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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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22 mai 2009 5 22 /05 /mai /2009 11:17

Source

T'AO Hsüeh, Un torrent de montagne, Orphée, Coll. La Différence, 1992

 

S'achevant sur des explications au sujet de la calligraphie chinoise, ce recueil de poèmes –cinquante et un au total- est un voyage dans la Chine du VIII e siècle de notre ère. Tout ce que cette poétesse a pu écrire, a été rassemblé dans ce livre, le reste ayant été perdu à jamais.

 

Chaque poème est proposé en langue chinoise –la calligraphie est de Zhu Jie- sur la page de gauche et dans une traduction de Pierre Lorain sur la page de droite.

 

"Traduire, c'est trahir" nous apprend cet aphorisme italien ! Ici il ne sera donc question que de mots, l'idéogramme chinois ne peut être qu'un bonheur pour les yeux. Alors que reste-t-il des poèmes de Hsüeh T'ao une fois traduits ? Il est impossible d'apporter une seule réponse…

 

Calligraphie et poésie s'offrent à vos yeux et à votre esprit.

 

L'univers de Hsüeh T'ao est tourné, la plupart du temps, vers la nature :

 

"Un vieux platane est dans la cour,

Son tronc s'enfuit jusqu'aux nuages ;

Il tend ses branches aux oiseaux

Volant du nord ou du midi,

Ses feuilles frémissent au vent

De tous côtés virevoltant."

 

Chaque saison est présente :

 

"Les jeunes joncs tout frémissants

A nouveau sont ourlés de vert ;

Penchés ils freinent le torrent,

C'est bientôt la fin du printemps."

 

Puis :

 

"Les hibiscus déjà se fanent

Dans la montagne de l'automne ; […]."

 

Plantes et paysages retiennent attentivement la poétesse :

 

"Toutes les plantes d'eau se mettent en travers

Des frêles prèles vertes ;

Penchées sur l'onde fraîche les branches des saules

Unissent leurs efforts.

 

Pourrai-je atteindre un jour la rive de l'étang

Pour la joie de mes yeux,

Pourrai-je prendre un jour ma barque et recueillir

Des coronilles blanches ?"

 

Au milieu de cette nature parfois changeante, il est une place pour les sentiments :

 

"Je vais bientôt briser une branche de saule

Que je voudrais t'offrir

Pour soulager un peu nos deux cœurs séparés

Aux brumes de la lune."

 

Si souvent les êtres sont séparés - "Bien que tu sois parti et voyages au loin"- ils se retrouvent parfois.

 

Ici tout semble léger – "Il est, au dessus des nuages, / un vieux monastère moussu, / le vent divin l'a purifié / de la poussière d'ici-bas." – triste parfois, mais ceux à qui l'on pense sont toujours dans notre esprit :

 

"Je sais qu'à mille lieues

Ta nuit n'est que la mienne :

Un rêve solitaire

Lointain comme la route

Qui mène à la frontière."

 

Tout semble si proche de nous dans ce monde disparu mais dont les différents instants ressemblent à ces petits moments que nous avons tous connus. Nos souvenirs écrits avant que nous ne le vivions… Du bonheur à plus de mille ans de distance, quand Charlemagne avait conquis l'Europe …

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