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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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17 septembre 2009 4 17 /09 /septembre /2009 10:57

Source

Cette pièce, dont l'auteur est resté anonyme, fut présentée pour la première fois entre 1456 et 1469. Nous sommes alors à l'aube du règne de Louis XI (1461).

 

Cette pièce n'a pas de morale explicite. Il est vrai que personne n'est innocent.

 

Une farce –genre dramatique- est comique. Ce qui fait aussi l'originalité de cette pièce, c'est sa longueur : 1599 vers, farces et sotties en ayant d'habitude environ cinq cents.

 

Michel Rousse a mis en évidence les points de ruptures qui interviennent tous les cinq cents vers. Le texte peut donc se découper en trois actes :

- Le vol du drap.

- Le délire de maître Pathelin.

- L'épisode du berger.

 

Si l'on sait que certaines expressions de cette pièce devinrent des proverbes, on ne s'étonnera pas du succès immédiat de cette pièce en cette fin de Moyen Âge. Elle fut même adaptée en vers latins  sous le titre Veterator et imitée par François Rabelais qui fera de Pierre Pathelin un Panurge et de Guillaume Joceaulme un Dindenault.

 

Ce texte fut publié six fois avant 1500.

 

L'auteur a utilisé les ressources du comique dans cette satire de la justice et du commerce. La pièce tourne autour d'un seul thème qui se résume ainsi : "À trompeur, trompeur et demi."

Pierre Pathelin, avec l'aide de Guillemette, trompe le drapier Guillaume Joceaulme, mais Pierre Pathelin est trompé à son tour par le berger Thibault Aignelet.

 

Les traits de caractères des personnages sont mis en avant. Le drapier méprise le client. Sa vanité, son amour du gain et la joie qu'il éprouve à tromper font toute sa personnalité. Cet homme est facile à duper. Cet homme est aussi le représentant du monde de l'argent puisqu'il est un commerçant qui vole le client et un propriétaire qui vole le berger.

 

Maître Pathelin, quant à lui, est intelligent plutôt que savant. Toutefois, il a un peu de culture et possède quelques savoirs. Il sait par exemple parler le latin et plusieurs patois. Connaissant bien les hommes, il sait les tromper et les manipuler. Bien qu'il soit doué quelle que soit la situation, maître Pathelin est réduit à la misère. Aussi malicieux que Goupil le Renart, maître Pathelin connaît quelques défaillances, ce qui fait de lui tantôt un homme triomphant, tantôt un homme vaincu.

 

Le langage est aussi au centre de la pièce. Le double langage est courant donc souvent trompeur. Les noms sont aussi porteurs de sens. Patelin a le sens de "façon étrange de parler." Il désigne aussi un "beau parleur." Guillaume, au Moyen Âge, s'emploie aussi comme nom commun et désigne un "niais" ou un "mari trompé." Le prénom Guillaume est aussi à rapprocher de guiller qui signifie "tromper." S'il est vrai que le nom de Guillaume désigne la sottise, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un sot qui peut être rusé, donc capable de tromper.

Guillemette était donnée aux filles peu farouches.

Thibault était aussi l'un des noms que l'on donnait aux maris trompés.

 

La Farce de maître Pierre Pathelin marque aussi une étape dans le monde médiéval. Dans cette pièce, où la ruse est une arme utile contre le malheur, nous avons un univers qui connaît des changements importants aussi bien dans les mœurs que dans les mentalités : les idéaux du Moyen Âge, les limites du monde connu.

 

La pièce compte cinq personnes et dix scènes.

 

Maître Pierre Pathelin, avocat.

Guillemette, femme de Pathelin.

Guillaume Joceaulme, drapier.

Thibault Aignelet, berger.

Le juge.

 

Scène 1

 

Maître Pierre Pathelin et Guillemette discutent. Malgré tous les efforts qu'il fait, Pierre Pathelin ne parvient pas à gagner sa vie alors que qu'auparavant il plaidait. Guillemette le déplore aussi, mais les temps ont changé et personne ne fait plus appel à maître Pathelin. Il est vrai qu'à ce jour, tous deux  ne mangent pas à leur faim et leurs "robbes sont plus qu'estamine/ reses, […]" (i.e. "habits sont plus transparents qu'une étamine.").

 

Maître Pathelin demande à Guillemette de se taire et lui annonce que bientôt il aura de quoi les vêtir correctement.

Guillemette sait qu'il obtiendra ce qu'il désire par la ruse, car comme avocat, maître Pathelin est doué dans l'art de tromper, comme bien d'autres gens !

 

Guillemette demande comment il pourra acheter du tissu puisqu'il n'a pas le moindre argent. Maître Pathelin se contente  de répondre qu'il réussitra à avoir du drap pour tous les deux. Si jamais, il n'y arrivait pas, Guillemette pourrait toujours le traiter de menteur. Maître Pathelin propose même à Guillemette de choisir la couleur du tissu. Mais la jeune femme estime que personne ne fera crédit à maître Pathelin, qui lui, le croit.

 

Après avoir annoncé ce qu'il choisira et après avoir demandé à Guillemette de garder la maison, maître Pathelin part.

 

 

Scène 2

 

Maître Pathelin se rend à l'étal de Guillaume Joceaulme, le drapier. Maître Pathelin se montre extrêmement poli envers le drapier et s'inquiète de sa santé. Il lui demande aussi si son commerce se porte bien. Le drapier déclare que sa santé est bonne, quant au commerce, "ne font pas tousjours a leur guise." (i.e. "tout ne va pas toujours comme on veut.")

 

Maître Pathelin fait l'éloge du défunt père du drapier. Cet homme avait toutes les qualités et maître Pathelin l'avait souvent côtoyé de son vivant. Le drapier invite alors maître Pathelin à s'asseoir, ce qu'il accepte. Selon maître Pathelin, le père du drapier lui avait raconté que son fils lui ressemblait comme deux gouttes d'eau. Maître Pathelin demande aussi des nouvelles de Laurence, la tante du drapier dont il fait l'éloge. Puis une fois encore maître Pathelin parle du père du drapier :

 

Le bon preudomme, et si prestoit

Ses denrees a qui les vouloit !

Dieu luy pardoint ! Il me soulloit

Tousjours de si tresbon cuer rire

 

(i.e. "le brave homme, et il vendait à crédit ses marchandises à qui les voulait ! Que Dieu lui pardonne ! Il avait l'habitude de m'accueillir toujours avec un sourire.").

 

Enfin maître Pathelin en vient au tissu :

Que ce drap ycy est bien fait,

Qu'il est souëf, doulx et traictis !

 

(i.e. "que ce drap-ci est bien fait, qu'il est soyeux, doux, souple !")

 

Ce à quoi le drapier lui répond qu'il l'a fait faire avec de la laine de ses brebis. Tout en reconnaissant que le drapier est bien le digne fils de son père, maître Pathelin continue d'interroger Guillaume Joceaulme sur les différents tissus qu'il vend, bien qu'il n'ait pas l'intention d'acheter puisqu'il a "mis appart quatre vings/ escus pour retraire une rente." (i.e. "mis de côté quatre-vingts écus pour racheter une rente."). Mais le tissu du drapier lui plaît tant qu'il en a envie et promet alors d'en acheter.

 

Maître Pathelin poursuit son petit jeu. Comme il est question d'argent, le drapier est intéressé, d'autant plus que maître Pathelin ne marchande pas. Dès que le drapier a donné les informations sur le prix du drap, maître Pathelin essaie de négocier mais sans y parvenir. Il demande alors six aunes [une aune représente un mètre vingt]. Ils mesurent le tissus ensemble.

 

Après avoir entendu la réflexion de maître Pathelin, le drapier demande s'il doit remesurer. Maître Pathelin refuse alors et demande le prix qui est de six écus.

Ensuite, maître Pathelin demande au draper de lui faire crédit jusqu'à ce qu'il vienne se faire payer chez maître Pathelin. Le drapier estime que cela lui fera faire un grand détour, mais maître Pathelin lui promet qu'il prendra un verre, aura son paiement en écu d'or et non en monnaie [les écus d'or étaient plus recherchés car moins portés à se dévaluer, ce qui n'était pas le cas de la monnaie] et qu'il pourra manger de l'oie. Le drapier accepte alors et dit qu'il amènera le drap. Prétextant que le drapier n'a pas à se donner cette peine, maître Pathelin met l'étoffe sous le bras. Le drapier se laisse faire mais demande à être réglé dès son arrivée chez maître Pathelin.

Maître Pathelin confirme qu'il en sera bien ainsi et fixe le rendez-vous. Guillaume Joceaulme lui rappelle qu'il veut être payé en or.

 

Une fois seul, sur le chemin, maître Pathelin se dit que le drapier ne lui a pas vendu ce tissu à son prix mais au sien.

 

Resté seul, le drapier estime qu'il s'y est bien pris puisque "pour vingt et quatre solz l'aulne, / a prins drap qui n'en vault pas vingt." (i.e. "pour vingt-quatre sous l'aune, il a pris du drap qui n'en vaut pas vingt.").

 

 

 

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

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