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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 10:40

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Scène 3

 

Maître Pathelin est de retour dans sa demeure. Après avoir fait marcher Guillemette, il lui montre le drap qu'il a obtenu. Guillemette s'en étonne et dit qu'"il vient d'aucune couverture. (i.e. "il provient d'une tromperie."). Maître Pathelin annonce que ce drap est déjà payé et que Guillemette ne doit pas se faire de souci.

 

Mais comme Guillemette sait que maître Pathelin n'avait pas d'argent quand il a quitté la maison, elle lui demande comment il a pu payer. Maître Pathelin répond qu'il avait "ung parisi" (i.e. "un sou de Paris."). Cela laisse Guillemette sceptique.

 

Après avoir évoqué la personne à qui il a acheté le tissu, maître Pathelin donne le nom du vendeur : Guillaume Joceaulme. Ensuite, il raconte comment il a réussi à avoir le tissu. Maître Pathelin s'est contenté de belles paroles sur la famille du drapier et sur sa marchandise. Avec ses propos ingénieux, il a obtenu, à crédit, six aunes de tissu, quant au payement, "on luy rendra le dyable !" (i.e. "on lui payera le diable !").

 

Guillemette conclut donc que maître Pathelin a agi comme dans la fable mettant en scène Maître Renard et le corbeau. Des flatteries ont suffi à duper le drapier.

 

Comme Guillaume Joceaulme, le drapier, doit venir manger de l'oie afin, en même temps, d'être payé, maître Pathelin annonce à Guillemette, la ruse qu'il veut mettre en place. Il s'agit de faire croire au drapier que maître Pathelin est malade depuis deux mois et qu'il est donc couché. Guillemette devra demander au drapier de parler plus bas. La femme promet de bien jouer son rôle mais rappelle à maître Pathelin que ce stratagème ne doit pas échouer, sinon il risque de tomber entre les mains de la justice. Il y a peu, il fut mis au pilori. Maître Pathelin fait taire Guillemette en lui rappelant que ce drap doit leur rester et qu'il leur faut garder leur sérieux. Guillemette promet de ne pas rire tandis que maître Pathelin part se coucher.

 

Scène 4

 

Le drapier se dit qu'il est temps d'aller chez maître Pathelin où il doit boire et manger puis recevoir son argent car maintenant il ne vendra rien de plus.

 

Scène 5

 

Le drapier arrive et appelle maître Pathelin. Aussitôt, Guillemette lui demande de parler plus bas. Le drapier ne comprend pas et réclame maître Pathelin. Guillemette, qui reproche au drapier de manquer de tact, lui apprend que son mari est au lit depuis "unze sepmaines sans partir !" (i.e. "onze semaines sans en bouger.").

 

Le drapier, toujours étonné face aux propos de Guillemette, finit par dire que maître Pathelin est venu, voilà peu, au marché où il a pris six aunes de drap. Il demande à être payé, ce à quoi Guillemette répond que l'instant n'est pas à la plaisanterie. Mais le drapier insiste et réclame ses neuf francs. Guillemette se fâche un peu tandis que le drapier continue de réclamer son argent et la venue de maître Pathelin.

 

Pris d'un doute, le drapier demande s'il est bien chez maître Pathelin. Guillemette répond au drapier qu'il est bien chez maître Pathelin et lui demande de parler plus bas.

 

Le drapier, agacé, dit encore une fois que maître Pathelin est venu chercher six aunes de drap ce jour. Guillemette, en criant de plus en plus fort, s'énerve davantage. Elle déclare que son mari est alité depuis onze semaines. C'est pourquoi le drapier n'a pas à raconter de telles choses.  D'ailleurs, le drapier fait remarquer à Guillemette qu'elle crie alors qu'elle a demandé de parler plus bas.

 

Une fois encore, le drapier réclame son argent et Guillemette emploie le même stratagème. Elle recommande de parler plus bas. Tandis que le drapier continue d'exiger son payement, Guillemette annonce que son mari "ne hobe ; / il n'a nul mestier d'avoir une robe ; / jamais robe ne vestira / que de blanc, ne ne partira / dont il est que les piés devant." (i.e. "ne bouge pas ; il n'a aucun besoin d'avoir une robe, jamais il ne revêtira d'autre robe que blanche, et il ne partira, d'où il est, que les pieds devant."). C'est pourquoi le drapier n'a pas à raconter de telles choses. D'ailleurs celui-ci fait remarquer à Guillemette qu'elle crie alors qu'elle a demandé de parler bas.

 

Soudain, maître Pathelin appelle Guillemette, car il désire quelque chose, ce qui semble rassurer le drapier.

 

Interrogé par Guillemette, qui estime que son mari est trop agité, maître Pathelin déclare voir "ung moisne noir qui vole !" Maître Pathelin affirme que les médecins l'ont mal soigné.

 

Guillemette demande au drapier de venir voir son époux qui "est si tresmal pacïent." (i.e. "souffre le martyre.").

 

Le drapier continue d'être ébaubi, mais il souhaite toujours toucher l'argent pour le drap vendu à crédit.

 

Maître Pathelin raconte au drapier, qu'il nomme maître Jean [appeler Guillaume maître Jean, c'est une manière de le traiter de niais, voire de mari trompé.], ses problèmes intestinaux. Bien sûr le drapier s'en moque et réclame son argent. Maître Pathelin fait la sourde oreille et poursuit sa conversation uniquement sur le plan médical.

Au même moment, Guillemette demande au drapier, qui veut toujours son argent, de quitter la maison puisque son mari prend le drapier pour un médecin.

 

Le drapier, qui rappelle que maître Pathelin est venu, ce jour-même, chercher du drap, commence à douter de ce qu'il a vu.

 

Guillemette tente de chasser le drapier en lui disant que sa présence dans la demeure pourrait faire naître des ragots, ce dont elle ne veut pas. Le drapier demande alors à Guillemette si elle a de l'oie à manger. Elle déclare que non.

Le drapier ne sait plus où est le vrai du faux, même s'il doute de plus en plus. Cependant, il s'en va.

 

À voix basse, maître Pathelin demande à Guillemette si le drapier est parti. Elle confirme et ajoute qu'il continue de grommeler. Elle demande à maître Pathelin, qui veut se lever, de rester encore couché car le drapier pourrait revenir.

 

Tous deux sont heureux d'avoir réussi à duper le drapier à l'égard duquel ils ont bien peu de sympathie. Ils évoquent ce qui vient de se passer et se moquent de lui.

 

Le drapier, toujours dans ses pensées, s'indigne et vocifère contre "cest advocat potatif" (i.e. cet ivrogne d'avocat." ; [jeu sur le mot potatif qui renvoie à la fois à potare "boire", donc "aviné" et à putatif donc "supposé"]). Il revient alors sur ses pas et appelle Guillemette.

 

Dès que maître Pathelin a annoncé à Guillemette qu'il allait faire semblant de délirer, la femme va ouvrir. Elle le reçoit en lui disant qu'il crie, lui, lui répond qu'elle rit !

 

Guillemette réplique aussitôt. Ce fait s'explique par l'état de santé de maître Pathelin qui délire. Mais cette réponse lui importe peu. Tout ce que veut le drapier, c'est son argent.

 

Maître Pathelin commence à délirer. Bien qu'il l'entende, le drapier n'est pas convaincu. Il veut son argent. Peu importe la façon dont il sera payé. Guillemette réussit toujours à répliquer et maître Pathelin poursuit son délire en provençal, en picard, en flamand et dans d'autres langues. Guillemette justifie toujours le fait qu'il soit capable de parler la langue dans laquelle maître Pathelin délire. Alors, le drapier oublie l'argent et finit par croire que maître Pathelin est bien malade. Guillemette enchaîne en disant que la mort de maître Pathelin est bien proche.

 

Finalement le drapier réalise que le temps de quitter les lieux est arrivé. Il l'annonce à Guillemette et lui présente ses excuses. Le drapier était, en effet, persuadé que maître Pathelin était bien venu chercher du drap ce matin…

 

Le drapier s'en va et se dit que le diable lui a joué un tour pour le tenter. Finalement peu importe qui a pu l'avoir, le drapier donne ce drap !

 

Maître Pathelin se lève et se réjouit de sa réussite. Guillemette est heureuse aussi. Elle a bien joué son rôle. Les voilà avec de quoi faire des robes, conclut maître Pathelin.

 

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE

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