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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 09:54

Source

Vie de Charlemagne
(deuxième et dernière partie)

 

Éginhard évoque la personnalité de Charles : "ses qualités morales, […] son extraordinaire constance dans toutes les conjonctures heureuses ou malheureuses et […] tout ce qui touche à sa vie privée et intime."

 

Après la mort de son père, Charles dut partager le royaume avec son frère, Carloman. Mais les deux frères ne s'entendaient pas.

Sur les conseils de sa mère, Charles épousa la fille du roi des Lombards, Didier, mais, il la répudia, contre la volonté maternelle, un an plus tard, sans qu'Éginhard en connaisse la raison.

Charles épousa alors Hildegarde, une Souabe de haute noblesse [elle mourut le 30 avril 783]. De cette union naquirent trois fils –Charles, Pépin et Louis- et trois filles –Rotrude, Berthe et Gile [d'autres enfants naissent, mais meurent en bas âge].

De son union avec Fastrade [elle mourut en 794], une Germaine de la race des Francs Orientaux, il eut deux filles prénommées Théodrade et Hiltrude. D'une concubine, il eut une autre fille prénommée Rothaïde.

À la mort de Fastrade, Charles épousa Liutgarde [elle mourut le 4 juin 800], une Alamanne avec qui il n'eut pas d'enfants. À la mort de sa dernière épouse, Charles eut quatre autres concubines avec lesquelles il eut d'autres enfants : Madelgarde est la mère de Rotilde ; Gervinde, une Saxonne, est la mère d'Adeltrude ; Reine est la mère de Drogon et de Hugue et Adelinde est la mère de Thierri.

 

La mère de Charles, Bertrade, vieillit aux côtés de son fils. Elle mourut le 12 juillet 783, quelques mois après sa belle-fille, Hildegarde. Elle fut enterrée, avec tous les honneurs dus à son rang, dans la basilique de Saint-Denis où reposait déjà son époux.

 

La sœur de Charles, Gile, mourut quelques années avant lui. Destinée à la vie religieuse, elle avait passé toute sa vie dans un monastère [le monastère de Chelles, dont elle était abbesse].

 

Charles fit initier ses enfants aux arts libéraux. Quand ils grandirent, les garçons apprirent à monter à cheval, à manier les armes et à chasser. Les filles apprirent à travailler la laine. Charles leur fit apprendre "tout ce que peut former une honnête femme."

 

Charles perdit trois de ses enfants : son fils aîné, Charles, Pépin, roi d'Italie et Rotrude qui était fiancée à l'empereur grec Constantin [Rotrude fut fiancée alors qu'elle était encore enfant à Constantin VI en 781].

Pépin avait des enfants, un fils et cinq filles. Charles décida que le fils, Bernard, succèderait à son père. Charles fit élever ses petites-filles comme si elles étaient ses filles. Il pleura la mort de ses enfants.

Charles veilla attentivement à l'éducation de ses enfants dont il se séparait le plus rarement possible.

 

Bien que Charles ne permit pas à ses filles de se marier, deux d'entre elles eurent des enfants [Rotrude eut du comte du Maine, Rorgon, un fils prénommé Louis ; Berthe eut du poète Angilbert plusieurs enfants dont l'historien Nithard].

 

Charles avait eu d'une concubine, Himiltrude, un fils malformé, prénommé Pépin le Bossu. Alors que Charles hivernait en Bavière, Pépin le Bossu avait comploté, avec l'aide de quelques Francs, contre son père [en 792]. Lorsque ce complot fut découvert, les rebelles furent condamnés et le roi permit à son fils de recevoir la tonsure au couvent de Prüm. Pépin le Bossu se consacra à la vie religieuse.

Un autre complot fut aussi déjoué, les coupables furent punis.

 

Charles reçut aussi de nombreux hôtes, ce qui pouvait parfois constituer une lourde charge pour le palais et le royaume, mais Charles n'en laissait rien paraître.

 

Charles était grand. "Il avait le sommet de la tête arrondi, de grands yeux vifs, le nez un peu plus long que la moyenne, de beaux cheveux blancs, la physionomie gaie et ouverte." Il eut toujours une bonne santé sauf au soir de sa vie.

 

Dès son plus jeune âge, Charles pratiqua régulièrement l'équitation et la chasse. Il aimait aussi les eaux thermales. C'est pourquoi, il fit bâtir un palais à Aix où il habita continuellement les dernières années de sa vie.

Excellent nageur, Charles se baignait souvent dans ces eaux, en compagnie, la plupart du temps, de ses proches, familles ou amis.

 

Charles était toujours vêtu du costume national franc. Cependant, il dut, par deux fois, se plier aux vêtements romains lors de séjour à Rome. Les jours de fête, Charles mettait de très beaux vêtements.

 

Charles mangeait et buvait sobrement, mais il supportait mal le jeûne. Quand il banquetait, ce qui était rare, de nombreux invités étaient présents. Quatre plats composaient toujours le dîner. Sans doute écoutait-on aussi de la musique lors des repas. Une lecture à voix haute se faisait aussi.

 

L'été, après le repas de midi, il s'accordait une sieste. Ayant un sommeil fragile, il profitait de ses insomnies pour régler quelques affaires.

Charles s'exprimait bien et avec facilité. Il apprit quelques langues étrangères dont le latin qu'il parlait aussi bien que sa langue maternelle.

Il étudia la grammaire en suivant les leçons du diacre Pierre de Pise. Avec Alcuin, Charles étudia d'autres matières comme la rhétorique, la dialectique, l'astronomie, le calcul. Il apprit aussi à écrire.

Fervent chrétien, il fit construire la basilique d'Aix qu'il orna magnifiquement. Il assistait l'office quotidiennement et aux prières. Il veillait aussi à ce que rien ne manquât dans la main de Dieu. Il proposa de corriger la façon de lire et de psalmodier.

Il ne négligea pas les pauvres, organisant ainsi des aumônes. L'argent ne fut pas seulement destiné aux pauvres du royaume, Charles envoya de l'argent en Syrie, Égypte afin d'aider les chrétiens nécessiteux. Charles entretint des liens amicaux avec les rois des royaumes non chrétiens, assurant ainsi une forme de protection des chrétiens vivant dans ces différents royaumes.

Charles fut attentif à l'église du bienheureux apôtre Pierre à Rome. Il envoya différents objets précieux dans ce lieu saint estimant que cela pouvait  rétablir l'ancien renom de Rome où il ne se rendit que quatre fois.

 

Lorsque Charles vint à Rome pour la dernière fois en 800, ce fut dans des circonstances particulières. Les Romains ayant mutilé gravement le pontife Léon, Charles accepta de lui apporter l'aide demandée. Charles parvint à rétablir la situation de l'Église. À Rome, Charles passa l'hiver, puis il fut couronné empereur, dans cette ville, le jour de Noël de l'an 800, fait qui ne fit pas l'unanimité. Toutefois, il parvint à apaiser les rancœurs en envoyant de nombreuses ambassades.

 

Après avoir reçu le titre impérial, Charles tenta de modifier les lois de son royaume, mais ne parvint qu'à ajouter quelques articles et à faire transcrire les lois de ses différents peuples, lois qui jusqu'à présent n'étaient transmises qu'oralement.

Charles fit aussi transcrire les très antiques poèmes barbares contant l'histoire des vieux rois et fit rédiger une grammaire de la langue maternelle [ces documents ne sont pas parvenus jusqu'à nous].

Il donna aux mois de l'année et aux vents des noms de sa langue maternelle : "janvier, wintarmanoth ; février, hornung ; mars, lentzinmanoth ; avril, ostarmanoth ; mai, winnemanoth ; juin, brachmanoth ; juillet, heuvimanoth ; août, aranmanoth ; septembre, witumanoth ; octobre, windumemanoth ; novembre, herbistmanoth ; décembre, heilagmanoth."

 

Alors qu'il vieillissait, Charles fit venir auprès de lui, Louis d'Aquitaine [seul fils encore vivant de son mariage avec Hildegarde]. En présence des Grands de l'État franc, Charles le désigna comme héritier du titre impérial [en 813]. Cette décision fut acceptée par tous. Ensuite, Charles laissa son fils regagner l'Aquitaine.

Malgré son état de santé, Charles se rendit à la chasse en Ardenne, puis revint à Aix.

 

Au mois de janvier, Charles fut obligé de s'aliter à cause d'une forte fièvre. Au bout de huit jours, il reçut la communion puis mourut à l'âge de soixante-douze ans, le 28 janvier 814.

 

Après la toilette mortuaire, le corps de Charles fut emmené à l'église. Charles repose désormais sous une arcade de la basilique qu'il avait fait bâtir. La pierre tombale porte cette inscription :

"Sous cette pierre repose le corps de Charles, grand et orthodoxe empereur, qui noblement accrut le royaume des Francs et pendant XLVII années le gouverna heureusement mort septuagénaire l'an du seigneur DCCCXIV, indiction VII, le V des calendes de février."

 

Selon Éginhard, des présages, en nombre, avaient annoncé la mort de l'empereur : de fréquentes éclipses de soleil et de lune [selon les Annales royales, elles eurent lieu entre septembre 806 et septembre 807, puis en 809, 810 et 812] ; une tache de couleur noire sur le soleil [observé le 17 mars 807] ; le pont sur le Rhin à Mayence brûla ; la foudre tomba sur la basilique construite par Charles. Lors de son expédition en Saxe, Charles fut victime d'un accident étrange : une torche éblouissante descendit "miraculeusement d'un ciel serein et [traversa] l'air de droite à gauche." Comme Charles était sur son cheval, il en tomba et perdit tout son équipement. Mais ces nombreux présages laissèrent Charles indifférent.

 

Charles fit un testament [en 811], partageant ainsi ses biens entre ses héritiers en présence de témoins à qui il donna quelques recommandations. Charles divisa en trois toutes sommes et ses biens meubles présents dans sa chambre. Ensuite, Charles réserva un tiers puis il subdivisa "les deux  autres tiers en vingt et une parts, ces vingt et une parts correspondant aux vingt et une cités métropolitaines comprises, comme on le sait, dans son royaume."

Charles expliqua comment ces parts devraient être utilisés par chaque cité [il s'agit de Rome, Ravenne, Milan, Frioul, Grado, Cologne, Mayence, Juvavum (i.e. Salzbourg), Trèves, Sens, Besançon, Lyon, Rouen, Reims, Arles, Vienne, Tarantaise, Embrun, Bordeaux, Tours et Bourges].

Le tiers mis en réserve servirait à Charles jusqu'à sa disparition. Ce qu'il en resterait, serait partagé de nouveau en quatre, à savoir un quart pour les vingt et une cités, un quart pour ses enfants et pour les enfants de ses fils, un quart pour les pauvres et un quart donné en aumônes. Différents objets –vaisselle, vêtements- seront aussi à partager, seul les objets du culte ne le seront pas. Les livres possédés par Charles pourront être vendus, pourvu qu'un prix honnête en soit donné. L'argent obtenu sera donné aux pauvres.

Trois tables d'argent sont destinées à différentes villes, celle en or est destinée à un autre partage. Ceci a été fait en présence de nombreux témoins dont Éginhard donne les noms.

Ce texte fut présenté à Louis, fils de Charles qui respecta la volonté de son père.

 

En fin d'ouvrage, un appendice propose le prologue rédigé par Walahfrid Strabon à la Vie de Charlemagne. L'auteur donne quelques éléments biographiques sur Éginhard et explique la division du texte d'Éginhard qu'il a décidé de faire.

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 09:53

Source

Le texte qui est présenté ici, a été traduit par Louis Halphen. Sa première parution eut lieu en 1938.

 

Afin de rédiger ce texte, Éginhard a lu de nombreux textes.

Les  Vies des douze Césars de Suétone ont servi de modèle, et plus particulièrement la biographie de l'empereur Auguste. Les Annales royales, qui sont encore rédigées du temps de Louis le Pieux, ont donné différents renseignements à l'auteur qui parfois a commis quelques erreurs à partir de ces mêmes textes.

Parfois, Éginhard fait appel à ses propres souvenirs puisqu'il a côtoyé l'empereur Charles.

 

Il faut donc considérer le texte d'Éginhard avec une grande prudence puisque Éginhard a fait quelques confusions dont certaines assez surprenantes. En plus l'auteur atténue les revers que l'empereur Charles a connus.

 

Le texte d'Éginhard fut copié tout au long du Moyen Âge. À ce jour, nous connaissons 84 manuscrits. Afin d'établir ce texte, cinq d'entre eux ont été retenus.

 

Les éléments placés entre crochets dans la présentation du texte seront soit des précisions, soit des corrections.

 

LE TEXTE

 

Dans un court prologue, Éginhard annonce non seulement ce qui l'a conduit à rédiger un ouvrage sur Charles le Magne mais aussi comment il a procédé pour accomplir ce travail.

Éginhard estime, ayant été témoin des faits, qu'il est apte à rapporter la vie de celui qui l'a nourri. Offrir cet ouvrage est une façon d'exprimer la profonde reconnaissance qu'éprouve Éginhard envers Charles à qui il doit tant.

Cependant, Éginhard est persuadé qu'il n'a pas le talent d'un Cicéron pour accomplir cette tâche, mais il s'y est consacré pleinement afin de faire connaître au public les faits de ce grand homme.

 

 

Les Mérovingiens avaient vraiment régné jusqu'à Childéric. Cependant, les Mérovingiens n'avaient plus, et ce depuis longtemps, que le titre de roi. En effet, la puissance publique était détenue par les maires du palais. Ces derniers détenaient le pouvoir suprême. Le roi se contentait de siéger sur le trône et de donner audience aux ambassadeurs à chaque fois que l'occasion se présentait. Le roi possédait en outre bien peu de choses.

 

Lorsque Childéric fut déposé, Pépin, le père du roi Charles, était maire du palais. Cette fonction, qui était devenu héréditaire, avait été exercée par le père de Pépin prénommé Charles et qui avait écrasé les tyrans et repoussé les Sarrasins hors de la Gaule.

Ce pouvoir, détenu par Charles, lui avait été transmis par son propre père prénommé Pépin.

 

Donc depuis quelques années, alors que Childéric était encore roi, Pépin était maire du palais, son frère Carloman, ayant pour des raisons inconnues, choisit l'habit religieux. Carloman se retira dans la province de Samnium au monastère de Saint-Benoît à Cassino où il mourut [Éginhard se trompe, Carloman finit ses jours à Vienne].

Pépin, grâce à l'autorité du pontife romain, devint roi. Il régna ainsi sur les Francs pendant quinze ans.

Après neuf ans de lutte, Pépin mit fin à la guerre qui l'opposait au duc d'Aquitaine, Waïfre. Pépin mourut peu après à Paris.

 

Charles et son frère Carloman reçurent la succession de leur père. Les Francs, en assemblée générale, les choisirent comme rois tous deux, mais il faudrait que les deux hommes se partagent, en fraction égale, la totalité du royaume. Charles aurait la charge des territoires dirigés par son père, tandis que son frère, Carloman recevrait ceux de son oncle, aussi prénommé Carloman.

Charles et Carloman, ayant accepté ces conditions, reçurent la partie du royaume qui leur revenait. Cependant, les partisans de Carloman tentèrent de rompre leur accord, mais la maladie qui emporta Carloman, mit fin aux prétentions de ses prétendants.

 

L'épouse de Carloman décida de s'enfuir, avec ses enfants, vers l'Italie. Elle se mit sous la protection du roi des Lombards, Didier.

Après deux ans de règne de Carloman [il régna d'octobre 768 à décembre 771], Charles devint, grâce au consentement des Francs, le seul roi.

 

Éginhard, reconnaissant qu'il ne peut pas parler de l'enfance de Charles et qu'aujourd'hui, plus personne ne peut le faire, mentionne les différents thèmes qu'il abordera dans l'ouvrage : politique extérieure et intérieure, caractère de Charles et sa mort.

 

Au début de son règne, Charles dut poursuivre la guerre que son père avait menée en Aquitaine. Alors que son frère lui avait promis de l'aide pour conduire cette guerre, il ne fit rien. Charles néanmoins, mena cette guerre contre Hunold, le duc qui avait succédé à Waïfre. Hunold, qui avait quitté le pays pour trouver refuge en Gascogne, fut fait prisonnier, le duc des Gascons, Loup, ayant accepté de se soumettre à l'autorité de Charles.

Après la fin du conflit en Aquitaine, Charles, alors seul au pouvoir, accepta la demande de l'évêque de Rome Hadrien, à savoir faire la guerre aux Lombards.

Le père de Charles, Pépin, à la demande du pape Étienne, avait déjà livré bataille contre eux, et ce, malgré la protestation de plusieurs chefs francs. Charles mena le combat différemment de son père. Il n'arrêta la guerre qu'après avoir atteint son but : la reddition du roi Didier, le départ de l'Italie de son fils Adelchis et le retour à la raison du duc de Frioul, Rodgaud. Ceci fait, Charles installa son fils Pépin comme roi en Italie et rendit, à l'Église romaine, les biens enlevés par les rois lombards.

 

Cette guerre, à peine achevée, Charles dut reprendre le combat [déjà entamé dès 772] contre les Saxons. Cette guerre fut longue et pénible pour les Francs, les Saxons étant d'un naturel féroce. En plus, les Saxons étaient ennemis de la religion chrétienne. Sur la frontière commune entre les Francs et les Saxons, meurtres, rapines et incendies étaient si fréquents que les Francs n'hésitèrent plus à reprendre le chemin de la guerre.

Cette lutte dura trente-trois ans, car même s'ils furent plusieurs fois vaincus, les Saxons renièrent systématiquement leurs engagements. C'est pourquoi, Charles ne renonça jamais à faire plier les Saxons. Quand enfin, il parvint à triompher, Charles fit déporter, avec leurs femmes et leurs enfants, dix mille de ceux qui vivaient sur les deux rives de l'Elbe. Ses populations furent dispersées à travers la Gaule et la Germanie.

La guerre fut achevée quand les Saxons acceptèrent d'abandonner le culte de leurs démons et leurs cérémonies nationales, d'adopter la foi et les sacrements de la religion chrétienne et la fusion avec le peuple franc en un peuple unique.

Durant cette guerre, qui fit de nombreuses victimes dans les deux camps, Charles livra bataille plusieurs fois conte les Saxons.

 

Tandis que certains de ses hommes se battaient encore en Saxe, Charles attaqua l'Espagne. Il franchit donc les Pyrénées. Il obtint soumission du peuple là où Charles passa. Mais sur le chemin du retour, les Basques tendirent une embuscade et massacrèrent tous les hommes de l'arrière-garde. Parmi ces hommes le sénéchal Eggihard, le comte du palais Anselme et Roland, duc de la marche de Bretagne furent tués.

Il ne put y avoir de représailles à ce moment, les Basques étant parvenus à se disperser rapidement après leur victoire.

 

Charles parvint à triompher des Bretons qui demeuraient à l'une des extrémités de la Gaule [cependant, Charles dut se battre à nouveau en799 et 811].

 

Charles obtint, en se rendant en Italie, la reddition des Bénéventains, le duc ayant envoyé en otage ses deux fils avec beaucoup d'argent. Charles accepta les otages mais garda seulement le plus jeune des deux fils. L'aîné, renvoyé à son père, avait mission de réclamer et de recueillir les serments de fidélité des Bénéventains.

 

Alors que Charles venait de revenir en Gaule, une révolte éclata soudain en Bavière. Mais elle fut de courte durée. Tassilon, poussé par sa femme -la fille du roi Didier qui désirait venger l'exil de son père- refusait l'obéissance. Des négociations furent entreprises et aboutirent. La guerre n'eut pas le temps de s'installer. Tassilon ne fut pas autorisé à revenir dans sa province désormais dirigée par des comtes.

 

Après cette révolte, une guerre eut lieu chez les Slaves qu'Éginhard prénomme les Wilzes.

Les Saxons et d'autres troupes auxiliaires originaires d'autres nations y participèrent à côté des troupes des Charles. Il fallait mettre fin aux incursions continuelles des Wilzes sur les terres des Abodrites qui étaient, du temps de Charles, les alliés des Francs.

 

Le roi, Charles parvint à les vaincre.

Ensuite, un conflit opposa Charles aux Avars ou Huns. Cette guerre dura huit ans et nécessita de nombreux moyens. Toutefois, Charles ne dirigea qu'une seule campagne en Pannonie, laissant son fils Pépin et quelques gouverneurs achever le combat.

Les Avars tombèrent et toutes leurs richesses constituèrent un butin très important.

Peu de Francs périrent durant cette guerre contre les Avars. Alors que ce conflit prenait fin, la bataille contre les Saxons se terminait. Toutefois, une guerre opposa les Francs aux Bohémiens puis aux Linons.

 

La dernière guerre eut lieu entre les Francs et les Normands prénommés Danois. Ces derniers avaient pratiqués la piraterie, puis avaient dévasté les côtes de la Gaule et de la Germanie.

Le roi danois, Godefrid, voulait dominer différents territoires. D'ailleurs les Abodrites étaient obligés de lui verser un tribut. Beaucoup redoutaient cette guerre qui ne vint pas, Godefrid ayant été assassiné.

 

Durant ses quarante-sept ans de règne, Charles mena de nombreuses guerres. Il parvint, grâce à ses nombreuses victoires, à agrandir considérablement le royaume hérité de son père, Pépin.

Charles veilla aussi à se concilier l'amitié de plusieurs rois comme Alfonse, le roi de Galice et d'Asturie, le roi des Irlandais, Aaron, le roi de Perse.

Le pouvoir de Charles rayonnait donc. À côté de ses grandes conquêtes, Charles entreprit en différents lieux, de grands travaux : la basilique de la sainte Mère de Dieu à Aix, le pont du Rhin à Mayence. Ce dernier, en bois, brûla peu avant la disparition de Charles.

Le roi Charles fit aussi construire deux palais, l'un non loin de Mayence, près du domaine d'Ingelheim et l'autre à Nimègue sur le Waal. Il ordonna aussi aux évêques et aux prélats de restaurer les églises qui tombaient alors en ruine.

 

Afin de lutter contre les Normands, Charles fit construire des vaisseaux près des fleuves de Gaule et de Germanie qui se jettent dans l'Océan septentrional. Des sentinelles furent aussi placées dans les ports et les embouchures des fleuves pour lutter contre les Normands. Au sud, les côtes de la province Narbonnaise et de la Septimanie et les côtes italiennes jusqu'à Rome furent aussi protégées pour éviter que les Maures n'entrent sur le sol. Cette protection évita pillage et piraterie.

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

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2 mars 2008 7 02 /03 /mars /2008 10:40
Source

Livre neuvième :
 
Junon envoya de nouveau Iris auprès de Turnus qui était dans le bois de son ancêtre Pilumnus. Le roi des Rutules apprit qu'Enée avait quitté sa ville et où il se trouvait. Elle conseilla à Turnus de l'attaquer. Ayant reconnu la déesse, Turnus la remercia, puis adressa de nombreuses prières aux dieux.
 
Turnus et ses troupes se dirigèrent vers la ville des Teucères qui les aperçurent. Suivant les conseils donnés par Enée avant son départ chez Evandre, le peuple s'enferma dans la cité. Comprenant qu'aucun homme d'Enée ne viendrait dans la plaine, Turnus fit le tour de l'enceinte espérant découvrir un accès quelconque. Empli de colère, Turnus se dirigea vers la flotte troyenne, restée sur le Tibre et l'incendia.
Mais Jupiter, qui avait fait une promesse à sa mère, Cybèle, au sujet des bateaux d'Enée construits avec ses pins (arbres consacrés à Cybèle), ne les laissa pas se détruire et les métamorphosa en nymphes.
 
D'abord effrayé, Turnus déclara que les dieux adressaient un message aux Troyens et non à lui. Les Troyens ne pourraient plus partir par la mer : quant aux Rutules, la terre était en leur pouvoir.
Turnus, sûr de lui, donna d'autres arguments afin de démontrer sa force.
La nuit venue, Messape, compagnon d'armes de Turnus, fut chargé de "garnir les portes de sentinelles et d'entourer les fortifications de feux de bivouac." Mais les hommes burent pendant les relèves.
 
Ce que faisaient les soldats de Turnus était observé par les Troyens. Deux hommes, Nisus et Euryale, fidèles compagnons parlaient entre eux. L'un désirait, profitant de la nuit et de l'ivresse des gardes ennemis, retrouver Enée le plus vite possible. Euryale, qui ne voulait pas laisser Nisus partir seul, lui proposa d'agir à deux. Après leur tour de garde, ils se rendirent auprès d'Ascagne pour faire part de leur projet. Ayant l'accord d'Ascagne et la promesse de présents en cas de réussite, les deux hommes s'en allèrent. Sur le chemin, ils tuèrent de nombreux soldats de Turnus. A l'aube, Nisus déclara qu'ils se devaient de partir à cause de la lumière naissante. Mais Euryale déroba différentes parties des armes des vaincus puis les porta.
 
Alors qu'ils quittaient ce camp, Volcens, venu soutenir Turnus arrivait et aperçut les armes revêtues par Euryale à cause de leurs reflets lumineux. Interpellés par Volcens, ils prirent la fuite et furent suivis. Euryale paniqua tandis que Nisus réussit à s'échapper. Lorsqu'il vit que son ami ne le suivait plus, Nisus revint sur ses pas et l'aperçut prisonnier. Caché des autres, il lança des javelots qui tuèrent deux hommes mais il sortit de sa cachette quand Volcens voulut s'en prendre à Euryale. Cependant, celui-ci tua Euryale et fut tué par Nisus qui mourut à son tour.
 
Quand la troupe de Volcens parvint au camp des Rutules avec leur chef défunt, le massacre des deux Troyens avait déjà été découvert. Turnus et d'autres chefs rassemblèrent leurs soldats pour un combat. Les têtes de Nisus et d'Euryale furent mises au bout de deux pics et montrées aux Troyens affligés d'un tel spectacle.
La Renommée avertit le mère d'Euryale de ce malheur. Celle-ci se dirigea vers le mur d'enceinte et commença à se lamenter de ce sort. Mais, "des soldats, […], la pr[ir]ent et la transport[èr]ent entre leurs mains sous son toit."
 
Les alliés de Turnus, les Volsques, arrivèrent près du camp des Troyens pour livrer bataille. Le combat fut rude des deux côtés et Turnus mit le feu à une tour, semant le trouble chez les Troyens. La guerre continua et les morts tombèrent des deux côtés. Ascagne participa au combat et tua Rémulus, un homme audacieux.
Apollon, qui observait la scène, s'adressa à Ascagne en présence des autres soldats. L'enfant ne devait plus combattre.
Finalement, Turnus réussit à pénétrer dans le camp adverse semant la mort et une grande panique avec l'aide de Junon.
Deux compagnons, choisis par Enée, apprirent le massacre et réussirent à calmer le peuple troyen qu'ils rassemblèrent. Décidés à se battre, les hommes d'Enée poursuivirent Turnus qui dut plonger dans le fleuve pour échapper à la mort.
 
Livre dixième :
 
Jupiter, père des dieux, convoqua une assemblée divine. Il désirait connaître la cause de cette guerre faite aux Teucères contre sa volonté. Vénus, fille de Jupiter, rappela tout ce qui était arrivé aux Troyens depuis le début des hostilités et demanda pourquoi on pouvait faire changer un destin promis. Elle parla en faveur d'Ascagne, son petit-fils, qu'elle souhaitait voir soustrait à la guerre ainsi que les Troyens qu'elle soutenait.
 
Junon parla à son tour pour prendre la défense des Latins et critiqua les Troyens à qui elle reprochait l'origine de ce conflit. Elle rappela aussi les cause de la guerre de Troie : l'enlèvement d'Hélène par Pâris.
Alors, Jupiter annonça que, ce qui arriverait dorénavant serait dû aux actions des hommes seuls, puis il partit.
Alors que le siège de la ville des Troyens n'était pas en leur faveur, Enée revint auprès de son peuple, accompagné des Etrusques et de Pallas, fils du roi Evandre. Trente navires suivaient celui d'Enée.
 
Lorsqu'il s'approcha du port qu'il avait établi à son arrivée, Enée aperçut des nymphes, en nombre égal à ses anciens navires, se diriger vers lui. Parmi elle, la nymphe Cymodocée lui apprit ce qui s'était passé pour ses navires et lui dit qu'Ascagne était en difficulté. Il fallait vite arriver auprès de lui.
Enée donna des conseils pour que sa flotte se préparât à la guerre. Au moment où il aperçut sa ville et les Teucères, ceux-ci virent aussi.
 
Lorsque Turnus comprit par le comportement de ses ennemis, qu'Enée était de retour, il se dirigea avec ses hommes vers le rivage afin de chasser les arrivants. Cependant, Enée réussit à faire débarquer ses alliés et Tarchon, son compagnon étrusque, exhorta ses hommes qui obéirent malgré les difficultés.
Pendant ce temps, Turnus se plaça en face des Troyens. La bataille commença et Enée tua Théron ainsi que d'autres guerriers latins. Les deux camps paraissaient avoir une force égale.
Pallas se battit contre les Latins parmi lesquels il tua de nombreux soldats de renom.
 
Prévenu par sa sœur, Turnus se rendit auprès de Lausus, un de ses hommes, afin de prendre sa place et de se battre contre Pallas. Le jeune homme, après avoir invoqué Hercule se lança dans la bataille. Ne pouvant recevoir l'aide divine, Pallas fut tué par Turnus qui lui déroba son baudrier.
 
On vint apprendre à Enée les difficultés éprouvées par ses troupes vers lesquelles il se dirigea. Il chercha Turnus et fit quatre prisonniers qu'il immola. Puis il continua à faire de nombreux morts parmi les Rutules.
Pendant ce temps, "le petit Ascagne et ses jeunes guerriers, assiégés en vain, sort[ir]ent et laiss[èr]ent le camp."
 
Jupiter convoqua Junon et discuta avec elle. Junon demanda la permission d'intervenir en faveur de Turnus. Le dieu le lui accorda tout en lui rappelant que cela ne faisait que retarder une mort annoncée pour Turnus.
Junon, qui avait pris l'apparence d'Enée, alla près de Turnus et prit la fuite, l'obligeant ainsi à la suivre loin du camp jusqu'à ce que, parvenus tous les deux sur un navire, elle disparût dans une nuée noire. Ainsi, Turnus se retrouva seul sur le bateau dont Junon avait rompu les amarres.
 
Tandis qu'Enée cherchait Turnus pour se battre contre lui, celui-ci dérivait désespéré et persuadé d'être puni. Prêt à se donner la mort, Turnus fut sauvé par Junon et échoua près de la ville de son père Daunus.
Ce fut Mézence, conseillé de Jupiter, qui remplaça Turnus dans la lutte contre les Teucères. Ayant fait plusieurs morts parmi eux, Mézence dut affronter Enée qui le blessa. Lausus vint au secours de son père, mais le jeune homme fut tué par Enée. Mézence, qui avait été mis à l'abri après sa blessure, comprit que son fils était mort lorsqu'il entendit les pleurs de ceux qui ramenaient son corps sans vie. La peine fut plus forte que la douleur de la blessure. C'est pourquoi, il fit amener son cheval et retourna au combat. Lorsqu'il arriva près du Troyen, il lutta en vain car après un coup malheureux, Enée tua son cheval faisant tomber son cavalier. Avant de mourir, Mézence demanda à être enterré avec son fils.
 
Livre onzième :
 
Enée éleva un trophée au dieu Mars, puis demanda que soient enterrés tous les morts. Il retourna auprès de Pallas et s'adressa des reproches puisqu'il n'avait pas pu préserver Pallas de la mort, comme il l'avait promis à son père, Evandre.
Une escorte fut préparée afin de reconduire Pallas auprès de son père avec les honneurs dus à son rang. Enée plaça sur son corps "deux étoffes brodées de pourpre et d'or" données par Didon ainsi que le trésor gagné par Pallas pendant la guerre. Le jeune homme fut emmené tandis qu'Enée restait au camp.
 
Des Latins virent trouver Enée pour lui demander une trêve, le temps d'enterrer les mort. Le Troyen leur répondit favorablement et se déclara prêt à accorder la paix aux vivants car il n'avait pas désiré ce conflit.
Parmi, les Latins se trouvait Drancès, ennemi de Turnus, qui, heureux d'un tel sort annonça que ces paroles seraient rapportées à Latinus. Une trêve de douze jours fut décidée.
 
La Renommée, qui avait alarmé le peuple d'Evandre, avait préparé les habitants à ce malheur. Ceux-ci l'attendaient, torches à la main. Dès qu'Evandre vit son fils mort, il se jeta sur lui et regretta amèrement son sort, espérant que sa mort avait été précédée de la mort de nombreux Latins.
 
Des deux côtés, Troyens et Latins établirent des bûchers pour leurs morts et des funérailles furent célébrées.
Pendant ce temps, Drancès dont les pensées étaient partagées, estima que Turnus devait combattre pour ce qu'il désirait : les terres et Lavinia. Mais des voix en la faveur de Turnus se firent entendre. Pendant cette réunion, les alliés de Turnus arrivèrent et déclarèrent que tous les efforts avaient été vains et que les Latins devaient se chercher d'autres alliés ou conclure la paix. C'est pourquoi, Latinus, en colère, convoqua, dans son palais, un conseil composé de députés. Ayant sollicité une réponse de l'un d'eux, Latinus écouta la réponse de Vénulus envoyé près de Diomède. Ce dernier refuserait de se battre contre Enée et leur conseilla même de faire alliance avec le Troyen.
 
Alors, Latinus reprocha aux Latins d'avoir fait cette guerre sans issue contre des hommes dont les dieux assuraient la protection. Il proposa la fin de la guerre et déclara qu'il souhaitait offrir de la terre aux Troyens afin qu'ils s'établissent dans la paix.
Drancès, homme habile aux discours et non aux armes, reprocha à Turnus la mort de tant de guerriers illustres et proposa au roi de sceller cette paix par la mariage de sa fille avec le Troyen. Il ajouta aussi, devant Turnus présent, que celui-ci avait peur de se battre seul contre Enée. La réponse de Turnus fut immédiate : reproches à l'adresse de Drancès et rappel de ses propres actions. Turnus accusa Drancès de faire peur aux autres et nomma ceux qui faisaient encore partie de sa troupe. Il proposa même un combat singulier entre lui et Enée. Ceci mit fin au conseil.
 
Pendant qu'ils parlaient, Enée se dirigeait avec son armée vers Laurente. Turnus ordonna que ses troupes fussent prêtes et leur indiqua où se placer.
La ville était en ébullition et chacun se préparait à affronter cette nouvelle épreuve. Les femmes, dont Amata, se précipitèrent au temple pour prier la déesse Minerve.
Turnus s'arma puis partit. Camille, reine des Volsques, qui était venue rejoindre Turnus avec sa troupe, s'adressa à lui pour lui proposer un plan de bataille. Dès qu'il fut établi, chacun se plaça en vue d'une embuscade.
 
Au même moment, Diane contait à Opis, l'une de ses compagnes, l'histoire de Camille qu'elle aimait beaucoup. Comme elle savait sa mort prochaine, Diane envoya Opis armée de la flèche qui tuerait le meurtrier de Camille, confiée jadis par Métabus, son père, à elle, Diane.
 
L'armée troyenne s'approchait de la troupe ennemie dans laquelle se trouvait Camille. Lorsqu'elles furent en vue l'une de l'autre, la guerre commença. A tour de rôle, chaque armée eut le dessus, puis les hommes étant plus près les uns des autres, la guerre s'intensifia.
 
Camille, qui avait pris part à la guerre, fit de nombreuses victimes parmi la troupe d'Enée. Tandis qu'elle s'emparait des affaires de Chlorée qu'elle avait tué, Camille fut tuée à son tour par Arruns qui l'avait observée et suivie. Mais avant de mourir, elle demanda à Acca, sa compagne, d'apporter un message à Turnus. Celui-ci devait prendre sa place et repousser les Troyens.
 
Ayant observé la scène, Opis, messagère de Diane, tua Arruns, le meurtrier de Camille.
Les troupes des Rutules et des Volsques furent mises en déroute par la mort de Camille et tentèrent de regagner leur ville pour s'y réfugier. Pris de panique, les habitants de la ville fermèrent les portes sans se soucier de ceux qui se trouvaient derrière.
Après avoir appris la mort de Camille par Acca, Turnus, désemparé, quitta sa troupe pour trouver Enée sur son chemin. Le Troyen le poursuivit mais la nuit les empêcha de se battre.
 
Livre douzième :
 
Turnus, lorsqu'il comprit que les Latins perdaient, fut pris de fureur. Il alla trouver le roi Latinus et se déclara prêt à affronter Enée dans un combat singulier. Latinus essaya de calmer Turnus et lui rappela que son combat serait vain. Mais la fureur de Turnus, nullement calmée, devint plus grande. Il confirma sa volonté de combattre même si la mort lui était inévitable.
 
Amata, qui était aussi présente lors de l'entrevue de Turnus avec son mari, supplia Turnus de ne pas se soumettre à ce combat. De plus, elle menaça Turnus de mettre fin à ses jours, car elle refusait de voir Enée devenir sons gendre. En entendant ses mots, Lavinia se mit à pleurer, ce qui émut beaucoup Turnus au point de lui redonner un grand courage. Il calma Amata et envoya un messager auprès d'Enée pour lui proposer un combat singulier. Ensuite, il retourna chez lui et se prépara pour le lendemain.
 
Enée, heureux de voir ce conflit se régler de cette manière, rassura les siens puis envoya quelqu'un auprès de Latinus pour savoir ce qu'il devait faire.
Le lendemain, les deux hommes se trouvèrent sur leur champ de bataille avec leurs troupes occupées à préparer les terrain. Junon, qui observait les deux armées, s'adressa à la sœur de Turnus, Juturne. La Saturnienne (Junon) lui annonça que maintenant elle ne pouvait plus protéger Turnus de la mort. Elle invitait la jeune fille en pleurs à agir en empêchant Turnus de mourir ou en provoquant une guerre.
 
Latinus, en compagnie de Turnus et d'Enée, préparait le sacrifice des animaux aux dieux. Enée prit la parole pour demander que les siens, s'il mourait, puissent se retirer auprès d'Evandre. S'il gagnait, il désirait que les deux nations concluent une alliance. Latinus répondit favorablement à cette demande et les animaux furent sacrifiés.
 
Cependant, les Rutules continuaient à croire que le combat à venir était inégal. Juturne, la sœur de Turnus, qui avait pris l'apparence du guerrier Camers, parla. Ayant semé le doute parmi les Latins, quant à ce qui arriverait en cas de victoire d'Enée, Juturne aux pouvoirs multiples (pouvoir de métamorphose, faiseuse de prodiges) envoya un prodige : l'aigle, "l'oiseau fauve de Jupiter, volant dans l'éther rouge, poursuivait les oiseaux du rivage et dispersait leur troupe ailée sonore, quand tout à coup, s'abattant sur l'onde, l'audacieux enlève dans ses pattes crochues un cygne remarquable" qu'il dut lâcher parce que les oiseaux du rivage, qui avaient fait demi-tour, s'étaient retournés contre lui.
 
Après avoir salué ce prodige, l'augure Tolumnius commanda aux Rutules de prendre les armes et lança en même temps un trait vers les Troyens. Comme il parvint à en tuer un, la réponse ne se fit pas attendre. Une nouvelle guerre débuta et fit fuir Latinus et les prêtres avec leurs dieux.
Au milieu de cette bataille, Enée, désarmé, essayait de faire entendre raison aux siens par des paroles, mais il fut blessé d'une flèche.
 
Lorsque Turnus vit Enée quitter le camp, il reprit courage et devint plus audacieux. Il fit de nombreux morts parmi les Troyens.
Iapyx, un médecin, tentait de soigner la blessure d'Enée mais en vain. Vénus, "tout émue des souffrances iniques de son fils", fit infuser le dictame (plante médicinale) dans la rivière dont Iapyx utilisa l'eau. La plaie disparut aussitôt. C'est pourquoi, Iapyx l'incita à combattre car il affirma que la guérison était due à un dieu.
 
Après s'être armé et avoir parlé à son fils, Enée partit se battre.
Lorsqu'il arriva parmi les Latins, Enée suscita d'abord la peur de Juturne -qui s'en alla- ainsi que celle des guerriers de Turnus. Mais Enée ne cherchait pas à les tuer, il désirait seulement combattre avec Turnus. Juturne protégea son frère du combat. Comprenant cette ruse, Enée s'adressa au dieu Jupiter, puis décida de combattre d'autres Rutules. Chacun de son côté, empli d'une force nourrie par la colère, sema la mort.
 
Enée, influencé par sa mère, se dirigea avec son armée vers Laurente afin de demander l'exécution de pacte (combat singulier avec Turnus).
Parvenu aux murs de la cité, Enée s'adressa à Latinus et déclara que les Rutules avaient rompu le pacte pour la seconde fois. Personne ne savait que faire et agissait de manière contradictoire.
 
La reine Amata, voyant l'ennemi arriver sans l'intervention des Rutules et de leur chef, pensa que Turnus était mort. Persuadée d'être la cause de tous ces événements, elle se suicida. Cette nouvelle se répandit bien vite et le désespoir sema le désordre dans les esprits latins. A son tour, Latinus se fit des reproches.
 
Pendant ce temps, Turnus se battait. Ne sachant plus que penser, il écouta les conseils de sa sœur qui avait pris l'apparence de Métisque (un soldat de Turnus). Mais il la reconnut et lui fit part de sa volonté d'arrêter le combat.
L'arrivée du guerrier Sacès, qui lui apprit tous les malheurs survenus (suicide d'Amata, désespoir de Latinus…), provoqua la colère de Turnus. Il était décidé à se battre avec Enée.
 
Laissant sa sœur désespérée, Turnus se jeta dans la bataille pour se diriger vers la ville. Au milieu des soldats, il demanda l'arrêt des combats et annonça de nouveau sa volonté de se battre contre Enée.
Lorsque la plaine fut dégagée, Turnus et Enée purent combattre. Mais Turnus, dont le fer se cassa, chercha à fuir. Il appela les Rutules afin que l'un d'eux lui rendît son épée, mais la menace d'Enée à leur égard, les en empêcha.
 
L'intervention de la sœur de Turnus ne lui profita pas, car Vénus intervint à son tour. Le combat s'intensifia.
Jupiter commanda à Junon de cesser de prendre part au combat. Sa douleur bien que compréhensible, ne pouvait rien changer au destin. Elle obéit mais demanda que la victoire ne voie pas la disparition du nom des Latins, ni de leur langue, ni de leur coutume. Elle désirait que ce peuple soit fort grâce aux Latins. Jupiter lui accorda cette faveur et lui annonça la reconnaissance de ce peuple qui honorerait la déesse Junon.
Jupiter mit fin à l'intervention de Juturne pour Turnus.

Le combat continua jusqu'à ce que Turnus fût à terre. Celui-ci supplia Enée de ne pas mettre fin à ses jours et reconnut sa force. Mais lorsque Enée aperçut sur Turnus les armes de Pallas, il le tua.

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29 février 2008 5 29 /02 /février /2008 10:16

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Livre sixième :

 
Parvenu à Cumes, Enée laissa ses hommes pour se rendre auprès de la Sibylle. A son arrivée, elle lui demanda de faire une prière pour connaître l’avenir. La prêtresse put alors faire ses prédictions : de grandes difficultés attendaient les Troyens, mais sur la terre. Enée affirma qu’il savait déjà cela et dit qu’il souhaitait l’aide de la Sibylle pour descendre aux enfers afin d’y voir son père. Il lui fallait, selon les conseils de la prêtresse, apporter un rameau d’or qu’il n’était pas possible à tous de cueillir. Mais il devait avant tout enterrer un de ses hommes, Misène. Tandis que tout était préparé pour cette cérémonie mortuaire, Enée vit deux colombes, oiseaux de sa mère, qui l’aidèrent à trouver le rameau. Enée retourna auprès de la Sibylle qui accomplissait des sacrifices aux dieux. Suivant les conseils de celles-ci, Enée sortit l’épée de son fourreau et la descente aux enfers commença.
 
Dans ce monde étrange, le chemin les mena jusqu’à Charon au sujet duquel Enée demanda une explication. Il rencontra Palinure (pilote d’un navire troyen tombé en mer) qui sollicita Enée afin de franchir le Styx, mais la Sibylle le rabroua. Ils parvinrent sur les bords du fleuve auprès de Charon, que la prêtresse dut rassurer grâce au rameau d’or, ce qui leur permit de franchir le Styx. Après avoir endormi le chien Cerbère avec « un gâteau soporifique composé de miel et de graines préparées », ils arrivèrent dans le Champ des Pleurs où Enée revit Elissa (Didon) qui l’ignora et « s’enfuit, hostile, dans la forêt ombreuse, où son premier époux, Sychée, répond[it] à ses soins […] ». En continuant le chemin, ils parvinrent au Champ des Guerriers où Enée rencontra d’anciens soldats. Ils passèrent aussi les Tartares. Ils arrivèrent enfin aux Champs Elysées, mais durent laisser l’offrande (rameau d’or) à l’entrée.
 
Dans cet endroit qui était magnifique et reposant, Enée put voir son père. Celui-ci, occupé à contempler les générations futures se dirigea vers son fils dès qu’il l’aperçut. Heureux de sa venue, il lui fit part de ce qu’il savait sur lui. Emu, Enée voulut prendre son père dans les bras, mais n’y parvint pas, car celui-ci était devenu une ombre. Lui ayant tout appris sur l’origine du monde, Anchise conduisit son fils et la Sibylle auprès d’une foule nombreuse. Là, il lui montra dans l’ordre toutes les générations à venir qui feraient la grandeur de Rome. Lorsque Anchise eut tout révélé à son fils, il l’accompagna avec la Sibylle à la sortie des enfers.
 
Livre septième :
 
Enée célébra les funérailles de sa nourrice, Caiète, puis reprit la mer en évitant Circé. Il accosta sur les rives du Tibre.
Lorsque Enée aborda dans le Latium, cette région comptait plusieurs rois. Parmi eux, Latinus, père de Lavinia, sa seule héritière, faisait régner la paix dans la région. Grâce à des prodiges, un devin put lui annoncer l’arrivée d’un héros étranger ainsi qu’un avenir brillant mais précédé par une grande guerre. Effrayé par une telle prophétie, Latinus se rendit auprès de Faunus, son père, qui lui apprit qu’il ne devait pas unir sa fille à Turnus, rois des Rutules, mais à l’étranger qui arrivait.
 
Pendant ce temps, Enée et ses compagnons s’attablaient. « Tous les mets épuisés, la faim les poussa à mordre dans ces légers gâteaux » qui leur servaient de table, ce qui fut remarqué par Ascagne. Enée comprit alors qu’ils étaient parvenus sur la terre promise. A l’annonce de cette nouvelle, ils firent des libations et rendirent hommage aux dieux.
 
Le lendemain, tout fut préparé pour construire une ville et des hommes furent envoyés auprès du roi Latinus.
Leur ayant souhaité la bienvenue, Latinus leur demanda ce qu’ils désiraient. L’un des hommes, Ilionée, répondit que son peuple souhaitait demeurer dans la paix, parmi eux, sur la terre de leur ancêtre Dardanus. Latinus, favorable à leur établissement, le leur accorda et déclara qu’il désirait voir Enée, car sa fille lui était destinée. Les hommes reçurent des chevaux en cadeau.
 
Junon, l’épouse de Jupiter, aperçut les Troyens occupés à leur installation. Emplie de colère, elle invoqua la furie des enfers, « la funeste Allecto, qui se plaît aux tristes guerres, au ressentiment, aux embûches et aux accusations calomnieuses ». Sur l’ordre de la Saturnienne (Junon), elle se rendit auprès d’Amata, épouse de Latinus et lui jeta un sort. Lorsque Amata, qui était venue voir son mari, comprit qu’elle ne le ferait pas changer d’avis, « elle se précipit[a] dans les bois, et cach[a] sa fille dans les montagnes couvertes de frondaisons, […] ».
 
La déesse infernale, Allecto, estimant avoir assez troublé Amata, gagna la demeure de Turnus. Porteuse du message de Junon, elle incita Turnus à faire la guerre, puis offensée par la réponse de celui-ci, Allecto lui fit peur. Il se prépara à la guerre.
 
Allecto abusa encore de son pouvoir. Profitant d’une partie de chasse, elle causa le premier malheur des Troyens. Par sa faute, Ascagne blessa le superbe cerf de Tyrrhus. L’animal apeuré se dirigea vers la maison où il fut aperçu, avant de mourir, par Silvie, fille de Tyrrhus. Les cris de la jeune fille ameutèrent les membres de sa famille.
 
Observant toujours la scène, Allecto sonna dans une trompe, le signal pastoral qui regroupa les deux camps, bergers et Troyens. Une bataille débuta et les premiers morts tombèrent. Ayant accompli les vœux de Junon, Allecto alla la voir et se déclara prête à agir de nouveau. Junon estima qu’elle pourvoirait elle-même à de nouvelles actions si cela était utile et c’est ce qu’elle fit.
 
Les bergers qui avaient pris part aux combats aux côté des fils de Tyrrhus, allèrent à Laurente et amenèrent auprès de Latinus les premiers morts qui permirent à Turnus de parler en sa faveur : il voulait la guerre. Mais Latinus, fidèle aux prophéties de Faunus, déclara que Turnus était dans son tort puis il quitta le palais.
 
Comme le roi Latinus refusait d’ouvrir les portes du temple de la guerre, Junon « poussa de sa propre main les portes rétives, et, […] enfonça les battants de fer de la guerre ». Tous se préparèrent à la guerre. Parmi ces hommes se trouvèrent Mézence, roi de Céré et son fils Lausus et tant d’autres encore. Toutes les troupes des différentes régions de l’Italie étaient prêtes à la guerre.
 
Livre huitième :
 
Turnus, aidé par d’autres chefs tels que Messape et Mézence, réussit à enrôler tout le Latium. Partout de nouvelles troupes se joignirent à lui.
 
La nuit fut favorable à Enée puisque le dieu du fleuve, le Tibre, lui apparut en songe pour le conseiller. Le dieu le rassura et lui annonça à quel moment il pourrait fonder sa ville : « […] apprends que tu vas trouver, sous les yeuses du rivage, une laie énorme, avec trente petits qu’elle a mis au monde, couchée, toute blanche, sur le sol, et ses blancs nourrissons autour de ses mamelles ». Il l’invita à se rendre à Pallantée chez le roi Evandre, en guerre contre les Latins, auprès de qui Enée trouverait un allié. Le matin venu, Enée obéit au dieu du fleuve qu’il invoqua et prépara deux bateaux afin de rendre visite au roi Evandre.
 
Dans la forêt, Enée aperçut une laie blanches avec ses petits qu’il immola à Junon.
 
Le voyage sur le fleuve Tibre mena Enée et ses hommes auprès d’Evandre. Celui-ci, dans les bois, en compagnie de son fils Pallas et de quelques hommes, offrait un sacrifice à Hercule, victorieux de Cacus.
Lorsqu’ils aperçurent les bateaux d’Enée, ils prirent peur et se levèrent. Pallas se dirigea vers les navires et interrogea Enée sur les raisons de sa venue. En tendant un rameau d’olivier, signe de paix, Enée expliqua qui ils étaient et pourquoi ils venaient. Pallas les conduisit à son père.
 
Après avoir rappelé les liens familiaux qui les unissaient, Enée demanda le soutien d’Evandre afin de se battre contre Turnus et ses troupes. Evandre répondit favorablement à Enée en souvenir du passé. Il avait, en effet, connu Anchise, père d’Enée, qui lui avait fait un cadeau et qu’il admirait beaucoup.
 
Evandre invita ensuite Enée et ses hommes à un repas afin de célébrer la victoire d’Hercule sur Cacus, dont Evandre raconta l’histoire. Le festin continua parmi les chants et les prières. Après cette cérémonie, ils regagnèrent à pied la ville au sujet de laquelle Enée posa des questions. Evandre narra l’origine de sa cité à laquelle Saturne contribua. Ils parvinrent à la maison du roi Evandre qui reçut Enée.
 
La nuit venue, Vénus, dont la crainte pour Enée était grande, rendit visite à son époux Vulcain. Elle lui demandait de construire des armes pour son fils Enée. Après avoir reçu de sa femme des faveurs, Vulcain se dirigea vers l’île des Cyclopes. Ceux-ci, occupés à façonner d’autres armes, durent interrompre leur travail pour se consacrer, selon la volonté de Vulcain, aux armes d’Enée.
 
Le matin, Evandre parvenu auprès d’Enée, lui rappela ses promesses. Il lui conseilla aussi de se rendre dans une ville étrusque, Agylla, durement éprouvée par le cruel Mézence. Enée trouverait auprès d’eux un soutien. En effet, suivant la prédiction d’un haruspice, un chef étranger leur apporterait l’espoir et la victoire. Evandre promit que Pallas, son fils partirait avec lui ainsi qu’une troupe nombreuse.
 
A peine eurent-ils fini de parler qu’un bruit infernal les troubla. Enée reconnut sa mère qui lui annonçait une guerre prochaine et les armes promises façonnées par Vulcain.
 
Après avoir rendu hommage aux dieux, Enée retourna à ses vaisseaux afin de choisir quelques guerriers pour partir. Deux chevaux furent offerts au Troyen avant son départ.
 
Le bruit de la guerre se répandit. Evandre adressa une prière à Jupiter afin qu’il maintienne en vie son fils Pallas qui le quittait.
 
Une partie du trajet accomplie, Enée et sa troupe se reposèrent dans un bois près du fleuve Céré. C’est dans cet endroit que Vénus vint donner les armes à son fils qui les contempla longuement. Parmi elles, se trouvait le bouclier divin dont l’extérieur portait toute l’histoire à venir de Rome. Enée prit ces armes qui portaient son avenir dont il n’avait pas conscience.
 

FIN DE LA TROISIEME PARTIE

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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 10:09

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Livre troisième :

 
Enée fit construire vingt navires pour partir dès qu’Anchise le demanderait.
 
Arrivé en Thrace, tandis qu’il faisait des sacrifices aux dieux, Enée entendit des gémissements venant de la terre : Polydore, fils de Priam, lui apprit comment il avait été tué. Après avoir célébré le mort, lui et ses gens repartirent.
 
Ce nouveau voyage les conduisit à Délos où l’oracle leur annonça où aller. Mais Anchise, interprétant mal ces paroles, les emmena en Crète. De plus, la maladie et la famine semèrent le doute parmi le peuple. En songe, la réponse parvint à Enée : en Italie se trouverait la nouvelle patrie. Enée rapporta ces paroles à son père.
 
Ils repartirent mais une tempête les conduisit sur de mauvaises rives : les îles Strophades où les Harpyes les empêchèrent de manger. C’est pourquoi, ils les chassèrent mais Céléno leur prédit le signe qui leur indiquerait qu’ils sont bien arrivés en Italie : « Mais vous ne ceindrez point de murailles la ville qui vous est destinée, avant que la faim cruelle, […] ne vous force à briser à coups de dent et à dévorer vos tables. »
 
Ayant réussi à s’enfuir, ils se purifièrent et s’adonnèrent à des jeux gymniques.
Enée apprit alors qu’il était en Epire où vivait Hélénus, fils de Priam. Il laissa sa flotte et se rendit auprès de lui. Il rencontra Andromaque qui « offrait aux cendres d’Hector un sacrifice solennel et des libations funéraires. » Elle le reconnut et l’interrogea sur la raison de sa venue.
 
L’arrivée d’Hélénus mit un terme à leur entretien. Hélénus permit à Enée de connaître son avenir et l’aida pour son nouveau départ. Enée prit une nouvelle fois la mer et aborda une autre terre : la Sicile sur le terre des Cyclopes.
En arrivant à Drépane, Enée perdit son père.
 
« C’est ainsi que le vénérable Enée, […], retraçait les destins envoyés par les dieux […]. Il se tut enfin et termina là son récit. »
 
Livre quatrième :
 
Le reine de Carthage, Elissa, avoua à sa sœur Anna son amour pour le Troyen et son impossibilité à l’aimer puisque veuve. Cette dernière lui conseilla de céder à ce sentiment car elle mettrait fin aux menaces de guerre.
 
La reine succomba à cet amour et ne s’occupa plus de sa ville : « Les tours commencées ne s’élèvent plus ; […] ; le port et les remparts de défense militaire restent en plan ; […] ».
 
 Ayant appris ce qui se passait, Junon protectrice de Carthage, trouva un compromis avec Vénus qui ne connaissait pas les vœux de Jupiter (annonce de l’établissement du peuple de Troie en Italie, fondation de Rome par Romulus et Rémus….).
 
Le lendemain, tous partirent à la chasse et Junon appliqua le plan prévu : une pluie d’orage permit à Didon et Enée d’être seuls dans une grotte. L’amour grandit dans le cœur d’Enée et la Renommée se chargea de répandre la nouvelle qui parvint jusqu’aux oreilles d’Iarbas, l’un des prétendants de Didon. Ce roi adressa en sa faveur une prière à Jupiter qui envoya Mercure auprès d’Enée afin de lui ordonner son départ de Carthage.
 
Après avoir entendu le message du dieu, Enée convoqua certains de ses hommes et leur ordonna d’être prêts à partir. Cette même Renommée prévint d’un départ certain, Elissa qui se rendit auprès d’Enée afin de le retenir, mais elle n’y parvint pas. Enée, tout en reconnaissant son amour pour elle, avoua qu’il devait obéir à la volonté des dieux : partir pour l’Italie. La reine céda alors à la colère puis partit.
 
Enée continua les préparatifs que la reine observait. Celle-ci envoya sa sœur après du Troyen afin de le supplier encore, mais ce fut un échec. Didon, désespérée, vit de funestes prodiges annonceurs d’une mauvaise fortune. En secret, elle prépara sa mort et demanda à sa sœur de construire un bûcher sur lequel elle déposerait les affaires du Troyen. Elle disait ainsi utiliser la magie d’une prêtresse. Alors, seule, elle poursuivit les préparatifs de sa mort en murmurant son désespoir et en implorant les dieux.
 
Enée rêva encore : Mercure lui ordonnait de partir sur le champ. Il fut obéi. Pendant ce temps, Didon souhaita tous les maux à Enée et à sa descendance puis finit par se donner la mort. « Elle adresse quelques mots à Barcé, nourrice de Sychée […] : « Chère nourrice appelle ici ma sœur Anne ; dis-lui de répandre en hâte une eau vive sur son corps, et d’amener avec elle les victimes et les offrandes expiatoires ; qu’ainsi seulement elle vienne ; […]. » ».
Lorsque sa sœur, Anna arriva, Didon était en train de mourir. « Alors Junon toute-puissante, ayant pitié de ses longues douleurs et de sa mort pénible, envoya Iris » pour abréger ses souffrances.
 
 
Livre cinquième :
 
Alors qu’ils étaient sur la mer, une tempête troubla leur parcours et les conduisit sur le rivage de la Sicile où Aceste les accueillit. Sachant qu’il se trouvait près du lieu où était mort son père, Anchise, Enée lui rendit hommage et prépara des sacrifices pendant lequel un prodige (un serpent qui surgit du sanctuaire puis disparaît dans un tombeau après avoir effrayé tout le monde) eut lieu.
 
Le lendemain fut consacré aux jeux funèbres : d’abord une course de bateaux, puis après avoir remis des récompenses aux vainqueurs, Enée annonça les prix pour le jeu suivant. Il s’agit d’une course à pied. A ce jeu succéda une nouvelle épreuve : un combat avec des cestes (sorte de coup-de-poing américain) interrompu par Enée afin d’éviter la mort d’un homme. Chacun reçut un prix. Un nouveau jeu fut mis en place : le tir à l’arc. Pendant ce concours, un nouveau prodige survint.
 
Ces jeux, en hommage au père d’Enée, se terminèrent par un carrousel avec des enfants. Tandis que les femmes, à l’écart, rendaient hommage à Anchise, Junon envoya Iris parmi elles. Les Troyennes « demandent une ville, sont lasses de supporter les fatigues de la mer. » Métamorphosée en Béroé, Iris, la messagère de Junon, ajouta ses fausses lamentations à celles des femmes. Mais Pyrgo, « la nourrice royale de tant d’enfants de Priam », reconnut en elle la divinité : celle-ci incita les femmes à incendier la flotte. C’est ce qu’elles firent.
 
Mais Enée et son fils tentèrent tout contre le feu et reçurent l’aide de Jupiter. Plusieurs bateaux furent ainsi sauvés. Enée douta alors, devait-il continuer ce voyage ? Sur les conseils de Nautès, Enée laissa sur place les vieillards et les femmes fatiguées, puis partit.
 
Ce conseil fut confirmé par Anchise qui lui apparut en songe et lui dit : « Aborde auparavant les demeures infernales de Dis, et, par les profondeurs de l’Averne, viens, mon fils t’entretenir avec moi. […]. Alors tu connaîtras toute ta postérité et les remparts qui te sont assignés ».
 
Le départ est alors préparé. « Pendant ce temps, Enée traç[a] avec la charrue, l’enceinte de la ville, et tir[a] au sort l’emplacement des demeures ; […]. ». Les Troyens partirent et Vénus demanda à Neptune d’être enfin favorable à son fils et de ne plus écouter Junon. Elle fut entendu mais lors de la traversée il y eut une victime. Palinure tomba dans la mer et Enée dut le remplacer.
 

FIN DE LA DEUXIEME PARTIE

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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 10:52

Source
Les ruines de Carthage


Homère eut une influence considérable non seulement sur l'Antiquité grecque mais aussi sur l'Antiquité latine. Considérées comme inimitables, l'Iliade et l'Odyssée restèrent longtemps seules en tant qu'épopées.

 
Les raisons de l'absence de nouvelles épopées dans l'Antiquité latine sont multiples.
D'abord, Rome vint plus tardivement que la Grèce antique à la littérature. Les peuples du Latium furent avant tout agricoles. Entre la fondation de Rome - dont la date traditionnelle est 753 avant notre ère - et la rédaction des premiers textes, comme le discours sénatorial d'Appius Claudius Caecus (280 avant notre ère), cinq siècles se sont écoulés.
Ensuite, Rome, par l'intermédiaire des Etrusques et d'hommes d'origines non romaines, est nourrie de la pensée grecque ainsi que de sa littérature. Il est donc normal que les textes des écrivains latins du III e et du II e siècles avant notre ère soient, en ce qui concerne l'épopée, des traductions et des imitations de ces modèles grecs, mais ils n'influencèrent pas beaucoup Rome plus attachée, à cette époque, aux annales pontificales (i.e. résumé des faits marquants de l'année écoulée).
Enfin à l'époque de Virgile, l'épopée n'avait plus la même faveur qu'aux siècles précédents. En effet, elle était jugée peu accordée à la modernité parce que trop longue.
 
C'est pourtant vers l'épopée que Virgile se tourna. Les prédécesseurs de Virgile furent peu nombreux. Naevius et Ennuis qui avaient choisi la légende d'Enée pour leur épopée, abordaient un sujet presque actuel : les guerres puniques. Il s'agissait de narrer les raisons de l'hostilité entre Rome et Carthage qui avait été détruite. Nous avons avec ces deux auteurs une épopée historique.
 
Virgile reprit cette légende qui flattait l'orgueil national mais il l'adapta à son époque. Pour cela il fallait satisfaire aussi bien les lettrés que ses contemporains. Son érudition lui permit d'offrir à ce poème les différents visages dont il avait besoin pour obtenir la renommée.
 
L'épopée virgilienne est d'abord une épopée savante. Le poète montre qu'il connaît bien les textes d'Homère ainsi que les Antiquités Romaines. Mais l'Enéide est aussi une épopée où passé et présent sont liés. Elle est donc à la fois mythique et historique. Grâce aux différentes légendes, Virgile explique l'origine des rites religieux encore pratiqués à son époque. Le poète, afin de mieux servir Auguste qui lui avait commandé cette épopée, rappelle les liens pseudo-familiaux entre Enée et la Gens Julia et célèbre à travers ce personnage la grandeur de Rome au temps de l'empereur Auguste.
Cette épopée aurait dû être détruite à la mort de Virgile. En effet, la tradition veut que Virgile exprimât ce souhait avant sa mort car il estimait son œuvre inachevée. Cependant, cette tradition cache peut-être quelque chose d'autre. L'Enéide est le fruit de dix années de travail durant lesquelles le pouvoir d'Auguste avait évolué. Sans doute que Virgile ne se reconnaissait plus dans ce pouvoir auquel il avait adhéré. Là est peut-être le vrai motif de la destruction demandée.
Quoi qu'il en soit l'Enéide de Virgile nous est parvenue et le but du poète fut atteint : donner à Rome l'équivalent de l'épopée d'Homère. Ce genre littéraire influença même considérablement les siècles suivants.
 
L'Enéide est composée de douze livres. 705 vers composent le livre le plus court, 952 pour le livre le plus long. Le poème est écrit en hexamètres dactyliques et comporte quelques vers inachevés que Virgile n'eut pas le temps de terminer.
 
Livre premier :
 
Le poète annonce le sujet du poème : Enée, le héros troyen, victime de Junon et du Destin et fondateur de Rome.
Il fait ensuite une invocation à la Muse.
 
Junon qui préférait Carthage à toute autre ville, avait appris que le peuple troyen détruirait la cité tyrienne. Ayant encore en mémoire le jugement de Pâris, Troyen qui avait préféré Vénus à elle et à Pallas, Junon empêchait les Troyens d'aborder le Latium.
Mécontente et déchirée par ce futur annoncé, elle se rendit auprès d'Eole, dieu des vents pour qu'il déclenchât une tempête afin de nuire aux Troyens. Elle fut obéie et la mer déchaînée par les vents malmenait les vaisseaux d'Enée. Celui-ci désespéré, songeait à ceux qui étaient tombés pendant la guerre de Troie et enviait leur sort. Les vents toujours puissants, finirent par détruire des navires.
 
Neptune, dieu de la mer, troublé par tant d'agitation, vint à la surface de l'eau, lorsqu'il vit le malheur des Troyens. Emu par leur épreuve, il calma la tempête que sa sœur avait provoquée.
 
Fatigués par ces événements, les Troyens parvinrent à gagner le rivage de la Libye. De toute la flotte, seuls sept vaisseaux avaient réussi à accoster. Tandis que des hommes préparaient de quoi se restaurer, Enée, parvenu au sommet d'un rocher, observait l'éventuelle arrivée d'autres navires et aperçut des cerfs qu'il visa.
Ayant tué plusieurs bêtes, il retourna auprès des siens et partagea la chasse. Pendant le repas, Enée consola ses hommes en leur parlant d'un avenir meilleur et ils songèrent aux navires perdus.
 
Jupiter, dont le regard était tourné vers la Libye, reçut la visite de Vénus, mère d'Enée. Inquiète de tant de malheur, elle en demanda la cause à son père et l'interrogea sur l'avenir promis pour Rome. Jupiter donna un baiser à sa fille et lui confirma le destin prochain de la Ville aux sept collines en lui révélant ce qui arriverait.
Jupiter, afin de permettre aux Troyens un accueil favorable, envoya Mercure, le fils de Maia auprès des Carthaginois.
 
Décidé à explorer les environs pour savoir où ils étaient, Enée cacha sa flotte et partit avec Achate. Sur le chemin, le mère d'Enée leur apparut – sans se faire reconnaître- pour leur demander s'ils n'avaient pas aperçu sa sœur. Enée qui reconnut en elle une divinité mais pas sa mère, l'interrogea sur le lieu où ils se trouvaient. La déesse le leur apprit et en quelques mots, leur raconta l'histoire de Didon partie de Tyr pour échapper à son frère Pygmalion, meurtrier de son mari, Sychée. A la fin de ce récit, Vénus le questionna sur sa patrie d'origine. L'émotion ressentie par Vénus lors de la réponse de son fils, la lui fit interrompre. Elle indiqua à son fils ce qu'il devait faire et disparut au milieu de parfums divins. Ayant reconnu sa mère, Enée lui reprocha cette ruse et lui obéit en se rendant dans la ville.
 
Entourés d'un voile divin, Enée et son compagnon parvinrent dans la cité en construction qu'Enée admira. Dans un bois sacré, situé au milieu de la ville se trouvait un temple richement décoré de Junon, construit par Didon. Sur les murs, des tableaux représentaient l'histoire des malheurs de Troie. Emu au point de pleurer, Enée n'eut plus de crainte quant à l'hospitalité carthaginoise et continua de regarder les tableaux. Pendant ce temps, Didon et sa suite entrèrent dans le temple où elle rendait la justice et établissait les lois. Toujours entourés d'un nuage divin créé par Vénus, Enée et Achate n'étaient aperçus par personne mais virent certains de leurs compagnons perdus en mer. Troublés par ce retour inattendu, ils écoutèrent l'un de leurs compagnons, Ilionée, s'adresser à la reine. Déclarant qu'ils venaient dans la paix et narrant meurs malheurs, Ilonée demandait simplement l'hospitalité, le temps de remettre les vaisseaux en état et de retrouver Enée, leur roi (ils n'avaient pas abordé au même endroit de la Libye). Didon les rassura et leur dit qu'elle connaissait leur histoire. S'ils le désiraient, ils pourraient même s'établir ici, son pays devenait le leur. Rassurés par ces propos, Enée et Achate sortirent de leur divin nuage pour adresser leur profonde reconnaissance à Didon qui confirma ses paroles.
 
Alors qu'elle faisait entrer Enée dans son luxueux palais, Didon fit parvenir aux hommes restés sur le rivage de nombreuse bêtes. Enée envoya Achate auprès de son fils Ascagne afin que celui-ci vienne le rejoindre chargé de présents pour la reine.
 
Vénus, craignant un nouveau stratagème de Junon contre Enée, s'adressa à Cupidon, son autre fils. Il devait prendre l'apparence d'Ascagne , fils d'Enée que l'on cacherait pendant son sommeil, le temps de la supercherie, et souffler sur la Carthaginoise un feu secret qui la rendrait amoureuse pendant qu'elle embrasserait le faux Ascagne. Après avoir endormi et caché le fils d'Enée, Cupidon se dirigea vers Carthage portant les présents destinés à Didon, en compagnie d'Achate. Le banquet se mettait en place lorsque le faux Ascagne (Cupidon) arriva. Les riches présents furent admirés et Didon qui embrassa l'enfant, reçut le souffle de dieu qui peu à peu lui fit oublier son défunt mari Sychée. Après le repas, des libations furent faites et Didon qui interrogeait son hôte sur les personnalités de Troie, lui demanda le récit de ce passé.
 
Livre deuxième :
 
Entouré de la cour de Didon et des siens, Enée fit le récit de la guerre de Troie. (Ce récit s'étend sur les livres deuxième et troisième).
 
Alors qu'ils simulaient leur départ, les Grecs se cachèrent derrière une île et abandonnèrent un énorme cheval de bois dont le ventre contenait leurs guerriers. Les Troyens, après plusieurs années d'enfermement dans leur cité, sortirent enfin de leur demeure et leurs yeux se tournèrent vers le cheval. Le ferait-on entrer dans la cité ou pas ?
Malgré la mise en garde de certains, le peuple de Troie mit son sort entre les mains d'un faux prisonnier dénommée Sinon. Sur la demande de Priam, cet homme expliqua le rôle de ce cheval géant : ayant par sacrilège souillé le temple de Pallas, les Grecs devaient se racheter en construisant ce cheval qui ne pouvait entrer dans les murs de Troie. Lorsque le peuple apprit que Laocoon, opposé à l'entrée du cheval, venait de mourir, il interpréta faussement cet événement et entreprit de faire pénétrer le cheval dans la ville. Une fois qu'il fut dans la cité, les Grecs surgirent du ventre de l'animal et semèrent la mort. Enée, dans un songe, vit apparaître Hector qui lui dit de partir avec les objets sacrés et ses Pénates afin de fonder une nouvelle ville . Mais Enée qui avait été rejoint par Panthus, porteur des richesses troyennes, appela ses hommes à se battre. Ils furent d'abord victorieux. Armés des insignes des Danaens (Grecs), que les Troyens avaient pris à quelques-uns des vaincus, Enée et ses hommes continuèrent leur bataille.
 
Du temple de Minerve, les Grecs évacuaient la fille de Priam, Cassandre, dont ils avaient fait leur prisonnière. Trompés par les armes ravis à l'ennemi, les Troyens ne furent pas reconnus par leurs hommes tout de suite, alors qu'ils tentaient d'intervenir en la faveur de Cassandre. Au lever du jour, la ruse d'Enée ne marcha plus et la mort arriva parmi les troupes.
 

Les bruits provenant du palais de Priam obligèrent les Troyens à porter secours à ses habitants. Seul, Enée parvint à se rendre à l'intérieur du palais par une porte secrète. La bataille se poursuivit mais la vaillance troyenne ne suffit pas à renverser la situation. Priam et sa famille moururent sous les yeux d'Enée. Hors de lui, il s'apprêtait à tuer un traître quand sa mère intervint. Enée devait quitter Troie avec son père et les siens. Anchise, père d'Enée, se décida à partir. Sur le chemin de la fuite, Enée perdit sa femme, Créuse, qui lui apparut pour lui annoncer un avenir merveilleux mais sans elle.

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