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Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 21:37

LONDRES Albert, Chez les fous, Le Serpent à plumes, Coll .Motif, 2007

Un matin, à onze heures, muni d’une blouse blanche, Albert Londres s’apprêtait à déjeuner avec les dames d’un asile du Midi. La table était dressée pour le repas du quartier des agitées. La porte ouverte, la salle s’emplit dans la cohue. Une fois assises, ces femmes jouèrent avec leur assiette. Puis les macaroni arrivèrent. « Il s’agi[ssait] de les protéger si l’on ne [tenait] pas essentiellement à voir l’une de ces dames sauter pieds joints dans la pâte fumante. »

Une malade envoya sa nourriture à la femme qui lui faisait face. « C’est le signal. Un jazz-band nouveau modèle entr[a] en danse. »

Il fallut nourrir les malades portant la camisole et celles qui refusaient de manger.

Le repas achevé, « les dames s’écras[èrent] aux portes que l’on [allait] ouvrir. Les portes céd[èrent ]. Les dames se précipit[èrent] dans la cour. » La Sœur, épuisée d’avoir tant crié, s’étonna de leur bruyante attitude de ce jour.

 

 

 

La nuit amplifiait la folie à l’asile. A onze heures du soir, Albert Londres était « devant la grille de la maison département de cette ville du sud. » Le directeur était dans les bras de Morphée. « Seule une intelligente personne comprenant les nécessités du journalisme contemporain avait les deux yeux grands ouverts. »

Tout était calme, mais vers minuit, le bruit commença.

Dans la salle des Pailles, les malades avaient pour toute litière de la paille. La plupart des patients étaient des vieillards.

Dans un dortoir, côté femme, une patiente les interpella. D’autres firent entrer le journaliste et son accompagnateur dans leur monde.

Albert Londres et son accompagnateur allèrent dans un autre quartier. Dans les dortoirs le chahut régnait. Une Sœur cria.

« Comme veilleuses, des boîtes de sardines, fixées au mur ! Ailleurs, le gaz. Les robinets [étaient] à la portée du malade, pour qu’il [pût] jouer si le cœur lui en [disait]. »

Dans une salle, cinquante furies criaient, faisaient les cent pas, couraient ou s’adonnaient à des activités diverses.

Il était deux heures du matin. Soudain, Albert Londres entendit une voix qu’il connaissait déjà. « La petite d’avant-hier a quinze ans. Elle aimait le bal, le soleil, les mots tendres. » Ses parents la firent enfermer dans cet asile de fous bien qu’elle ne le fût pas. La veille, elle était parvenue à s’évader, elle se retrouvait aujourd’hui en cellule. Sa détresse et sa peur étaient immenses mais ceux qui étaient là ce soir n’avaient pas les clés pour ouvrir.

 

 

 

Parmi les fous, existaient les persécutés. Ces malades étaient persuadés que quelqu’un était continuellement présent non loin d’eux et les surveillait, les martyrisaient, mais qui étaient donc ces fameux persécuteurs ?

« Jadis, c’était le diable. Le diable est détrôné. Il n’opère que pour les paysans arriérés. Les inventions modernes l’ont rejeté dans son enfer, le persécuteur d’aujourd’hui est le cinématographe, le phonographe, le sans-fil, l’avion, la radiographie, le haut-parleur. »

Ici une femme était certaine qu’un avion voulait l’emporter par les cheveux, là un homme se pensait coupable de l’évacuation de la Ruhr… Plus loin, une femme était persuadée d’être celle qui avait déclaré la guerre…. A chacun sa soi-disant faute.

« Les persécutés ont une consolation. Pour « qu’on » les persécute il faut qu’ils soient quelqu’un. De là les idées de grandeur. » Les persécutés ne connaissaient aucun répit !

 

 

 

Dans la Haute Garonne travaillait, à la maison de Braqueville, le docteur Dide. « Ce savant professe que la folie est un état qui en vaut un autre et que les maisons de fous étant autorisées par les lois dûment votées et enregistrées, les fous doivent pouvoir, dans ces maisons, vivre tranquillement leur vie de fou. »

C’est pourquoi dans ces lieux, la folie n’est pas considérée comme un crime. On parlait normalement aux malades. « Les châtiments [étaient] interdits. »

Ici, tout était différent des autres asiles. Certains malades accomplissaient même des travaux, et ce, sans qu’il n’y ait de problèmes. Tout était plus calme dans cet asile.

Le docteur Dide estimait que « pour soigner les fous, il [fallait] d’abord prendre la peine de comprendre leur folie. »

Le docteur Dide et Albert Londres continuèrent leur marche dans l’asile. Ils se rendirent chez le docteur pour le déjeuner. Le convive qui était avec eux et qui joua du piano après le repas était un… malade.

 

 

 

Un après-midi, Albert Londres était dans le laboratoire du docteur Dide. « Au moyen d’une machine perfectionnée, il coup[ait] les cerveaux en tranches minces comme l’on fai[sait] du jambon de Parme dans les boutiques italiennes d’alimentation. » Les cerveaux étaient examinés afin de trouver le remède qui pourrait  guérir les malades.

Dans une armoire, le docteur Dide conservait des cerveaux qu’il montra à Albert Londres.

 

 

 

La patient agité était soit calmé, soit réduit. « L’agité crie, se démène, il ennuie le surveillant. L’homme a déjà la camisole, on lui donne quelques coups avec le passe-partout, histoire de l’avertir. Le manche à balai sert aussi. Mais la méthode préférée est le brodequin. » Il existait d’autres méthodes tout aussi clandestines que les autres.

Certains médecins pratiquaient la balnéothérapie. « Dans les maisons pour riches, les bains sont de dix-huit, vingt-quatre, trente-six heures ; encore ne sommes-nous pas en avance : en Allemagne, c’est deux jours, trois jours. »

Un jour dans une salle, Albert Londres aperçut des têtes sortant des baignoires. Les baigneurs ne pouvaient pas s‘évader.

Le personnel étant insuffisant, il fallait bien parvenir à s’occuper des malades. Un patient attaché enrageait et injuriait ! « Les infirmières y gagn[aient] en tranquillité, la malade en exaspération. Si les asiles [étaient] pour la paix des gardiens et non pour le traitement des fous, […], le but [était] atteint. »

 

Pourtant, il y a cent ans, Pinel avait enlevé les fers aux aliénés. Hélas, camisoles, bracelets et autres objets remplaçaient les fers.

Il était vrai aussi que ceux qui pourraient s’occuper de tous ces malades n’étaient pas assez nombreux.

Certains malades se trouvaient dans des cellules dans lesquelles ils avaient froid. Elles n’étaient pas chauffées !

Quelques hommes sont placés dans les quartiers. Ils se comportaient comme des animaux, à chacun le sien ! L’enfermement était la seule réponse.

 

FIN DE LA DEUXIEME PARTIE

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