Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

Présentation du Blog

Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

Recherche

Archives

Pages

14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 10:19
Source

DEUXIÈME PARTIE

Leiv songeait parfois à Thorstein et aux autres hommes avec lesquels il avait navigué voilà peu. De temps à autre, il estimait même qu'il "ferait mieux de quitter ses nouveaux amis et d'essayer de trouver une des colonies norroises dont il avait entendu parler chez lui en Islande." Le temps passant, il y songea de moins en moins.

"Les trois enfants étaient inséparables." Ils chassèrent ensemble. Leiv se sentait bien parmi eux. Il devait seulement participer à la chasse afin de nourrir la communauté. Il éprouvait un sentiment de liberté totale.

 

Maintenant Leiv parvenait à "parler aussi facilement avec ses nouveaux compagnons qu'autrefois avec ses compatriotes en Islande." Lors des veillées, Leiv parlait de sa vie en Islande.

 

Le temps passa encore. Apuluk et Leiv avaient quinze ans, Narua, quatorze.

 

Le printemps venu, les trois adolescents partirent à la chasse. Après avoir installé leur camp, ils se couchèrent.

"Leiv était allongé dans son sac de couchage en peau de renne. Il sentait la glace bouger en dessus de lui." Leiv était inquiet, mais Apuluk le rassura. Cependant durant la nuit, la glace céda.

 

La tentative de Leiv de rejoindre à la nage la glace solide échoua. Les enfants dérivaient vers le Nord. Seuls les chiens, restés sur le continent, pourraient prévenir les Inuit.

 

 

Le pied de Leiv lui faisait mal. Quand Narua s'aperçut qu'il souffrait, elle l'obligea à montrer son pied. Leiv avait une gelure. Apuluk expliqua qu'il fallait "enlever les parties noires pour sauver le reste du pied." Apuluk fit donc ce qui était nécessaire et Leiv alla mieux.

 

"Quand ils eurent dormi six fois sur la plaque de glace, ils eurent cette chance que le courant s'oriente vers la côte." Ils se préparèrent alors à débarquer sur cette presqu'île.

Dès qu'ils furent sur la terre ferme, ils marchèrent un peu.

Dans un endroit convenable, ils installèrent leur camp.

 

Leiv leur apprit que les Norrois méprisaient les Inuit. Il exprima à Narua et à Apuluk toute sa reconnaissance. Sans eux, il serait mort.

 

Chacun découvrait l'univers de l'autre. Les Norrois cherchaient des richesses dont les Inuit n'avaient que faire. Les Inuit ne faisaient pas la guerre apprit Leiv.

 

 

 

"Le lendemain, les trois amis se mirent en route dans la direction où Apuluk pensait trouver l'habitat." Comme Leiv avait encore du mal à marcher, ils progressaient doucement.

Apuluk tua un phoque. Tandis qu'ils revenaient avec l'animal tué, Apuluk aperçut les traces d'un ours. Le jeune garçon savait que leurs armes ne pourraient rien contre lui.

L'ours, qui était une vieille femelle, "avait repéré les enfants et senti la viande de phoque que traînait Apuluk." Cachée non loin de là, elle observait les enfants.

 

Il y eut un affrontement entre l'animal et les enfants. L'animal blessé s'effondra sur Apuluk. Leiv tenta quelque chose, mais il lui fallut l'aide de Narua pour parvenir à ses fins. Quand l'ourse fut tuée, Narua et Leiv dégagèrent Apuluk qui était évanoui.

Alors que Narua soignait les blessures que l'ourse avait faites à Leiv, Apuluk se réveilla et hurla. La jambe d'Apuluk était cassée et la cassure était très mauvaise. Ce fut Leiv qui soigna Apuluk avec l'aide de Narua.

 

Pendant la nuit, Leiv et Narua fabriquèrent un traîneau sur lequel ils placèrent Apuluk et toutes leurs affaires. Ils prirent la direction du Sud mais ne progressaient que lentement, Leiv souffrant encore de ses blessures. "Mais Narua était infatigable."

 

Chaque soir, ils s'arrêtaient afin de se restaurer.

Un soir, alors qu'elle revenait au campement, Narua aperçut des rennes en train de paître. Elle vint le dire aux garçons.

Ils décidèrent de les chasser.

Narua devait surprendre les rennes par derrière pour que Leiv pût tuer celui qui se dirigerait vers lui. Tout alla très vite. Et soudain, Leiv cria Thorstein.

 

 

 

Narua se retrouvait avec son frère et Leiv parmi "les frères de race de Leiv." Ils séjournaient dans une grande maison. Cet univers surprenait beaucoup la jeune fille.

 

Leiv raconta à Thorstein sa vie chez les Inuit depuis son sauvetage. Thorstein raconta comment lui et ses hommes avaient pu être sauvés. Un seul drakkar avait sombré, les autres avaient été sévèrement endommagés. L'équipage avait réussi à gagné "Vestribyggd, le Hameau de l'Ouest, pour y réparer les bateaux." L'année suivante, Thorstein et ses hommes s'étaient installés dans une vallée et avaient construit une maison.

 

Thorstein déclara aussi à Leiv qu'il avait bien grandi, mais que la paix devait demeurer entre lui et les jeunes Inuit.

Thorstein voulut offrir son épée à Apuluk qui n'en voulut pas. Quand Leiv lui expliqua que les Inuit ne faisaient pas la guerre, Thorstein, sur la demande de Leiv, accepta de donner son couteau.

 

Thorstein voulut aussi offrir un présent à la jeune fille. Elle demanda à avoir une aiguille à coudre comme en avaient les femmes qui cousaient. Narua trouva ce cadeau extraordinaire.

 

Lorsque Thorstein demanda à Leiv s'il comptait rester avec eux, Leiv répondit qu'il ne resterait pas avec eux, mais demeurerait au Groenland.

 

 

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE et DU TOME PREMIER

Repost 0
1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 10:02

Source

 

RIEL Jørn, Le Garçon qui voulait devenir un être humain, Gaïa Éditions, 2003

 

Ce roman est composé de trois tomes. Le premier s'intitule Le Naufrage.

 

Ce roman est paru pour la première fois en 1979 sous le titre original Drengen som ville være menneske.

 

L'ouvrage contient une carte qui permet de visualiser les lieux où se déroulent les faits. Au début de chaque chapitre, nous avons un petit dessin. Plongeons dès maintenant vers l'an mil…

 

LE TEXTE

 

Tandis que Leiv Steinursson, enfant toujours espiègle et turbulent, s'amusait, son père était assassiné. À l'annonce de la disparition brutale de son père, l'enfant changea totalement d'attitude ce qui inquiéta beaucoup sa mère. L'oncle de l'enfant promit alors à la mère d'emmener l'enfant en voyage l'été suivant.

 

Dès qu'il fut pris la décision de bannir trois ans durant, hors d'Islande, Thorstein de Stockanæs, le meurtrier du père de Leiv, l'enfant disparut de la demeure familiale.

 

Thorstein Gunnarsson choisit le Groenland comme terre d'exil. "Il arma trois petits drakkars, embarqua hommes et bêtes et largua les amarres de Gunnarsnæs tôt un matin de juillet. À bord du drakkar de Thorstein se trouvait aussi Leiv."

 

Quand le drakkar fut en pleine mer, Leiv se montra et déclara qu'il voulait défier Thornstein au combat. Cela fit rire l'équipage que Thorstein calma d'un seul regard. L'homme expliqua à Leiv qu'il reconnaissait son courage mais qu'il ne pouvait relever ce défi. L'enfant persista. Un accord fut trouvé entre les deux hommes. Ensuite, Thorstein proposa au garçon d'aider les hommes sur le pont, ce qui lui permettrait de "faire une bon apprentissage de la mer."

 

L'enfant observa l'homme et regrettait déjà de devoir le tuer, quand le temps serait venu, selon la coutume.

 

 

 

Ailleurs vivaient Narua et ses frères. Ils étaient Inuit, "ce qui veut dire Êtres Humains, Hommes, et c'est pourquoi leur Pays s'appelait Inuit Nunat, le Pays des Hommes."

Ils étaient nomades.

Le grand-père de Narua, Shinka, était un merveilleux conteur qui occupait les soirées par ses histoires. Tous n'avaient connu que le voyage. Les enfants étaient toujours heureux.

 

 

Le printemps venu, Narua et les siens, s'installèrent dans "un beau fjord nommé Simiutat." Les Inuit resteraient là tout l'été.

Narua et Apuluk, son frère, ramassaient des herbes aromatiques quand ils aperçurent un bateau. Ils prirent peur et se cachèrent dans l'herbe.

Dès que le bateau ne fut plus en vue, les enfants allèrent rejoindre le groupe puis racontèrent à leur père ce qu'ils avaient vu.

 

Leur père répondit que ces hommes, fort cruels, faisaient parfois escale sur leur terre.

 

"Le lendemain, quatre hommes du groupe partirent à la rame à la recherche de l'étrange bateau." Les enfants regardèrent leur père partir en kayaks. Ils étaient inquiets.

 

Quand les hommes furent de retour, ils racontèrent ce qu'ils avaient vu. "Ces gens se distinguaient cependant des Êtres Humains habituels par des chevelures toutes de la même couleur de pavot jaune, et par le fait que presque tous les hommes portaient une barbe."

 

Les Inuit virent passer deux autres bateaux. Afin d'assurer leur sécurité, ils décidèrent de lever le camp et s'installèrent ailleurs.

 

Narua oublia peu à peu cet événement. Puis un an plus tard, tout changea.

 

 

"Thorstein était un marin chevronné." Les bateaux naviguaient toujours à porter de voix, les conditions météorologiques changeantes nécessitant cela.

 

Leiv "avait reporté sa vengeance, et se trouvait bien auprès de Thorstein."

 

Le temps se modifia brusquement. Une tempête se leva. Les hommes s'installèrent aux rames "pour garder la proue vent debout." Mais quand Thorstein vit la glace bleue, "il comprit vite qu'ils ne pourraient pas échapper aux blocs à la dérive."

 

La mer de glace endommagea les bateaux. Thorstein réalisa qu'il fallait passer dans les autres bateaux. Leiv proposa de "sauter de plaque en plaque pour atteindre les autres." À peine eut-il commencé qu'un épais brouillard se leva. Il tomba dans l'eau et parvint à se hisser à moitié sur une poutre. Il dériva longuement, se réveilla enfin puis vit de grandes montagnes. "Leiv sut qu'il était arrivé au Groenland."

 

 

Ce genre de tempête estivale était connu des Inuit. L'hiver au milieu de l'été ne dura pas. Quand le soleil fut de retour, la neige fondit.

 

"Après la tempête, les chasseurs partirent à la chasse aux narvals dans un fjord des environs." Pendant ce temps, Narua et son frère, Apuluk, se rendirent dans la montagne afin de trouver des oiseaux. De l'endroit où ils étaient, ils pouvaient apercevoir les glaces à la dérive.

 

Les enfants chassèrent alors les petits eiders et en capturent cinq.

 

Alors qu'ils dégustaient leur festin, Narua et Apuluk virent un gros morceau de bois flottant sur l'eau. Dessus se trouvait un être humain. Ils se dirigèrent vers la crique afin de lui venir en aide.

 

Les enfants réussirent à le sortir de l'eau glacée. Ils firent le lien avec l'événement de l'an passé. Quand ils virent le jeune garçon leur sourire, les deux enfants estimèrent qu'il ne pouvait être dangereux puisqu'il souriait comme un être humain.

 

Apuluk déshabilla le garçon, mais quand il voulut "défaire le ceinture qui portait un gros couteau, le garçon essaya de résister." Trop faible pour se débattre, il se laissa faire. Narua et Apuluk furent étonnés de sa peau si blanche, de ses yeux si bleus.

 

Les enfants s'interrogèrent sur ce qu'ils devaient faire. De crainte que le grand chaman ne renvoie le jeune garçon, les enfants décidèrent de le cacher pendant quelques temps. Ainsi il pourrait apprendre leur langue et expliquer comment il était parvenu jusqu'à ces côtes.

 

Le garçon s'assit puis se présenta. Mais Narua et Apuluk ne le comprirent pas sur le moment. Quand ils réalisèrent que le garçon disait son nom, ils firent de même et dirent le leur.

 

Tandis que les vêtements de Leiv séchaient, les trois enfants s'occupèrent du cheval mort qui avait voyagé avec Leiv attaché à la poutre. Ils prirent la viande consommable sur l'animal.

 

Leiv put remettre ses vêtements. Ils préparèrent un endroit pour Leiv. Narua et Apuluk quittèrent Leiv assez tard après lui avoir appris quatre mots.

 

 

"Leiv passa le plus clair de l'été dans sa grotte." Dès qu'ils le pouvaient, Narua et Apuluk venaient auprès de Leiv.

 

Au bout de quelques mois, Leiv parvenait à parler la langue de Narua et d'Apuluk.

 

Apuluk apporta d'autres vêtements plus chauds à Leiv.

 

"Quand les oiseaux migrateurs entreprirent leur vol vers le sud, Narua et Apuluk ramenèrent Leiv jusqu'à l'habitat. Où il fut l'occasion d'un grand remue ménage."

Les enfants expliquèrent à leur père quand ils l'avaient rencontré et l'aide qu'ils lui avaient apporté. Le grand chaman mit tout le monde en garde. Alors Leiv expliqua qu'il venait d'un pays prénommé Islande et qu'il ne leur voulait pas de mal.

 

Le vieux chaman exhorta les hommes. Alors que certains voulaient tuer l'enfant, une vieille femme tourna si bien en dérision l'attitude des chasseurs et les propos du chaman que les hommes se calmèrent. Le père d'Apuluk  dit que comme cet enfant n'avait jamais rien fait à Narua et Apuluk, il pouvait être désormais son fils.

 

Leiv n'avait pas bien saisis les propos tenus par le père de Narua mais il avait compris qu'il avait été adopté par les Inuit.

 

 

 

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

Repost 0
25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 10:45

Certes le titre du roman nous donne le prénom de l’héroïne, mais le narrateur ne nous le laisse lire qu’à la dernière page de son court roman, une centaine de pages environ.

Différents moments de la vie du narrateur s’offre à nous. Il s’agit des rares instants où Virginia a croisé la vie du narrateur.

 

L’histoire :

 

Un été, une jeune enfant, fille d’une couturière abandonnée par son mari, fut invitée par une cliente de sa mère à venir passer l’été au bord de la mer du Nord. C’était la guerre. La jeune fille, âgée de seize ans, entendait, dans la demeure, les bruits lointains des avions qui, la nuit, bombardaient non loin de là.

 

« Un homme costaud vêtu d’un costume léger » vint chercher la jeune fille à la gare. L’homme, qui recevait cette adolescente, était un médecin-chef qui avait fait construire cette maison de campagne au lendemain de la Première Guerre mondiale.

Lui et son épouse n’ayant pas eu d’enfant, ils recevaient, chaque été, depuis dix ans, leur neveu, âgé alors de quatorze ans. Sans doute avaient-ils invité la jeune fille pour lui tenir compagnie.

Le garçon savait qu’une fille devait arriver. Il l’observa le plus discrètement possible, et ce, dès que la jeune fille descendit de la voiture.

Quelques jours plus tard, les deux enfants se parlèrent, nagèrent ensemble, souvenirs qu’ils évoqueront lors leurs rares rencontres des années après.

La jeune fille ne songeait pas au garçon, quand elle ne le voyait pas. Le soir venu, elle pensait à sa mère restée en ville.

Parfois, ils allaient à vélo « jusqu’aux prés à moitié inondés, au fond du fjord. » Un abri, dans lequel ils passaient du temps, se trouvait « sur une avancée de terre. »

Quand elle était à la maison, « il avait conscience de chacun des mouvements de la jeune fille. » Il est vrai qu’elle ne lui tenait pas toujours compagnie. Elle devait le faire de temps en temps, puisqu’elle était une invité « qui compensait l’hospitalité dont elle jouissait en épluchant les pommes de terre, en mettant le linge à sécher. »

 

Il l’observait « par la fenêtre ouverte de la salle de bains. » Puis le temps de voir ses seins nus, la fenêtre claqua. L’avait-elle vu la regardant depuis la dune ?

Au petit déjeuner, tout se déroula comme à l’accoutumé. Le médecin-chef mentionna l’avion anglais qui s’était écrasé « sur la côte, au nord. » Il ajouta que « l’on avait trouvé un parachute qui flottait dans les eaux du fjord. »

Dans sa chambre, la jeune fille écouta les différents bruits de la maison. En bas, la tante du garçon écoutait  la radio. La musique s’entendait même dans la chambre de la jeune fille. Une fois que tout le monde fut couché, le plus discrètement possible, elle se leva et tourna « la poignée à fond. » Quand elle fut dans la cuisine, elle prit le panier qu’elle avait caché « dans le bûcher » tandis qu’elle aidait à préparer le repas.

Elle sortit de la cuisine, prit son vélo et se rendit dans l’abri qui se trouvait tout près de la mer.

Elle était venue le matin même dans cet abri afin de goûter à la solitude dont elle avait parfois besoin. Elle comprit vite qu’elle n’était pas seule. A l’intérieur, elle vit que quelqu’un dormait dans l’abri. Le soir, elle revint le voir avec de la nourriture pour un homme. Mais la nuit suivante, quand elle y retourna, le garçon la suivit. Elle devint alors plus solitaire encore, ce que le garçon ne comprit pas.

 

Quand il fut à la remise, le garçon fut surpris par la voix et encore plus par le bras qui le tira « brusquement dans le noir. » Dehors, des soldats allemands approchaient. Le garçon dut sortir de l’abri sur la demande du soldat anglais afin d’être pris seul par les Allemands.

L’oncle et la tante du jeune garçon vinrent le chercher après l’interrogatoire. « Elle était partie quand [ils sont] rentrés à la maison. » Elle avait simplement laissé une lettre. Sans doute était-elle à la plage afin de faire de son mieux pour sauver le soldat anglais. Personne ne sut ce qui était arrivé à ce soldat.

Après les grandes vacances, il se rendit dans la ville où elle résidait et parvint à l’apercevoir dans sa rue.

Quelques années plus tard, elle lui raconta le peu de choses qui s’était produit entre elle et le soldat anglais. « Il lui avait caressé le visage et les cheveux, il avait hésité dans l’obscurité, puis elle avait doucement penché le visage et senti les poils de sa barbe et ses lèvres. Un seul baiser lent et tâtonnant. C’était là toute leur histoire d’amour. » Le soldat lui avait donné « un étui à cigarettes en argent dans lequel il ne restait qu’une cigarette. » Quelques années plus tard, le garçon le reçut, « lorsqu’elle avait compris ce qui l’attendait. »

Ces deux êtres, dont la vie d’adulte avait été si différente, n’avaient en commun q’un « épisode lointain de [leur] jeunesse, sans lien avec la vie qu’[ils allaient] mener. »

 

Alors en retraite et divorcé pour la seconde fois, le garçon, devenu adulte, revit la fille à Paris début mai. Il logeait dans un hôtel qu’il connaissait déjà, rue du Dragon, mais il hésita longtemps avant d’aller la voir. Il marcha dans Paris où il se sentit seul, mal à l’aise. Finalement, ses pas le conduisirent « derrière une des tribunes de l’hippodrome d’Auteuil. » Il parvint toutefois à « découvrir un chemin jusqu’à la porte de Passy et de [se] retrouver dans une rue banale. » C’est alors qu’en consultant le plan de Paris qu’il avait avec lui, il se rendit compte qu’elle vivait dans le quartier. Il lui téléphona, elle vint le rejoindre. L’homme eut du mal à reconnaître « cette dame âgée. […]. Son danois était maladroit, elle employait des mots et des tournures passés de mode depuis longtemps.» Sa voix avait quelque peu changé. Elle lui parla un peu d’elle, il fit de même.

Leurs vies « ne possédaient pas de points communs. » Malgré les années passées et les quelques jours vécus ensemble durant cet été 1943, ils avaient le sentiment de s’être quitté voilà peu. Après avoir discuté encore quelques instants, elle l’invita à venir prendre le thé chez elle.

 

L’orage commença. Ils parlèrent peu d’eux-mêmes, mais l’homme apprit que « son mari l’avait quittée et était rentré au Danemark quand il avait rencontré une femme plus jeune. Elle avait alors recommencé à travailler, ce qu’elle n’avait pas fait depuis leur arrivée à Paris. »

Elle évoqua ses séjours en Asie, elle mentionna ce fameux été pendant la guerre où elle avait découvert ce soldat anglais.

« Elle avait songé à se confier à [son] oncle » après la deuxième nuit, mais en se levant à midi, elle avait appris par la gouvernante que « des soldats allemands étaient venus, et qu’ils avaient  demandé à [son] oncle et à [sa] tante de les accompagner. »

Après avoir traversé la plantation près de laquelle se trouvait un camion allemand, après avoir cru qu’on l’avait aperçue durant ces deux nuits, elle quitta la maison de ses hôtes et prit le train, laissant juste une lettre pour la tante du garçon.

De retour à Copenhague, sa mère « lui [reprocha] d’avoir filé aussi brusquement. »

La femme demanda si quelqu’un, cet été-là, avait compris la raison de son départ.

Ensuite, ils ne se revirent pas à Paris. La femme chercha son adresse « afin de [lui] envoyer l’étui à cigarettes du pilote lorsqu’elle a su qu’elle allait mourir. »

Par hasard, l’homme trouva son avis de décès publié par sa famille.

Tout au long de sa vie, elle avait songé à ce pilote anglais qui « était précisément devenu une pensée plus qu’un souvenir, car, avec le temps, elle n’avait plus été capable de se rappeler à quoi il ressemblait. »

Après l’avoir quitté, l’homme se sentit mal à l’aise. L’histoire de ce pilote anglais n’avait fait qu’engendrer incompréhension. Lequel des deux avait vraiment trahi le pilote ?

 

Au mois de novembre, alors qu’il faisait froid, il se rendit sur sa tombe qu’il peina à trouver.

Il vint même plusieurs fois fleurir sa tombe sur laquelle d’autres fleurs étaient aussi déposées. L’homme estima qu’ils étaient seulement deux à venir sur sa tombe. Puis un jour de février, sur la tombe de cette femme, il le rencontra. Après un long silence gêné, l’autre homme parla.

 

Ils sont allés dans un café prendre un whisky. Ils ont discuté. Le narrateur expliqua qu ‘il connaissait l’ex-femme de cet homme depuis cinquante-sept ans. A cette époque, ils étaient adolescents, c’était pendant la Seconde Guerre mondiale.

L’ex-mari de Virginia s’était remarié. Il avait connu sa première femme « quelques années après la guerre. […]. Sa famille à lui était relativement privilégiée. » C’est pourquoi, sa famille n’avait pas appréciée cette union. Il est vrai qu’elle n’avait jamais su quelle attitude adoptée avec sa belle-famille. Elle avait accepté sa demande en mariage, « mais elle s’était montrée encore plus renfermée pendant les fiançailles et leur voyage de noces. » Il s’était toujours demandé pourquoi elle avait accepté cette demande. Il y eut quelques moments de bonheur, puis le temps passa, « mais il y avait toujours cette distance imperceptible, comme si elle s’éloignait de lui, irrésistiblement, même lorsqu’il la tenait dans ses bras. » Le poste qu’il avait pris à Paris, ne changea rien, elle devint de plus en plus distante. Ils avaient même fini par faire chambre à part. Il avait alors rencontré une autre femme. « Elle travaillait à la comptabilité de son entreprise et venait juste de divorcer. »

Pendant deux ans, il mena une double vie. Puis, il finit par tout lui avouer. Ils divorcèrent et chacun mena sa propre vie. Depuis, elle avait perdu son fils de vue.

Les deux hommes se séparèrent.

 

Le narrateur accepta un dimanche de se rendre chez l’ex-mari, car il désirait lui parler d’elle. Le narrateur avait d’abord hésité à venir puis le souvenir de cet été le poussa à y aller. Il se souvint aussi que lors de sa visite à Paris, il lui avait parlé de ce pilote qui avait été le premier homme à la toucher.

Quand il arriva, la femme de son hôte l’accueillit. L’homme arriva quelques minutes plus tard. Quand les deux hommes se retrouvèrent seul à seul, l’homme dit que son fils viendrait peut-être, car il [avait] envie de voir quelqu’un qui [avait] connu sa mère. » L’ex-mari de Virginia avait beaucoup de regrets.

La narrateur décida finalement de parler du pilote anglais à l’ex-mari de Virginia.

 

La soirée se passa bien, puis quelqu’un sonna. « Deux enfants [jaillirent] dans la salle à manger. Un garçon d’environ sept ans et une petite fille plus jeune. » Le père des enfants arriva dès que la fille pleura à cause d’une piqûre sur un rosier. Quand les enfants arrêtèrent leurs bêtises, le calme revint et le père vint rejoindre les deux hommes. Le fils et le narrateur se retrouvèrent seuls. Le fils en voulait toujours à son père, qui à ses yeux, était responsable de la séparation de ses parents. C’est alors que le narrateur expliqua qu’il voulait raconter quelque chose sur sa mère. Le fils ne devait pas en parler à son père.

Le narrateur évoqua la liaison, qui peut-être avait été vraie, que sa mère avait eu et qui avait peu duré.

Lorsque le fils partit, le narrateur vit le fils serrer « son père dans ses bras, un peu maladroit. »

Après cette soirée, le narrateur cessa de revoir l’ex-mari de Virginia. En arrivant chez lui, le narrateur sortit « l’étui à cigarettes du pilote anglais », prit la cigarette qui s’y trouvait depuis des années puis l’alluma juste pour en tirer une bouffée. Il regarda simplement la « fumée qui montait dans l’air comme un ruban transparent et s’enroulait en spirales et en boucles dans les reflets du soleil couchant. »

Repost 0