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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 10:28

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L'humour britannique fait toujours plaisir… Ce roman, assez court, est et ne peut qu'être britannique…. Paru en 2007 au Royaume Uni sous le titre The Uncommon Reader, ce roman met en scène la reine d'Angleterre devenue lectrice. Vous aurez le sourire en la lisant…

 

 

À Windsor avait lieu un banquet d'apparat auquel le président de la République française participait. La reine, qui se trouvait à ses côtés, l'interrogea discrètement au sujet de l'écrivain Jean Genet. Elle désirait savoir s'il avait été "un mauvais garçon." Le président, connaissant peu de chose au sujet de cet écrivain, chercha le ministre de la culture, mais il était occupé "avec l'archevêque de Canterbury."

 

Ce qui venait d'arriver était dû aux chiens de Sa Majesté. Alors qu'à l'ordinaire, lors de leurs promenades, les chiens revenaient toujours sur les "marches du perron." Ils avaient, ce jour-là, disparu "à l'angle du bâtiment." En suivant les chiens, la reine arriva près du "bibliobus de la commune de Westminster." Comme les chiens continuaient d'aboyer, la reine entra dans le bibliobus" afin de s'excuser pour ce vacarme."

 

Le chauffeur vaquait à ses occupations et un jeune homme lisait. Tous deux furent si surpris de voir la reine qu'ils eurent des gestes maladroits.

Après avoir tenté de calmer ses chiens qui se trouvaient à l'extérieur, la reine poursuivit la conversation avec les deux hommes.

Le chauffeur, qui était aussi le bibliothécaire, se présenta. Il se nommait M. Hutchings et venait chaque mercredi. Le lecteur, Norman Seakins, qui travaillait en cuisine, venait souvent ici.

 

La reine proposa d'emprunter un ouvrage et demanda conseil. Le bibliothécaire interrogea la reine sur ses goûts. Elle hésita et tenta de gagner du temps en posant quelques questions. Finalement, elle aperçut sur une étagère un ouvrage d'Ivy Compton-Burnett qu'elle prit. Cette romancière, anoblie par la reine, n'était plus populaire lui révéla M. Hutchings. La reine dit au revoir, puis quitta les lieux pour retrouver son palais.

 

Sachant que la lecture du roman d'Ivy Compton-Burnett "demandait un certain temps", M. Hutchings estima que la reine avait pris ce livre par politesse. Une telle lectrice permettrait de maintenir l'usage menacé du bibliobus.

 

De retour chez elle, la reine annonça à son époux qu'un bibliobus venait au palais chaque mercredi. Après avoir échangé quelques mots, le duc alla se coucher tandis que son épouse ouvrait son livre.

 

La semaine suivante, la reine parvint à se défaire de son secrétaire particulier pour se rendre au bibliobus. "Cette deuxième visite s'avéra plus calme." La reine retrouva Norman Seakins et M. Hutchings. Il fut question de la lecture de la reine et de Nancy Mitford, romancière dont la sœur avait épousé Mosley, le fondateur du parti néo-nazi anglais.

En fait, "le choix de La Poursuite de l'amour se révéla particulièrement judicieux et à sa manière décisif."

 

La lecture de ce roman l'absorba à un tel point que le lendemain, elle prétendit être enrhumée pour poursuivre sa lecture. Stratagème qu'elle utilisera plusieurs fois et "dont certains devaient avoir de lourdes conséquences."

 

Le jour d'après, la reine devait avoir un entretien avec son secrétaire particulier au sujet des ressources humaines. La reine promut le jeune Norman Seakins à son étage.

La première chose que le jeune homme eut à faire, fut de rapporter, le mercredi suivant, le livre au bibliobus, la reine devant être à Nuneaton. Norman Seakins devait, entre autres, "choisir à son attention tout autre volume susceptible de l'intéresser." M. Hutchings rappela à Norman Seakins que la reine aimait les chiens, le jeune homme choisit "le roman de J.R. Ackerley, Mon chien Tulipe, alors qu'il s'agissait d'un livre gay.

 

Norman, qui déposa les ouvrages dans les appartements de la reine, fut aperçu par le duc. Ce jour même, la reine évoqua avec le jeune homme, le livre qu'il avait choisi. La reine lut d'abord le deuxième volume de Nancy Mitford, L'Amour dans un climat froid qu'elle avait demandé puis commença Mon chien Tulipe. Quand elle l'eut terminé, "elle envoya Norman […] emprunter à la bibliothèque royale de Londres" l'autobiographie rédigée par J.R. Ackerley." Norman fut tellement enthousiasmé par le lieu que la reine décida de l'accompagner la fois suivante.

 

La reine apprit, lors de la lecture de cet ouvrage, que J.R. Ackerley était homosexuel et qu'il avait travaillé à la B.B.C.

Chaque lecture entraînait la reine vers une autre et ouvrait la porte des souvenirs : celle des écrivains que Sa Majesté avait rencontrés. Elle estimait que des opportunités avaient existé mais n'avaient pas été saisies.

 

La reine lisait de plus en plus. Norman avait d'ailleurs un lien particulier avec la souveraine qui avait choisi de le surnommé son "tabellion particulier", statut qui déplaisait aux autres pages.

 

La reine ne se contentait plus du bibliobus. Elle prenait aussi des ouvrages dans différentes bibliothèques dont la sienne.

 

Deux mercredis de suite, le bibliobus ne vint pas. Norman fut chargé d'en découvrir la raison. M. Hutchings lui expliqua que les responsables des bibliobus itinérants n'avait sans doute pas cru que la reine venait dans ce bibliobus.

 

Lorsque Norman rapporta ces propos à la reine, cette dernière ne fut pas surprise. En plus, la reine réalisa que son goût pour la lecture était mal perçu.

Certes, M. Hutchings ne venait plus avec son bibliobus, mais il fut inscrit sur le tableau d'honneur royal ce qui ne parvint qu'à déplaire à Kevin Scatchard, le secrétaire néo-zélandais de la reine, sensé incarné le renouveau.

 

Selon ce secrétaire, la lecture n'était qu'un passe-temps, alors que pour la reine, "les livres [étaient] tout sauf un passe-temps. Ils [étaient] pour vous parler d'autres vies, d'autres mondes." Néanmoins, cela poussa la reine à s'interroger sur son goût soudain pour la lecture alors qu'elle avait pu voir lors de ses nombreux voyages, ce dont il était question dans la plupart des ouvrages. La reine trouva un sens à ses lectures : "Les livres ne se souciaient pas de leurs lecteurs, ni même de savoir s'ils étaient lus. Tout le monde était égal devant eux, y compris elle."

 

Chaque automne, la reine devait se rendre à l'ouverture annuelle des sessions du Parlement, chose qu'elle aimait faire. Parce qu'elle avait oublié l'ouvrage qu'elle lisait et que lui apporta fort discrètement Norman, la reine arriva quelques minutes en retard.

"Arrivée à Westminster, en prévision du retour, elle glissa l'objet du délit sous un coussin, à l'intérieur du carrosse." Dès que le discours fut achevé, la reine reprit le carrosse et ne retrouva pas son livre. Découvert, en effet, par les chiens renifleurs, le livre avait été emporté par les services de sécurité avait expliqué le valet de pied de la reine.

 

La reine percevait que son goût pour les lectures provoquait une certaine hostilité. Néanmoins, elle demanda à obtenir pour le lendemain un exemplaire du livre soi-disant détruit.

 

Les chiens de la reine, mécontents de leur maîtresse lectrice, détruisaient les livres qui pouvaient tomber sur le tapis. De même que les chiens n'appréciaient guère Norman, de même sir Kevin était irrité par la proximité du jeune homme avec la reine.

 

Devant se rendre au Pays de Galles, la reine, en compagnie de Kevin, fit entrer Norman dans son bureau et le questionna sur les lectures qu'elle pourrait faire dans le cadre de ce voyage. Il restait Kilvert, "un vicaire du XIX e siècle, […] [qui] vivait en bordure du pays de Galles et aimait beaucoup les petites filles."

La reine écouta sir Kevin lui parler de sa future visite au pays de Galles, puis replongea dans sa lecture, l'entretien étant fini.

 

La reine fit donc son voyage durant lequel elle rencontra comme à chaque fois quelques-uns de ses sujets, mais cette fois, au lieu de simples échanges habituels, la reine demanda à ses sujets ce qu'ils lisaient. Mais comme la plupart de ses sujets ne lisaient pas, ils ne  purent pas répondre à sa question. Ceci ne découragea pas la reine qui parla de ses lectures et présenta l'ouvrage qu'elle était en train de lire. L'attitude de la reine déconcerta ses sujets et obligea ceux qui étaient à son service à s'organiser autrement.

Par contre, la famille royale appréciait tout à fait son engouement pour la lecture, car elle "avait sur [la reine] un effet bénéfique."

 

Le temps passant, la reine changea ses habitudes. Elle commença à prendre des notes lors de ses lectures et à faire des distinctions entre les ouvrages.

La reine avait le "sentiment d'avoir à rattraper le temps perdu", ce qui la poussait à lire encore et toujours. Elle décida aussi qu'il fallait rencontrer les auteurs qu'elle avait lus. C'est pourquoi, elle organisa une réception. Elle ne souhaita pas que les écrivains fussent briefés, ce qui fut une mauvaise idée.

 

Lorsque les écrivains se retrouvèrent entre eux, ils furent "d'un naturel bruyant, volubile et cancanier." La reine "se retrouvait brusquement empruntée et mal à l'aise." Elle ne parvint pas à trouver les mots, l'écrivain, avec lequel la reine s'entretenait, "refusait obstinément d'évoquer son dernier best-seller et ne s'intéressait qu'à celui qu'il était en train d'écrire." La reine songea donc qu'il valait mieux lire les ouvrages de ces auteurs contemporains que de les rencontrer. Il n'y eut qu'une soirée de ce genre et la reine "renonça pour l'essentiel à rencontrer et même à lire ses contemporains." Elle se consacra aux classiques : "Dickens, Thackeray, George Eliot et les Brontë."

 

Chaque mardi soir, la reine recevait son Premier ministre. Ce rituel, au cours duquel la reine avait accumulé une certaine expérience, permettait au Premier ministre de rapporter ce dont il avait été question des derniers temps. Il parlait, la reine écoutait et acquiesçait simplement.

 

À la fin de cette entrevue, la reine proposa de mettre en scène les vœux de fin d'année différemment. Elle souhaitait être filmée en train de lire l'un des poèmes de Thomas Hardy, "La double convergence." Ce poème décrivait "le choc entre le Titanic et l'iceberg." Le Premier ministre chercha la finalité du geste, puis estimant que le message délivré serait plutôt négatif, préféra parler de "la visite de [Sa] Majesté en Afrique du Sud."

 

Toutefois, la reine arriva à ses fins. Elle commença son allocution de Noël "avec le premier paragraphe d'Un conte de deux villes de Dickens ("C'était la plus belle et la pire des époques…") et s'en tira d'ailleurs plutôt bien."

 

C'est pourquoi la reine désira encore lire en public. Elle appela l'archevêque de Canterbury afin de savoir si sa fonction lui permettait de lire la leçon durant l'office. Ayant appris qu'elle le pouvait, elle commença par le Lévitique. Elle fit d'autres lectures en public.

 

La lecture avait pris une telle place dans le quotidien de la souveraine que cette dernière accomplissait ses obligations désormais jugées pesantes. L'amour de la lecture était devenu aussi un poids.

FIN DE LA PREMIÈRE PARTIE

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