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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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29 janvier 2010 5 29 /01 /janvier /2010 10:47

Source

 

QUIROGA Horacio, Contes d'amour, de folie et de mort, Éditions Métailié, Coll. Suites, 2000

 

En 1917, Horacio Quiroga réunit, en vue de la publication d'un recueil, les contes qu'il a rédigés ces quinze dernières années. L'amour, la folie et la mort font partie de son univers. Tous trois ont marqué sa vie. La mort surtout… Le père d'Horacio Quiroga, son beau-père et son épouse se sont suicidés.

 

La forêt occupe aussi une place importante dans quelques-uns de ces contes. Elle apporte souvent la mort, l'homme n'étant pas toujours en état de lutter contre elle. C'est sans doute dans ce lieu que se trouvent les limites de l'homme.

 

Ces contes sont souvent très courts, mais chaque histoire est poignante… Les voici !

 

TEXTE

 

La poule égorgée

"Toute la journée, assis dans la cour, les quatre enfants idiots des Manzzini-Ferraz se tenaient sur un banc." Ils ne faisaient qu'imbiber leur pantalon de salive. Ces enfants, dont l'aîné était âgé de douze ans et le plus jeune de huit ans, avaient pourtant fait la joie de leurs parents.

 

Après quatorze mois de mariage, un fils vint au monde. "Mais à l'âge de vingt mois, il fut pris une nuit de convulsions terribles et au matin il ne reconnaissait plus ses parents." Le médecin ne put rien pour lui. L'enfant devint idiot.

 

Berta, la mère, fut désespérée. Son mari fut plus attentionné. Le couple eut un autre enfant, mais à dix-huit mois, il connut le même sort que son aîné.

 

Les parents furent une fois encore meurtris, leur amour était maudit pensaient-ils !

 

Ils eurent des jumeaux qui connurent le même sort que les deux premiers.

 

Malgré tout, "[…], il restait à Mazzini et à Berta une grande compassion pour leur quatre enfants."

 

Au bout de quelques années, ils voulurent un autre enfant qui tarda à venir. Cette situation les aigrit, ils se dirent des choses blessantes. Puis une fille vint au monde.

 

Pendant deux ans, ils craignirent pour elle. Puis Bertita, leur dernière née, grandit normalement. Elle devint source de joie pour les deux parents qui délaissaient quelque peu les quatre autres enfants.

 

Mais le couple n'était pas apaisé. La peur de perdre cette fille était toujours dans leur pensée. Une tension était, la plupart du temps, perceptible, chacun estimant que les quatre avortons étaient la faute de l'autre. C'est pourquoi, "avec de tels sentiments, il n'y eut plus d'affection possible pour les quatre aînés. La bonne les habillait, leur donnait à manger, les couchait, avec une brutalité manifeste."

 

Les parents fêtèrent les quatre ans de leur fille, mais "l'enfant eut quelques frissons et un peu de fièvre."  La peur de ce qui pouvait arriver à l'enfant leur fit tenir des propos blessants. Puis quand le matin arriva, "sa légère indigestion avait disparu et, comme dans tous les jeunes ménages qui se sont aimés intensément ne serait-ce qu'une fois, la réconciliation vint fatalement, avec autant plus d'effusions que les injures avaient été infâmes."

 

Les parents allèrent se promener et demandèrent à la bonne de tuer une poule. Ce que fit la bonne sous les yeux des quatre idiots.

La bonne demanda à la mère de faire sortir les quatre enfants de la cuisine. Ils allèrent "choir sur un banc."

 

Après le déjeuner, les parents partirent se promener avec leur fille, la bonne, quant à elle, se rendit à Buenos Aires.

 

Tandis que les parents se trouvaient chez un ami, leur fille s'échappa et retourna à la maison. Les autres enfants avaient passé la journée sur le banc.

 

La jeune fille, sous le regard des quatre idiots, parvint à trouver les objets nécessaires pour se hisser sur la crête du mur. Soudain, les quatre enfants, dont le regard s'était animé, avancèrent doucement vers le mur et attrapèrent leur sœur prête à se hisser sur le mur. La jeune fille cria.

 

"L'un d'entre eux lui serra le cou en séparant ses boucles comme s'il s'agissait de plumes, et les autres la traînèrent par une jambe jusqu'à cuisine."

 

Le père qui crut avoir entendu la voix de sa fille, sortit de chez le voisin. Il appela sa fille et n'eut droit qu'à un silence pesant. "Mais en passant devant la cuisine, il vit sur le sol une mer de sang. Il poussa violemment la porte entrouverte et lança un cri d'horreur.

Berta, que l'appel angoissé du père avait fait accourir, l'entendit crier et cria à son tour."

 

Elle n'aperçut que le sang sur le sol, puis elle s'effondra "avec un soupir rauque le long de son mari."

 

 

Les bateaux suicides

 

"Il est peu de choses plus terribles que de rencontrer en mer un navire abandonné." Ces navires vont là où le vent et les courants les emmènent. Si ces navires errants finissent par disparaître, de nouveaux arrivent.

 

Si la plupart du temps, le navire est abandonné à cause de tempêtes ou d'incendies, il arrive parfois que la raison soit tout autre.

 

Ainsi le Maria Margarita connut un destin peu banal. Après avoir levé l'ancre, "à New York le 24 août 1903, […] il prit contact avec une corvette."

 

Le paquebot contacté n'obtenant pas de réponse du Maria Margarita, se rendit sur place en chaloupe. " Sur le navire, il n'y avait personne. Les chemises des marins séchaient à la proue. Le fourneau était encore allumé. […] Aucun indice de lutte ou de panique."

 

Ce récit avait été fait par le capitaine auprès duquel voyageait le narrateur. Les gens, qui étaient sur le bateau, demandèrent un autre récit à l'un des passagers.

 

Un passager, qui avait voyagé sur les mers du Nord, avait rencontré un bateau semblable à celui du Maria Margarita. Leur bateau s'était approché d'un autre visiblement abandonné. Quelques hommes de l'équipage s'étaient rendus sur le bateau qui était vide et en ordre. Huit hommes étaient restés à bord de ce bateau, ce qui permit aux deux navires de voyager ensemble.

 

Mais deux jours après, les huit hommes avaient disparu. "La terreur superstitieuse" s'empara alors des hommes. Cependant, "six hommes [avaie]nt trouvé le courage d'aller remplir le vide." Le passager, qui rapporte ce récit, accompagna ces hommes.

 

À bord, les hommes burent pour chasser la peur. "Tous s'étaient levés ; ils déambulaient et n'avaient plus envie de parler."

 

Soudain, l'un des hommes, après avoir ôté sa chemise, s'approcha du bord du bateau et se jeta à l'eau.

Les autres hommes ont tourné la tête en entendant le bruit, puis ont oublié cela "pour retomber dans l'apathie générale."

 

L'un après l'autre, les hommes se sont jetés à la mer. Le narrateur est resté seul "à regarder comme un idiot la mer déserte."

 

Le récit achevé, une question  fut posée. Qu'avait donc ressenti le narrateur ? "Au lieu de [s'] épuiser à [se] défendre à tout prix, angoissé, contre ce qu'[il] ressentai[t], ainsi que tous ont dû le faire, […], [il a] accepté simplement cette mort hypnotique, comme s' [il] étai[t] déjà annulé."

 

Cette réponse ne convainquit pas le capitaine qui vit en lui un farceur. "Au contraire, dit un passager malade qui rentrait chez lui pour mourir dans son pays. Si c'était un farceur il n'aurait pas cessé d'y penser et il se serait aussi jeté à l'eau."

 

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

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