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Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
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22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 21:41

LONDRES Albert, Chez les fous, Le Serpent à plumes, Coll .Motif, 2007

 

 

Pourtant parmi les fous, il y avait des gens qui ne l’étaient pas. Et certains de ceux qui étaient là, se demandaient souvent le pourquoi de leur présence en ces lieux.

« Si le malade l’eût été du foie, des bronches, du ventre, sitôt guéri il serait sorti de l’hôpital. C’est que la chose est dans les habitudes et que la médecine générale est plus vieille que la psychiatrie. » La guérison des fous n’était pas assuré ! Il fallait encore entendre que la science fît des progrès !

 

« Il est préférable pour un homme d’être bandit que fou. Quand le bandit a purgé sa peine, on lui ouvre la porte de la prison sans lui demander s’il recommencera ! »

Le malade lui restait enfermé dans ces lieux au nom de l’avenir, car personne, dans le personnel médical ne voulait affirmer qu’il était complètement guéri !

Cela donnait parfois des situations saugrenues ! Une famille, ayant appris que l’un de leurs cousins était interné, vint lui rendre visite. Comme ils avaient trouvé son discours cohérent, ils demandèrent le pourquoi de son maintien en asile… Leur docteur, par courrier, leur expliqua, entre autres, que leur cousin devait rester à l’asile car il ne pourrait plus s’adapter à la vie sociale. Il était interné depuis six ans !

« Une science qui tâtonne s’arroge  des prérogatives qui ne devraient appartenir qu’à la justice.

L’idée de persécution fai[sait] beaucoup de malheurs. Elle fai[sait] surtout le bonheur  de ceux qui l’[avaient]. Les psychiatres ne manqu[aient] pas de psychologie, mais d’informations, et quand la psychologie repos[ait] sur des bases erronées, c’est toujours de la psychologie, seulement elle [était] fausse. »

 

Les asiles comptaient donc des persécutés mais aussi des gens victimes d’un mauvais coup. Une femme qui voulait se débarrasser de son mari pour vivre avec son amant, par exemple !

Parfois pourtant les psychiatres se trompaient et laissaient sortir quelqu’un qui commettait l’irréparable. Ceux qui en payaient les conséquences, étaient les malades qui venaient d’être déclarés guéris !

Mais qui devait vraiment être enfermé dans ces asiles où les malades manquaient surtout de soin ? Quelques aliénistes peut-être ?

 

 

 

Albert Londres rendit visite plusieurs fois à un psychiatre qui « est un hôtelier qui attire ses clients au son de la médecine. » Cet homme ne s’intéressait qu’au cerveau !

 Le contact entre les deux hommes ne fut pas des meilleurs ! Au fur et à mesure de la discussion, le psychiatre s’approchait du journaliste. En quelques instants, le docteur ne fut plus qu’à une infime distance d’Albert Londres

 

Ce médecin avait eu une mésaventure. Alors qu’il sautait sur un lit pour prouver à un patient -aussi bien habillé que lui- que son lit était en bon état, un infirmier nouvellement arrivé, enferma le médecin dans la chambre. Il avait pris le médecin pour un fou et ne voulait pas croire ses paroles ! Le médecin resta ainsi longtemps comme cela !

« La maison de M. Psychiatre est une boutique de bric-à-brac. C’est la foire aux puces : on y trouve de vrais fous, d’anciens fous, de futurs fous. Il y a l’authentique, le probable, le douteux, le récalcitrant et la victime. »

Mais il n’était pas facile d’entrer dans ce lieu fermé ! Plusieurs fois, M. Psychiatre mit le journaliste à la porte. Il fallut ruser !

Il alla trouver les parents d’un fou afin de pouvoir entrer plus facile dans ce lieu. Tout le monde s’entendit et on se rendit donc chez M. Psychiatre. Albert Londres réussit à rencontrer la dame qu’il devait voir. Cette dernière lui avait donné par écrit l’histoire de son internement. Le lendemain, M. Psychiatre la fit mettre au secret. Cette femme était une prisonnière qui n’avait été condamnée par aucun jury. Seul M. Psychiatre l’avait condamnée !

 

 

 

Un matin, Albert Londres était en compagnie d’un interne. Cet homme affirma au journaliste que le public ne savait pas vraiment qui étaient les fous.

Il voulut donner un exemple. Il montra au journaliste un groupe de gens réunis dans une salle à quelques pas de là. Lorsqu’Albert Londres entra dans cette salle, il aperçut le médecin chef au milieu du groupe. L’interne se rendit compte de son erreur, ce n’était pas des fous mais des aliénistes !

 

 

La façon dont était traitée les malades aliénés était inappropriée. La loi de 38 n’avait ni la finalité de soigner les malades, ni de les guérir, juste de s’en débarrasser !

« On ôte la vie [des fous] sans leur donner la mort.

On devrait les aider à sortir de leur malheur, on les punit d’y être tombés.

Cela sans méchanceté mais par commodité. »

Hélas, ici on gardait les fous sans les soigner, leur guérison était le fruit du hasard !

Même deux psychiatres consultés au sujet d’un même patient pouvaient être capables de donner deux avis totalement différents. Cette science n’en était qu’à ses débuts !!!

Un internement pouvait être justifié, mais ne l’était plus rapidement compte tenu de l’évolution de la maladie.

« Les fous mange[aient] une nourriture de baquets.

Les trois quarts des asiles sont préhistoriques, les infirmiers [étaient] d’une rusticité alarmante, le passage à tabac [était] quotidien.

Les asiles [avaient] des crédits d’avant-guerre. On n’[allait] tout de même pas faire de frais pour les loufoques ? »

La convalescence n’était pas des meilleurs ! Les soins non plus !

Une partie des aliénés seulement devrait être internée, les autres malades devraient seulement être placés à l’hôpital. Parmi tous les malades aliénés, certains pourraient retrouver la liberté sans danger ni pour eux-mêmes, ni pour les autres.

Il serait donc temps de changer la façon de soigner les malades mentaux comme le faisait le docteur Toulouse. Mais il avait dû lutter pendant trente ans contre les pouvoirs publics.

Depuis ce médecin s’était vu attribuer à Sainte-Anne, à Paris, un service destiné aux malades mentaux. Il en faudrait beaucoup d’autres !

« Parce que les maladies mentales, jusqu’en l’an 1923, n’étaient pas considérées dignes de faire partie des études médicales.

L’étudiant en médecine passait sa thèse sans avoir suivi un seul cours sur les maladies mentales. C’était facultatif. 

Il n’existait donc que des spécialistes.»

En plus la loi de 1838, qui déclarait alors « le psychiatre infaillible et tout-puissant » facilitait les internements justes ou injustes.  S’ajoutaient à cela les préjugés : les maladies mentales étaient alors considérées comme incurables.

« Notre devoir n’est pas de nous débarrasser du fou, mais de débarrasser le fou de sa folie.

Si nous commencions ? »

 

FIN DE LA CINQUIEME ET DERNIERE PARTIE

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