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Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 10:13

Du collège  de Coqueret à la Pléiade

Tout commence en Province

Parmi les poètes qui formeront la Pléiade, certains sont originaires de la même province : le Vendômois. Ils sont issus d’une noblesse provinciale quelque peu déclinante, sur le plan économique, dans cette seconde moitié du XVIe siècle.

Jacques Peletier du Mans naît en 1517 au Mans. Il suit des études de médecine et de mathématiques à Bordeaux, Poitiers et Lyon. S’il est vrai qu’il est à l’origine de la Pléiade, il en restera bien souvent à l’écart. D’ailleurs, Pierre de Ronsard ne le fera pas figurer sur la liste qu’il rédigera à la fin de sa vie.

Joachim Du Bellay est né en 1522 en Anjou. Il fait des études de droit à Poitiers où il rencontre Jacques Peletier du Mans. En 1547, il suit Pierre de Ronsard à Paris afin d’étudier au collège de Coqueret.

Pierre de Ronsard naît en 1524 dans le Vendômois. Une grave maladie le laisse à demi-sourd à l’âge de quinze ans. Il choisit de retourner dans la demeure où il a vu le jour : le château de La Possonnière. Il commence à rédiger quelques textes qu’il montre à Jacques Peletier du Mans. Puis il se rend à Paris et passe cinq ans au collège de Coqueret.

Rémy Belleau naît en 1528 à Nogent-le-Rotrou (28). Il entre, comme Etienne Jodelle, au collège de Boncourt et suit les cours de Muret et Buchanan. Il fait partie de la Brigade en 1554. Une grande amitié le lie à Pierre de Ronsard.

Jean Bastier, plus connu sous le nom de La Péruse naît en 1529. Alors étudiant à Paris, il rejoint rapidement le groupe de la Pléiade.

Jean Antoine de Baïf naît en Italie à Venezia (Venise) en 1532. Son père est ambassadeur et conseiller du roi François Ier. Il reçoit une éducation humaniste et a comme professeur Jacques Toussaint au Collège Royal et Jean Dorat qu’il suit en 1547 à la mort de son père.

Étienne Jodelle, quant à lui, appartient à une famille bourgeoise. Il naît en 1532 à Paris. Il suit des cours au collège de Boncourt en compagnie de Rémy Belleau et de Jacques Grévin. En 1553, il rejoint la Pléiade.

 Le collège de Coqueret et le collège Boncourt

À partir de novembre 1547, la plupart des poètes de la Pléiade reçoivent l’enseignement de l’helléniste et humaniste Jean Dorat. Admiré de ses élèves, Jean Dorat fait découvrir à ces jeunes gens la culture gréco-latine. Il traduit les poètes de l’Antiquité et commente aussi leurs textes. Il parvient à faire partager son enthousiasme à ses élèves.

Pierre de Ronsard, Joachim Du Bellay, Jean Antoine de Baïf étudient Horace, Virgile, Catulle, Properce, Tibulle et Ovide.

Mais ils apprennent aussi la langue italienne et découvrent Dante Alighieri (Dante), Giovanni Boccaccio (Boccace), Francesco Petrarca (Pétrarque) et Ludovico Ariosto (L’Arioste). Le groupe voue une certaine admiration à  ces auteurs qui ont su doter l’Italie d’une merveilleuse littérature nationale. Les élèves de Jean Dorat désirent donner à la langue française, ce que les auteurs italiens ont offert à la leur. Dans un premier temps, ils imitent les odes de Pindare, d’Horace et les sonnets de Pétrarque.

Pontus de Tyard n’est pas issu de collège de Coqueret.

Au collège Boncourt, Rémy Belleau, Étienne Jodelle et Jean de La Péruse suivent les cours de Marc Antoine Muret.

De ces deux écoles naîtra le groupe de la Pléiade.

De la Brigade à la Pléiade

Lorsque les poètes décident de constituer une école, Pierre Ronsard choisit d’abord le terme de brigade. Ce mot, brigata, d’origine italienne, désigne, dans le domaine militaire, une petite troupe. À partir de 1556, Pierre de Ronsard utilise le nom de Pléiade, mais pas de façon systématique.

Les ennemis protestants de Pierre de Ronsard, agacés par la façon qu’a le groupe de se comparer aux étoiles, désignent, avec ironie, vers 1563, ces poètes sous le nom de Pléiade. Ils assurent, sans le vouloir le succès de ce terme : Pléiade.

Pléiade désigne d’abord une constellation de sept étoiles. Les sept Pléiades (Alcyone, Célaeno, Électre, Maia, Mérope, Stéropé et Taygète) étaient les filles d’Atlas et de Pléione dans la mythologie grecque. Pléiade désigne ensuite un groupe de poètes grecs érudits et raffinés qui a vécu au IIIe siècle avant notre ère.

Toutefois, la Pléiade ne se limite pas à sept poètes. En effet, douze poètes fréquentent la Pléiade. Cependant la postérité a retenu les noms suivants :

Pierre de Ronsard

Joachim Du Bellay

Jean Antoine de Baïf

Pontus de Tyard

Jacques Peletier du Mans

Rémy Belleau

Étienne Jodelle

Cette liste, établie en 1556, était légèrement différente en 1553. Guillaume Des Autels et Jean La Péruse occupent alors la place de Pontus de Tyard et de Jacques Pelletier du Mans.

Seulement quatre noms figureront toujours sur cette liste : Pierre de Ronsard, Joachim Du Bellay, Étienne Jodelle et Jean Antoine de Baïf.

 

Tandis que se constitue le groupe de la Pléiade, la conception d’écrivain évolue. La notion moderne d’auteur naît. L’écrivain, depuis 1546, est présenté comme étant un être inspiré. Cette même inspiration procède de quatre fureurs évoquées par Platon dans le dialogue Ion.

Cette fureur est issue du divin. C’est le moyen grâce auquel Dieu élève l’âme humaine, donc incarnée, jusqu’à Lui. Pontus de Tyard et Thomas Sébillet reprendront cette théorie. En décrivant cette théorie, Thomas Sébillet établit une différence entre le poète touché par la fureur et le poète qui ne serait qu’un technicien de la langue.

En mettant en avant l’idée du poète inspiré, les écrivains parviennent à assurer leur avenir. En effet, il est de l’intérêt  des Grands de l’époque d’avoir à leur côté un être détenteur de vérités divines. Ce fait est important si nous songeons que le XVIe siècle, durant lequel la monarchie absolue se met petit à petit en place, n’a que peu de moyens pour assurer  et affermir son pouvoir. Tous les artistes sont alors les plus efficaces propagandistes du pouvoir.

Toutefois, la théorie de l’inspiration, malgré tout le prestige qu’elle offre aux poètes, est accompagnée d’un autre fait. Celui qui est l’élu des dieux se doit d’accomplir un travail obstiné sur la langue. La fureur est certes la condition nécessaire mais non suffisante du génie poétique !

 

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE

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