Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

Présentation du Blog

Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

Recherche

Archives

Pages

6 avril 2010 2 06 /04 /avril /2010 10:14

Source


LA PREMIÈRE GUERRE PUNIQUE (264 -241)

 

L'ENTRE-DEUX GUERRE (241-219)

 

Entre l'hiver 241 et le début de l'année 237 avant notre ère, Carthage dut faire face à la révolte de ses mercenaires. La cité ne parvenait plus à payer les mercenaires qui travaillaient pour elle.

 

À cela s'ajoutèrent de nombreux mécontentements qui ne cessèrent d'augmenter. Carthage fit alors appel à Hamilcar qui remporta quelques succès contre la sédition.

 

Rome, sachant dans quelle situation politique et financière se trouvait Carthage, estima qu'il lui fallait non seulement soutenir sa rivale face à l'insurrection que subissait Carthage mais aussi augmenter le tribut que Carthage –qui préparait une intervention en Sardaigne- devait à Rome.

 

Rome venait de prendre possession de la Sardaigne et de la Corse en 238 avant notre ère. Hamilcar, insatisfait de cette nouvelle situation, décida d'écraser la rébellion dans un bain de sang.

 

En 237 avant notre ère, Hamilcar se rendit en Espagne où Carthage possédait déjà les côtes de l'Andalousie. Cette région avait de nombreuses richesses : blé, or, argent et cuivre notamment.

 

Hamilcar avait alors quelques projets qu'il souhaitait concrétiser, ce qui ne paraissait pas inquiéter Rome.

 

S'installer en péninsule ibérique permettait surtout à Hamilcar de se trouver loin de ses adversaires politiques. Autre conséquence, il avait, de fait, une meilleure autonomie d'action.

 

Il parvint, en guerroyant, à acquérir un territoire important dans la péninsule ibérique. Bien qu'il restât fidèle à la cité mère de Carthage, Hamilcar (qui aida à rembourser la dette due à Rome), parvint à obtenir une espèce de pouvoir ressemblant fortement à celui des monarchies hellénistiques issues de l'empire d'Alexandre.

 

Quand Hamilcar mourut en 229 avant notre ère lors d'un combat, son gendre Hasdrubal le Beau lui succéda brillamment. Il choisit de poursuivre l'œuvre d'Hamilcar et fonda sur les côtes de l'Espagne une ville qu'il prénomma Carthagène –seconde Carthage et capitale de cet empire barcide-, mais celle-ci tomba en 221 avant notre ère sous les coups des conspirateurs.

 

Hasdrubal eut l'habileté de signer avec Rome un traité limitant  au fleuve Elbe les zones d'influence de Rome et de Carthage en Espagne.

Cependant, cette situation était bien fragile.

Hasdrubal tombé –il est assassiné en 221 avant notre ère-, il eut un successeur.

 

LE SUCCESSEUR D'HASDRUBAL

 

Emmené en Espagne par Hamilcar, alors qu'il n'était encore qu'un enfant, ce garçon bâtit sa conception du monde méditerranéen non seulement sur les enseignements de précepteurs grecs mais aussi sur l'exemple hellénistique qu'Hamilcar avait toujours appliqué.

 

Comme ce jeune homme avait accompagné d'abord Hamilcar, ensuite Hasdrubal dans leurs campagnes, il acquit rapidement la formation militaire nécessaire à tout homme qui devait diriger des soldats. Cet homme, qui aurait accepté, à la demande de son père Hamilcar, de vouer une haine éternelle à Rome, n'est autre qu'Hannibal.

 

À ROME

 

Pendant ce temps,  Rome, qui avait à la fois assez de réserve en homme, qui détenait du blé en Sicile et qui était une puissance maritime, avait réussi à assurer sa sécurité là où elle se sentait en danger.

 

Pouvant dorénavant combattre sur plusieurs fronts, elle avait triomphé des Ligures qui malmenaient en pillant leur commerce. En 225 avant notre ère, au cap Télamon, Rome avait soumis les Celtes de la plaine du Pô. En 219 avant notre ère, elle contrôlait aussi les Illyriens sur le territoire de l'ex-Yougoslavie.

 

APRÈS DES ANNÉES DE PAIX

 

Il y avait eu vingt-cinq ans de paix durant laquelle les deux empires avaient étendu leur territoire. Cependant Carthage, depuis la paix de 241 avant notre ère, devait encore un lourd tribut à Rome.

 

Tandis que Carthage, ces dernières années, avait opté pour un impérialisme offensif, Rome avait mis en place un impérialisme surtout défensif. C'est pourquoi, Rome n'était plus en mesure d'accepter à la fois l'implantation d'une puissance carthaginoise sur certains territoires et la menace que représentaient certains peuples notamment gaulois.

 

 

Deux visions du monde méditerranéen existaient. Rome, grâce à ses différentes conquêtes, songea qu'elle pouvait devenir la première puissance méditerranéenne. Quant à Hannibal qui était bien implanté en Espagne et toujours soutenu par Carthage, il envisageait le monde méditerranéen autrement que romain. Hannibal n'avait d'autre choix que d'agresser Rome pour concrétiser cette vision du monde.

 

FIN DE LA TROISIÈME PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
30 mars 2010 2 30 /03 /mars /2010 10:05

Source


LA PREMIÈRE GUERRE PUNIQUE (264 -241)

 

GUERRE EN AFRIQUE (256-250)

 

Dès qu'ils mirent les pieds sur le continent africain, l'armée de Régulus, qui se rendait à Tunis, pilla plusieurs villes. Carthage fit le choix du mercenariat tout en tenant d'acheter la paix refusée par Régulus, un peu trop sûr de lui. Ce fut une erreur. Le mercenaire lacédémonien Xanthippe mena, grâce à la cavalerie et à des éléphants, une offensive qui causa à Bagradas la défaite de Régulus en 254 avant notre ère. Ce dernier fut d'ailleurs fait prisonnier.

 

Rome ne pouvait rester sur cet échec. Elle parvint, en effet, à infliger une nouvelle défaite à la marine carthaginoise, mais la flotte romaine, qui avait embarqué les restes de l'armée d'Afrique, sombra en mer à cause d'une tempête en 254 avant notre ère, tandis qu'elle regagnait Rome. Une autre flotte, qui était parvenue à ravager le territoire de Carthage, connut le même sort en 253 avant notre ère.

 

Alors que Rome parvint à prendre Palerme et son territoire, les Carthaginois envoyèrent des renforts en Sicile (éléphants et hommes), mais cette guerre conduit Rome comme Carthage vers un épuisement surtout financier.

Toutefois, en 250 avant notre ère devant Palerme, le consul Metellus réussit à vaincre les Carthaginois en rendant les éléphants incontrôlables.

 

Juste après cette défaites, Régulus fut envoyé à Rome par les Carthaginois afin de négocier la paix qui lui rendrait la liberté s'il parvenait à un accord. Faisant part de l'affaiblissement de Carthage, Régulus encouragea le Sénat à continuer le combat. Fidèle à sa parole, il rentra à Carthage pour se constituer prisonnier et mourut dans d'atroces souffrances.

 

Cependant les Romains renoncèrent à se rendre en Afrique. Tout ne pourrait se jouer qu'en Sicile.

 

 

EN SICILE (250-241)

Pour être victorieux en Sicile, les Romains devaient prendre Lilybée (i.e. le quartier général des Carthaginois ; aujourd'hui Marsala) et la base navale de Drépane (i.e. Trapani).

 

Alors que les Romains assiégèrent Lilybée, les Carthaginois remportèrent une de leurs rares victoires navales à Drépane face au consul Publius Claudius Pulcher. Le consul Junius, quant à lui, fut pris sur le mont Eryx. Forte de ces deux victoires, Carthage envoya en Sicile le général Hamilcar Barca.

 

Ce dernier parvint à réoccuper la moitié occidentale de l'île et reprit la stratégie des raids non seulement en Sicile mais aussi en Campanie.

 

Rome se devait de réagir. Pour ce faire, Rome fut contrainte à un emprunt acquitté surtout pour les riches qui pourraient se voir rembourser en cas de victoire, avec, entre autres, le butin obtenu. Une nouvelle flotte fut construite avec cet argent.

 

Alors que deux décennies plus tôt Rome était seulement une puissance terrestre, elle devenait de plus en plus une puissance maritime. Rome était dorénavant prête à affronter Carthage ce qui se produisit non loin des îles Égates le 10 mars 241. Le consul Catulus vainquit une flotte carthaginoise qui était venue ravitailler les troupes assemblées par Hamilcar sur le mont Eryx.

 

Bien que la défaite ne fût pas des plus graves, Carthage décida de rendre les armes. Il faut dire que la situation économique de Carthage était mauvaise et que des troubles récents en Afrique malmenaient Carthage.

 

Le traité obligea Carthage à payer un lourd tribut et à abandonner la Sicile.

 

Désormais, Rome, grâce à la maîtrise de la mer, devenait empire maritime. La première Guerre Punique, que les Anciens appelèrent quelquefois guerre de Sicile, venait de prendre fin. Les Carthaginois avaient perdu la Sicile, les Lipari et les îles situées entre la Sicile et l'Italie.

 

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 10:56
Source
Au IIIe siècle avant notre ère, deux empires s'affrontent : Rome et Carthage. Trois guerres, entrecoupées de paix, opposèrent ces deux empires.

 

Première Guerre Punique : 264 à 241 avant notre ère.

Deuxième Guerre Punique : 218 à 201 avant notre ère.

Troisième Guerre Puniques : 148 à 146 avant notre ère.

 

Ces conflits nous sont connus grâce à différents auteurs qui sont Polybe, Tite-Live, Diodore de Sicile, Dion Cassius et Philinos.

 

LA PREMIÈRE GUERRE PUNIQUE (264 -241)

 

Carthage avait été fondée en 814 par des Phéniciens de Tyr.

Cette cité, dès le VIe siècle avant notre ère, avait réussi à contrôler une bonne partie du bassin méditerranéen, allant du Sud de l'Espagne jusqu'à la Sicile sans oublier toute la côté de l'Afrique du Nord.

 

Carthage avait su se constituer, dans le bassin méditerranéen, un véritable empire marchand qui avait fini par se heurter aux intérêts romains.

 

En 480 avant notre ère, les Grecs, installés en Grande Grèce, (i.e. le Sud de l'Italie et la Sicile) mirent fin à l'expansion carthaginoise.

 

 

Fondée en 753 avant notre ère, Rome avait d'abord cherché à établir des liens avec l'Italie centrale, puis à étendre son influence sur toute la péninsule.

 

Rome et la Campanie étaient alors en plein essor, l'un entrainant l'autre. Capoue était alors une ville de Campanie à l'économie florissante.

Alors que Rome s'étendait sur plusieurs kilomètres carrés, Carthage se limitait à quelques milliers de kilomètres de côtes sur cinquante kilomètres vers l'intérieur des terres. Cependant, Carthage était soudée à la mer : c'était une thalassocratie.

 

À cette époque, au IIIe siècle avant notre ère, Rome ne possèdat pas encore de flotte. Elle avait seulement des alliés maritimes. Rome semblait de plus en plus gênée par les Carthaginois et se sentait menacée par les Celtes dont l'expansion avait commencé au IIIe avant notre ère.

 

Pourtant quatre traités existaient déjà entre Rome et Carthage. Le premier datait de 509, le deuxième de 306 et le troisième de 279.

Carthage avait réussi à contraindre les Romains à ne pas étendre leur influence au delà du territoire de l'Italie, l'un des traités –celui de 306- interdisait aux Romains d'emprunter le détroit de Messine.

 

L'expansion romaine inquiétait Carthage, car elle ne pouvait que se poursuivre et empiéter sur les conquêtes carthaginoises.

 

Que ce soit à Rome ou à Carthage, deux solutions étaient envisagées. Soit les deux camps trouvaient un compromis avec leur rivale, soit les deux camps s'affrontaient.

 

La Sicile devint alors un enjeu. Depuis 480 avant notre ère, Carthage et les tyrans de Syracuse s'opposaient. L'issu de ce conflit fut que Carthage obtint la moitié occidentale de l'île. Un traité fut signé mais cette réalité fut vite contestée. Dès lors, la situation devint peu à peu fragile.

 

 

LA PREMIÈRE GUERRE PUNIQUE

 

En 289 avant notre ère, lorsque le tyran de Syracuse, Agathocle mourut, une bande de mercenaires à sa charge –les Mamertins- n'ayant plus de maître, parvinrent à s'emparer de la riche cité de Messine (située au Nord Est de la Sicile). La cité devint rapidement un véritable état-brigand qui frappait monnaie et de surcroît faisait payer un tribut à ses voisins.

 

Mais en 269 avant notre ère, les Mamertins furent vaincus par le nouveau maître de Syracuse, Hiéron. Mais comme ces premiers étant divisés, ils demandèrent pour certains l'aide de Carthage et pour d'autres, celui de Rome.

 

Carthage envoya aussitôt Hannibal (qui n'est pas le fils d'Hamilcar, ce prénom était commun à l'époque) qui plaça une garnison à Messine en accord avec Hiéron.

 

Rome prit le temps de la réflexion, puis sous la pression de la plèbe et des Claudii, décida d'agir en 264.

 

Le consul Appius Claudius alla jusqu'à Rhegium située face à Messine mais la place était déjà tenue. Rome ayant quelques bateaux, Appius Claudius décida de mettre fin aux négociations proposées par le successeur  d'Hannibal, Hannon, puis franchit le détroit de Messine. Il venait alors de violer le traité de 306 avant notre ère.

 

Les Mamertins, toujours prompts à semer la zizanie, ouvrirent les portes de Messine aux Romains, après avoir chassé les Carthaginois. Cette défaite coûta la vie à Hannon.

 

Durant l'hiver 264-263 avant notre ère, les Romains furent assiégés dans la ville par les Carthaginois et les Syracusains. La guerre, bien que jamais déclarée, était devenue une réalité.

 

 

264-256, AUTOUR DE LA SICILE

 

L'année suivante, une armée romaine, double de la précédente, parvint à libérer Messine. Elle marcha ensuite sur Syracuse où Hiéron, conscient de la supériorité romaine, choisit de s'en remettre à l'adversaire de qui il restera l'allié jusqu'à sa mort en 215 avant notre ère.

 

Cherchant à intimider Rome, Carthage adopta une tactique dont elle usa jusqu'à la fin de la guerre, à savoir, concentrer massivement des troupes dans plusieurs villes afin, à partir de ses bases, de mener plusieurs raids terrestres et maritimes. C'est ainsi qu'à Agrigente on relève la présence de 50 000 hommes.

 

La réponse des Romains ne tarda pas. Ils assiégèrent la ville et la prirent.

 

Les Romains, qui avaient déjà commencé à se doter d'une flotte depuis 311 avant notre ère, poursuivirent cet effort. Des nouvelles inventions virent le jour notamment le corbeau qui est un pont d'assaut pivotant qui endommage le bateau ennemi et permet de l'arrimer. Le consul C. Duillius parvint, grâce à cette nouvelle technique à vaincre les Carthaginois au large de Mylos (i.e. Milazzo).

 

Rome remporta sa première victoire en mer face à une flotte supérieure en nombre.

 

Ce succès convainquit Rome de s'engager sur différents fronts. Elle mit fin à l'encerclement dont elle était victime, s'ouvrit de nouvelles voies maritimes et assura la sécurité de ses côtes. Elle s'engagea dans la conquête de la Corse et de la Sardaigne.

 

En 256 avant notre ère à Ecnome, Romains et Carthaginois s'affrontèrent de nouveau sur mer. Le nombre de combattants semble avoir été impressionnant : 140 000 du côté romain, 150 000du côté carthaginois mais ces chiffres sont discutés quoi qu'il en soit la victoire romaine est incontestable.

 La route de l'Afrique s'ouvre enfin à Rome.

 

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 10:39

Source

PÉRIODE ORIENTALISANTE (720 – 580)

 

La période orientalisante est, tout comme la période archaïque, l'apogée de la civilisation étrusque.

 

Il faut noter, toutefois, qu'orientalisant n'est pas synonyme d'oriental. Le choix de cet adjectif –orientalisant- évoque ce qui est arrivé, non seulement en Étrurie du bassin oriental de la Méditerranée mais aussi à Chypre, en Égypte et en Phénicie vers la fin du VIII e siècle avant notre ère.

 

À partir de cette époque, nous avons des objets finis, souvent dans des métaux précieux ou des matériaux exotiques. Quelques personnes –artistes ou artisans- en nombre limité, sont arrivées en Étrurie avec leur savoir-faire et leur technique. À peine installés, ils façonnèrent des objets semblables à des chefs d'œuvres proche-orientaux. Ensuite, ils transmirent leur savoir aux artisans locaux qui cherchèrent alors à les imiter.

 

L'orientalisant étrusque se caractérise donc par l'adoption et le mélange de différents motifs provenant du répertoire oriental au sens large. Les Étrusques s'approprièrent quelques-uns de ces motifs en les adaptant selon leur goût, notamment les motifs du fauve réel comme le lion ou mythique comme le sphinx ou le griffon.

 

Les archéologues éprouvent parfois des difficultés à déterminer si un objet dit orientalisant a été importé ou fabriqué en Étrurie par un artisan installé depuis peu sur le sol étrusque.

La situle (i.e. un petit seau) en argent doré découverte à Chiusi, qui date du VII e siècle avant notre ère, illustre très bien cette difficulté.

 

Sur cette situle, où est inscrit le nom du propriétaire –Plikasna-, de nombreux personnages ont une apparence phénicienne. Pourtant, parmi ces individus, figurent des guerriers portant des casques à cimier comme en portaient les Corinthiens. D'autres personnages sont typiquement étrusques comme ces deux pugilistes accompagnés d'un joueur de flûte, ce qui pour les Anciens est une habitude typiquement étrusque. Cette situle est donc un véritable patchwork. Certains pensent qu'elle a pu être fabriquée à Caeré, ville où plusieurs artisans grecs étaient venus s'installer.

 

Si la date de 720 avant notre ère a été choisie comme début de la période orientalisante, il faut préciser toutefois que chaque cité n'a pas évolué de la même façon. Les cités d'Étrurie méridionales ont, en effet, eu plus tôt des contacts avec les colons eubéens.

 

À la fin du VIII e siècle avant notre ère, les Étrusques découvrirent l'alphabet grec – l'alphabet eubéen- qu'ils adaptèrent à leur propre système phonétique. La diffusion de l'écriture fut alors rapide. Cependant il ne faut pas négliger l'apport de la fin de la période villanovienne : la proto-urbanisation en Étrurie. Les villes peuplées, qui se développèrent dans cette zone, étaient aptes non seulement à s'épanouir mais aussi à accueillir tous les apports extérieurs.

 

À l'Est de l'Italie, les importations de la Grèce continentale et de la Grèce d'Asie Mineure deviennent prépondérantes à l'orientalisant récent (i.e. après 630 avant notre ère). Au Nord et à l'Ouest de l'Italie, les influences sont hallstattiennes.

Parmi les objets importés, nous trouvons de l'ambre qui vient d'Europe septentrionale, des ivoires et des œufs d'autruche qui viennent sans doute d'Afrique, de la faïence égyptienne, de la céramique eubéenne et de vases corinthiens contenant aussi bien de l'huile que du vin.

 

Un récit nous apprend que, vers 650 avant notre ère, un riche négociant corinthien, prénommé Démarate, fut chassé de son pays confronté à des troubles politiques et à l'arrivée au pouvoir du tyran Cypsélos. Accompagné de sa famille et de quelques artisans, il se réfugia en Étrurie avec laquelle il entretenait des liens commerciaux depuis longtemps. Cet homme n'est autre que le père Lucumon que nous connaissons sous le nom de Tarquin l'Ancien. L'influence de l'art corinthien sur l'art étrusque est donc indéniable.

 

Si nous savons que les Étrusques subirent l'influence des artisans originaires d'autres contrées, nous savons aussi que les Étrusques, en pleine expansion, exportèrent ce qu'ils produisaient. Il ne s'agissait pas seulement d'échanges commerciaux mais aussi de dons faits entre grands personnages. Par exemple, à Olympie, comme dans d'autres sanctuaires hellénistiques, se trouvent de nombreux bronzes étrusques.

 

 

Les princes

 

À l'époque orientalisante, une caste puissante d'aristocrates se met en place. Il s'agit de princes d'Étrurie qui avaient l'habitude de pratiquer l'échange de dons prestigieux.

Ces princes orientalisants sont ensevelis dans des tumulus –qui seraient peut-être d'origine orientale- et dont nous notons l'apparition à cette époque. L'incinération est remplacée petit à petit par l'inhumation.

Les tumulus peuvent atteindre un diamètre de cinquante mètres. Les premières tombes creusées, dans le tumulus, sont ouvertes vers le Nord Ouest puisque c'est le siège des dieux infernaux.

Le plan des tombes d'époque orientalisante demeure simple. Cependant, certaines tombes ont un décor sculpté et du mobilier assez raffiné. Des sculptures funéraires en pierre, d'inspiration syro-hittite, datant du VII e siècle avant notre ère, ont été découvertes dans la tomba delle Statue près de Caeré.

 

Au VII e siècle, l'orfèvrerie étrusque atteint une perfection jusqu'alors inégalée. Les Étrusques sont parvenus à améliorer les techniques de la granulation (réduire des fils d'or en boules minuscules afin de les fixer grâce à une soudure quasi invisible) et du filigrane (étirer l'or en fils très fins) connues en Orient depuis le VIII e siècle. Des objets de grand luxe ont d'ailleurs été trouvés dans plusieurs tombes, notamment dans la tombe Regolini-Galassi. Ces objets funéraires somptueux pouvaient aussi bien être destinés aux hommes et aux femmes. À cet égard, nous remarquons que les princesses étrusques de l'orientalisant ne furent jamais inférieures aux princes dans la mort.

 

Les tombes princières les plus connues sont à Caeré, Vetulonia, Populonia, Pontecagnano.

En Romagne, près de Rimini, à Verucchio, la tombe n°85 avait de nombreux objets en céramique, en ambre et en bronze, et fait rare, en bois (cette matière n'est que peu fréquemment conservée). Il s'agit d'un trône et de trois tables tripodes qui font songer à la façon dont banquetait l'aristocratie.

Parmi les objets funéraires, le char à deux roues est représentatif du statut aristocratique du défunt qu'il soit homme ou femme.

Nous les trouvons surtout en Italie centrale. En effet, le char permettait, lors du vivant du défunt, de se déplacer sur la totalité de son domaine agricole qui était alors la base de sa richesse et de sa puissance.

 

Dans une quinzaine de tombes aristocratiques ou princières du VII e siècle avant notre ère, nous trouvons parfois un objet étrange : un petit instrument de bronze qui ressemble à une actuelle râpe à fromage…. Et qui en est une !!!

Nous parvenons maintenant à mettre en relation cet objet avec un passage de l'Iliade d'Homère (chant XI, vers 629 à 641). La râpe à fromage était alors un instrument nécessaire à la consommation du vin. Les Étrusques de l'aristocratie avaient adopté cette habitude alimentaire de nature héroïque.

 

Les demeures des princes

 

Des fouilles réalisées à Murlo (Poggio Civitate), qui se trouve au Sud de Sienne et à Acquarossa, ont fourni aux archéologues des renseignements sur les résidences princières. Deux phases de construction ont été identifiées : la première est du milieu du VII e siècle et la seconde du début du VI e siècle avant notre ère.

Murlo, qui se trouve en Étrurie septentrionale, avait un palais totalement isolé, tandis qu'Acquarossa, en Étrurie méridionale, avait un palais entouré d'environ cent maisons et pratiquement au cœur de l'agglomération.

Seul le plan de la période archaïque du palais de Murlo est connu : un édifice carré avec quatre ailes portiquées autour d'une cour. Ce plan rappelle les palais orientaux dont celui de Larissa en Éolide.

 

Par contre, la richesse des princes de Murlo ne fait aucun doute : céramiques –de très grande qualité- importées de tout le monde grec et du reste de l'Étrurie, des bronzes, des ivoires et des bijoux en or.

Ces fouilles ont aussi permis de mettre en évidence l'utilisation de terre cuite pour le décor architectonique. Nous savons maintenant que si les temples pouvaient recevoir de tels éléments, les palais aussi. Ainsi, les palais d'Acquarossa et de Murlo (avec un acrotère représentant un chevalier) étaient surmontés, dès le VII e siècle avant notre ère, d'acrotères en terre cuite fabriqués d'ailleurs sur place, l'analyse de l'argile des statues le confirmant.

 

Les urnes-cabanes villanoviennes et les urnes peintes en forme de maison de Cerveteri ont reproduit ces modèles pour les défunts.

 

Un objet typiquement étrusque : le bucchero

 

Durant la période orientalisante, vers 670 avant notre ère, apparaît le bucchero. Il s'agit de ce que certains prénomment la céramique nationale des Étrusques.

Nous le trouvons aussi bien dans les habitations que dans les tombes.

Le bucchero est une poterie tournée de couleur noire finement lustrée. Cette céramique, sans vernis, ni peinture, fut produite dans les régions fortement étrusquisées comme le Latium.

Ces vases noires apparaissent pour la première fois en 670 avant notre ère dans des tombes des Cerveteri. D'autres vases furent produits à Véies et à Tarquinia.

 

Les Étrusques sont donc passés de l'impasto –les vases de la période villanovienne- au bucchero, qui bien que typique de la phase orientalisante, s'inspire de différentes productions grecques ou/et orientales.

Cet objet, qui connut un essor considérable aussi bien en Étrurie que dans tout le bassin méditerranéen, se présente sous différentes formes.

Les premières séries reçoivent le nom de bucchero sottile et proviennent d'ateliers d'Étrurie méridionale. Ensuite nous avons le bucchero pesante qui est produit en Étrurie intérieure, ce fut d'ailleurs l'une des spécialités de Chiusi, mais toutes les cités étrusques ont produit ces objets.

Nous avons découvert le bucchero en Étrurie padane, en Campanie. Exporté, le bucchero atteignit la Grèce, la Turquie, l'Égypte, Carthage et la Gaule. Durant un siècle, à partir de 650 avant notre ère, le bucchero sera exporté. Ce qui correspond à l'apogée de l'Étrurie.

En Gaule, le bucchero est présent dans les environs de Marseille, mais d'autres objets ont été mis à jour comme des amphores étrusques. Certains archéologues ont même avancé l'hypothèse que les Étrusques auraient fait connaître le vin aux Gaulois vers la fin du VII e siècle avant notre ère !

Dans le reste de la Gaule, le bucchero n'est pas l'objet le plus fréquent. À Bourges, les objets découverts datent des VIII et VII e siècle. Il s'agit de fibules et d'autres objets de parure.

 

Dès le VII e siècle, les cités-États se constituent progressivement. Le développement urbain prend, entre autres, la place des grandes résidences aristocratiques et des palais dynastiques.

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 09:45

Source

Appelés Tusci par les Romains et Tyrrhenoi ou Tursenoi par les Grecs, les Étrusques demeurent la première civilisation à avoir fleuri sur le sol de l'Italie. Entre 700 et 450 avant notre ère, le peuple étrusque connut ce que nous pouvons appeler ses siècles d'or. Ce fut une grande période d'expansion.

 

Les Étrusques vivaient alors en Étrurie, ce qui correspond à la Toscane actuelle (à laquelle ce peuple a laissé son nom : Tusci), à une partie du Latium actuel et de l'Ombrie. Lorsque les Étrusques parvinrent à conquérir de nouvelles terres, ils s'installèrent en Italie du Nord dans la plaine padane et vers le Sud en Campanie. Capoue est une ville étrusque tandis que Naples est grecque.

 

Intéressons-nous aux différentes périodes de la civilisation étrusque. Elles sont au nombre de quatre.

 

Source
LA PÉRIODE VILLANOVIENNE (900 à 720)

 

Bien que les premières inscriptions en langue étrusque datent de 700 avant notre ère, nous savons que les Étrusques étaient déjà installés en Italie centrale dès le IX e siècle avant notre ère. Certains historiens estiment même que la civilisation proto-étrusque vivait déjà dans cette région vers 1200 avant notre ère (i.e. à la fin de l'Âge du Bronze).

 

La période des IX e et VIII e siècles avant notre ère (i.e. premier Âge du Fer) est désignée, pour cette région qui deviendra l'Étrurie, sous le nom de villanovien. Villanovien vient de la cité de Villanova qui se trouve non loin de Bologne. La culture villanovienne succède à la culture des Terramares qui s'était développée dans la plaine du Pô.

 

Les Villanoviens sont donc déjà des proto-étrusques. L'archéologie permet cette affirmation. En effet, parmi toutes les cités étrusques, lors des fouilles, les chercheurs n'ont constaté aucun bouleversement entre le VIII e siècle et le VII e siècle avant notre ère. Nous passons progressivement de la culture villanovienne à la culture dite orientalisante.

 

Vers 900 avant notre ère eut lieu en Étrurie ce que certains prénomment une révolution villanovienne. Il s'agit en fait de l'arrivée d'un peuple nouveau. Une concentration des habitats, sur les sites des futures villes étrusques, se produit à cette époque. Ce fait entraîne un début de processus de pré-urbanisation. Les villages sont alors constitués de cabanes dont nous avons une représentation grâce à quelques urnes cinéraires. Lors de fouilles à Tarquinia –nécropole des Monterozzi- un village de vingt-cinq cabanes au plan rectangulaire ou carré ou oval a été découvert.

 

Les tombes de la période villanovienne du IX e siècle sont des tombes à puits creusées dans le sol. Les cendres du défunt sont déposées dans une urne de forme biconique. Ensuite, l'urne est placée dans la tombe à puits. Les proto-étrusques pratiquent donc l'incinération.

 

Ces urnes, représentatives de la culture villanovienne, sont en impasto (i.e. en céramique). Les premières étaient assez grossières et non tournées, mais dès le milieu du VIII e siècle, les Étrusques fabriquèrent des impasti tournés et plus fins. Ils reçoivent parfois le nom d'impasto buccheroïde.

L'urne villanovienne n'a qu'une seule anse placée vers le milieu de la panse. La décoration est simple : dessins géométriques –lignes ou méandres- incisés dans la pâte. Le couvercle est une écuelle d'impasto juste renversée sur l'urne.

Quelques objets usuels en céramique ou en bronze accompagnent le défunt. Certains sont typiquement féminins comme les fusaïoles (i.e. les pesons placés à la base des fuseaux), les rochets, d'autres typiquement masculins comme les rasoirs.

 

De même que nous admettons la formation de bourgades non seulement plus rapprochées mais aussi plus peuplées, de même nous admettons l'existence de chefs et de volonté politique au cours du villanovien ancien (900 à 780 avant notre ère).

91 tombes fouillées –dont deux à inhumations- à la fin du XX e siècle ont mis en évidence une hiérarchisation. Les tombes à puits se diversifient, les urnes ont des aspects différents et le rituel varie. La société villanovienne, qui fut au départ une société égalitaire, ne l'était plus au IX e siècle avant notre ère. L'appropriation individuelle apparaît.

 

A cette époque, les Villanoviens étrusques étaient déjà correctement organisés pour résister à l'afflux de colons étrangers –Phéniciens et Grecs-, ce qui n'était pas encore le cas des peuples vivant en Italie méridionale. Installés, de fait, en Grande Grèce, les colons grecs ne parviendront pas à fonder des cités dans les régions détenues par les Étrusques. Les seuls liens entre ces deux civilisations furent commerciaux et culturels.

 

Le villanovien récent (780 à 720 avant notre ère) débute au VIII e siècle avant notre ère. Plusieurs changements apparaissent. Le rite de l'inhumation est de plus en plus pratiqué. Dans les tombes, le mobilier funéraire est plus abondant et plus raffiné que celui des siècles précédents.

L'émergence d'une classe aristocratique se perçoit dans le mobilier funéraire et les tombes. Parmi les objets découverts, nous avons de nombreuses armes de bronze ce qui témoigne d'une certaine aisance.

Certains objets, comme les casques à crête qui étaient auparavant en terre cuite, ont été découverts en dehors de l'Étrurie : à Olympie, à Delphes, en Gaule (à Armancourt sur l'Oise). D'autres objets proto-étrusques ont aussi été trouvés en Gaule : des rasoirs en demi-lune à Bourges et en forêt de Mulhouse, des fibules serpentiformes à Besançon et à Bourges, des agrafes de ceinture à Châtel-Gérard et à Nantes…

Les guerriers ont des sépultures qui mettent en évidence leur appartenance aux couches supérieures de la société villanovienne évoluée. Les urnes-cabanes en bronze, ayant un décor plus raffiné, étaient destinées aux familles de défunts de haut niveau social. Ces urnes-cabanes donnent une idée assez précise de l'habitat villanovien.

 

À cette époque, l'Étrurie villanovienne exporte de nombreux objets et s'ouvre peu à peu aux influences extérieures. Peut-être que des artisans hallstattiens se sont installés en territoire étrusque. Des objets venant de Sardaigne ont été trouvés à Vetulonia (à 100 km au Nord Ouest de Tarquinia). Il s'agit de cruches en terre cuite et différents objets en bronze.

 

Au VIII e siècle, les relations commerciales demeurent encore entre Villanoviens et peuples d'Italie du Sud et entre Villanoviens et Proche-Orient grâce aux navigateurs phéniciens. Des échanges commerciaux se mettent en place entre Villanoviens et l'île d'Eubée à cette époque. De nombreux vases eubéens ont été découverts dans quelques grandes cités de l'Étrurie méridionale, à Véies et à Caere. Il s'agit de vases à vin, les Étrusques ayant appris à consommer cette boisson par l'intermédiaire des Grecs. Il faut savoir que les Eubéens, qui apparaissent à Ischia vers 770 avant notre ère, s'installent à Cumes quelques années plus tard. Grâce à l'aide d'artisans grecs, les Étrusques vont imiter la céramique qu'ils reçoivent des Eubéens. Ces derniers tentaient avant tout de se rapprocher des richesses que renfermait le sous-sol détenu par les Étrusques.

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
7 avril 2009 2 07 /04 /avril /2009 09:49

Source

Les Secondes Guerres médiques : les Thermopyles (480 avant notre ère)

 

Plusieurs affrontements eurent lieu lors des Secondes Guerres médiques. Elles commencèrent par la bataille des Thermopyles et s'achevèrent par la bataille de Salamine, même si le traité de paix fut signé bien plus tard..

 

Bien que plus nombreux, les Perses ne parvenaient pas à emporter une victoire sur les Grecs. Une trahison apporta la victoire aux Perses. Un Hellène, prénommé Ephialtès, trahit les siens en révélant à Xerxès le chemin qui passait sur les hauteurs du mont Phrikion. Grâce à ce sentier, les Perses réussirent à prendre les Grecs à revers.

 

Léonidas, qui avait commandé à ses troupes de se replier vers le Sud, n'avait avec lui que trois cents hommes. Après avoir parcouru le chemin de nuit, les Perses étaient prêts à combattre les Grecs. Xerxès lança une attaque dès le matin. Malgré leur nombre, des Perses moururent au combat. Les Grecs, quant à eux, réussirent à résister mais les Perses parvinrent à décimer les trois cents Spartiates. Malgré cette défaite, cette bataille devint le symbole de la résistance grecque face à l'invasion barbare.

 

 

Les Secondes Guerres médiques : Athènes sous les flammes (480 avant notre ère)

 

La flotte grecque décida de battre en retraite vers le golfe de Corinthe. Sur terre, l'armée de Xerxès se dirigea, en passant par la Béotie, vers Athènes qui se trouve en Attique.

Face à la menace perse, les Athéniens hésitèrent sur la stratégie à adopter. Finalement, le stratège, Thémistocle, réussit à convaincre les Athéniens qu'il fallait se réfugier sur l'île de Salamine. Persuadé que le sort de la cité d'Athènes se jouerait sur mer –c'est du moins l'interprétation faite par Thémistocle des paroles de la Pythie consultée-,  Thémistocle commanda aux deux cents trières de se rendre dans la baie séparant l'île de la côté de l'Attique.

 

Alors que les Athéniens avaient trouvé refuge sur l'île, les Perses entrèrent dans Athènes. Ils parvinrent à piller et à incendier l'Acropole, seul lieu gardé puisqu'il s'agit de la colline sacrée. L'Acropole restera plus de trente ans dévastée, les Grecs ayant fait le serment de restaurer les lieux sacrés après avoir repoussé les barbares hors de la Grèce et de l'Ionie. En 447 avant notre ère, les sanctuaires profanés furent enfin restaurés.

 

Après quinze jours de lutte, Xerxès a atteint son but : pénétrer sur le continent grec. En plus avec l'appui de quelques cités béotiennes, il mena son armée jusqu'en Attique désertée par ses habitants réfugiés à Salamine.

 

Les Grecs étaient alors en plein désarroi, mais grâce à la force de persuasion de Thémistocle, les stratèges acceptèrent d'affronter les Perses dans le détroit de Salamine.

 

La flotte perse comptait 1200 navires, la flotte grecque seulement 370 trières. Une bataille se préparait.

 

Les Secondes Guerres médiques : la bataille de Salamine (septembre 480 avant notre ère)

 

Conscient que la flotte grecque était peu nombreuse face à celle des Perses, Thémistocle voulut absolument éviter un affrontement en pleine mer. C'est pourquoi, il mit en place cette ruse : Thémistocle demanda à son serviteur, Sikinos, de se faire passer pour un traitre et d'annoncer à Xerxès que la flotte grecque s'apprêtait à fuir. S'il le désirait, Xerxès pourrait lancer une offensive dans le détroit de Salamine.

 

Xerxès décida alors de mener sa flotte dans ce détroit, tombant ainsi dans un guet-apens. Le bras de mer qui sépare l'île de Salamine de la Grèce continentale, est fort étroit. Les bateaux perses très nombreux et difficiles à manœuvrer, ne purent faire face à la flotte grecque.

Les Grecs réussirent à diriger plus facilement leurs navires plus légers le long des côtés qu'ils connaissaient bien.

 

Les Grecs, grâce à la tactique du diekplous, (i.e. la navigation de travers), attaquèrent les bateaux perses coulant ainsi trois cents navires perses alors qu'ils n'en perdirent qu'une quarantaine. L'ennemi était en déroute. Les Grecs, grâce à l'ingéniosité de Thémistocle, venaient de remporter, à Salamine, la première grande bataille navale de l'Histoire.

 

Xerxès, quant à lui, reprenait le chemin de l'Asie, laissant Mardonios, son général, avec quelques hommes en Thessalie.

 

Pendant l'hiver 479 avant notre ère, Mardonios essaya de négocier un traité de paix avec Athènes sans y parvenir. Au printemps suivant, Mardonios attaqua les Grecs. Il envahit l'Attique, ce qui poussa les autorités politiques athéniennes à se réfugier à Salamine. Athènes fut une nouvelles fois détruite. Mardonios s'installa alors en Béotie, non loin de Thèbes et de Platées. Un nouvel affrontement allait avoir lieu.

 

Les Secondes Guerres médiques : Platées

 

Les soldats de Mardonios ont installé leur camp au Sud Ouest de Thèbes. Environ 350 000 hommes composaient cette armée. L'armée grecque, composée de soldats venus d'Athènes, de Sparte de Corinthe, d'Épidaure, de Mégare… comptait 60 000 hoplites et pratiquement autant d'auxiliaires légers. Les Grecs, commandés par le roi de Sparte, Pausanias, s'installèrent au Nord de Platées.

Désirant ne pas exposer son infanterie dans les vastes plaines de Béotie, Pausanias installa son armée sur les pentes du mont Cithéron.

Alors que la bataille n'avait pas encore débuté, des soldats grecs continuèrent d'arriver auprès de Pausanias. Les Perses, quant à eux, se déployèrent sur la rive Nord de l'Asopos.

Fin août, la guerre commença. Elle durera trois semaines. Bien qu'ils soient moins nombreux, les Grecs parvinrent à vaincre les Perses, grâce non seulement à la supériorité de leur équipement mais aussi grâce à leur rigueur militaire.

Mardonios, touché par une pierre lors des combats, mourut, ce qui provoqua la panique parmi ses soldats. Beaucoup prirent la fuite. Les Grecs lancèrent alors un dernier assaut. Peu de Perses survivent : trois mille seulement échappèrent à la mort.

 

Le butin perse fut partagé entre tous les Grecs. Les morts furent enterrés, les sanctuaires purifiés. Le chef des Perses, Artabaze, regagna le plus discrètement possible, l'Asie avec les quelques hommes qui lui restait.

 

La victoire de Platées mit fin aux ambitions de Xerxès. Les Perses n'envahiront plus jamais la Grèce.

 

Les Secondes Guerres médiques : Mycale

 

Alors que le conflit était achevé sur terre, il se poursuivait sur mer. Au cap Mycale, près de Samos, la flotte grecque, sous le commandement du spartiate, Léotychidas, détruisit presque entièrement la flotte perse. Les Perses étaient vaincus et perdaient la domination de la mer Égée. L'espoir de conquête perse en Occident venait d'être anéanti.

Les Guerres médiques prenaient fin, du moins sur le terrain.

 

De la Ligue de Délos à la paix de Callias

 

479 avant notre ère marqua donc la fin des incursions perses sur le sol de la Grèce.

Athènes et quelques cités, qui avaient subi de nombreuses destructions et pillages, désiraient se libérer définitivement de la domination perse. Afin de parvenir à leurs fins, les Athéniens proposèrent, à toutes les cités qui le désiraient, de constituer une alliance. Sparte, qui connaissait des difficultés internes (aspiration à un pouvoir sans partage de Pausanias) et externes (relations délicates avec ses alliés du Péloponnèse), ne prit pas part à la Ligue.

 

Lors de sa création, toutes les cités reconnurent à Athènes la direction de cette Ligue. Athènes en fut l'hégémon. Cependant chaque cité eut droit à une voix au conseil (synédrion). Une fois par an, le conseil se retrouvait sur l'île de Délos.

 

Chaque cité qui avait accepté d'adhérer à cette alliance, devait payer un tribut lui assurant protection et permettant d'entretenir une flotte. La Ligue de Délos qui naquit  en 478 avant notre ère, fut donc au départ une alliance égalitaire.

 

Athènes se servira de cette Ligue pour asseoir sa puissance et dominer peu à peu les autres cités de la Grèce. Elle finira par devenir impérialiste.

 

Rapidement les cités firent front et éliminèrent les garnisons perses qui se trouvaient encore en Thrace. Elles détruisirent à l'embouchure de l'Eurymédon (en Pamphylie), la nouvelle flotte que Xerxès avait fait construire en 468 avant notre ère.

Cependant la Ligue de Délos connut quelques défaites. En 476 avant notre ère, les Athéniens perdirent face aux Perses dans une île qui se trouve dans le delta du Nil.

 

En 454 avant notre ère, le trésor de la Ligue de Délos fut transféré à Athènes dans le temple d'Athéna sur l'Acropole. Il semble qu'à la suite de plusieurs défections de cités –sans doute liée à la défaite d'Égypte-, Athènes, qui avait toujours la direction de la Ligue, estima que le trésor serait mieux protégé dans sa cité.

 

Depuis 461, Périclès avait pris la direction des affaires politiques d'Athènes. D'ailleurs, il y régnait comme un roi.

En 448 avant notre ère, il signa la paix de Callias (du nom du négociateur athénien) avec les Perses. Ce traité, qui mettait fin aux Guerres médiques, précisait que la mer Égée serait interdite à la flotte perse. Tout en reconnaissant l'autonomie des cités se trouvant sur la coté d'Asie Mineure (où tout avait commencé), ce traité admettait la domination des Perses sur Chypre, l'Égypte et l'Asie Mineure intérieure. Ceci impliquait aussi que la Ligue n'avait plus lieu d'être. Mais Athènes en décida autrement. Elle la maintint au nom d'intérêts communs à toutes les cités : la sécurité des mers, entre autres.

 

Les cités qui tentèrent de quitter la Ligue furent sévèrement réprimées. La puissance d'Athènes était grande !

Bien que Périclès ait conclu, en 446 avant notre ère un traité de paix de trente ans avec la cité de Sparte, cette dernière finira par déclarer la guerre à Athènes en 431 : ce sera les Guerres du Péloponnèse.

FIN DE LA DEUXIÈME ET DERNIÈRE PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 10:26

Source

Les Guerres Médiques opposèrent les Perses (originaires de l'actuelle Iran) aux peuples de Grèce.

Les Mèdes, qui étaient un peuple de l'Empire perse, ont donné leur nom aux Guerres Médiques.

Sans doute est-ce là, le premier conflit, connu, entre l'Occident et l'Orient.

 

Les mots suivis d'une étoile sont définis en bas de page.

 

L'Orient perse à la conquête de l'Occident grec

 

Dès le XI e avant notre ère, des Grecs, chassés par l'invasion dorienne, s'installèrent sur les îles de la mer Égée et sur les côtes de l'Asie Mineure (Ionie) où ils établirent douze cités : la dodécapole ionienne dans laquelle nous trouvons Milet, Éphèse…

Cette première vague de colonisation fut suivie d'une seconde. De nouvelles cités furent fondées entre le Bosphore et le Pont-Euxin (i.e. la Mer Morte). Parfois quelques cités furent créées loin de la Grèce comme Marseille, fondée en 600 avant notre ère.

 

L'Ionie connut une période de prospérité et entretint avec la Lydie, le royaume voisin, de bonnes relations, mais seulement jusqu'en 549 avant notre ère quand le roi, Crésus, décida de s'allier aux Perses.

 

Les Perses, jusqu'au milieu du VI e siècle avant notre ère, vivaient au Nord Est du golfe persique. Ils étaient alors les vassaux des Mèdes, qui étaient installés  l'Est des Monts Zagros.

 

Sous le règne de Cyrus le Grand (i.e. de 559 à 529 avant notre ère), les Perses parvinrent à bouleverser l'équilibre politique qui existait alors en Orient. Cyrus vainquit le roi des Mèdes, Astyage en 555 avant notre ère, réalisa la conquête de la Lydie (i.e. le royaume de Crésus) en 539 avant notre ère puis étendit sa domination sur l'Asie Mineure, la Mésopotamie et jusqu'au confins de l'Inde.

 

Lorsque Cambyse mourut, il n'avait pas d'héritier mâle. Le fils de Cyrus qui se prénomme Darius, s'empara du pouvoir. Il désira alors conquérir la Grèce.

 

Vers 500 avant notre ère, les Perses ont colonisé les cités grecques ioniennes. Mais l'une d'entre elles, Milet, se révolta contre la domination perse. À l'instigation du gouvernement de Milet, Aristagoras, les Athéniens acceptèrent d'envoyer vingt vaisseaux auxquels se joignirent cinq trières de la cité d'Érétrie (qui se trouve en Eubée).

 

Une fois les hommes débarqués à Éphèse, ils se dirigèrent vers Sardes qui était la capitale des Perses en Asie Mineure. En 498 avant notre ère, les Grecs brûlèrent les maisons, la citadelle défendue par Artaphrenès échappa aux flammes. Mais à Sardes, le temple de la déesse perse, Kubaba fut totalement dévasté, c'est pourquoi quelques années plus tard, les Perses réserveront le même sort aux temples grecs. Lydiens et Perses affrontèrent les Grecs d'Ionie. La lutte s'acheva sans qu'il n'y ait de véritables vainqueurs.

 

En 494 avant notre ère, Darius parvint à reprendre le contrôle de l'Asie Mineure. En représailles, Milet fut pillée et rasée, ses habitants déportés en Mésopotamie. Entre temps, les Chypriotes étaient entrés dans la lutte, à l'exception de ville d'Amathonte.

 

Vers la première Guerre médique

 

En 492 avant notre ère, les troupes perses contrôlaient la Thrace. Cependant les Perses connurent un échec : leur flotte fut anéantie par une tempête. Darius prépara une nouvelle expédition car il souhaitait toujours punir Athènes et Érétrie pour leur participation au soulèvement grec.

 

En 491 avant notre ère, la flotte perse, dirigée par Datis, quitta les ports de Cilice et traversa les Cyclades. Elle débarqua à Naxos qu'elle détruisit totalement. Mais la flotte perse, qui fit escale à Délos, respecta le caractère sacré du site et poursuivit sa route. La flotte perse débarqua à Eubée et réussit à faire tomber Érétrie après sept jours de siège.

 

Les Athéniens savaient que les Perses se rapprochaient de leur cité. C'est pourquoi, ils envoyèrent leur meilleur coureur à Sparte afin d'obtenir l'aide de cette cité. Les Lacédémoniens acceptèrent d'apporter leur aide aux Athéniens mais seulement après le début de la pleine lune.

 

Exilé parmi les Perses, Hippias –fils de Pisistrate et ancien tyran d'Athènes- recommanda à la flotte de Datis de faire escale dans la baie de Marathon.

 

Darius, après avoir fait débarquer ses troupes, voulut se diriger vers Athènes. Il semble que vingt mille hommes (des fantassins pour la plupart) débarquèrent accompagnés de huit cents cavaliers.

Les Athéniens ayant appris l'arrivée des Perses, devaient mettre rapidement en place une stratégie. Alors que le choix semblait délicat, il fut finalement décidé que les soldats se placeraient dans la baie de Marathon. Cependant les stratèges athéniens hésitaient sur la manière dont il fallait affronter les Perses.

Miltiade, grâce à l'appui du polémarque*, Callimaque, parvint à placer dix mille hoplites* auxquels s'ajouta le soutien de mille Platéens. Bien que les Grecs fussent en nombre inférieur, Miltiade choisit de combattre les Perses.

 

Marathon : la première guerre médique

 

La baie de Marathon est constituée d'une vaste plaine allongée le long d'une côte rocheuse. Le fleuve Charadra, qui se coupe en deux bras, partage la plaine.

 

Les Perses ont installée leur camp entre les deux bras du fleuve et amarré leurs navires entre le marécage et le début de la presqu'île. La cavalerie, l'infanterie et les archers perses ont pris place entre le marécage et le rive droite du fleuve.

 

Les Grecs, quant à eux, sont installés sur le versant Nord-Nord Est de la colline Agriéliki. La vallée, dans laquelle les Grecs sont, leur permettait de contrôler le débouché à la fois sur la plaine et sur la route d'Athènes. En plus, placés ainsi, les Grecs sont protégés par les montagnes, ce qui leur offrait la possibilité d'attendre les renforts sans redouter d'attaques ennemis.

 

Les Grecs et les Perses s'observèrent dans un premier temps, puis au bout de huit jours, Datis décida d'attaquer les Grecs pensant que sa supériorité numérique lui serait favorable. La bataille se déroula en septembre 490 avant notre ère. Les Grecs, lancés au pas de gymnastique contre les Perses, avaient choisi d'étaler leur ligne de front, laissant seulement quatre rangées de soldats au centre, ce qui permettait de renforcer les ailes.

 

Les Perses furent surpris. Ils devaient faire face à une armée qui n'avait ni cavalier, ni archer. L'attaque eut donc lieu. Les archers perses tirèrent des flèches sur les hoplites grecs lourdement armés. Si les Perses parvinrent à affaiblir le centre de l'armée grecque, ils furent rapidement mis à mal par les ailes grecques. La tactique de Miltiade –prendre l'ennemi en tenaille par les ailes- avait été la bonne.

 

Les hoplites causèrent de lourdes pertes aux Perses et mirent leur armée en déroute. Les Perses, pris de panique, se dirigèrent vers la mer dans l'espoir d'atteindre leurs bateaux.

 

Les hoplites furent donc les premiers Grecs à avoir vaincu les Mèdes qui jusque-là étaient très craints. Les Perses, vaincus mais pas anéantis, perdirent 6 400  hommes, les Grecs 192.

Les Grecs furent ensevelis dans un tumulus qui est toujours visible.

 

La victoire de Marathon fut rapidement élevée au rang de mythe : les Athéniens devenaient ainsi les libérateurs de la Grèce.

Selon Pline l'Ancien, à l'issue de la bataille, Miltiade envoya son meilleur hémérodrome* annoncer la nouvelle de la victoire à Athènes. Après avoir parcouru quarante kilomètres en courant, Philippidès eut juste le temps de dire νενικικαμεν ("nous avons vaincu") et mourut d'épuisement. Mais il s'agit sans doute d'une légende, car Hérodote évoque aussi un certain Philippidès qui courut d'Athènes à Sparte pour réclamer les renforts lacédémoniens avant le début de la bataille.

Comme les Spartiates n'arrivèrent qu'après la bataille, ils ne purent que constater que la Grèce avait été sauvée par les seuls Athéniens !

La victoire de Marathon, qui mit un terme à l'invasion perse, marqua la fin de la Première Guerre médique.

 

L'entre deux guerres (490 à 481 avant notre ère)

 

Miltiade mourut en 489 avant notre ère, le roi Darius en 486. Le fils de ce dernier lui succéda. Bien décidé à venger son père, Xerxès prépara une nouvelle guerre contre la Grèce. En 480 avant notre ère, son armée était composée de 100 000 hommes et sa flotte de 1207 navires.

 

Xerxès avait fait réaliser différents travaux avant le début de la Seconde Guerre médique : ouverture d'un canal à travers la péninsule du mont Athos, construction de deux ponts bateaux sur l'Hellespont pour rejoindre les deux continents mais ils furent détruits par une tempête avant d'avoir pu servir.

Hérodote raconte que Xerxès fit décapiter ses architectes pour incompétence et fit fouetter la mer de trois cents coups de rames.

 

Deux autres ponts furent construits. La flotte perse plaça la plupart de ses navires en Hellespont. Le peuple perse semblait déterminé à venger l'échec qu'il avait essuyé à Marathon.

 

En Grèce, les esprits étaient divisés. D'un côté, les Thessaliens, les Locriens, les Béotienet les Thébains (i.e. les peuples de la Grèce du Centre et du Nord) avaient accepté de se soumettre à Xerxès. D'un autre côté, les cités d'Attique et du Péloponnèse avaient fait alliance, même si une certaine rivalité entre Sparte et Athènes existait.

Sparte estimait être invisible sur terre, tandis qu'Athènes affirmait sa suprématie sur mer.

 

À Athènes, le stratège Thémistocle était parvenu à convaincre les Athéniens qu'il fallait utiliser les revenus issus des mines d'argent du Laurion (récemment découvertes) afin de financer une flotte de guerre et d'aménager le port d'Athènes, le Pirée.

Deux cents trières –navires à trois rangs de rameurs- furent construites. Ces bateaux, rapides et faciles à manœuvrer, sont équipés d'un éperon de bronze qui permet de frapper le navire ennemi.

 

À l'automne 481 avant notre ère, les représentants des cités grecques, réunis à Corinthe, décidèrent que tous les conflits internes seraient suspendus et qu'une armée grecque sous commandement spartiate affronterait les Perses. Le roi Léonidas dirigeait cette armée.

Sparte, à la tête de la coalition dans le Péloponnèse, parvint à obtenir le commandement de la flotte grecque alors majoritairement athénienne, Thémistocle ayant accepté cette demande.

 

Les Grecs choisirent d'arrêter les Perses, qui étaient entrés en Grèce par le Nord en passant par l'Hellespont, au défilée des Thermopyles sur le golfe de Maliaque.

 

Dans l'Antiquité, le passage des Thermopyles est la seule route qui permet de relier le Nord de la Grèce au Centre.

 

Sachant que les Perses emprunteraient ce couloir étroit, les Grecs avaient posté sept mille soldats, parmi lesquels trois cents Spartiates commandés par Léonidas.

Les trières grecques stationnaient au cap Artémision qui est au Nord d'Eubée afin de barrer la route à la flotte perse.

 

Les Grecs devront faire face à trente mille soldats perses !

 

La position stratégique, que les Grecs tenaient face à leur ennemi, leur offrait un avantage certain. Mais face au nombre impressionnant de Perses, certains chefs grecs proposèrent une autre solution pour affronter l'ennemi.

 

Alors que la supériorité numérique perse devait assurer la victoire, leur première attaque fut un échec. Le choix de leur stratégie fut, semble-t-il, confuse et incertaine. En plus les Perses étaient à la fois indisciplinés et mal armés pour un corps à corps. Si victoire perse, il devait y avoir, elle trouverait sa source ailleurs.

 

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

 

POLÉMARQUE : Durant cette période, le polémarque est un homme qui fait office de chef militaire. C'est lui qui commande toute l'armée.

HOPLITE : est un guerrier grec qui combat à pied. Il est équipé d'une cuirasse (qui protège le buste), de jambières, d'un casque, d'une lance (portée à la main droite), d'une épée droite à double tranchant et d'un bouclier rond (porté par la main gauche). Le poids total de son équipement est d'environ trente kilogrammes !

HÉMÉRODROME : est un soldat-messager de l'armée grecque. Il est capable, durant une journée, de marcher d'un pas rapide, voire de courir.

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
16 mars 2009 1 16 /03 /mars /2009 10:02

Source


PÉRIODE HELL
ÉSTIQUE (336 à 30 avant notre ère)

 

Lorsque Philippe II de Macédoine fut assassiné en 336 avant notre ère, Alexandre Le Grand, son fils, n'avait que vingt ans.

Ce jeune homme, qui avait eu comme précepteur Aristote, a donc reçu une éducation grecque.

 

Alors qu'il venait juste de succéder à son père, Alexandre Le Grand vainquit rapidement les cités grecques, soulevées par Démosthène qui était certain de pouvoir profiter non seulement de sa jeunesse mais aussi de son inexpérience.

 

En 334 avant notre ère, Alexandre Le Grand commença la conquête de l'Asie. Il réalisa alors la plus grande conquête militaire de tous les temps, et ce, avec une armée relativement peu nombreuse : 40 000 hommes au départ de la conquête….

 

La conquête d'Alexandre Le Grand

 

Cet homme, à la fois prudent et intuitif, eut l'idée habile de conserver partout les administrations locales, mais avec à leur tête des Macédoniens ou des Grecs comme gouverneur. Ce système était un bon compromis car il permettait de ne pas humilier les vaincus tout en tentant de les assimiler dans le monde grec. D'ailleurs, Alexandre Le Grand favorisa les mariages mixtes –il épousa plusieurs princesses perses – et respecta les croyances religieuses locales.

Toutefois, Alexandre Le Grand ne perdit pas de vue qu'il était grec. C'est pourquoi, il répandit l'usage de la langue grec et fonda plusieurs villes qui portèrent son nom : Alexandrie (trente-quatre villes reçurent ce nom). Certaines de ces villes eurent un rayonnement comme Alexandrie en Égypte et sa célèbre bibliothèque.

Chaque cité ainsi construite devint un foyer d'hellénisation. Les échanges commerciaux furent mis en place et encouragés. De nouvelles routes et de nouveaux ports furent construits. Alexandre Le Grand ne laissa pas les arts de côté. Il employa quelques artistes dont Lysippe qui devint son portraitiste officiel.

 

Cette hellénisation de l'Orient fut suivie de nombreux changements. Non seulement le monde grec s'étendait très loin de ses frontières d'origine mais aussi les hommes de la Grèce Antique découvrirent des civilisations et des peuples très différents. Les nombreuses cultures de l'Orient apportèrent beaucoup au monde grec.

 

Lorsque, en 323 avant notre ère, Alexandre Le Grand mourut de la malaria sur le chemin du retour à Babylone, il était à la tête d'une armée de 80 000 hommes mais n'avait pas eu d'héritier et n'avait pas non plus eu le temps d'organiser sa succession.

 

 

Le monde grec après la mort d'Alexandre Le Grand

 

Après la mort d'Alexandre Le Grand, ses généraux, les diadoques, se partagèrent son immense empire qui s'étendait de la Grèce à l'Inde.

Guerres, alliances et trahisons se succédèrent, ce qui eut pour conséquence de modifier régulièrement les frontières des États. Durant ces années de conflits grecs larvés, la puissance romaine devint de plus en plus importante.

Alors que peu avant l'arrivée au pouvoir d'Alexandre Le Grand, l'indépendance des cités grecques tendaient à disparaître, elle cessa après la disparition d'Alexandre Le Grand. Dorénavant l'innovation politique de ce IV e siècle était la monarchie. En plus, les nouveaux royaumes orientaux commencèrent à devenir plus importants, et ce, aux dépens de la Grèce "géographique".

 

Après la mort d'Alexandre Le Grand, ses généraux, qui s'étaient partagé son empire, finirent par s'entredéchirer. Cette lutte prit fin en 281 avant notre ère. L'ère des Épigones débuta. Il s'agissait des descendants des diadoques qui n'avaient pas connu Alexandre Le Grand. Trois grandes monarchies dominèrent avec à leur tête des dynasties qui remontent à des lieutenants d'Alexandre Le Grand.

 

* LES ANTIGONIDES

Descendants d'Antigone (l'un des généraux d'Alexandre Le Grand),  ils dominèrent la Macédoine. De 276 à 239 avant notre ère, le royaume de Macédoine eut un grand roi : Antigone Gonatus.

Cette monarchie, située près de la Grèce, ne connut pas le même développement qu'en Orient, la tradition grecque étant encore fort présente.

Ce royaume dut se défendre contre les envahisseurs celtiques puis contre Rome en 212 avant notre ère, mais devint quand même province romaine en 148 avant notre ère.

 

* LES SÉLEUCIDES

Descendants de Séleucos, ils dominèrent, en Orient, l'ancien empire perse qui était le plus grand des trois royaumes : il s'étendit des détroits à l'Afghanistan actuel. Avec une lignée de rois médiocres, ce royaume s'affaiblit petit à petit. Seul le règne d'Antiochos III Le Grand (237 à 187 avant notre ère) fut meilleur.

En 64 avant notre ère, la Syrie fut annexée à Rome par Pompée. Peu après ce fut la fin de l'indépendance de l'Asie grecque.

 

* LES LAGIDES ou LES PTOLÉMÉES

Descendants de Ptolémée, ils dominèrent l'Égypte. De tous les royaumes hellénistiques, il fut le plus riche. D'ailleurs ses différents rois parvinrent à le diriger habillement, et ce, jusqu'en 210 avant notre ère. Mais après cette date, une lente décadence économique, sociale et politique commença. Si ce royaume a connu un rayonnement avec Cléopâtre, ce fut la chute en 30 avant notre ère lors de la bataille d'Actium. L'Égypte devint alors province romaine.

 

Un autre royaume exista : le royaume de Pergame, mais son destin, bref, ne l'empêcha pas de jouer un grand rôle. À la tête de ce royaume d'Orient se trouva Eumène I er qui était parvenu à s'affranchir de la tutelle des Séleucides.

Pergame devint rapidement la capitale d'un des plus importants royaumes hellénistiques. L'urbanisme y fut monumental.

Les rois de Pergame entretinrent des relations amicales avec Rome. Lorsqu' Attale III mourut sans enfant en 133 avant notre ère, il avait choisi de léguer tous ses territoires à Rome.

 

Le sort de la Grèce à l'époque hellénistique

 

Peu à peu, la Grèce perdit son influence politique sur l'ensemble du monde grec. Les cités eurent des destins fort différents.

 

Athènes parvint à maintenir un semblant d'indépendance. Mais, elle avait dans sa cité une garnison macédonienne. L'esprit démocratique n'existait plus, une armée de mercenaires ayant remplacé l'armée de citoyens.

Athènes n'avait plus qu'un prestige intellectuel, car si les monuments des siècles précédents étaient encore debout, la force créatrice avait disparu.

Un déclin social et économique apparut. Il est vrai aussi que la ville n'était plus sur le tracée des échanges commerciaux.

 

Quelques îles grecques réussirent à profiter de leur situation géographique et parvinrent à se maintenir sur le plan économique.

L'île de Cos exporta du vin, des céramiques et des textiles. Cette prospérité économique lui permit de construire un sanctuaire d'Asclépios.

L'île de Rhodes, qui se trouve non loin des côtes asiatiques et en face d'Alexandrie d'Égypte, connut aussi la prospérité vers 188 avant notre ère. Mais Rhodes périclita à partir de 166 avant notre ère, lorsque Rome la laissa tomber.

L'île de Délos profita de la faiblesse économique de Rhodes pour devenir un grand port marchand. D'ailleurs une partie de la population s'enrichit rapidement. Plusieurs maisons à péristyles et mosaïques furent construites. Mais Mithridate détruisit l'île en 88 avant notre ère.

 

À l'époque hellénistique, il exista deux regroupements fédéraux qui parvinrent à résister quelque temps à la Macédoine. Il s'agit de la ligue Étolienne qui finit par être absorbée par Rome en 189 avant notre ère et la ligue Achéenne. Corinthe fut détruite en 146 avant notre ère par les Romains.

 

La fin de l'ancien monde grec

 

Lorsque la Grèce Antique rencontra de graves difficultés économiques, Rome, qui convoitait les richesses de la Grande Grèce (i.e. Italie du Sud et Sicile), entra en conflit avec les cités grecques. La Première guerre de Macédoine eut lieu entre Philippe V et les Romains de 214 à 205 avant notre ère. Elles reprirent en 200 avant notre ère. Philippe V fut battu à la bataille de Cynoscéphales en 197 avant notre ère. Lors de la Troisième guerre de Macédoine, celle-ci fut vaincue à Pydna en 167 avant notre ère.

 

En 64 avant notre ère, Pompée, général romain, mit fin à la dynastie séleucide. Dorénavant, tout le Proche-Orient était aux mains des Romains, seule l'Égypte était encore indépendante. Cléopâtre, qui régna de 46 à 31 avant notre ère, essaya de rétablir la puissance égyptienne en Méditerranée. Elle reçut le soutien de Jules César mais ce dernier fut assassiné aux Ides de mars 44 à Rome. Cléopâtre reçut alors le soutien d'Antoine, ancien général de César en 41 avant notre ère.

Octave qui était l'héritier de César, déclara la guerre à l'Égypte.

Lors de la bataille d'Actium, Octave triompha de Cléopâtre : ce fut alors la fin de l'indépendance du monde grec.

FIN DE LA CINQUIÈME PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 10:05

Source

PÉRIODE CLASSIQUE
(480 à 336 avant notre ère)

 

Constitution de la ligue de Délos

 

Après les Guerres médiques, Athènes, qui avait grandement contribué à la victoire du monde grec contre les Perses, voulut profiter de cette conséquence afin d'assurer sa domination sur toute la Grèce.

 

Dans un premier temps, Athènes souhaitait surtout ne pas laisser de répit à l'ennemi. C'est pourquoi, profitant du désarroi des Perses, Athènes désira libérer les Grecs d'Asie Mineure du joug perse. En plus, cela lui permettrait de s'assurer des positions stratégiques non seulement dans le Nord de l'Égée mais aussi dans l'Est de l'Égée.

 

Sparte, peu tentée par l'aventure extérieure, hésita puis renonça à suivre Athènes dans cette voie.

 

Athènes pouvait donc prendre la tête du monde grec.

Dans un second temps, Athènes proposa de former une ligue dont le centre se trouvait  au sanctuaire d'Apollon sur l'île de Délos. Cette alliance rassemblait autour d'Athènes les cités grecques d'Ionie en Asie Mineure (Turquie actuelle) et quelques îles. En 478 avant notre ère, la ligue de Délos était formée.

 

Placée sous l'autorité d'Athènes, la ligue de Délos devait permettre d'empêcher tout retour offensif des Perses et préserver la liberté qui venait d'être reconquise. Chaque cité versait un tribut. Ce dernier permettait de constituer un trésor commun qui était déposé dans le sanctuaire de Délos. Les grandes îles comme Lesbos, Chios, Samos, contribuaient à la défense commune en envoyant des contingents maritimes. Mais l'essentiel de la force militaire des alliés était composé par l'armée et la flotte athéniennes, dont le commandement avait été attribué à l'un des stratèges athénien, Cimon, le fils de Miltiade.

 

D'ailleurs, en 468 avant notre ère, grâce à Cimon, la ligue de Délos fut victorieuse sur les Perses à l'Eurymédon (fleuve d'Asie Mineure). Il remporta d'autres victoires qui lui permirent de consolider les positions de la ligue de Délos en mer Égée.  Cimon transforma peu à peu l'hégémonie en impérialisme. Des actions militaires furent menées contre les cités qui désiraient sortir de la ligue de Délos : Naxos en 470 avant notre ère et Thasos en 465 avant notre ère. Des garnisons de soldats athéniens furent installées sur le territoire d'alliés récalcitrants.

 

La puissance d'Athènes ou "le siècle de Périclès"

 

Aussi longtemps que Cimon resta à la tête de la cité, l'alliance entre Athènes et Sparte demeura tant bien que mal. Mais après l'ostracisme de Cimon en 461 avant notre ère, les démocrates, adversaires de Sparte, dirigèrent la politique de la cité. Ainsi les réformes d'Éphialtès, soutenues par Périclès en 462 avant notre ère, furent destinées à favoriser la démocratie à Athènes. Mais Éphialtès est assassiné l'année suivante. Périclès prend la tête du parti démocrate. L'œuvre de Clisthène, fondateur de la démocratie, se poursuivit, mais les pouvoirs de l'Aréopage (l'ancien conseil aristocratique) sont diminués.

 

La politique impérialiste conduite par Cimon continua. De nouvelles régions furent annexées notamment des régions de la Mer Noire (qui sont le grenier à blé d'Athènes), en Italie méridionale. Par contre, l'expédition menée en Égypte en 454 avant notre ère se solda par un échec.

 

La puissance d'Athènes pesa de plus en plus sur ses alliés. D'ailleurs ces derniers ne furent même pas consultés lors du transfert du trésor de la ligue de Délos à Athènes, ni lors des interventions dans les affaires intérieures des cités.

 

Athènes obligea les cités appartenant à la ligue de Délos à adopter la monnaie et les unités de poids et mesures athéniennes. D'autres nouvelles colonies furent créées en Eubée, en Asie Mineure et en Thrace.

 

Dans le même temps, les arts connurent un essor important : Sophocle, Euripide, Aristophane écrivirent des pièces de théâtre ; Hérodote et Thucydide consacrèrent des ouvrages à l'histoire ; des statues chryséléphantines furent faites à Athènes et à Olympie ; l'Acropole fut reconstruite, le Parthénon, les Propylées et l'Érechthéion ; les premières mosaïques et les premières voûtes apparurent….

 

Cependant cet impérialisme athénien dérangea de plus en plus Sparte. La guerre entre les deux cités devint inévitable. Un premier conflit eut lieu en 460 avant notre ère. Athènes fut alors victorieuse. Mais d'autres guerres eurent lieu.

 

En 449 avant notre ère, un traité de paix, que nous devons à Callias, mit fin définitivement aux guerres entre les Grecs et les Perses.

 

Sparte et Athènes mirent fin à la première guerre du Péloponnèse en 446 avant notre ère. Un traité de paix de Trente ans fut conclu, mais cette paix ne dura que quinze ans. Sparte, estimant que la puissance maritime athénienne, devenait trop importante, déclara la guerre à Athènes en 431 avant notre ère. La guerre du Péloponnèse reprit. De nombreuses cités s'allièrent à Sparte contre Athènes. Le monde grec fut concerné par ce conflit.

 

 

L'éclatement du monde grec ou la guerre du Péloponnèse

 

Lorsque la guerre du Péloponnèse reprit, ce fut d'abord plusieurs conflits locaux qui opposèrent Athènes à Corinthe. De nombreuses cités entrèrent dans cette lutte, ce qui modifia les alliances, mais Athènes avait, à ce moment-là, une armée considérable et une flotte bien entraînée. Cette position de force n'allait pas durer. Périclès, souhaitant une issue rapide à cette guerre, mit en place une stratégie qui devait apporter la victoire grâce à sa flotte maritime. Périclès ne parvint pas à concrétiser ce plan. Athènes fut surprise par la résistance péloponnésienne. En plus une épidémie de peste éclata dans Athènes où la population avait été rassemblée. La concentration de la population favorisa le développement de cette maladie, rendant plus compliquée toute action. Périclès mourut d'ailleurs de la peste en 429 avant notre ère. Cléon, un riche tanneur lui succéda. Désirant coût que coûte maintenir l'empire d'Athènes, Cléon tenta de mener une politique dans ce sens, mais il ne fut pas à la tête de la cité longtemps, car il mourut lors du siège d'Amphipolis en 421 avant notre ère.

 

Le conflit dura donc. Athènes commença à perdre des alliés. La guerre s'étendit de la Grèce septentrionale aux côtés d'Asie Mineure. Cependant une paix fut conclue entre Sparte et Athènes en 421, mais tous les belligérants n'y prirent pas part. La paix de Nicias (qui fut un homme politique et un général athénien) ne mettait donc pas vraiment fin au conflit. La guerre recommença dès qu'Athènes décida de mener une expédition en Sicile.

 

Cette expédition en Sicile était une décision qui avait été prise, certes par l'Assemblée, mais sous l'influence d'Alcibiade, autre homme politique de la cité d'Athènes. L'argument d'Alcibiade, pour justifier cette expédition, était d'apporter un soutien à quelques cités de l'île contre les ambitions syracusaines. Mais impliqué dans une affaire de sacrilège, Alcibiade prit la fuite, obligeant ainsi Nicias, défavorable à cette expédition, à mener les opérations militaires sur le terrain. Ce fut, en 413 avant notre ère, un échec pour Nicias qui y perdit la vie et pour Athènes.

 

Sparte vient en aide  aux Syracusains et s'établit en Attique.

 

À Athènes, les adversaires de la démocratie, profitant du mécontentement général, parvinrent à se rendre maître de la cité. Rapidement, ils essayèrent de négocier avec Sparte. Mais l'opposition des marins et des soldats de la flotte athénienne, qui se trouvait à Samos, parvint à faire échouer ce complot oligarchique. Si Athènes réussit à remporter quelques batailles, elle fut obligée de capituler en 405 lors de la bataille d'Aigos-Potamos. Athènes signa donc la paix, dictée par Sparte en 404 avant notre ère.

 

 

Le moment des hégémonies

 

Après les guerres du Péloponnèse, le monde grec du IV e siècle connut différents changements causés par ce conflit. L'un de ces bouleversements fut le déclin de la cité grecque. Il est vrai que les guerres du Péloponnèse avaient causé de grandes pertes humaines et avaient aussi fragilisé l'économie. Toutefois, le territoire grec n'avait pas été touché de la même façon par ce conflit. L'Attique fut touché, mais l'équilibre de la cité ne fut pas remis en cause, par contre le Péloponnèse souffrit beaucoup plus. Les troubles furent si grands que parfois une tyrannie se mit en place mais elle fut différente de celle de l'époque archaïque. Le tyran était, en effet, une espèce de chef  de mercenaires qui rapidement se rendait maître de la cité afin d'y faire régner sa loi.

Durant le IV e siècle avant notre ère, la Grèce fut confrontée au mercenariat qui était l'une des conséquences de cette grave crise sociale. La misère poussa donc la population à se louer au plus offrant, ce qui mit en danger chaque cité tout en pouvant les protéger.

À Athènes, les stratèges devinrent peu à peu des professionnels de la guerre qui choisirent de confier à d'autres la politique intérieure tandis que les stratèges s'appropriaient la politique extérieure, ce qui leur permettait d'agir plus librement et en ayant à l'esprit leurs propres préoccupations. Ce modèle concernera d'autres cités dès la seconde moitié du IV e siècle avant notre ère.

 

Malgré les nombreuses difficultés, la démocratie  fut restaurée des 403, l'empire retrouva plus au moins les frontières qu'il avait eues vers 378 avant notre ère. Athènes sembla être sur le point de reprendre l'hégémonie du monde grec.  Il est vrai aussi que Sparte commençait à connaître de grandes difficultés mais nous avons peu de renseignements sur cette crise interne. Cette situation a sans doute conduit aux révolutions du III e siècle avant notre ère.

 

Le déclin de la puissance militaire de Sparte fut indéniable. D'ailleurs cette cité, qui avait perdu des alliés, n'était plus en mesure  de maintenir une politique extérieure.

 

S'il est vrai qu'Athènes profita de la faiblesse de Sparte, il est vrai aussi qu'une autre cité émergea : Thèbes. Mais cette cité employa des mercenaires pour lesquels elle devait trouver de l'argent. Les cités grecques finirent par s'affaiblir les unes les autres, ce qui conduisit à de nouvelles guerres dès 357 avant notre ère. Aucune cité dorénavant ne parvint plus à prétendre à l'hégémonie.

 

 

Philippe II de Macédoine

 

En 359 avant notre ère, Philippe II de Macédoine arriva au pouvoir. Roi d'un royaume, qui devint de plus en plus puissant, Philippe II de Macédoine profita de l'épuisement des différentes cités pour s'immiscer dans les conflits entre cités. Petit à petit, il réussit à conquérir toute la Grèce : d'abord la Thrace, puis la Thessalie. Les autres cités ne réagirent pas face à cet homme qui parvenait à étendre progressivement son influence sur le monde grec. Si les cités souhaitaient le faire, elles étaient peu entendues. En plus Philippe II de Macédoine réussissait à convaincre d'autres gens à le suivre.

En 346 avant notre ère, Philippe II de Macédoine parvint à entrer au conseil amphictyonique (qui administrait les sanctuaires de Delphes) et devint alors l'arbitre du monde grec.

Démosthène, qui avait déjà réagi voilà peu contre Philippe II de Macédoine, mais sans trouver de soutien, parvint à faire entendre son mécontentement. Une coalition fut créée autour d'Athènes, de quelques cités du Péloponnèse et de Thèbes afin de s'opposer à Philippe II de Macédoine, mais ce dernier sortit vainqueur en 338 à Chéronée, en Béotie.

 

Une paix fut alors conclue et Philippe II de Macédoine réussit à établir un pacte d'alliance : la ligue de Corinthe. Philippe II de Macédoine devint, de fait, l'hégémon du monde grec. Le roi de Macédoine désira mener contre les rois de Perses une guerre à la fois de vengeance et de conquête. Il n'eut pas le temps de réaliser ce projet car il fut assassiné en 336 avant notre ère, laissant le pouvoir à son fils, Alexandre Le Grand.


FIN DE LA QUATRIÈME PARTIE 

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article
2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 09:54

Source

ÉPOQUE ARCHAÏQUE
(700 avant notre ère - 480 avant notre ère)

 

Le début de la période archaïque est assez mal connu, car les témoignages -de ce début de VIII e siècle- qui sont parvenus jusqu'à nous, sont tardifs. Dès la fin de l'époque géométrique, toutes les cités connaissent une évolution rapide, voire brutale. Dans un premier temps, nous passons d'un régime monarchique à un régime aristocratique basé sur l'inégalité due à la naissance. Mais dès le VII e siècle avant notre ère, le régime aristocratique se heurte à une grave crise liée à des problèmes sociaux. Des réformes sont tentées afin de concilier revendications populaires et esprit conservateur des aristocrates.

 

Durant cette période d'effervescence importante (milieu du VIII e siècle jusqu'au VI e siècle), la Grèce Antique colonise tout le monde méditerranéen. Des colonies sont implantées de l'Espagne jusqu'au Pont-Euxin (Mer Noire), ce qui eut des conséquences à la fois politiques, économiques et culturelles. Non seulement les colonies instaurent des échanges divers et variés avec les nombreuses métropoles grecques, mais aussi, libérées d'un passé séculaire et traditionnelle, les colonies innovent (dans le domaine de l'urbanisme notamment).

Cependant, il faut avoir à l'esprit que la colonisation, dans l'Antiquité, n'implique pas une prise de possession d'un territoire appartenant à des indigènes. La colonisation, dans l'Antiquité, est une façon de faire face aux problèmes, souvent sociaux, rencontrés par la population du monde grec. Ainsi, les propriétaires endettés, les vaincus des querelles intestines décident de quitter le sol grec en groupe afin de construire une nouvelle cité-état qui est totalement indépendante de la métropole. Il faut aussi retenir que toutes les cités de la Grèce Antique ne fondèrent pas de colonies, ce qui fut le cas de Sparte et d'Athènes.

 

Peu à peu, le déclin du pouvoir aristocratique conduit à la tyrannie. Nous assistons au passage de la cité aristocratique des VIII -  VII e siècles à la cité isonomique (de nomos qui signifie "loi") de l'époque classique, avec pour intermédiaire la tyrannie. Toutefois, toutes les cités ne sont pas concernées par cette étape. Sparte ne connut pas la tyrannie à la différence de Corinthe (dont le tyran fut Périandre), de Mégare (dont le tyran fut Théagène), d'Argos (situé dans le Péloponnèse), de Milet (en Ionie), d'Athènes (dont le tyran fut Pisistrate) et quelques cités grecques d'Occident.

 

Cette tyrannie, qui exista entre le milieu du VII e siècle jusqu'à la fin du VI e siècle, semble avoir plusieurs origines. Certains estiment que le tyran aurait pu être une espèce de prince marchand. En réussissant à s'appuyer sur une classe nouvelle d'artisans et de commerçants, le tyran serait parvenu à chasser la vieille aristocratie foncière, qui jusque là, avait été dominante.

D'autres pensent que la tyrannie est liée aux transformations internes de la société qui avaient engendré une grave crise agraire. Le tyran tente, dans ce contexte, de mieux partager les sols devant être cultivés.

Une autre théorie, aujourd'hui remise en cause, avance que l'installation de la tyrannie a été possible grâce aux transformations profondes survenues dans le domaine militaire : développement du combat hoplitique (de hoplite, i.e. fantassin pesamment armé). Quoi qu'il en soit, le tyran prend le pouvoir illégalement et s'y maintient par la force. Pourtant, le tyran met en place une politique sociale qui vise à soulager les pauvres et une politique de prestige (les Lettres et les Arts sont encouragés ; premiers concours de tragédies à Athènes en 534 avant notre ère). Quelques grands travaux d'intérêt public comme l'adduction d'eau dans quelques villes, sont aussi réalisés. Si les tyrans font construire des édifices religieux, ils ne font pas bâtir d'édifices civils.

 

Sans doute que plusieurs facteurs ont conduit au régime de la tyrannie, ce qui semble être le cas, puisque le monde grec a connu une variété d'expériences tyranniques. Cependant, ces tyrannies ont eu une communauté de citoyens soldats qui est devenue souveraine. Mais la tyrannie n'est pas un régime politique destiné à durer longtemps. Dans la mesure où, en effet, le tyran résout les problèmes qui l'ont conduit vers le pouvoir, la tyrannie cesse dès que la crise est passée. Petit à petit, les cités parviennent à rétablir un régime régulier où le pouvoir est alors exercé par plusieurs hommes. Ainsi à Athènes, dès 510 avant notre ère, les réformes de Clisthène donnent naissance à un nouveau régime politique : la démocratie.

 

Sous ces différentes tyrannies, les échanges deviennent de plus en plus nombreux, la monnaie est couramment employée. Des relations se créent de cité à cité, ce qui permet la mise en place de systèmes d'alliance.

 

D'ailleurs, les guerres médiques mirent en évidence l'efficacité de ces alliances. En 490 avant notre ère, les Perses, dont l'empire était en contact avec les cités grecques d'Asie Mineure, préparèrent une expédition contre l'Attique. Les Athéniens, avec quelques alliés, réussirent à vaincre les Perses à Marathon en 490 avant notre ère, lors de la Première Guerre médique.

À la mort de Darius, qui avait régné de 522 à 486 avant notre ère en Perse, son fils Xerxès prépara une nouvelle expédition contre le monde grec. Se sentant en danger, les cités grecques s'unirent, mais toutes ne souhaitaient pas la même chose.

Grâce à Thémistocle, Athènes accepta de construire une flotte qui fit basculer la Grèce Antique de la défaite vers la victoire. En effet, la résistance de Léonidas aux Thermopyles n'empêcha pas les Perses d'entrer sur le sol grec. Mais la ruse de Thémistocle assura la victoire : les bateaux perses venus dans la rade de Salamine furent détruits, les Perses contraints à la retraite en septembre 480 avant notre ère, lors de la Deuxième Guerre médique. Les expéditions des Perses vers la Grèce cessèrent aussitôt. Le monde grec eut alors le sentiment d'avoir remporté une grande victoire sur la monarchie barbare perse.

 

Dans le courant du VII e siècle avant notre ère, l'art orientalisant et la céramique corinthienne sont de plus en plus utilisés. La pierre remplace peu à peu le bois dans l'architecture religieuse.

Entre 670 et 620 avant notre ère, naissent les trois ordres. Plusieurs temples furent construits à Olympie vers la fin du VII e siècle avant notre ère, à Éphèse au VI e siècle avant notre ère…

FIN DE LA TROISIÈME PARTIE

Repost 0
Published by Clélie - dans Histoire
commenter cet article