Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

Présentation du Blog

Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

Recherche

Archives

Pages

1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 10:05

QUIROGA Horacio, Contes d'amour, de folie et de mort, Éditions Métailié, Coll. Suites, 2000

 

Le Solitaire

Kassim, homme maladif, était un bijoutier qui n'avait pas son pareil dans le montage des pierres précieuses.

 

Cet homme de trente-cinq ans "continuait à travailler dans sa chambre, aménagée sous la fenêtre en atelier."

 

Il avait épousé une jolie fille qui avait aspiré à un mariage plus avantageux. Il n'en fut rien.

 

Le jour quand il travaillait, elle le regardait faire, se laissant distraire parfois. Pourtant tout ce que son mari gagnait, était pour son épouse. Il travaillait de longues heures pour pouvoir lui donner ce qu'elle désirait.

 

"Peu à peu, la fréquentation quotidienne des pierres précieuses finit par lui faire aimer le travail de l'artisan, et elle suivait avec ardeur les intimes délicatesses du sertissage."

Mais lorsque le bijou achevé, était donné à son propriétaire, elle sombrait dans une dépression et restait inconsolable. Elle adressait à son mari des remarques blessantes.

 

"Ces nuits-là Kassim travaillait jusqu'à trois heures du matin, et sa femme y gagnait de nouveaux éclats de diamant qu'elle considérait un instant, les lèvres pincées." Mais cela ne lui convenait pas car elle n'aimait que "les pierres volumineuse que Kassim montait."

 

Maria regardait son homme travailler, lui reprochant de ne jamais faire de sacrifice pour la gâter.

 

Un jour, Maria fut plus insupportable que d'autre. Elle porta, pour sortir, une broche "-deux solitaires de cinq mille pesos" que son mari cherchait partout.

 

Quand elle revint à la maison, Kassim la lui prit et la "rangea sous clé dans son atelier." Son mari lui reprocha son imprudence. Peu après, "on confia ensuite à Kassim un solitaire à monter, le brillant le plus admirable qu'il ait eu entre les mains." Kassim devait monter une épingle.

 

Tandis qu'il montait un solitaire, Maria n'arrêtait pas de l'interrompre dans son travail.

 

Elle jeta violement le solitaire qu'elle avait essayé sur un vêtement. Kassim le ramassa puis se remit au travail. Au bout d'un moment, il finit par aller voir sa femme, "en pleine crise de nerf." Elle lui reprocha d'avoir volé sa vie.

 

Au bout d'un moment, elle parvint à se calmer. Kassim retourna alors au travail.

 

Il lui avait fait croire qu'elle aurait ce bijou. Apaisée par cette promesse, elle s'endormit. Quand Kassim, eut achevé le bijou, il alla voir son épouse dans la chambre. "Il contempla un instant le sein presque découvert et, avec un pâle sourire, écarta un peu plus la chemise dénouée. Puis, "le visage de Kassim prit soudain une dureté de pierre et, effleurant un instant du bijou le sein dénudé, il enfonça fermement, droit comme un clou, l'épingle entière dans le cœur de sa femme."

 

Elle se réveilla soudainement. "Ses doigts se recroquevillèrent et ce fut tout." Alors Kassim quitta la chambre "en fermant la porte derrière lui sans faire de bruit."

 

 

L'Oreiller de plumes

 

Un jeune couple, marié depuis peu, goûtait à son bonheur. Même si la jeune mariée estimait que son mari avait un caractère dur, Jordan aimait beaucoup Alicia, mais ne laissait pas paraître tout l'amour qu'il éprouvait pour elle.

 

Leur maison était tout en blancheur. "Dedans, l'éclat glacial du stuc, sans la moindre égratignure sur les hauts murs, accentuait cette sensation de froid inquiétant."

 

Cependant, Alicia vécut là tout l'automne, "endormie dans la maison hostile, sans vouloir penser à rien jusqu'à l'arrivée de son mari."

 

Soudain, elle maigrit, puis tomba malade et ne parvint pas à se rétablir vraiment. Toutefois, un après-midi, elle réussit à faire quelques pas dans le jardin aux bras de son époux. Elle pleura dès que Jordan lui "passa très lentement la main dans les cheveux."

 

Le lendemain, "au réveil, elle était évanouie." Le docteur, qui vint à son chevet, ne comprit pas la raison de son mal. Le jour d'après, une anémie fut diagnostiquée, mais le médecin n'en comprenait pas l'origine.

 

L'état d'Alicia s'aggrava. Elle eut d'abord quelques hallucinations. Une nuit, "elle s'immobilisa subitement, le regard fixe." Puis elle se mit à hurler. Son mari parvint à la calmer.

 

Les hallucinations se poursuivirent. Les médecins consultés ne purent que constater la dégradation de son état. Il n'y avait plus rien à faire.

 

"Alicia continua de s'éteindre dans son délire anémique qui s'aggravait le soir, mais régressait toujours en début de matinée."

 

 Elle sombra inexorablement. Quand elle perdit connaissance, elle délira à mi-voix. Son mari faisait les cent pas discrètement.

 

Elle mourut.

 

Lorsque la bonne entra dans la chambre de la défunte pour défaire le lit, elle aperçut des taches de sang sur la taie et appela Jordan. Quand la bonne souleva la taie, elle la lâcha immédiatement et resta interdite ! Jordan demeura surpris mais demanda à la bonne ce qui se passait.

 

Ayant compris que l'oreiller était lourd, Jordan le ramassa avec la bonne. Puis il découpa la taie et la doublure.

 

Au milieu des plumes qui volèrent, Jordan et la bonne virent "une bête monstrueuse, une boule vivante et visqueuse. Elle était tellement enflée que sa bouche apparaissait à peine."

 

Ainsi, nuit après nuit, alors qu'Alicia était alitée, la bête était parvenue à vider la jeune femme de son sang.

 

"Ces parasites d'oiseau, minuscules en milieu naturel, parviennent à acquérir dans certaines conditions des proportions énormes. Le sang humain semble leur être particulièrement favorable, et il n'est pas rare d'en trouver dans les oreillers de plumes."

 

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE

Partager cet article

Repost 0

commentaires