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Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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12 décembre 2007 3 12 /12 /décembre /2007 10:59

Paru au Brésil en 1881 sous le titre original de O Alienista, L'Aliéniste désigne celui que nous nommons dorénavant "psychiatre". Le titre de ce roman nous donne, sans même en avoir lu la première ligne, le thème de l'ouvrage : la folie appréhendée par celui qui doit la soigner. Au XIX e siècle, plusieurs romans abordent ce sujet mais souvent à travers les yeux du malade. Nous avons ici, un autre point de vue, tiré nous dit le narrateur "des chroniques de la petite cité d'Itaguaï", et ce, en moins de cent pages. Un roman fort court.

 
Simon Bacamarte, âgé d'une quarantaine d'années, a fait ses études de médecine en Europe. De retour au Brésil, il choisit de s'installer à Itaguaï où il épouse Dona Evarista de Costa e Mascarenhas, âgée de vingt-cinq ans et "veuve d'un juge de district, ni bien jolie ni sympathique." Le couple, après cinq ans de mariage, ne parvient pas à avoir d'enfants. C'est pour cette raison que riche de sa médecine, Simon Bacamarte décide de se plonger dans l'étude du "domaine psychique".
Après avoir obtenu du conseil municipale l'autorisation de construire un établissement pouvant recevoir des malades mentaux, Simon Bacamarte révèle à Crispim Soares, l'apothicaire, son projet : "[…] c'est d'étudier la folie à fond, d'en repérer les stades, d'établir une classification des différents cas, de découvrir enfin la cause du phénomène et le remède universel."
Au bout de quatre mois, l'établissement appelé Maison Verte, était déjà un village. Les malades qui s'y trouvaient, étaient atteints de délire amoureux ou se prenaient pour autre chose que ce qu'ils étaient. A partir de ces premiers cas, l'aliéniste commença à établir une classification. Il divisa les patients " en deux grandes classes ; puis il passa aux sous-classes : monomanies, délires et hallucinations diverses."
Voyant de moins en moins son mari, Dona Evarista commença à déprimer. Son mari lui ayant proposé de faire un séjour à Rio de Janeiro, ville qu'elle désirait voir depuis longtemps, Dona Evarista partit pour la capitale d'alors en compagnie de " la tante, la femme de l'apothicaire, le neveu de ce dernier, un prêtre dont l'aliéniste avait fait la connaissance à Lisbonne, [ …] cinq serviteurs et quatre esclaves noires préposées au service de ces dames […].
Tandis qu'il profite de l'absence de sa femme pour trouver d'autres cas de folie, l'apothicaire, Crispim Soares supporte difficilement l'absence de son épouse. L'aliéniste convoque l'apothicaire afin de lui faire part de sa nouvelle théorie : "Jusqu'ici la folie, objet des mes travaux, était une île perdue dans l'océan de la raison. J'en viens à soupçonner qu'il s'agit d'un continent". Au scepticisme de l'apothicaire succède la désapprobation du père Lopes.
L'enfermement de plusieurs personnes finit par susciter l'inquiétude de la population. Cette dernière devient vite terreur. Le barbier, Porfirio Caetano de Neves, suivi par une partie de la population, porte plainte devant le conseil municipal qui ne veut rien entendre. La rébellion se met en place conduite d'abord par trente personnes qui finissent par être trois cents.
Dona Evarista, revenue de son séjour à Rio de Janeiro, entend la révolte qui gronde et prévient son mari. Si ce dernier réussit à calmer les révoltés qui veulent la destruction de la Maison Verte, il se heurte au barbier – dont l'ambition est incontestable – qui relance le mouvement peu avant l'arrivée des dragons. Finalement, de revirements en revirements, le mouvement du barbier sort vainqueur de ce combat. Porfirio Caetano de Neves a la charge de la cité. Cette nouvelle situation angoisse l'apothicaire qui est proche de l'aliéniste. Désobéissant à sa femme, il se rend au palais afin de se ranger du côté du nouveau gouvernement.
Le barbier se trouve chez l'aliéniste qui annonce qu'il se pliera à la volonté de Porfirio Caetano de Neves. Il explique cependant qu'il ne veut pas assister à la destruction de la Maison Verte. Mais le barbier lui annonce tout autre chose. Lui et le conseil ne disposant pas de connaissances médicales, ils souhaitent qu'un équilibre soit trouvé, certains "malades pratiquement guéris et les maniaques légèrement atteints" pourraient être relâchés. Cette solution ne convient pas à l'aliéniste qui cherche à savoir quels sont les dégâts causés par ce soulèvement. De ces faits, il tire un classement scientifique.
Cinq jours plus tard, cinquante autres individus, favorables au nouveau gouvernement, sont internés. Cela provoque la chute du barbier qui est bien vite remplacé par Joao Pina. Cela permet à l'aliéniste de reprendre de façon indirecte le pouvoir. Les internements reprennent et peu de gens sont épargnés puisque Simon Bacamarte choisit de faire interner son épouse qui souffre d'une "variété de "manie somptuaire"".
L'aliéniste, grâce à un communiqué, apprend à la population que les malades vont être rendus à leur famille. Simon Bacamarte estime que lorsque les quatre cinquième d'une population se trouvent internée, la théorie doit être mauvaise. Cette nouvelle calme les esprits, mais peu de temps. Toutefois, l'aliéniste parvient à guérir tout le monde, mais il s'interroge sur son travail. "Etaient-ils fous vraiment, et je les aurais guéris, - ou ce que j'ai cru être une guérison n'a-t-il été que la découverte d'un constant déséquilibre dans le cerveau ?" Sa réflexion le plonge dans "deux sensations contradictoires". Il choisit alors de s'enfermer dans la Maison Verte où il meurt dix-sept mois plus tard sans avoir réussi à trouver la réponse à sa nouvelle doctrine. Et si le seul fou d'Itaguaï avait été l'aliéniste dit la rumeur ?
 
 
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