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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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12 mai 2012 6 12 /05 /mai /2012 14:27

 

L’ouvrage se découpe en quatre parties et est précédé de quatre pages mettant en scène la mort du personnage principal.

Cette bande dessinée est en noir et blanc.

Le 4 mai 2001, le père d’Antonio Altarriba, décida de mettre fin à ses jours. Il avait 90 ans, quand il s’élança de la fenêtre du quatrième étage de la maison de retraite dans laquelle il séjournait. Toute une vie pour, enfin, voler librement. Mais pour quelles raisons ?

 

3e étage 1910-1931 : la voiture en bois

Antonio Altarriba père est né à Peñaflor, un petit village de la province de Saragosse en Espagne. Il dut arrêter l’école à l’âge de huit ans pour travailler aux champs. Une vie rude, faite de peines et de douleurs, commença pour lui.

La terre demandait beaucoup aux hommes. C’est pourquoi, Antonio Altarriba ne songeait qu’à fuir ce petit village. Nuitamment, il quitta le foyer paternel pour la ville de Saragosse, mais après trois mois d’une vie aussi dure qu’à la campagne, il regagna son village natal.

Le retour fut plus amère encore, et ce, malgré la présence de son ami Basilio. Les deux jeunes hommes partageaient  secrets et rêves. Ils passaient ensemble leurs rares moments de liberté.

Le temps passa. Antonio Altarriba éprouva le besoin d’apprendre. Un de ses cousins lui donna, ainsi qu’à quelques autres jeunes gens, des cours du soir.

Malgré tout, il existait de bons moments notamment lors des fêtes de village. Mais la réalité reprenait vite le dessus.

Basilio et Antonio continuaient de passer leurs rares moments de liberté ensemble. Après avoir construit tous deux une voiture qui ne dura que le temps de faire un tour, Basilio entreprit de voler l’Hispano-Suiza d’un riche voisin afin de la conduire.

Mais comme il roula trop vite, Basilio se tua sous les yeux d’Antonio qui avait compris trop tard ce que son meilleur ami allait faire.

Après la mort de son ami, Antonio resta pendant plusieurs jours totalement hébété.

Finalement, il décida de partir. Il prit le vélo que Basilio lui avait prêté six ans auparavant et emporta les deux cents pesetas qu’il avait mises de côté.

 

2e étage 1931-1949 : les espadrilles de Durruti

Antonio passa avec succès le permis de conduire.

L’Espagne de 1931 devenait une République !

Afin de survivre, Antonio accepta le travail, peu payé, qui lui fut proposé.

Peu après Antonio dut faire son service militaire. Quand il retrouva la vie civile, il retourna à la pension de Doña Carlota qu’il avait fréquentée avant son service. Il trouva un travail chez Singer.

L’Espagne était en ébullition : les militaires venaient de se soulever. Franco avait triomphé ! Cependant, l’armée républicaine tentait de résister, notamment en la personne de Buenaventura Durruti.

Mais les troupes phalangistes terrorisaient déjà la population. Antonio fut d’ailleurs l’une de leurs victimes. Après cet événement, Antonio décida de s’engager dans ce combat qui déchirait son pays. Mais il ne voulait pas être du côté des phalangistes. C’est pourquoi, il retourna au village afin de prévenir les siens. Hélas, la guerre avait aussi touché les campagnes et la famille d’Antonio avait déjà été touchée.

Il ne put faire ce qu’il désirait et partit en ayant seulement vu son oncle à qui il put parler un court instant car l’armée franquiste était au courant de tout.

Quand il arriva sur le front à Quinto de Ebro, Antonio se renseigna sur la situation afin de préparer correctement  son passage dans l’autre camp. Il y parvint et intégra la centurie Francia. Des liens entre les différents membres de cette centurie se tissèrent assez vite.

Antonio devint, entre autres, le chauffeur de Mariano, avec qui il se rendit à Barcelone.

De retour à la centurie, il fut chargé de la distribution du courrier.

La centurie, dont la vie était calme, reçut des ordres : discipline et coordination autour d’un commandement, étaient exigées par les Soviétiques qui apportaient leur aide. Il fallut donc malgré les réticences des Espagnols se plier à la militarisation. La vie changea quelque peu. La révolution espagnole ne fut plus ! Les communistes étaient devenus les maîtres du front espagnol ! La guerre devint alors plus terrible.

Antonio ne distribuait plus le courrier, il prenait en charge les blessés qui étaient tombés sur le champ de bataille. Il dut quitter la centurie Francia pour le 8e bataillon de transport.

La prise de risque était grande, les bombardements constants. Antonio retrouva quelques-uns de ses anciens compagnons. Vincente mourut lors d’un bombardement aérien. Il eut cependant le temps de donner à Antonio les espadrilles de Durruti.

Antonio échappa à la mort et se retrouva non loin de la frontière française. Là il fut ravitailleur en carburant.

De nombreux Espagnols fuyaient le pays. Antonio et d’autres prirent le même chemin de l’exode.

Antonio retrouva Mariano et sa famille. Ensemble, ils allèrent en France et arrivèrent à Saint-Cyprien plage. Les conditions de vie étaient déplorables. Quand la presse s’intéressa à ces personnes, la France fut obligée de bâtir des baraquements élevés par les Espagnols. La vie au camp resta rude.

Fin 1939, la France était entrée en guerre. Elle enrôla les Espagnols dans des compagnies de travailleurs. Antonio intégra la 25e compagnie. Il dut couper des arbres dans un village des Landes. C’était dur. Antonio se lia d’amitié avec Martínez. Ensemble, ils parvinrent à s’échapper du camp et après trois jours de marche atteignirent Bordeaux.

L’ami de Martínez, qui vivait à bordeaux, ne vint pas en aide aux deux hommes. Ils quittèrent la ville pour Marseille où ils ne reçurent pas plus d’aide de la part des anciennes relations de Martínez.

Installés dans le bar afin d’obtenir de faux papiers, Antonio et Martínez furent arrêtés. Peu après, Antonio se retrouva dans une ferme à Guéret dans la Creuse. Il fut bien accueilli par la famille Boyer. Ce fut surtout avec le grand-père de la famille qu’Antonio apprit le plus. Ce fut aussi une période heureuse de sa vie. Mais il dut quitter la ferme rapidement, les Allemands ayant donné l’ordre d’arrêter tout Espagnol se trouvant sur le territoire français. Antonio trouva refuge dans les montagnes, mais arrêté par les gendarmes, il fut transféré à Limoges.

Le camp dans lequel il était retenu fut bombardé. C’est pourquoi il put s’échapper et retourna à Guéret où il ne put rester longtemps. La nuit venue, il reprit le chemin de la montagne et y retrouva par hasard Jean, le fils des Boyer. Ce dernier était entré dans la Résistance.

Antonio y retrouva aussi Pablo. Tous deux entrèrent dans la Résistance et participèrent à des actions souvent risquées.

Puis la guerre prit fin. Les deux hommes décidèrent de retourner à Marseille. Il fut difficile de trouver un travail légal. Mais la ruse de Pablo vint à bout de cette réalité. Pablo et Antonio vendirent du charbon qu’ils achetaient aux Américains. Antonio réalisa bien vite que Pablo n’était pas honnête, mais après une discussion, Pablo promit que cela ne durerait pas. Or cela dura ! L’affaire de Pablo prit de l’ampleur.

Antonio dut quitter l’appartement qu’il avait occupé jusqu’à présent avec Pablo quand Fernande arriva.

Antonio eut enfin un chez lui. Il travaillait toujours pour Pablo pour qui seul l’argent comptait. Antonio supportait mal cette situation et quitta ce travail. Il se rendit à Montpellier auprès de Mariano. Puis il décida de retourner en Espagne.

 

1er étage 1949-1985 : biscuits amers

Franco était au pouvoir.

Antonio se rendit auprès du mari de sa cousine Elvira afin d’avoir un travail. Il devint le chauffeur d’un phalangiste de la dernière heure. Antonio comprit rapidement qu’il travaillait pour la contrebande espagnole.

Le mari de sa cousine, Doroteo, menait la grande vie et dépensait l’argent sans compter. Il avait aussi une maîtresse ce que finit par découvrir sa femme qui mit fin de façon violente à cette liaison.

Antonio retrouva la pension de Carlota qu’il avait connue avant de quitter l’Espagne. Il se rendit compte en côtoyant les pensionnaires que nombre de gens avait retourné leur veste. Il fallait maintenant être franciste !

Antonio tomba malade. Il fut soigné par la nièce de Carlota, Petra, avec laquelle il finit par sortir. Ils se marièrent et eurent un seul enfant. Antonio souhaitait que son fils soit pleinement heureux et ne connaisse pas ce qu’il avait connu.

La cousine d’Antonio reprit les affaires de son mari en main et parvint à ses fins. Son mari lui revint. Elvira tint promesse auprès des anciens associés de son mari. Ensemble ils purent ouvrir leur usine de biscuits. Mais rapidement Antonio constata que certains de ses associés n’étaient pas dignes de confiance. Certains trichaient.

Le travail occupait le temps d’Antonio. La vie de famille n’était pas harmonieuse. Estimant n’être pas maître de l’éducation de son fils, Antonio décida que son enfant passerait chaque été en France afin d’y apprendre le français  et d’échapper à l’influence fasciste et cléricale. Plusieurs étés passés en France ouvrirent l’esprit du jeune homme.

Les soucis revinrent. L’un des associés, le comptable, était parvenu à détourner beaucoup d’argent de la société. Ce dernier laissa les autres hommes sur la paille. La vie redevint dure. À soixante ans passés, Antonio avait peu de choses et la vie conjugale était devenue insupportable.

Il quitta sa femme.

 

Sol 1985-2001 : le terrier de la taupe

Antonio trouva une résidence pour lui. Sa femme était dorénavant à la charge de son fils. Petra ne voulut jamais revoir son mari.

Entre temps, l’Espagne était devenue une démocratie.

 

Antonio se fit à cette nouvelle vie parmi ces gens d’un certain âge. Cependant certains pensionnaires lui apportaient un peu de bonheur.

Son fils lui rendait visite, ainsi qu’Elvira sa cousine. Elle avait perdu son mari qui avait fini par travailler normalement sans tricher comme il l’avait fait auparavant.

Antonio reçut une lettre de Dante, le fils de Mariano. Il apprit que son père avait mis fin à ses jours avec l’arme qu’il avait utilisée pendant la guerre d’Espagne. C’était trop de tristesse. En plus, les deux seuls pensionnaires avec lesquels il s’entendait bien disparurent rapidement. Sa tristesse fut plus grande encore.

Son fils lui apprit la mort de son épouse. Sa tristesse devint dépression que les médecins ne soignèrent pas vraiment.

Il fit une tentative de suicide, mais, alors qu’il était sur le point de se jeter d’un pont avec une valise pleine de cailloux, un jeune homme l’en empêcha. Antonio se retrouva à l’hôpital. Ce qui comptait aux yeux de monde hospitalier, c’était que l’on pût lui faire confiance. Il sortit de l’hôpital sans avoir vraiment été aidé.

Son retour à la résidence ne fut pas des plus heureux. On le sermonna un peu. Sa dépression ne passait pas, il souhaitait toujours mourir et demanda, pour le regretter aussitôt, de l’aide à son fils.

Puis, il rêva de ses anciens compagnons morts. Ces derniers lui disaient qu’il pouvait mourir quand il le désirait. Apaisé en quelque sorte, Antonio décida d’agir seul. Il se prépara, puis après avoir pris son petit déjeuner, il monta au quatrième étage du bâtiment et décida que l’heure était, enfin, venue de s’envoler.

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Published by Clélie - dans B.D
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