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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

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3 décembre 2007 1 03 /12 /décembre /2007 10:53

Publiée pour la première fois en 1966, La Route d'Altamont nous plonge dans le monde de l'enfance de la narratrice, Christine, qui ressemble à s'y méprendre à l'écrivain elle-même. De nombreux éléments biographiques permettent, en effet, ce rapprochement. Le lecteur se trouve dans le Manitoba où vécut l'auteur pendant son enfance. C'est dans cet univers loin de tout que se déroulent les quatre récits qui composent le roman. S'il est vrai que chacun des récits qui composent le roman peuvent être lus indépendamment les uns des autres, leur organisation est chronologique.

 
"Ma Grand-Mère toute puissante"
Invitée par sa grand-mère – la mère de sa mère - à venir passer quelques jours, le temps des vacances, Christine, âgée de six ans, se rend sans envie chez une grand-mère dont elle n'a pas vraiment bonne opinion. Tout semble opposé ces deux êtres qui sont pourtant de la même famille. Finalement les réticences de l'enfant vont s'estomper jusqu'à disparaître, lorsque, un après-midi, la grand-mère se met à la fabrication d'une catin ( i. e. une poupée de chiffon ). Sous les yeux de plus en plus émerveillés de la petite fille, qui a la certitude qu'une catin s'achète au magasin, naît une magnifique "poupée avec son chapeau de paille pendu au cou par une bride". L'enfant voit en sa grand-mère si habille, capable de fabriquer tout à partir de si peu "Dieu le Père".
Lorsque l'enfant revient chez elle, elle conserve l'image d'une grand-mère toute puissante et inébranlable. Elle ne parvient pas à comprendre que le temps passe et que la vieillesse frappe petit à petit celle qui fit tant en sa compagnie. Quand sa propre mère se fait du souci pour la sienne, elle n'arrive pas à appréhender cette réalité.
Si la grand-mère tient tête à la fille, cela ne dure pas. A l'aube de l'hiver, la mère de Christine parvient à convaincre sa mère de venir vivre avec eux. Au début, l'enfant est dubitative. Elle est persuadée qu'il y a eu "substitution de personnalité". Cependant, au fur et à mesure du séjour de la grand-mère, Christine perçoit le temps passé grâce, entre autres, à un album de photographies dont elle tourne les pages sous les yeux de la grand-mère à demi-éteinte.
 
"Le vieillard et l'enfant"
Ce deuxième récit nous apprend que la grand-mère a disparu, Christine a maintenant huit ans. Elle fait la connaissance d'un vieil homme, M. Saint-Hilaire, qui habite à quelques pas de chez elle. L'amitié naît entre ces deux êtres ainsi qu'une certaine complicité. L'été plus chaud que d'habitude, gêne tout le monde. C'est pourquoi, le vieillard songe au lac Winnipeg qu'il connaît, ce qui n'est pas le cas de Christine. Avec l'accord de la mère, le vieillard et l'enfant vont passer une journée au bord du lac Winnipeg. L'impatience et l'excitation de l'enfant sont grandes. Christine découvre l'immensité du lac et aussi la joie de partager le même bonheur avec quelqu'un qui n'est pas de sa famille mais très proche. Le bonheur de dire à la mère ce qu'elle a vu est immense…
 
"Le Déménagement"
Agée maintenant de onze ans, Christine découvre ce que peut être la vie des autres. Elle envie une fille, Florence Pichette dont le père est déménageur. Cette envie de les suivre afin de voir ce qu'il y a ailleurs, la fait rêver, mais le mère ne veut pas la laisser partir avec Florence et son père le temps d'un déménagement. C'est pourquoi, un samedi matin, Christine désobéit à sa mère et se joint au père et à la fille pour connaître d'autres horizons. Le voyage d'aller lui plaît malgré le caractère quelque peu bougon du père et le différence entre la ville et la campagne qu'elle perçoit soudain. Arrivés à destination, ils doivent attendre un peu les gens qu'ils doivent déménager. Puis quand le déménagement peut enfin se faire, Christine réalise la misère de ces gens. La désillusion est grande. Ce voyage ne permet pas à l'enfant de retrouver l'espèce de mythe évoqué par la mère lorsque ses parents sont venus s'installer au Manitoba.
 
"La Route d'Altamont"
Attendu depuis le début puisqu'il donne son titre au roman, ce dernier récit se déroule beaucoup plus tard, Christine est devenue une adulte. Elle voyage, en voiture, avec sa mère qui évoque son enfance québécoise, juste avant de venir s'installer dans le Manitoba. Sur cette route qui doit les conduire chez le frère de sa mère, Christine se perd et arrive dans la montagne Pimbina que la mère désirait voir depuis longtemps. En quittant cet endroit, elles découvrent qu'elles sont sur la route d'Altamont. L'année suivante, en automne, elle reviennent le temps d'une visite chez l'oncle de Christine et parviennent à retrouver le chemin. En famille, ils évoquent leur histoire, celle qui les a conduit jusqu'ici. Pour Christine, tous ces moments évoqués sont l'occasion d'une réflexion sur soi, sur les autres. Peu à peu Christine se comprend elle-même et réalise qu'il lui faut lui partir ailleurs. C'est à ce moment-là qu'elle prépare son départ pour l'Europe contre l'avis de sa mère qui lui dira dans un courrier alors que sa fille est en France qu'elle a eu raison de le faire. Christine réfléchit sur l'écriture, c'est à ce moment précis, que le choix de devenir écrivain se fait. C'est cette compréhension qui a nourri tout ce que le lecteur vient de lire.
 

La vieillesse, l'espace, la découverte des autres ainsi que le moment où l'écriture où devient incontournable composent les thèmes de ce roman. Gabrielle Roy aborde avec une simplicité apparente ce qui peut constituer une partie de la vie des lecteurs. Tout semble être d'une si grande évidence, pourtant que d'années écoulées il faut pour percevoir qu' "à travers [les siens] enfin, […] [on]commence à comprendre très vaguement un peu de la vie, […].

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