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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 10:14

Contes

 

La dernière partie du recueil, intitulée Contes, est composée de huit contes de longueurs diverses et de thèmes différents.

 

City of Benares

 

Le City of Benares, “trois mâts franc, devint un jour son seul maître après Dieu sous le ciel et la mer. » Il perdit son équipage sans que l’on parvienne à savoir ce qui était arrivé à ces hommes.

Le navire « n’était pas fait, quoi qu’il en soit, pour représenter, durant une existence, les intérêts de la maison Habburton and C° limited, d’Edimbourg […] avec l’espoir, à la fin de ses jours, d’une retraite aléatoire comme ponton embarcadère sur la Tamise, » car, hélas, le City of Benares eut une vie qui ne lui plaisait plus.

 

« Pendant tout un après-midi de calme plat, il somnola, dérivant doucement sur un courant inconnu, » puis il songea à d’autres horizons, c’est pourquoi, le City of Benares, dans sa naïveté de navire en bois, partit ainsi à la recherche du bout du monde. » Il navigua alors, « hors de tous les chemins battus du monde. » Après avoir traversé « des océans verts, des mers bleues, violettes, grises ou blanches, le City of Benares […] se rendit compte de la vanité de ses recherches, et que la terre n’est qu’une boule, légèrement aplatie –dit-on- aux pôles. » Il choisit de mourir « au large des Iles de la Sonde sur une mer très calme, » coulant ainsi par six mille brasses de fond.

 

Les Pétrels

 

« Les pétrels sont des oiseaux myopes, » ce qui permet de comprendre « l’entreprise hors du commun dans laquelle ils se jetèrent un jour sans raison valable. » Un soir, vers sept heures, quelques pétrels « se reposaient sur le sable tiède d’une plage peu fréquentée, » quand, soudain, le soleil fut sur le point de se coucher. Cela engendra une grande tristesse parmi les oiseaux. Au lieu de songer à dormir,  les pétrels « ne surent pas détourner leurs regards du soleil qui s’attardait indéfiniment à tous les détails du cérémonial prescrit à son coucher. »

Tout à coup, ils se mirent à courir jusqu’à la mer. « Là, toutes les ailes s’ouvrirent ensemble, » puis les pétrels volèrent fonçant « tout droit sur les vestiges éblouissants de la lumière. »

Rien n’arrêta le vol irréfléchi de ces oiseaux. « Ils s’élevèrent jusqu’aux régions de l’espace  d’où l’Océan s’arrondit et semble pacifié. » Puis la nuit tomba totalement, ce qui compliqua leur vol. Alors quelques oiseaux exténués « se détach[èrent] brusquement du groupe pour tomber » mais « rien ne put vaincre l’espoir têtu de la race ignorante et bornée. »

Ceux qui survécurent à cette aventure, n’ont toujours pas compris « comment le soleil, qu’ils poursuivaient depuis la veille, les surprit par derrière au lendemain matin. »

C’est pourquoi, les pétrels ont une étrange réputation.

 

La Mort de Sancho

 

Si l’on sait comment mourut Don Quichotte , il n’en est pas de même pour Sancho Panza.

 

Après la mort de son maître, Sancho Panza fut partagé entre la tristesse d’avoir perdu son maître et le bonheur de ne plus avoir à courir le monde.

Avec le temps, Sancho Panza retrouva une sérénité « exempt d’émotions inutiles. Il reprit , une à une, ses occupations rurales. »

De temps en temps, il rendait visite à la nièce de Don Quichotte. Parfois, sa femme demandait à ce que des travaux soient faits dans la maison, d’autres fois, sa fille lui demandait quand  elle pourrait s’établir. Quelquefois, c’est à son âne que Sancho Panza parlait.

Le temps passa. Des travaux furent faits dans la maison, la fille de Sancho Panza se maria et l’âne, compagnon muet de Sancho Panza mourut. « Mais son maître, qui le pleura, ne put jamais le remplacer. »

Quand Sancho Panza fut vieux, il resta chez lui. « Il plaça un banc de bois devant la porte, sur la grand’route, et se fit une occupation de regarder passer les hommes, les bêtes et les voitures. » Il parlait à qui voulait l’écouter.

Une nuit, il marcha « à travers la campagne, trébuchant contre les pierres, et pénétra jusqu’au milieu de la forêt. » Il parla comme si son ancien maître était toujours du monde. Soudain « il retomba sur la gazon. Tout porte à croire qu’il mourut sans souffrance, puisqu’il avait enfin connu la sagesse. »

 

Le Piano droit

 

Mademoiselle Cédéra devait déménager. Le jour choisi était un samedi mais l’heure n’avait pas été fixée. C’est pourquoi, mademoiselle Cédéra passa sa journée à attendre le voiturier. Quand, enfin, il arriva accompagné d’un autre homme, il faisait déjà nuit.

La demoiselle ayant bien peu de choses à emporter, elle fut vite installée. « Il ne restait plus que le piano droit, confié en bas à la vigilance du cheval triste. » Mais cet instrument, qui lui servait à dispenser ses cours, ne put être transporté au cinquième étage, à cause du peu « d’ampleur des tournants de l’escalier. » Le piano trouva refuge dans la loge en attendant le lundi suivant.

 

Muni de poulies, de cordes et de poutres, le piano fut levé « au rythme des « oh ! hisse ! » scandés par le concierge, » mais arrivé à la bonne hauteur, le piano « ne put pénétrer par l’orifice prévu et dut redescendre avec d’infinies précautions. »

Des travaux, durant lesquels « le professeur perdit une à une ses élèves de solfège, » furent réalisés. Quand enfin, l’ouverture fut assez grande, on monta le piano, mais la corde céda détruisant le piano dès qu’il toucha le sol.

Depuis mademoiselle Céréda est pensionnaire « d’une maison de santé du Loir-et-Cher » où elle prépare la fête annuelle musicale.

 

Les Matelots de la « Belle-Julie »

 

La Belle-Julie avait parcouru le monde et vécut des moments mémorables. On y buvait sec aussi. D’ailleurs, « le meilleur buveur de la corvette fut le commandant Bartus. »

Un jour, « une bourrasque imprévue » changea le destin de l’équipage. « La vergue sèche d’artimon se rompit et brisa le crâne du commandant Bartus, » le tuant sur le coup. « Il fallut pourtant procéder aux funérailles. Elles furent, selon l’usage, simples mais tragiques. » Cependant, comme le défunt « avait fait le serment à la veuve d’un avoué de Bayonne […] de revenir mort ou vif, à ses pieds, de l’autre bout du monde, » son cadavre fut plongé dans le dernier fût d’eau de vie du navire. Ce fait obligea l’équipage à boire de l’eau. Puis un jour, le cuisinier osa descendre  « dans la cale, un gobelet au fond de sa poche » afin de puiser le breuvage dans lequel avait été déposé le défunt commandant Bartus. Quand il remonta, il titubait, mais il était consolé. D’autres marins firent comme lui. Quand enfin, « le navire eut regagné son port d’attache, le fût était vide. »

Depuis, pour les hommes qui étaient allés sur ce bateau, qui avait vu mourir le commandant Bartus, aucun alcool ne valait « la cuvée du commandant Bartus. »

 

Entretien avec le diable

 

L’image du Diable varie en fonction des civilisations. Pourtant, « il ressemble à un professeur libre aussi bien qu’à un agent des ponts et chaussées. » D’ailleurs la première fois que le narrateur l’a rencontré à Paris, « il buvait un café noir sur le zinc d’un bar du quai de la Tourelle, vers onze heures du soir. »

Le narrateur ne se laissa pas, dans un premier temps, abuser par le Diable. Il refusa de jouer avec lui, resta insensible à ses flatteries et demanda d’arrêter toutes ruses avec lui.

Cependant, il ajouta que si le Diable parvenait à le distraire, il lui céderait son âme. Après avoir entendu quelles seraient les choses qui étonneraient le narrateur, le Diable se contenta de lui demander de se retourner juste avant de disparaître. C’est alors que le narrateur vit « deux lunes dans le ciel. » Mais en observant mieux, il réalisa que « la première des deux lunes marquait  exactement minuit. Elle n’était autre que le cadran lumineux de la gare de Lyon.

Voilà comment, un soir d’ivresse, j’ai vendu mon âme pour une pendule » conclut le narrateur.

 

L’Orage

 

L’orage approchait, cela se percevait à l’attitude des animaux. La population s’attendait aussi à voir l’orage éclater, mais rien ne venait pour le moment. Puis « un roulement s’entendit au loin. Non, ce n’était pas déjà le tonnerre. Un landau de louage qui revenait à vide d’une noce […] passa en tremblant de toutes ses vitres. »

A quelques pas de là, « mademoiselle Edith Tantamer, la fille cadette de l’huissier, » faisait de l’aquarelle. Il ne lui restait plus qu’à unir les trois œillets roses par un ruban, mais la jeune fille ne savait quelle couleur choisir. En plus, « les brusques dépressions barométriques » et « [l’]écolier du voisinage [jouant] « Cœur de tziganes » sur son violon » avaient une influence sur ses pensées. Son imagination la transporta ailleurs, puis « afin de détourner ses idées, elle ouvrit la croisée et remonta la jalousie. » Le vente tiède se leva, les grosses gouttes de pluie « s’écrasaient déjà, en bas, dans la poussière. »

L’enfant se pencha par dessus l’entablement de la fenêtre, s’exposant ainsi « à la fureur des éléments. »

« Car subitement l’orage creva, accompagné de bruit. […] L’averse ricochait sur les tuiles, débordait des gouttières engorgées, fouettait les vitres et traçait peu à peu de larges cercles humides au plafond des chambres de bonnes, sous les combles. »

La pluie mouillait son visage et la jeune fille adressa comme une prière à l’orage :

« Emporte sur tes ailes dévastatrices mon pauvre cœur brûlant et inassouvi destiné à d’autres aventures que le train-train de cette existence tranquille ! »

Soudain, la mère de l’enfant entra dans sa chambre et lui demanda d’aller mettre des vêtements secs pour venir dîner.

 

Mon ami le prophète

 

L’hiver arrivait humide et tiède. La pluie était là tout le temps si bien que « les rues ne ressemblaient plus à des rues. »

Tout ruisselait. Le spleen pesait sur la population.

 

Le narrateur habitait un appartement avec Baruch sur l’île Saint-Louis, rue Le Regrattier.

Pour parvenir jusqu’à leur appartement, il fallait « suivre tant de méandres compliqués et monter tant de marches inutiles, que la personne la mieux douée de l’instinct d’orientation, se fût trouvée, une fois parvenue à notre logis, absolument incapable de désigner les quatre points cardinaux. » C’est pourquoi, peu de gens venaient les voir. Peu de lumière entrait dans l’appartement.

Ayant plus que rarement les idées noires, les deux hommes eurent du mal, cet hiver, à se lever le matin. Les ténèbres persistèrent jusqu’à dix heures dans leur pièce. Ensuite, on pouvait voir les objets dans cette pièce où la consommation de bougies entamait considérablement leur budget, ce qui ne les empêchait pas de payer leur loyer.

 

Les deux hommes s’étaient connus à « l’automne précédent » dans la rue de Rivoli : une rencontre due au hasard. Le visage de Baruch, abîmé par l’alcool, provoqua une espèce de pitié. Alors qu’ils se faisaient face en pleine rue , ni l’un ni l’autre ne parvinrent à faire le moindre mouvement. Alors Baruch « posa sa main sur [son] épaule. »

Ils parlèrent, puis finirent par aller prendre un verre. Baruch évoqua ses parents, sa vie. Quand les deux hommes quittèrent l’estaminet, ils étaient devenus inséparables. Ensemble, leur quotidien ne fut pas toujours facile.

 

Avec le temps, le narrateur admira son « compagnon presque plus qu’[il] ne l’aim[a]. »

Baruch « vendait ses livres pieux avec une facilité déconcertante, » tandis que le narrateur avait du mal à vendre ses marchandises. Il faut dire que le narrateur manquait  de persuasion et était vite lassé.

 

Un après-midi pluvieux, alors que le narrateur était occupé à réparer sa bottine, une musique lui rappela le passé. Tout à coup, Baruch prit la parole. Il répéta de nombreuses fois les mêmes propos désespérés jusqu’à ce qu’il ait obtenu « dans sa diction un accent parfait de contrition et de désespoir. » Si Baruch s’adonnait à ce discours, c’était afin de réussir à gagner « une somme d’argent suffisante pour [les] aider à vivre pendant plusieurs semaines » grâce aux dons d’une « Israélite récemment convertie à la religion réformée. » Ceci dit, Baruch sortit et revint fort tard, un peu grisé, mais « vêtu de neuf. »

Le matin suivant, Baruch apprit à son ami qu’il avait « reçu quelque argent de sa bienfaitrice, » mais qu’il l’avait distribué aux mendiants rencontrés sur le chemin du retour.

Puis Baruch resta quelques jours à se reposer, buvant et chantant et sans doute réfléchissant.

 

Le projet de Baruch était « de fonder une religion nouvelle, avec l’aide de Dieu, bien entendu. » Le narrateur avait toutefois quelques doutes, car il estimait que leur époque « de cafés-concerts, d’aéroplanes et d’incrédulité »ne permettait pas la réussite de ce genre d’entreprise. Baruch, certain que « tout est permis aux esprits audacieux » pensait que la publicité les aiderait.

Baruch avait une vision globale de son projet. Il fallait « réunir d’abord un certain nombre de disciples qui pourvoiront à [leurs] besoins les plus urgents » en les choisissant dans les classes riches. Ensuite, il suffirait de leur prononcer « des paroles de vie et d’espérance. »

Dès le lendemain matin, le narrateur devrait se promener dans les rues, « une palme à la main, annoncer la bonne nouvelle à tous les carrefours. Baruch, quant à lui agirait de son côté.

 

Le narrateur obéit à Baruch et le matin venu, habillé d’un drap en guise de costume et muni d’une pancarte rédigée par Baruch, il erra « de bar en bar. » A l’heure du rendez-vous fixé par Baruch dans un bar, le narrateur ne vit que quelques personnes. Quand Baruch comprit que « le nombre de ses disciples » n’augmenterait pas, il prit la parole.

L’assistance « d’un accord unanime » se leva afin de « répéter avec gravité la prière que récitait Baruch. »

Ensuite, Baruch poursuivit en chantant « un cantique suggestif » composé par « un de ses anciens lieutenants de l’Armée du Salut. » Tout le monde reprit le refrain. Baruch s’adressa de nouveau aux gens. Habillement, il captiva son auditoire avec des citations « des deux Testaments et de l’Apocalypse. » Même le narrateur éprouva « une vénération tout à fait singulière et imprévue envers [son] banal camarade de chaque jour. »

Les paroles de Baruch firent réagir l’assistance : la femme du cabaretier avoua avoir trompé son mari plusieurs fois. Baruch eut des paroles apaisantes envers elle. Sur ce, le narrateur fit une quête qui fut fructueuse. Ensuite, Baruch promit de revenir le lendemain à la même heure afin de donner plus de détails sur sa doctrine.

 

En revenant chez eux, ils croisèrent un pauvre homme qui demandait l’aumône. Dès que Baruch eut prononcé quelques paroles apaisantes, le vieil homme « sauta de joie et s’en fut en gambadant comme un écolier. » La réaction de cet homme fait croire à Baruch qu’il pouvait réaliser des miracles. Le narrateur tenta de calmer l’enthousiasme de Baruch qui ne voulut rien entendre.

Ce soir-là, ils ne parvirent pas à s’endormir. Baruch était tout à ses certitudes. Il était persuadé de savoir faire des miracles et son ami ne comprenait pas cela.

 

Le lendemain de cette journée, Baruch fut interné dans un asile d’aliénés « où l’autorité laïque jugea bon de l’enfermer. » Régulièrement, le narrateur a rendu visite à Baruch, qui même en ces lieux, continuait d’avoir de l’influence sur ceux qui étaient autour de lui.

Le narrateur n’a jamais réussi à comprendre pourquoi Baruch ne put se guérir « d’un regrettable penchant pour les liqueurs fortes. » L’alcool « camphrée de l’infirmerie de l’asile » qu’il parvint à boire, lui coûta la vie.

FIN DE LA DEUXIEME ET DERNIERE PARTIE
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22 août 2008 5 22 /08 /août /2008 12:54

Il est des écrivains dont les œuvres complètes se limitent à quelques pages. Jean de La Ville de Mirmont est, hélas, de ceux-là. Ses écrits font moins de deux cents pages.

 

Il est des écrivains oubliés, qui ne figurent pas ou si rarement dans nos anthologies, mais dont le souvenir fut entretenu par d’autres. Jean de La Ville de Mirmont est de ceux-là. François Mauriac n’oublia pas l’ami d’enfance auquel il rendit hommage dans son Bloc-notes.

 

Publié au lendemain de la Première Guerre mondiale, L’Horizon chimérique est l’œuvre d’un jeune homme mort le 28 novembre 1914 au Chemin de Dames à Verneuil en Champagne. Il n’avait que vingt-huit ans. Aurait-il écrit encore s’il était revenu de ce « grand voyage » que fut cette terrible guerre ?

 

Se demander quel aurait été le visage de notre littérature si la Première Guerre mondiale n’avait pas fauché tant de talents, qui avaient eu le temps d’écrire avant de mourir, est sans doute une illusoire consolation. D’autres choses sont aussi nées de ce grand conflit. Alors pour avoir, peut-être, une simple idée de ce qui était en germe en ce début de XX e siècle, laissez-vous tenter par le peu qu’a pu écrire Jean de La Ville de Mirmont, grand lecteur de Charles Baudelaire.

 

L’Horizon chimérique

 

La première partie du recueil est composée de poèmes. La plupart n’a pas de titres. Seuls cinq poèmes, éparpillés dans l’ensemble du recueil, reçoivent un titre : Vœu, Madrigal, Le rêve et la vie, Promenade, Epitaphe.

 

Quarante-cinq poèmes, découpés en cinq parties, ouvrent ce livre. La première partie s’intitule L’Horizon chimérique. Essentiellement tournés vers la mer, ces poèmes évoquent tantôt « un port » où est né le poète, tantôt « le ciel incandescent d’un million d’étoiles ». Le poète nous emmène ici ou là au gré des désirs, des vents et des saisons.

 

La deuxième partie, qui se nomme Jeux, nous entraîne « […] dans une auberge du vieux port. » L’ennui est là parfois, mais le souvenir aussi :

 

« Mais je porte en mon cœur, à l’abri des atteintes

Du temps et de l’oubli, le souvenir futile

D’une créole de Saint-Pierre aux lèvres peintes

Dont les baisers grisaient comme le vin des Iles. »

 

La troisième partie, intitulée Attitudes, propose les différents visages de l’Homme. Ce dernier choisit parfois de prendre d’autres chemins :

 

« Que nous importent vos scrupules,

Et vos soucis et vos tracas ?

Nous ne mettrons jamais nos pas

Dans vos empreintes ridicules ! »

 

Pourtant, l’homme rêve aussi à ce qu’il pourrait être : « Si j’étais gabarre ou chaland »

 

La quatrième partie s’appelle Chansons sentimentales. Le poète s’amuse avec sa « sœur fragile. » Mais il a besoin de ce :

« Cher petit être insoucieux »

 

La cinquième partie, fort courte, a le nom de Confidences. La « pauvre âme », qui comme le poète, n’était pas faite « pour jouer la vertu » nous emmène aussi pour une Promenade dans Paris.

 

Les Dimanches de Jean Dézert

 

Publié à compte d’auteur en 1914, peu de temps avant la déclaration de guerre, ce roman, qui n’eut aucun succès, est le seul paru du vivant de l’auteur.

L’ironie n’est jamais loin dans les quatre parties de ce court roman. Le narrateur est présent dès les premières lignes, puis semble s’effacer ensuite. L’absurde de la situation fait parfois songer aux écrits de Samuel Beckett…

 

Définition de Jean Dézert

 

« Ce jeune homme, appelons-le Jean Dézert. »

Les joues soigneusement rasées, Jean Dézert est « employé au Ministère de l’Encouragement au Bien (Direction du Matériel) » dont la vie « n ‘offre rien que de très ordinaire, en apparence. »

Jean Dézert réside rue du Bac dans un appartement un peu vieux. De sa fenêtre, il peut voir jusqu’au boulevard Saint-Germain.

Chaque jour, Jean Dézert se lève à huit heures afin de se préparer pour se rendre à son travail rue Vaneau. Il fréquente rarement ses collègues, car il « ne sait pas discuter. » Jean Dézert se contente de « compléter des imprimés, de communiquer ou de transmettre, selon le cas, des pièces à d’autres services. »

Un jour de la semaine a toute son importance pour Jean Dézert : le dimanche. Pourtant, il vit seul loin de sa famille qui se trouve dans le Sud-Ouest.

« Mais, surtout, Jean Dézert a fait sienne une grande vertu : il sait attendre. Toute la semaine, il attend le dimanche. A son Ministère il attend de l’avancement, en attendant la retraite. Une fois retraité, il attendra la mort. Il considère la vie comme une salle d’attente pour voyageur de troisième classe. »

Ni ambitieux, ni envieux, Jean Dézert est juste un résigné.

 

Journées

 

La pluie d’automne est là « sur Paris, sur la banlieue, sur la province. » Tout est en mouvement, le train, les gens…

Jean Dézert se rend « dans sa crèmerie, rue du bac, à deux pas de chez lui. » Là il retrouve Léon Duborjal, un ami qu’il ne rencontre que dans ce restaurant. Ils se parlent de tout, de rien, puis chacun reprend son chemin, une fois le repas terminé.

Comme il pleut encore, Jean Dézert « rentre chez lui. Il allume sa lampe à pétrole, s’installe devant sa table. » Sur l’agenda, en ce dix octobre, Jean Dézert écrit : Néant. Après avoir fumé une cigarette, il va se coucher.

Dans le bureau de Jean Dézert, un poêle et un collègue avec lequel, il ne discute pas. Comme Jean Dézert a terminé son travail plus tôt, il cherche une façon d’occuper les quarante-cinq minutes qui lui reste avant son départ. Soudain, une idée : faire des vers. Il commence jusqu’à ce que son voisin vienne l’interrompre un court instant. C’est alors que M. Benoît, sous-chef, entre dans le bureau demandant à Jean Dézert « la note de la Direction des Legs, en date du 20 courant » dont il n’a pas vraiment besoin selon le collègue de Jean Dézert.

Il reste encore vingt minutes à Jean Dézert qui alors se souvient de sa jeunesse.

 

Sur le quai Voltaire, se trouvent les bouquinistes. Jean Dézert jette un œil sur quelques livres quand il « se promène de six à sept heures, pour des raisons d’hygiène, avant son repas du soir. »

Un jour, parmi les ouvrages consultés, il achète La Morale de Confucius. Philosophie de la Chine, juste à cause de cette phrase : « Lorsqu’on ne peut apporter à un mal aucun remède, il est inutile d’en chercher. » Cet ouvrage est maintenant son livre de chevet.

 

Jean Dézert, dans son agenda, raconte « chaque soir ses mémoires. » De ce dimanche 15 novembre 19.., Jean Dézert retient que le mauvais rhume, le courrier, le « dîner habituel, à la crémerie Chênedoit. » Son ami, Léon Duborjal porte une jaquette. Après le repas, les deux hommes se rendent sur la place de la République afin de « boire un lait chaud à la « Merveille des Mers ». »

Parfois, il évoque le temps qu’il fait, les élections municipales…

 

Jean Dézert accepte toujours les prospectus « que lui tendent, sur le trottoir, des vieux messieurs déchus, prodigues et mal vêtus. » De retour chez lui, il ne garde que ceux qu’il juge intéressants.

Un samedi soir, il songea qu’il pourrait passer sa journée du dimanche à « suivre les conseils prodigués sur quelques-unes de ces feuilles gratuites. »

Le lendemain, après voir fait sa toilette, il « se dirigea vers le quartier latin. » Chacun vaquait à ses occupations. Jean Dézert prit à une vieille femme deux brins de muguet puis à partir du premier prospectus, il prit le chemin de la rue Monge pour aller « aux piscines d’Orient. » Jean Dézert entra dans cet établissement qui semblait « devoir tenir ses promesses de confort. » Il dut attendre son tour, puis après le massage, il se rhabilla afin de se rendre au « « lavatory rationnel, coupe 50 centimes, barbe 25 centimes, soins antiseptiques », de la rue du Faubourg-Montmartre, qui constituait le N°2 de son programme. »

« Reçu par le patron lui-même, toulousain d’origine, » Jean Dézert se vit proposer plusieurs types de coupes qui ne pouvaient lui convenir. Finalement, il demanda à avoir les cheveux à ras, mais une fois qu’il eut les cheveux coupés ainsi, il se trouva « hideux dans la glace. »

A 11 h 10, « il devait déjeuner au « restaurant végétarien, antialcoolique, spécialités hygiéniques, […] », vers le bout de la rue de Vaugirard. » Après avoir un peu flâné, il arriva au restaurant.

Ayant composé un menu au nombre de calories trop importantes, il dut faire un autre choix. Il prit son repas, tandis que le restaurant s’emplissait peu à peu, puis « il but, pour finir, une tasse de café décaféine, sans trop s’y attarder toutefois, car, par mesure d’hygiène, on ne fumait pas dans l’établissement. »

L’après-midi débuta. Il alla se promener et arriva boulevard Sébastopol.

Jean Dézert se rendit chez madame « Thérésa de Haarlem, sujet sensitif d’une clairvoyance extraordinaire. »

« Jean Dézert s’assit devant une table modeste, recouvert d’un tapis vert, » mais « le futur ne l’intéressait guère. On n’avait pas bien long à lui apprendre sur son passé. » Néanmoins, Thérésa lui parla de son futur. Jean Dézert devait « se méfier, dans l’avenir, d’une femme aux cheveux noirs, bien qu’une fille blonde s’intéressât à lui. »

« En descendant l’escalier, il se rendit compte que la fatigue commençait à le gagner. » Comme il avait beaucoup marché depuis ce matin, il choisit de prendre le métro.

Rue de la Gaîté, il alla au cinéma. Quand il put enfin trouver une place plus confortable, il réussit à voir ce qui était projeté sur l’écran. Il s’endormit alors. Quand il se réveilla, les cow-boys étaient à l’écran et il était déjà cinq heures du soir. Il quitta les lieux, acheta la Patrie, puis après avoir pris un café, il reprit sa marche.

En fin de journée, il avait prévu d’aller à la pharmacie de Nord où « tous les dimanches soir à neuf heures, [une] conférence gratuite sur l’hygiène sexuelle, agrémentée d’auditions musicales » avait lieu. Quelques personnes se trouvaient là. Attentives, elles écoutaient, puis vers onze heures du soir, « quand le sujet fut épuisé, » elles se dispersèrent. A quelques pas de là, Jean Dézert fut accosté par une femme, mais la rencontre tourna court. Jean Dézert « rentra dans sa demeure et se mit au lit, très las. Pourtant, il n ‘oublia point de remonter son réveil. »

 

Puis Jean Dézert rencontra Elvire Barrochet.

 

L’Aventure

 

Un dimanche matin, au Jardin des Plantes, Jean Dézert rencontra Elvire Barrochet, « vêtue de bleu nattier. » D’habitude, il n’observait pas les passants, mais « celle-ci retint son attention. » Allant où ses pas la menaient, Elvire, à qui il fallait « peu pour la distraire, » venait de s’arrêter devant les ours blancs. Jean Dézert qui l’avait suivie, prit la parole. La conversation s’engagea. Ensuite, « ils marchèrent un moment, côté à côte, sans parler. » Puis ils parlèrent de nouveau.

Mais Elvire ne put poursuivre avec Jean sa balade plus longtemps, elle déjeunait chez une amie. Elle dut se dépêcher car elle était déjà en retard. Alors, Jean Dézert, qui lui donna sa carte, regarda la jeune fille s’en aller.

 

Alors qu’il était chez lui, attendant la fin de l’orage, « la sonnette du vestibule » retentit. Il crut que c’était quelqu’un qui s’était trompé. A sa grande surprise, c’était Elvire. Ils parlèrent mais Jean Dézert ne savait quelle attitude adoptée. Elvire, plus enjouée, raconta qu’elle était sortie seule, ce qui était rare. Quand la pluie cessa, Elvire partit. Le comportement d’Elvire suscita cette pensée à Jean Dézert :

« Cette enfant bouleverse toutes mes notions. »

 

« Le soir, chez Madame Chênedoit, Léon Duborjal questionna Jean Dézert. » Ce dernier lui parla d’Elvire dont le père était « négociant » et qu’il avait rencontrée « devant le bassin des otaries. »

 

Le dimanche suivant correspondait au début des vacances de Jean Dézert. Durant l’été, Jean Dézert restait à Paris qu’il considérait « comme une ville d’eau. »

« Depuis sa fenêtre, il vit enfin venir Elvire » qui tenait un paquet. En arrivant, elle raconta qu’elle était en retard et demanda s’ils allaient se promener. Ce fut Elvire qui imposa délicatement une promenade à Viroflay.

Avant de partir, Jean voulut savoir ce que contenait le paquet de la jeune fille. Elvire répondit qu’il s’agissait d’une couronne mais qu’elle avait perdu l’adresse où elle devait la laisser.

Ils partirent, emportant selon la volonté d’Elvire, la couronne. Dans le train, « la couronne fut hissée dans le filet. » Tandis que la train roulait, un arrêt brusque survint et fit tomber la couronne. Elvire la déposa sur les genoux de Jean Dézert afin de vérifier qu’elle n’était pas cassée.

Soudain, le temps se gâta. Il plut et il pleuvait encore quand ils descendirent du train à Viroflay. Ils parlèrent de l’idéal de Jean Dézert, de ce que pouvait être l’amour. Puis après avoir plaisanté sur leur mariage hypothétique, ils regagnèrent Paris.

 

« Une partie de plaisir manquée ne comptait pas dans la vie de Jean Dézert. Il savait que nos joies sont faites de commencements et qu’il ne faut pas se montrer trop difficile. » Toutefois, Jean Dézert se demandait où tout cela le conduirait. Finalement, Jean Dézert annonça à Léon Duborjal qu’il était fiancé, mais que « la chose n’a[vait] rien d’officiel. »

Léon questionna Jean Dézert sur la future mariée. En apprenant le métier du père d’Elvire, Léon construisit la vie de son ami. Mais, Jean Dézert  temporisa, le père d’Elvire n’ayant pas encore donné son accord.

 

Jean Dézert se rendit donc auprès de M. Barrochet afin de lui demander la main d’Elvire. Le père d’Elvire n’était pas contre ce mariage, mais sa fille n’avait que dix-huit ans et était souvent capricieuse.

Comme Jean Dézert ne déplaisait pas à M. Barrochet, ce dernier ajouta que si d’ici quelque temps, il désirait toujours épouser sa fille, alors il donnerait son accord. Il faut dire aussi que Jean Dézert  «ne s’était pas attendu à rencontrer si peu d’objections ni tant de cordialité. Ce veuf débonnaire, d’âge et de caractère incertains , qui lui souriait sans arrière-pensée dans la pénombre de son comptoir, le mettait tout à fait à son aise. »

Avant de partir, Jean Dézert demanda à voir Elvire. Il fut conduit auprès d’elle. Ils parlèrent et quand la sonnette de la boutique retentit, M. Barrochet les laissa.

« Avant la chute du crépuscule, » Jean Dézert partit songeant que tout cela s’enchaînait logiquement.

 

Tout le temps des vacances, Jean Dézert vint « chaque après-midi, […] un bouquet d’œillets blancs » pour sa fiancée. Il dînait avec eux. Parfois, Elvire donnait rendez-vous à Jean Dézert « en des endroits très divers de Paris. »

A la fin des vacances, « les fiançailles continuèrent. » Puis au mois de septembre, M. Barrochet déclara « qu’il était temps de chercher un logement dans le quartier, » car ils allaient bientôt se marier.

 

Puis un soir d’octobre, tandis qu’ils parlaient de leur avenir, Jean Dézert adressa à Elvire une espèce de prière :

« Demeure telle, sois puérile et vaine, divine et sans objet, […] et console-moi de ce que le ciel, dans ma misère, m’ait nanti de la conscience de mon moi – si l’on peut s’exprimer ainsi, en l’espèce. » Alors, après l’avoir regardé « en face pour la première fois de sa vie », Elvire éclata en sanglots. Elle déclara qu’elle n’avait jamais remarqué sa « figure si longue » et que désormais, elle ne pourrait plus l’aimer « dans de pareilles conditions. »

Jean Dézert redoutait qu’une telle chose se produise mais il l’accepta. Il dit simplement adieu à Elvire.

 

Après tout

 

Jean Dézert décida de ne pas se laisser aller. D’ailleurs, « ses collègues du ministère ne se doutèrent de rien. Léon Duborjal, de son côté, se montra plein de discrétion. Il répondit par une chaude poignée de main à l’aveu que lui fit son ami. »

Toutefois, Jean Dézert poursuivit sa réflexion pendant une semaine. Il arriva à la conclusion que, pour parvenir à oublier, trois solutions s’offraient à lui : faire la fête, boire ou mourir. Cette dernière solution étant « la plus sûre et la moins coûteuse. »

 

Pendant quinze jours, Jean Dézert mena une vie de débauches « dans plusieurs cafés chantants. » Il rencontra en ces lieux toutes sortes de femmes. « Il but des bocks en compagnie de Raoul de Narsay, qui, […] stigmatise la noblesse, le clergé, l’ancien régime et tutoie les reines de France, afin de mieux leur dire leur fait, dans son répertoire philosophique. Quand cette vie finit par le décevoir, il se mit à l’absinthe. Mais boire ne lui donna que mal au crâne. Alors, « il ne lui resta plus qu’à préparer son suicide. »

 

Jean Dézert décida de se suicider un dimanche « afin de ne pas manquer son bureau. » Le matin, il mit toutes ses affaires en ordre puis prit soin de mettre en évidence « sur le marbre de la cheminée une lettre à l’adresse du commissaire de police du quartier, par laquelle il le priait de n’accuser personne de sa mort. »

Il déjeunazé »qdszeeffr  donc de peu de choses et se demanda comment mettre fin à ses jours. Se jeter par la fenêtre, c’était risquer de blesser quelqu’un. Se pendre était impossible dans son logement bas de plafond. S’empoisonner était irréalisable : il ne possédait pas de poison.

Finalement, il songea à la Seine, mais choisit d’attendre la nuit et s’habilla pour la circonstance. «A minuit, il se décida pour le Pont-Neuf – le trouva, sur place, trop passant, et gagna le pont de l’Archevêché. » Après avoir vu « deux chalands […] amarrés, » il songea qu’il leur ressemblait. Alors, « un suicide, lui sembl[a] inutile, se sachant de nature interchangeable dans la foule et vraiment incapable de mourir tout à fait. »

 

Le dimanche suivant, Léon Duborjal parlait avec Jean Dézert.

 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

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7 juillet 2008 1 07 /07 /juillet /2008 10:47

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La Grande Epoque
à Gaston Gallimard

 

En 1900, trois enfants, Marcel, Arthur et Françoise, les deux enfants du régisseur "ont accompli des grandes et d'illustres actions. On peut dire que, grâce à leurs travaux, le siècle dernier fut le siècle des voies ferrées."

Chacun avait apporté de l'école une chanson. Celle d'Arthur était une chanson exotique qui le mettait presque en transe. Françoise avait une chanson plus douce dont les garçons ne parvenaient pas à comprendre les paroles. Seul le refrain leur était audible : "Sous les bambous…"

Marcel, quant à lui, "avait rapporté le souvenir d'une vision. C'était au pays des Cent Montagnes, où de grandes villes noires sont habitées par de grandes hommes blonds, l'Auvergne."

Depuis ce temps, Marcel était attentif aux locomotives. Il les observait, c'était là sa passion.

 

"C'est pourquoi, dès les premiers jours des vacances de cette époque lointaine, l'année dernière, les chaises de fer du jardin [avaient] été traînées le long des allées, formant bientôt dans le sable un réseau compliqué de lignes parallèles deux à deux."

Chaque enfant avait un rôle : "Arthur faisait la locomotive ; Françoise, […], faisait les voyageurs, Marcel était chef de gare."

Petit à petit, les enfants agrandirent le réseau et à chaque partie du jardin, un rôle fut attribué : "le bassin était une mer intérieure ; la serre, […], était une espèce de Canada et le réservoir était un important bras de mer."

Le trajet Villa-Pavillon du billard était le circuit préféré des enfants, car à la fin de ce trajet, ils avaient le sentiment de se retrouver dans la ville où se passait "la chanson des bambous." En plus ce chemin permettait d'arriver dans "une autre région forestière" puis de revenir "vers la grand centre industriel."

Le nombre de trains, "prévu par les règlements", leur semblant insuffisant, les enfants en augmentèrent le nombres et prirent d'autres voyageurs. "Les petits chiens de la villa" à qui on "délivra même des billets circulaires pour tout le réseau."

Pourtant une fois, l'un des chiens tomba de la chaise roulante.

 

 

Aux vacances suivantes, les enfants laissèrent le réseau tel quel mais Marcel exprima un souhait : "Il faudrait avoir de vrais rails, de vraies locomotives, des vrais wagons. On en fait. J'en ai vu dans un passage à Paris."

Comme Françoise estima que Marcel ne savait pas s'y prendre avec son père, le garçon changea de sujet et s'adressa à Arthur : "[…] tu m'as menti, Arthur, en me disant que le Canada est un pays chaud, avec des nègres."

Puisque chacun connaissait sa géographie, les enfants abordèrent un autre sujet. "Nous allons découvrir une île déserte" dit Marcel. Cette île sera "le plus petit massif du jardin […]. Les plantes seront à considérées comme les habitants de l'île…"

Tout fut mis en place rapidement : "Le drapeau est planté. Le royaume est fondé. […] : c'est un autre Paris."

Les enfants voulurent une reine pour cette île, chacun songea à la sienne. Finalement, la reine fut Françoise. Arthur et Marcel furent faits grands chefs. Toute cette mise en scène étonna les enfants eux-mêmes.

 

 

Les enfants mirent en place l'administration de ce nouveau royaume et installèrent la défense de l'île.

 

 

Les deux grands chefs ne pouvant pas ramener Valentin, le chien pris pour un envahisseur, à leur reine, ils décidèrent de ne plus obéir aux ordres de la reine et choisirent de se révolter contre elle.

La reine ne put faire front longtemps. Lorsque la cloche du dîner sonna, un armistice fut signé. Les enfants divisèrent l'île en trois "Etats indépendants." Puis les enfants durent aller au lit.

 

 

Le lendemain, chacun prit possession de son royaume, puis Arthur et Marcel "allèrent ensuite saluer Françoise dans sa capitale."

Comme les parcelles de Marcel et d'Arthur étaient au Nord, il n'y avait pas de fruits. Les deux garçons en cherchèrent ailleurs. Ce fut alors "l'ère de grandes découvertes […]. Les voies ferrées du siècle précédent avaient disparu sans laisser de traces."

 

 

L'exploration se fit petit à petit et l'imagination fit le reste : "Le carré au persil fut un grand pays de verdures légères, que de longues brises caressaient. Ailleurs, au milieu d'un vaste désert, on découvrit une demi-douzaine de rois obèses, au corps jaune et tout rond, posés à même le sable."

 

 

Parce que Marcel avait oublié de saluer le drapeau d'Arthur, ce dernier lui déclara la guerre, mais il ignorait que Marcel "avait conclu un traité secret avec Françoise." Le royaume d'Arthur fut envahi. Comme il ne voulut pas se rendre, la guerre continua.

 

 

Pourtant il restait beaucoup à explorer. "Et, la paix signée, les expéditions recommencèrent."

Marcel établit son port principal dans le bassin. L'exploration lui fit découvrir de nombreux insectes sur ce bassin et la vie qui existait dans la vase de ce même bassin. Ceci lui fit peur, ce qui l'éloigna du bassin. C'est ainsi qu'il découvrit le sixième continent : "la forêt vierge."

 

 

 

Dans cette forêt, Marcel vit "deux êtres humains […] assis à la lisière de la forêt, du côté de l'ombre ; et un chien était couché à leurs pieds." Il rebroussa chemin et alla trouver Arthur qui lui apprit qu'il s'agissait des "deux petites Matou, les filles du nouvel ouvrier." Leur père avait "des vraies idées de roulant." Marcel réfléchit à tout cela et réalisa que ces deux filles étaient "mieux habillées que Françoise !"

 

 

Le lendemain, Marcel soumit à Arthur l'idée de faire jouer les deux jeunes filles, mais elles refusèrent d'un signe de la main que la proposition vînt d'Arthur ou de Marcel. Ce dernier proposa alors autre chose : "Arthur, si nous déclarions la guerre à Françoise ? J'ai envie d'un port dans son île."

 

 

Marcel continua de penser aux deux jeunes filles et se persuada que, si elles ne venaient pas jouer avec eux, c'était par timidité. Il songea à les conquérir par l'intermédiaire du chien, mais celui-ci mordit Marcel qui partit vite se réfugier dans sa chambre. L'amitié proposée par Marcel fut refusée par les deux filles. Marcel parvint à croire ce que lui avait dit Arthur : " Enfants de patrons, tu ne joueras pas avec les enfants d'ouvrier ! Voilà les idées de Matou."

Marcel pensa à la vengeance puis se souvint des propos de son père : "la loi d'airain."

 

 

En septembre, la pluie ne permit pas aux enfants de jouer dehors. Arthur eut du mal à supporter cette situation, tandis que Marcel, "qui a[vait] connu des chagrins plus grands, se résign[a]." Marcel pensait au contraire que c'était parce qu'il pleuvait qu'il fallait aller dehors. Ne pouvant le faire, il se mit à imaginer où il voudrait être.

Soudain, il se souvint des soldats, "les six boîtes achetées, au dernier voyage de Paris, dans la caverne de l'enchanteur en béret bleu, rue de Dunkerque. Marcel [alla] les chercher et les [vida] sur la grande table de la chambre." Grâce à eux, les enfants purent poursuivre "les guerres commencées dans le jardin." Il fut entendu que les enfants se partageraient les territoires conquis grâce aux chefs de leurs armées.

 

 

Marcel se battit vaillamment. Ces combats prirent des proportions de plus en plus grandes. Pourtant Françoise occupée par une dent de lait qui refusait de tomber, se défendit mal. Les enfants attendaient de nouveaux soldats.

En jouant, Marcel évoqua les deux jeunes filles. Arthur lui répliqua alors qu'on ne risquait plus de les voir.

 

 

Une autre guerre fut déclarée. Les soldats de chaque armée étaient présents partout et venaient de tous les pays. Françoise parvint enfin à perdre sa dent.

 

 

"Arthur saisit la dent de sa sœur et la [jeta] au milieu de l'armée française en rugissant : "Guerre à mort ! "", mais Marcel se rendit sans condition et accepta de signer un traité "qui [réduisit] la France à dix-sept départements plus l'île de Noirmoutiers."

Mais Marcel prépara sa revanche. Ainsi une guerre succéda à une autre.

 

 

Marcel était à table avec ses parents. Ce jour-là, un client de son père mangeait avec eux. Ce repas lui permit de connaître la raison du départ des deux petites filles. Leur père, Jean Matou, lors d'une visite d'une "Russe ou une Américaine", n'avait pas réussi à faire comprendre le mépris qu'il éprouvait pour cette femme. Cela lui avait été, en effet, égal d'avoir été appelée "celle-là". Furieux, Jean Matou était allé voir le régisseur, qui avait essayé de le calmer, en vain. Ce fut le contremaître qui intervint et le soir même Jean Matou quittait son travail. Mais ce départ était plutôt dû à "une jalousie de femmes. […]. Les petites Matou […] étaient mieux habillées que les enfants du régisseur."

 

 

La guerre reprit. Françoise [ avait] envie des deux poupées basques. Afin de faire tomber l'alliance de Françoise et d'Arthur, Marcel déclara à Françoise : "Si tu restes neutre, […], je te donne la femme. Si tu passes de mon côté, je te les donnes tous les deux." Françoise accepta le "mariage princier." Françoise "[épousa] Marcel qu'elle n'[aimait] pas et qui ne l'[aimait] pas, […]."

Arthur perdit de plus en plus de soldats. Une paix universelle fut proclamée. Marcel contempla "son empire, acquis avec tant de peines, morceau par morceau. Certes, c'[était] une grande époque qui [s'achevait] avec ces vacances."

 

 

Marcel se promenait en voiture à cheval avec ses parents et Françoise. Il ne put rêver longtemps, mais bientôt il serait au collège où "il [serait] tranquille." Il songea "à ses vacances passées."

Marcel réalisa que "il n'y [avait] jamais eu d'égalité véritable entre lui et les deux enfants du régisseur." Cette différence qu'il n'avait pas souhaitée, le rendit triste. Lui, le fils du patron qui avait simplement voulu aimer, avait été rejeté mais il fut consolé.

 

 

 

Rachel Frutiger, à Marcel Ray

 

 

Une mère avait raconté à son enfant ses "années de classe, à Genève, et […] ses amies d'alors, Pénélope Craigie et Rachel Frutiger." Mais jamais, le narrateur n'était parvenu à imaginer sa mère française enfant, jusqu'au jour où il vit des "petites filles" qui lui firent penser au récit de sa mère. Cependant, le narrateur ne savait pas si l'école fréquentée par sa mère existait encore.

Cette pension était sans doute aristocratique. Des filles de différents pays d'Europe y venaient.. Le narrateur tenta de les imaginer d'après leur nom.

La sœur et la mère du narrateur avaient un père "qui descendait d'une famille ancienne […]. Il avait aussi des opinions politiques, et à cause d'elles il avait été déshérité par son père, puis emprisonné par les Commissions Mixtes, et enfin exilé par le gouvernement du Prince-Président. Et ainsi il vivait à Genève au milieu des autres exilés."

Cet homme, le grand-père du narrateur, avait des amis qui étaient "M. Sue et M. Barbès" qui étaient appréciés du public.

Lorsqu'il fallait payer la pension, l'argent n'arrivait jamais, ce qui fit dire à la directrice : "[…] tant que les honoraires dus n'auront pas été payés, vous ne pourrez pas assister aux cours. Dites-le de ma part à votre papa." Ayant été témoin de la scène, Rachel Frutiger intervint de façon inattendue en faveur des deux fillettes. Alors qu'elle avait l'argent de sa pension, elle déclara ne pas l'avoir, puis sortit de la pièce avec les deux filles.

A la rentrée des vacances, comme l'argent n'était pas là, les deux sœurs firent semblant de se rendre en cours. Elles passaient la journée à déambuler dans la ville en prenant garde de ne pas être aperçues. Mais parce qu'elles revenaient avec des vêtements plus sales que d'habitude, il y eut des soupçons. On en resta là. Lors de leur marche forcée dans la ville, elles découvrirent "une espèce de portail, entr'ouvert." Dans ce lieu, les fillettes se sentirent à l'abri. Mais le lendemain, elles ne purent pas retrouver ce lieu où elles pouvaient "se cacher et se reposer." Quand elles retrouvèrent l'endroit, la porte était fermée et portait un écriteau avec la mention "à louer."

Cette marche forcée dura onze jours. Puis M. Sue vint à la maison voir le père des deux sœurs et remarqua de suite que les fillettes "étaient malheureuses." Il "leur fit tout raconter. Le lendemain on revit les petites Françaises aux Cours des excellents Pasteurs."

Le narrateur revint au temps présent et explique qu'il a souvent songer à dire tout cela. Ses pensées sont tournées vers Rachel Frutiger.

 

 

 

Devoirs de vacances, à Marcelle Jeanniot

 

 

Le narrateur –qui dit "nous"- avait acheté "des plumes, […] et une règle et une grosse gomme à effacer, douce et sympathique ; […]aux magasins du Louvre, […]." Dans les rues de Paris "de la fin de juillet, […] un grand souffle frais apportait jusqu'au rayon de la papeterie l'odeur et le bruit de la rue de Rivoli."

Au cours de cette promenade, on aperçut même M. Sadi-Carnot [qui] achevait de déjeuner."

Le narrateur semblait vraiment décidé à faire ses devoirs de vacances, car il était vrai que ce moment de l'année rendait libre, puisqu'il n'y avait aucune contrainte.

Le narrateur songea à ce qu'il lirait durant ces vacances tout en disant au revoir à Paris qu'il parcourait en fiacre avec sa mère.

Le soir, le narrateur ne parvint pas à dormir, car il estima que les vacances venaient de commencer.

Le travail que le narrateur projetait de faire, permettrait de penser à l'un de ses camarades de classe, qui lui aussi, était en vacances en famille et à qui le narrateur écrirait.

Lorsque le narrateur arriva à destination, il ne se mit pas au travail de suite, car "il [avait] bien fallu refaire connaissance avec la maison, et revoir toutes ces choses qui nous [parlaient] d'un temps lointain, de vacances très anciennes."

Au bord du petit ruisseau qui était à quelques pas de la maison, le narrateur goûtait à la solitude, loin des parents.

Alors qu'il était sur le point d'étudier, le narrateur reçut la visite de son "grand cousin Mathieu." Lorsque ce dernier aperçut le livre de Leibniz, il lui expliqua qu'il s'y prenait un peu tôt pour préparer la philosophie… Peu après, le narrateur se rendit compte que Mathieu avait raison.

La famille se prépara à se rendre à La Bourboule qu'il fallut redécouvrir en arrivant.

Au restaurant de l'hôtel, le narrateur tomba amoureux de ses voisines de table. Puis lors du bal des enfants du casino, ce fut une autre fille, Solange, qui devint l'élu.

Mais comme la mère de Solange "n'[était] pas une femme comme il faut," la mère du narrateur n'aimait pas que son enfant joue avec cette fillette.

Le temps passa et le narrateur "[avait] pris l'habitude des vacances." Le goût de l'étude revint. Le narrateur travailla tout en laissant son esprit divaguer vers l'avenir, sur ce que pourrait être l'enseignement…

Une composition française l'obligea à discuter l'opinion de Lamartine sur La Fontaine. Certes, le narrateur n'appréciait pas, tout comme Lamartine, La Fontaine mais pour des raisons différentes.

L'automne arriva. Il fallut reprendre le train pour Paris. Les quelques devoirs rédigés avaient été laissés volontairement dans la maison de vacances, car "jamais personne ne les [remettait] au professeur."

Le train arriva enfin et le narrateur retrouva la maison tout en songeant déjà au premier jour d'école.

 

 

Portrait d'Eliane à quatorze ans

 

 

Un joli jardin "pas très grand" est fréquenté par "les petits rentiers de la ville ; quelques vieilles femmes et de majestueuses nourrices catalanes, avec leurs bébés." Parmi tous ces gens, se trouve Eliane, "taciturne et tout éblouie par ses rêves." Elle est en compagnie de sa mère et de son petit frère.

Eliane est une fille de quatorze ans qui n'est plus une enfant mais qui n'est pas encore une femme. Sa mère ne sait rien de sa fille qui ressemble tant à son père, tandis que le dernier né est le portrait de sa mère.

Eliane rêve du prince charmant et à tout ce qu'elle pourra vivre avec lui. Mais, "depuis un an, à peu près, Eliane a cessé d'être l'amie du prince Charmant, […]. […], Eliane regarde les hommes." Puis, le rêve fait place à la réalité, Eliane voit deux hommes.

Lorsque les deux hommes sont passés non loin d'elle, Eliane les a regardés et son regard "a rencontré celui du jeune homme qui est le plus à gauche."  Lorsqu'ils passent de nouveau près d'elle, "les yeux du jeune homme brun rencontrent le regard d'Eliane."

Eliane apprend que cet homme s'appelle Lucien. Mais Eliane est appelée par sa mère, tandis qu'elle promène son petit frère.

L'émotion est là, les regards se croisent encore et encore sans que la mère d'Eliane ne remarque rien. Eliane songe à ce qui maintenant la lie à Lucien. Mais Lucien et Eliane retiendront-ils la même chose de ce moment ?

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4 juillet 2008 5 04 /07 /juillet /2008 10:49

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Publiées pour la première fois en 1918, Enfantines sont un recueil de nouvelles, huit au total et de longueur variée. Chacune de ces nouvelles nous plonge dans l'enfance. Le lecteur retrouve tout un univers, ce qui est important pour les enfants semble insignifiant aux adultes… Laissez-vous tenter pour ce voyage au royaume de l'enfance ! Vous y retrouverez sans doute quelques saveurs…

 

 

Rose Lourdin, à Léon-Paul Fargue :

 

La narratrice, Rose Lourdin, évoque son enfance dans un pensionnat assez austère du massif du Jura.

 

Une fille, nommée Rosa Kessler, était connue de tous, mais souvent de nom. Dans ce pensionnat, les petites brimades et les injustices étaient le lot de ces fillettes de douze ans. Rosa Lourdin ruminait, imaginait ce qu'elle pourrait répondre et faire face à cela. Au début, elle aimait à être grondée afin de cultiver son chagrin qui lui tenait compagnie plus longtemps.

 

Quand elle voulait être consolée, Rosa Lourdin songeait à Rosa Kessler nommée aussi Röschen, Cette fille, d'un an son aînée, "venait de la Suisse allemande, ce qui l'avait fait surnommer "la Prusienne"." Pourtant Rose Lourdin n'avait jamais discuté avec Rosa Kessler, elle l'avait seulement observée.

 

La jeune fille avait fini par remarquer que Rose Lourdin la regardait beaucoup. " Et une fois enfin je me rendis compte que je l'aimais plus que je n'avais aimé ma propre mère et mes sœurs." affirme Rose Lourdin.

 

Rose Lourdin aimait donc sans pouvoir approcher, sans oser approcher Röschen. Un soir, alors que les deux jeunes filles, malades, revenaient de l'infirmerie, Röschen fut envoyée aux arrêts par Mademoiselle Spiess. Mais cette punition sévère ne semblait pas déranger la jeune fille.

 

Rose Lourdin éprouvait toujours beaucoup d'affection pour Röschen, excellente élève, mais sa timidité l'empêchait de faire quoi que ce soit.

 

A la rentrée suivante, Rose Lourdin, qui avait appris quelques mots d'allemand, parvint à attirer l'attention de Röschen en murmurant simplement "Rosele, mein Rosele…"

Chacune des deux filles vécut cet instant différemment : "Le moment était venu de lui dire qu'elle n'avait rien à craindre de moi : que mon plus grand désir, mon seul désir au monde était d'être son amie. Mais je n'osai pas : cela avait trop l'air d'une déclaration d'amour ! J'espérais du moins qu'elle verrait ma tendresse dans mes yeux."

Mais après avoir été, un bref instant, si proche d'elle, il n'y eut plus rien.

 

Peu après une surveillante fut renvoyée. Aux vacances de Noël, Röschen ne revint plus. Ces deux filles, Mademoiselle Spiess et Röschen "s'enfermaient ensemble dans la salle de discipline et […] là Mlle Spiess lui montrait des images, […], des horreurs. Et on dit aussi qu'elles fumaient comme des hommes toutes deux."

 

Les années ont passé. Rose Lourdin est devenue une actrice. Lors d'une tournée "au Grand Théâtre de Genève", Rose Lourdin est allée chez le photographe qui prenait les photographies de classe afin d'obtenir un cliché de l'année où elle et Rosa Kessler étaient ensemble.

 

Rose Lourdin pense encore à elle si longtemps après et se dit "si elle vit encore, elle a entendu parler de moi. Mais sous mon nom de théâtre, et elle ne sait pas que c'est la petite Lourdin. Et puis, elle m'a peut-être oubliée : après tout, nous nous sommes fort peu connues."

 

Le Couperet, à André Gide :

 

A seize kilomètres de tout village, "des hommes distingués, des messieurs de Paris ; il y a, parmi eux, un préfet et un sénateur", savourent un cigare sous le ciel d'août.

Dans ce paysage, où les champs s'étendent à perte de vue, on aperçoit une ferme.

Parmi les hommes qui sont dehors se trouve un enfant, Emile Raby, mais les adultes ne font pas attention à lui. Alors, "Milou prend la résolution de ne plus jamais écouter ce que disent les grandes personnes." Le garçon va s'asseoir avec d'autres enfants, imaginaires, puis entre dans la maison où il retrouve sa grand-mère, Madame Saurin.

 

Milou trouve sa grand-mère dans la salle à manger. Cette femme de soixante-deux ans, qui vit avec eux les mois d'hiver, est la personne qu'il aime le plus, car sa mère est "diminuée par les soucis du ménage, par la domination que son mari exerce sur elle et par une chose incompréhensible et ennuyeuse qu'elle appelle "le devoir"."

Madame Saurin, chez qui "la guerre a laissé sa trace", chante souvent des petites chansons qu'apprécient Milou.

 

Comme le lui a ordonné sa grand-mère, Milou va voir Julia Devincet, "la fille du fermier, […] une gamine de douze ans" qui a perdu sa mère il y a plusieurs années déjà. Elevée quelque temps par des parents vivant dans le Midi, Julia n'emploie jamais le parler bourbonnais, car elle n'aime pas les gens du pays. Cependant, elle reste fort polie. Madame Saurin la "garde à l'Espinasse pendant les deux mois des vacances, elle la nourrit, l'habille et lui fait des cadeaux. Julia, en revanche, raccommode un peu de linge, espionne les domestiques pour le compte de Mme Saurin et tient compagnie à M. Emile, qu'elle a mission de surveiller."

Julia raconte ce qu'elle sait sur une enfant, Justine, bergère à l'Espinasse. Julia veut en faire un souffre-douleur. Milou se laisse convaincre par Julia qui manipule le petit garçon comme elle veut.

 

Dans la salle à manger, sur l'ordre de M. Raby, on fait venir la jeune bergère que Milou fait immédiatement entrer dans son imaginaire. Le soir avant de dormir, Milou songe au poème qu'il veut écrire sur cette fille, Justine.

 

En se réveillant, Milou songe aux paroles de Julia, "Rendons-lui la vie intolérable !" Il se demande ce qu'il doit faire pour éviter que Julia ne mette son plan à exécution.

 

L'été avance et Milou continue toujours d'observer le plus discrètement possible Justine qu'il aime.

 

Le jour de son anniversaire, le 29 août, on lui fait tenir une promesse : devenir un grand homme comme son grand-père, M. Saurin qui fut député. Mais en demandant ce qu'il doit promettre "au Grand-Bêta", il reçoit une gifle. Il est vrai que Gambetta est un dieu dans la maison. Cette humiliation fait détester encore plus ces deux hommes à Milou qui se prend à rêver à ce qu'il aurait pu faire contre eux.

Julia vient auprès de Milou pour le préparer pour le petit déjeuner. Comme toujours, Julia, dont Milou a perçu la perfidie, réussit à manipuler quelque peu l'enfant et à faire croire à sa mère qu'elle a réussi à faire entendre raison à Milou après l'incident de tout à l'heure.

 

Tout le monde déjeune. Les invités boivent "une flûte de champagne" en l'honneur de Milou et discutent. Milou rêve, entre autres, de Justine. Il se promène avec elle et "il prend Justine par le poignet, c'est mieux, et tous deux vont ensemble à pied sur les belles routes larges de la France."

Finalement, quand on lui demande ce qu'il veut être quand il sera grand, Milou répond qu'il veut devenir domestique !

 

Nous sommes la seconde quinzaine de septembre, alors que tout le monde est occupé, Milou en profite pour se blesser comme Justine avec le couperet. Peut-être, Justine pensera-t-elle que cela est arrivé à d'autres, si jamais elle apprenait cela…

Après avoir mis sa main dans l'eau un moment, Milou se rend auprès de sa mère, car il "s'aperçoit que l'ongle du doigt blessé pend, à demi détaché de la phalangette." Milou dit à sa mère ce qui s'est passé puis s'évanouit.

 

Octobre est là. Milou remet les vêtements d'hiver et se prépare avec ses parents à regagner Montluçon. Son doigt est toujours dans un pansement. Il songe à Justine qu'il emporte dans son cœur.

Avant de partir, il se retrouve quelques instants avec Julia qui a compris pourquoi Milou avait fait cela.

Milou veut faire taire Julia mais rien n'y fait ! Elle lui explique tout ce qu'elle a remarqué depuis l'arrivée de Justine. Julia se met à pleurer, mais Milou ne croit pas à ses larmes.

Monsieur Raby appelle son fils. Les enfants reviennent. Puis M. Raby dit à son fils : "Allons, les enfants, embrassez-vous ; voyons Milou est-ce qu'on prend cet air dégoûté pour embrasser les filles ? On voit bien que tu n'as jamais été amoureux."

 

L'Heure avec la figure, à Francis Jourdain.

 

Un petit garçon attend son maître de solfège, Monsieur Marcatte, qui est en retard. L'enfant regarde la pendule sans oser bouger, car "le moindre mouvement pourrait embrouiller un écheveau, quelque part."

Afin de lutter contre cette attente et contre l'ennui, l'enfant voit "dans les veines du marbre de la cheminée : une longue Figure sérieuse et jeune, toute rasée, avec des yeux profonds, et un front étroit à demi caché sous une couronne de feuillage."

L'esprit de l'enfant continue de divaguer. "Ainsi une petite pensée vient, comme une abeille, bourdonner à la porte de la ruche ; trouve la porte fermée ; et s'envole vers des fleurs." L'heure passe petit à petit.

D'un seul coup, il est "six heures moins dix." L'enfant sait que son professeur ne viendra plus. "On peut bouger maintenant."

"Mais dans la profondeur du marbre, la Figure attend encore la fin de son enchantement. Elle l'attendra encore quand nous aurons vingt ans ; et les enfants qui viendront après nous la découvriront à leur tour."

 

Dolly, à Régis Gignoux

 

Le narrateur, maître de français, raconte que Dorothy Jackson est morte le 3 juin 190… à l'âge de douze ans.. Cette enfant vivait le temps de sa maladie "au premier étage de l'hôtel Royal."

Fille d'une célèbre actrice américaine, Dorothy Jackson était entourée de nombreuses personnes, mais pas de sa maman en tournée au Canada. Cette dernière avait donné des consignes pour les préparatifs du retour du corps de son enfant aux Etats-Unis.

 

Le narrateur donnait des leçons de français à cette petite fille déjà très malade qui souhaitait se faire comprendre dans cette langue.

L'enfant, qui avait conscience de sa maladie, souffrait certains jours plus que d'autres, ce qui la rendait parfois désagréable. Mais elle "était au fond très bonne."

 

Un jour où la maladie lui avait laissé un peu de tranquillité, Dorothy Jackson avait demandé à son maître de français de venir avec Elsie, une petite fille âgée de douze et amie de ce professeur.

 

Hélas, la rencontre ne se déroula pas comme l'avait souhaité le narrateur. Elsie, fille d'ouvriers, fut effarouchée par "le luxe de l'hôtel Royal."

 

Le jour suivant, le narrateur trouva " Dolly habillée et gantée comme pour sortir." Mais elle ne put aller dehors. L'enfant donna des bonbons au narrateur pour Elsie.

 

Dorothy Jackson dut "se mettre au lit." Quinze jours passèrent sans que le narrateur ne puisse voir l'enfant, puis le 3 juin, le "portier de l'hôtel […] dit que ce n'était plus qu'une question d'heures."

 

Dès qu'il comprit que l'enfant était décédée, le narrateur alla s'asseoir "aux Jardins Jephson" où Elsie vint le rejoindre. Tous deux évoquèrent Dorothy Jackson qui venait de disparaître. Mais Elsie, après avoir entendu de ma musique, "cherch[a] un prétexte pour s'éloigner de [la] tristesse [ du narrateur]." Le maître de français la laissa partir tandis qu'il demeurait dans le parc.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

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28 juin 2008 6 28 /06 /juin /2008 10:43

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Acte 2 :

Le Lendemain à la même heure. L'arbre a quelques feuilles. Les chaussures d'Estragon et le chapeau de Lucky sont sur le sol.

 

Vladimir arrive, regarde les chaussures, l'horizon puis se met à chanter une chanson idiote qui fonctionne en boucle. Sur ce, Estragon arrive. Il a visiblement passé une mauvaise nuit. Les deux hommes s'étreignent, puis discutent. Estragon a encore été battu.

Vladimir et Estragon sont heureux de se retrouver, mais il faut attendre Godot.

Vladimir fait remarquer que l'arbre a quelques feuilles. Mais Estragon n'a que de vagues souvenirs de la journée d'hier. Finalement, Estragon finit par se mettre en colère : "Reconnais ! Qu'est-ce qu'il y a à reconnaître ? J'ai tiré ma roulure de vie au milieu des sables ! Et tu veux que j'y voie des nuances !"

Estragon évoque alors une séparation possible, mais Vladimir lui réplique : " Tu dis toujours ça. Et chaque fois tu reviens."

Il faut tuer le temps, ce que font Vladimir et Estragon en parlant. Ils reviennent à l'arbre qui s'est couvert de feuilles en une nuit. Estragon continue d'être à moitié amnésique. Il est question des chaussures laissées par Estragon hier, mais ce dernier ne les reconnaît pas. Vladimir propose alors à Estragon d'essayer ces nouvelles chaussures et puis dit : " Ca fera passer le temps. […] Je t'assure, ce sera une diversion."

Estragon dort quelques secondes, puis se réveille. Il est question de partir ce qui est impossible ! Il faut attendre Godot.

Vladimir voit le chapeau de Lucky, le ramasse, l'essaie et donne le sien à Estragon. Tous deux s'adonnent à un jeu de chapeaux avec les trois chapeaux qu'ils ont entre les mains. Vladimir finit par garder le chapeau de Lucky. Ensuite, ils jouent à Pozzo et Lucky, mais Estragon s'enfuit, puis revient terrorisé, car il croit avoir vu quelqu'un. Tous deux guettent puis parlent jusqu'au moment où entrent Lucky et Pozzo devenu aveugle.

 

Pozzo et Lucky tombent, ce qui amuse Vladimir. Estragon et Vladimir se demandent ce qu'ils vont faire pour Pozzo et Lucky. Si jamais ils décident de les aider à se relever, pour quel prix le feront-ils ? Finalement après avoir beaucoup parlé, Vladimir décide de venir en aider mais il tombe à son tour. Estragon est sur le point de fuir, mais accepte d'aider Vladimir. Il tombe à son tour et déclare : "Ce qu'on est bien, par terre !"

Pozzo n'arrête pas de poser des questions ce qui agace Vladimir et Estragon… tous deux dorment un court instant. Après avoir frappé Pozzo, qui a réussi à s'éloigner d'eux, Vladimir et Estragon appellent Pozzo et lui donnant différents prénoms. Cela ne dure pas.

Vladimir et Estragon parviennent à se mettre debout sans difficulté. Mais il faut toujours et encore attendre Godot.

Vladimir et Estragon remettent Pozzo debout mais ce dernier ne les reconnaît même pas. Les questions que Pozzo pose, restent sans réponse. Pozzo s'inquiète de savoir où se trouve son domestique. Estragon est envoyé auprès de Lucky afin de le réveiller… Estragon frappe plusieurs fois Lucky mais se fait mal au pied. Pozzo se renseigne sur ce qui vient de se passer. Comme Estragon, il est atteint d'amnésie. Il ne se souvient pas avoir vu Vladimir et Estragon hier…

Pozzo et Lucky s'apprêtent à partir. Vladimir essaie de les retenir et demande à Pozzo de faire chanter ou penser Lucky. Pozzo se fâche déclarant que Lucky est muet. Pozzo et Lucky partent sous le regard de Vladimir. On entend Pozzo et Lucky tomber de nouveau.

Estragon, de nouveau endormi, est réveillé par Vladimir. "Je rêvais que j'étais heureux" déclare Estragon. Vladimir ne veut pas écouter le récit du rêver d'Estragon et parle à voix haute de Pozzo et Lucky.

Vladimir s'interroge tandis que le garçon refait son apparition, mais il ne reconnaît pas Vladimir. Comme la veille, le garçon annonce que Godot, qui "ne fait rien", ne viendra pas ce soir. Le garçon, chargé du message de Vladimir, se sauve "comme une flèche." C'est à ce moment-là qu'Estragon, qui s'était encore endormi, se réveille et parvient à ôter ses chaussures.

Que faire alors ? Impossible de partir car il faudra revenir pour voir Godot.

Ils songent encore à se pendre, mais tandis qu'ils s'y préparent, Estragon, qui a pris son ceinturon pour se pendre, perd son pantalon. Ils décident de s'en aller mais ne bougent pas.

 

 

De nombreuses répliques courtes. Un discours qui semble toujours décalé. Des hommes perdus au milieu de nulle part, mais avec un morceau… La parole semble ne servir qu'à faire passer le temps.

 

FIN DE LA DEUXIEME PARTIE

 

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26 juin 2008 4 26 /06 /juin /2008 10:31

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Cette pièce est l'une des plus célèbres de Samuel Beckett. Ecrit en 1948, En attendant Godot fut publié en 1952, puis joué pour la première fois en 1953.

 

Cette pièce fut jouée en 1957 devant un public de quatre cents forçats du pénitencier de San Quentin en Californie : ce fut un succès….

 

Samuel Beckett fit la traduction de cette pièce en anglais, qui était sa langue maternelle, en 1955.

 

Samuel Beckett a rejeté plusieurs interprétations de cette pièce et de quelques-uns de ses écrits. Il a aussi fait interdire, quelques années avant sa disparition en 1989, une pièce tirée de son œuvre, le décor n'étant pas conforme, selon lui, à

sa pièce.

 

En attendant Godot est une pièce en deux actes sans scène et sans aucun personnage féminin. Quatre hommes et un jeune garçon se retrouvent sur scène….

 

La pièce :

Un soir, sur une route de campagne où seul se trouve un arbre, Estragon, occupé avec se chaussure, est rejoint par Vladimir. Ils se parlent. Estragon a passé la nuit précédente dans un fossé où des individus, toujours les mêmes, l'ont battu.

Vladimir est toujours dans ses pensées : "D'un autre côté, à quoi bon se décourager à présent, voilà ce que je me dis. Il fallait y penser il y a une éternité, vers 1900." Estragon, quant à lui, est toujours préoccupé par ses chaussures qu'il parvient à ôter " au prix d'un suprême effort". Tout en parlant, Vladimir examine son chapeau, Estragon, sa chaussure. Les propos échangés concernent les deux larrons du Golgotha, mais cela n'intéresse pas Estragon qui souhaite partir, ce qui est impossible. Vladimir le dit : "On attend Godot". Toutefois, les deux hommes ne savent pas quand il viendra. D'ailleurs cela soucie Estragon : "Et s'il ne vient pas ?" "Nous reviendrons demain." lui répond Vladimir.

Les personnages doutent sur le jour de la semaine où ils sont et sur le jour du rendez-vous.

Vladimir et Estragon se demandent que faire en attendant Godot. Estragon propose de se pendre. Mais comme ils ne sont pas d'accord sur qui le fera le premier, ils laissent tomber. Ils reparlent alors de Godot.

 

Un cri terrible cri se fait entendre, ce qui provoque une grande peur chez Estragon. Entrent deux hommes, Pozzo et Lucky. Ce dernier porte de nombreux bagages et est tenu par une corde par Pozzo.

Dès qu'il voit les deux hommes, Pozzo s'arrête et fait revenir Lucky qui était sorti de la scène.

Pozzo décide de passer un moment avec Vladimir et Estragon et fait faire différentes choses à Lucky. Ce dernier est observé par Estragon et Vladimir. Pozzo déjeune seul et fume la pipe. Ses déchets de poulet intéressent Estragon qui demande l'autorisation de les ramasser. Vladimir éprouve de la gêne puis finit par s'indigner : "Traiter un homme […] de cette façon… je trouve ça…. Un être humain… non… c'est une honte !"

Vladimir veut partir mais Pozzo lui rappelle ce qu'il apprit de la bouche des deux hommes : ils attendent Godot.

Estragon se demande pourquoi Lucky ne veut pas déposer tout ce qu'il porte. Alors, après bien des mimiques, Pozzo, qui cherche à attirer l'attention sur lui, finit par répondre à la question : "Il s'imagine qu'en le voyant bon porteur je serai tenté de l'employer à l'avenir dans cette capacité."

Ses propos laissant sous-entendre qu'il veut se débarrasser de Lucky, Vladimir répète :"Vous voulez vous en débarrasser ?" Lucky se met à pleurer, puis Estragon. Ce dernier veut essuyer les larmes de Lucky, mais il reçoit un violent coup de pied dans les tibias, ce qui provoque un hurlement de la part d'Estragon.

Apprenant que Pozzo ne supporte plus Lucky, Estragon s'en prend à lui : "Un si bon maître ! Le faire souffrir ainsi ! après tant d'années ! Vraiment !" Pourtant "Autrefois… il était gentil… il m'aidait… me distrayait… il me rendait meilleur… maintenant… il m'assassine…"

Vladimir et Estragon s'impatientent : "La nuit ne viendra-t-elle jamais ?" Ils parlent encore et encore, regardent le ciel dont leur parle Pozzo. Ce dernier demande si son improvisation a été bonne. Pozzo cherche, en effet, à occuper Vladimir et Estragon qui s'ennuient. Pozzo trouve autre chose : il fait danser  Lucky que Vladimir aimerait entendre penser. Lucky danse peu, pourtant : "Autrefois, il dansait la farandole, l'almée, le branle, la gigue, le fandango et même le hornpipe. Il bondissait. Maintenant il ne fait plus que ça. Savez-vous comment il l'appelle ?" dit Pozzo.

"La mort du lampiste" dit Estragon

"Le cancer des vieillards" répond Vladimir.

Finalement après avoir récupéré son chapeau que Vladimir vient de lui mettre, Lucky parle pour l'unique fois de la pièce. Il débite un long monologue sans sens. Pour l'interrompre dans ses paroles, on enlève le chapeau de Lucky qui s'effondre. Vladimir et Estragon réussissent à remettre Lucky debout. Au contact de la valise et du panier qu'il portait en entrant sur scène, Lucky retrouve sa stabilité. Pozzo et Lucky quittent la scène, ce qui fait dire à Vladimir : "Ca a fait passer le temps." Mais dit Estragon : "Il serait passé sans ça."

 

Un jeune garçon les appelle. Vladimir le fait venir. Le garçon demande : "Monsieur Albert ?" "C'est moi" répond Vladimir. Le garçon leur apprend que, effrayé par Pozzo et Lucky, il n'a pas osé s'approcher. Il annonce : "Monsieur Godot m'a dit de vous dire qu'il ne viendra pas ce soir mais sûrement demain." Le garçon finit par partir. Vladimir et Estragon parlent encore puis restent là sans bouger alors qu'ils parlaient de s'en aller.

 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

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