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Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 21:34

LONDRES Albert, Chez les fous, Le Serpent à plumes, Coll .Motif, 2007

 

En 1925, Albert Londres s’intéressa au sort des malades mentaux dans les asiles de France. Le bilan fut sans appel et eut quelques retombées. Découvrons-le !

N.B. : Ayez à l’esprit, en lisant ce qui suit que nous sommes en 1925. Les prix donnés sont donc ceux de l’époque. Les noms de pays donnés aussi, comme l’Indochine par exemple.

 

 

Lorsqu’Albert Londres voulut « voir la vie des fous », il se heurta à quelques difficultés. L’administration française répondit simplement : « Loi de 38, secret professionnel, vous ne verrez pas la vie des fous. »

Il tenta alors de se faire passer pour fou. Il se rendit quai de l’Horloge. Un problème cependant : il connaissait le docteur et ne put avoir qu’un petit aperçu des malades présents.

« Qu’ils s’appellent asiles départementaux, asiles privés, faisant fonctions d’asiles publics, asiles autonomes, la France compte quatre-vingts immeubles officiels pour ses fous. »

Albert Londres se rendit à Sainte-Anne. Un service ouvert existait. Le voici au pavillon « de prophylaxie mentale, docteur Toulouse. » Alors qu’il s’était levé tôt, il n’est arrivé que cinquième et d’autres personnes continuaient d’arriver.

Albert Londres aperçut les docteurs Toulouse et Pierre Dominique, deux hommes que le journaliste connaissait aussi.

Vint alors le tour d’Albert Londres. Les deux médecins l’auscultèrent et lui dirent :

« - Vous ? Malade ? Êtes-vous fou ?

- Parfaitement !

- Nous voulons dire : vous êtes fou de vous croire fou. Ou peut-être vous payez-vous notre figure ?

C’était raté. Il faudra trouver un autre truc. Le mieux sera, je crois, de faire un peu moins le fou et un peu plus le journaliste. »

 

 

 

Un jour, vers six heures, on frappa à la porte d’Albert Londres. L’homme entra, puis donna une enveloppe sur laquelle figurait le nom du journaliste.

« L’homme manifesta une joie sauvage. Il tenait, sous le bras, une monumentale serviette, il la posa sur le plancher. »

L’homme s’exprima, il avait eu du mal à trouver l’adresse du journaliste. Ensuite, « il déboutonna son pardessus. L’homme était nu jusqu’au nombril. »

L’homme demanda de l’eau de Cologne. Après il s’allongea sur le canapé. Avant de s’endormir, il demanda à Albert Londres de bien  veiller sur sa serviette.

Pendant ce temps, Albert Londres prit connaissance du contenu de l’enveloppe :

« «  Mon cher confrère, je vous adresse M. Manikoff. Je l’ai entendu pendant six heures. Je crois que l’histoire importante qu’il m’a racontée vous intéressera particulièrement, etc., etc. G .A., de L’Eclaireur de Nice. » »

 

A sept heures du soir, Albert Londres réveilla M. Manikoff, qui vexé, dut partir sans avoir eu le temps de raconter son histoire. Il revint le lendemain, puis le restant de la semaine, perturbant les lieux. Puis « un jour, les journaux publièrent cette note : « Un nommé Manikoff , interné à l’asile de Bourg, a fait des révélations au procureur de la République au sujet de l’assassinat de l’ingénieur Dufloy, sur la ligne Paris-Versailles. ». »

Albert Londres se rendit donc à Bourg à l’asile Saint-Georges. Le docteur emmena le journaliste au chevet du patient, une salle dans laquelle les malades étaient nombreux. M. Manikoff raconta comment il s’était trouvé à Bourg. Certains malades approchèrent du journaliste qui eut droit à quelques propos. Il y avait à cette époque « quatre-vingt mille [malades] dans les asiles des France ! »

 

 

 

Albert Londres se rendit dans un asile de l’Ouest de la France. Occupant différents rôles –parent d’un pensionnaire, interne, gardien- Albert Londres entra un jour dans le quartier des agités. Dans ce lieu, Albert Londres aperçut deux hommes nus, un autre en veston et caleçon, un autre en habit de ville. Chacun de ces malades vivait dans son univers.

« Le fou est individualiste. Chacun agit à sa guise. Il ne s’occupe pas de son voisin. Il fait son geste, il pousse son cri en toute indépendance. Quand plusieurs vous parlent à la fois, l’homme sain est seul à s’apercevoir que tous beuglent en même temps. Eux ne s’en rendent pas compte. »

Ce qui peut être vu ou entendu était trompeur : ici le langage était en rupture avec le réel. Autre chose aussi : la résistance des fous à la douleur.

Albert Londres continua sa visite, un malade le suivait. Alors qu’il pensait discuter avec un patient, l’homme lui répondit qu’il était le gardien.

 

 

 

Albert Londres alla dans un asile privé faisant fonction d’asile public. Il était tenu par des Sœurs.

Albert Londres fut conduit par la Mère dans le quartier des femmes. Un médecin les rejoignit. Des femmes faisaient des travaux de couture malgré leur folie.

L’une s’adressa à Albert Londres et posa la question qu’elle posait chaque jour. Une autre interrogea le docteur.

Parmi des femmes, l’une d’elle n’avait rien. « Elle a perdu, par la guerre, foyer et famille. On la trouve, un jour, errante dans la rue… » La police qui l’a prise en charge, l’a amenée ici. La sachant sans ressource, le docteur l’a gardée en ces lieux par pitié. La jeune fille vivait depuis quinze mois parmi les folles.

 

Albert Londres se rendit ensuite dans la cour des agitées. Quatre-vingts femmes étaient là. L’une d’elle  attira l’attention. Elle ne savait que dire « d’zim ba da boum des comp… compagnons de mes trois », et ce, depuis vingt ans.

Ces femmes s’agitaient beaucoup. Une rousse s’adressa à Albert Londres. La Sœur surveillante interrompit ses propos. Une autre malade dansa autour de la Sœur. Toutes ces femmes étaient dans leur univers.

« Au fond est la Salle de Pitié. » Onze femmes étaient ficelées sur onze chaises. L’une hurlait, l’autre pleurait… C’est le manque de personnel qui leur valait d’être attachées.

 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

 

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