de gâteau. » Ils se mirent à manger la maison sans être étonnés par les paroles tenues par la maison. Tandis qu’ils mangeaient, une vieille femme, qui était une sorcière, sortit de la maison et parvint à les persuader d’entrer chez elle. La sorcière sépara les deux enfants et fit tout pour faire grossir Jeannot afin de le manger.

 

Après quatre semaines, Jeannot n’avait pas grossi, ce que ne savait pas la sorcière à la vue trouble. Elle décida de le manger malgré tout et de préparer tout ce qui était nécessaire à son festin. Margot, qui lui servait de domestique, parvint à déjouer son projet et enferma la sorcière dans le four où elle périt. Margot alla délivrer son frère et tous deux prirent ce qu’ils purent dans les « coffrets pleins de perles et de pierres précieuses. »

 

Les deux enfants réussirent à retrouver le chemin de la maison paternelle. Quand ils arrivèrent, leur père, veuf depuis peu, fut heureux de les revoir. Grâce à ce que les enfants avaient trouvé chez la sorcière, « tous leurs soucis prirent fin et ils vécurent  ensemble dans une joie sans mélange. »

 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

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