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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 10:43

KOUNO, Fumiyo, Le Pays des cerisiers, Kana, Coll. Made in, 2006

 

Il est des sujets difficiles à aborder tant ils rappellent de mauvais souvenirs ou des moments douloureux de l’histoire d’un pays.

 

Ce manga, réalisé par Fumiyo Kouno, nous raconte, à travers des personnages fictifs, l’après Hiroshima.

 

L’histoire contient trois parties qui mettent en scène trois périodes différentes.

 

Le dessin est simple et léger.

 

L’HISTOIRE :LA VILLE DU YÛNAGI  (Yûnagi no machi) : nous sommes en 1955 à Hiroshima dans un quartier de la ville bombardée.  La jeune Minami Hirano vit avec sa mère, Fujimi, dans une maison en mauvais état. Minami vit grâce aux travaux de couture qu’elle réalise.

 

Un soir, alors qu’elle n’est pas venue travailler, monsieur Lichikoshi passe lui rendre visite. Le jeune homme est attentionné envers Minami, qui après plusieurs visites, se laisse embrasser. Ce simple baiser lui rappelle le jour où la ville a été victime de la bombe atomique. Les souvenirs du passé refont surface. Minami est bouleversée, mais le jeune homme ne comprend pas, à cet instant, ce qui se passe car elle s’en va subitement.

 

Le lendemain, elle décide de lui parler et lui avoue son sentiment de culpabilité. Elle a perdu plusieurs membres de sa famille ce jour-là et elle s’interroge. Le jeune homme avait deviné ce qui la tourmentait. Puis peu après ses forces l’abandonnent. Elle tombe malade et doit rester allongée. Elle finit par cracher du sang puis devient aveugle. Elle meurt alors que le Yûnagi –le vent- cesse de souffler. Nous sommes le 8 septembre 1955 et Minami n’a que vingt-trois ans.

 

 

LE PAYS DES CERISIERS (Sakura no kuni) (I) : nous sommes à la fin des années 1980, à Tokyo. Deux jeunes enfants rentrent à la maison après l’école. Nanami, qui est la nièce de Minami, parle avec son amie, Tôko, de la rédaction qu’elles doivent faire : « raconter [ses] rêves d’avenir. »

 

Nanami Ishikawa se prépare pour se rendre à l’entrainement de base-ball. Mais elle ne peut aller jusqu’au bout car elle saigne du nez. Alors qu’elle retourne chez elle, Nanami aperçoit Tôko à qui elle empreinte de l’argent pour faire un petit voyage en train. Elle veut rendre visite à son frère, Nagio, malade qui est hospitalisé. Debout sur son lit, Nanami laisse tomber des pétales de cerisiers qu’elle a apportés. Sa grand-mère, Fujimi, venue passer des tests à l’hôpital, entre alors dans la chambre. De retour à la maison, Nanami est punie mais son père, Asahi, n’a pas la force de la disputer. Les résultats des analyses de sa grand-mère paternelle sont mauvais. Sa grand-mère s’éteint peu après le 27 août 1987.

 

La famille choisit de déménager afin d’habiter plus près de l’hôpital de Tokyo où doit souvent aller le frère de Nanami.

 

 

LE PAYS DES CERISIERS (II) : nous sommes en 2004. Nanami a grandi et vit toujours avec sa famille. Elle est avec son père, Asashi et son frère, Nagio. Ce dernier lui raconte qu’il a vu son amie Tôko qui est devenue infirmière. Mais Nanami a d’autres préoccupations. Elle rapporte à son frère qu’elle se fait du souci au sujet de leur père qui s’absente sans de véritables raisons.

 

Elle décide de suivre son père. Lors de cette filature, elle retrouve son amie, Tôko. Les deux jeunes filles font le voyage ensemble. Le père de Nanami  se rend à Hiroshima.

 

Une fois sur place, les deux jeunes filles se séparent pour quelques heures. Nanami suit son père qui rencontre des gens qu’elle ne connait pas. Son père se rend au cimetière où reposent plusieurs membres de  sa famille : la famille Hirano.

 

Puis son père fait une halte. Et soudain, il se revoit des années en arrière. Jeune homme après la mort de sa sœur, Minami, il était revenu vivre auprès de sa mère. Pourtant cette dernière, peu après le bombardement, l’avait fait évacuer et adopter. Mais de retour dans sa ville il avait épousé une hibakusha –personne victime de la bombe et de ses effets- et avait eu des enfants : Nagio et Nanami.

 

La même journée, Nanami retrouve Tôko. Après la visite du mémorial, Tôko fait un malaise. Les deux jeunes filles prennent une chambre d’hôtel afin de permettre à Tôko de se reposer.

 

Sur le chemin du retour, Tôko avoue à Nanami qu’elle a préféré venir avec elle alors qu’elle avait rendez-vous avec quelqu’un. Mais Tôko n’avait pas eu assez de courage pour s’y rendre.

 

Tandis que Tôko s’est endormie, Nanami  réfléchit. Elle se souvient que sa mère, Kyôta, n’avait que trente-huit ans quand elle est morte, mais ignore la raison de son décès. Elle s’interroge aussi sur les raisons du décès de sa grand-mère à quatre-vingts ans. Elle sait que certaines personnes pensent que la bombe peut encore avoir des conséquences sur la vie de son frère et la sienne.

 

Dès qu’elle arrive à Tokyo, Nanami appelle son frère, Nagio afin qu’il vienne à leur rencontre. Durant le voyage à Hiroshima, Nanami a découvert le lien qui unissait son frère et son amie d’enfance, Tôko.

 

Nanami se rend à la gare afin d’y accueillir son père. Elle lui demande la raison de son voyage à Hiroshima. Il a rendu visite à des personnes qui avaient connu sa sœur, Minami, disparu cinquante ans plus tôt.

 

 

En fin d’ouvrage, le lecteur trouve quelques explications ainsi qu’un plan de la ville d’Hiroshima.

 

L’auteur a rédigé une postface qui explique tout ce qui a précédé la création de cet ouvrage.

 

Ce récit qui se déroule sur plusieurs générations, nous fait entrer dans l’histoire d’une façon subtile et délicate. Les personnages ne font part d’aucun sentiment de haine, ni de vengeance. Tout n’est que pudeur, tendresse et retenue. Aucune polémique, aucun jugement dans cette histoire qui nous fait partager la vie de nombreux personnages confrontés malgré eux à des moments tragiques et douloureux. Mais la vie continue, même si les interrogations demeurent, même si les gens meurtris n’oublient pas. Les descendants, quant à eux, découvrent le passé familial d’une façon peu banale. Rien ne répare le passé, rien ne le change non plus, c’est pourquoi, il faut tenter de toujours tenir debout sans oublier, mais sans aussi se laisser tourmenter par ce qui fait mal. Un beau moment d’émotion.

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Published by Clélie - dans B.D
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