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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 10:39

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PÉRIODE ORIENTALISANTE (720 – 580)

 

La période orientalisante est, tout comme la période archaïque, l'apogée de la civilisation étrusque.

 

Il faut noter, toutefois, qu'orientalisant n'est pas synonyme d'oriental. Le choix de cet adjectif –orientalisant- évoque ce qui est arrivé, non seulement en Étrurie du bassin oriental de la Méditerranée mais aussi à Chypre, en Égypte et en Phénicie vers la fin du VIII e siècle avant notre ère.

 

À partir de cette époque, nous avons des objets finis, souvent dans des métaux précieux ou des matériaux exotiques. Quelques personnes –artistes ou artisans- en nombre limité, sont arrivées en Étrurie avec leur savoir-faire et leur technique. À peine installés, ils façonnèrent des objets semblables à des chefs d'œuvres proche-orientaux. Ensuite, ils transmirent leur savoir aux artisans locaux qui cherchèrent alors à les imiter.

 

L'orientalisant étrusque se caractérise donc par l'adoption et le mélange de différents motifs provenant du répertoire oriental au sens large. Les Étrusques s'approprièrent quelques-uns de ces motifs en les adaptant selon leur goût, notamment les motifs du fauve réel comme le lion ou mythique comme le sphinx ou le griffon.

 

Les archéologues éprouvent parfois des difficultés à déterminer si un objet dit orientalisant a été importé ou fabriqué en Étrurie par un artisan installé depuis peu sur le sol étrusque.

La situle (i.e. un petit seau) en argent doré découverte à Chiusi, qui date du VII e siècle avant notre ère, illustre très bien cette difficulté.

 

Sur cette situle, où est inscrit le nom du propriétaire –Plikasna-, de nombreux personnages ont une apparence phénicienne. Pourtant, parmi ces individus, figurent des guerriers portant des casques à cimier comme en portaient les Corinthiens. D'autres personnages sont typiquement étrusques comme ces deux pugilistes accompagnés d'un joueur de flûte, ce qui pour les Anciens est une habitude typiquement étrusque. Cette situle est donc un véritable patchwork. Certains pensent qu'elle a pu être fabriquée à Caeré, ville où plusieurs artisans grecs étaient venus s'installer.

 

Si la date de 720 avant notre ère a été choisie comme début de la période orientalisante, il faut préciser toutefois que chaque cité n'a pas évolué de la même façon. Les cités d'Étrurie méridionales ont, en effet, eu plus tôt des contacts avec les colons eubéens.

 

À la fin du VIII e siècle avant notre ère, les Étrusques découvrirent l'alphabet grec – l'alphabet eubéen- qu'ils adaptèrent à leur propre système phonétique. La diffusion de l'écriture fut alors rapide. Cependant il ne faut pas négliger l'apport de la fin de la période villanovienne : la proto-urbanisation en Étrurie. Les villes peuplées, qui se développèrent dans cette zone, étaient aptes non seulement à s'épanouir mais aussi à accueillir tous les apports extérieurs.

 

À l'Est de l'Italie, les importations de la Grèce continentale et de la Grèce d'Asie Mineure deviennent prépondérantes à l'orientalisant récent (i.e. après 630 avant notre ère). Au Nord et à l'Ouest de l'Italie, les influences sont hallstattiennes.

Parmi les objets importés, nous trouvons de l'ambre qui vient d'Europe septentrionale, des ivoires et des œufs d'autruche qui viennent sans doute d'Afrique, de la faïence égyptienne, de la céramique eubéenne et de vases corinthiens contenant aussi bien de l'huile que du vin.

 

Un récit nous apprend que, vers 650 avant notre ère, un riche négociant corinthien, prénommé Démarate, fut chassé de son pays confronté à des troubles politiques et à l'arrivée au pouvoir du tyran Cypsélos. Accompagné de sa famille et de quelques artisans, il se réfugia en Étrurie avec laquelle il entretenait des liens commerciaux depuis longtemps. Cet homme n'est autre que le père Lucumon que nous connaissons sous le nom de Tarquin l'Ancien. L'influence de l'art corinthien sur l'art étrusque est donc indéniable.

 

Si nous savons que les Étrusques subirent l'influence des artisans originaires d'autres contrées, nous savons aussi que les Étrusques, en pleine expansion, exportèrent ce qu'ils produisaient. Il ne s'agissait pas seulement d'échanges commerciaux mais aussi de dons faits entre grands personnages. Par exemple, à Olympie, comme dans d'autres sanctuaires hellénistiques, se trouvent de nombreux bronzes étrusques.

 

 

Les princes

 

À l'époque orientalisante, une caste puissante d'aristocrates se met en place. Il s'agit de princes d'Étrurie qui avaient l'habitude de pratiquer l'échange de dons prestigieux.

Ces princes orientalisants sont ensevelis dans des tumulus –qui seraient peut-être d'origine orientale- et dont nous notons l'apparition à cette époque. L'incinération est remplacée petit à petit par l'inhumation.

Les tumulus peuvent atteindre un diamètre de cinquante mètres. Les premières tombes creusées, dans le tumulus, sont ouvertes vers le Nord Ouest puisque c'est le siège des dieux infernaux.

Le plan des tombes d'époque orientalisante demeure simple. Cependant, certaines tombes ont un décor sculpté et du mobilier assez raffiné. Des sculptures funéraires en pierre, d'inspiration syro-hittite, datant du VII e siècle avant notre ère, ont été découvertes dans la tomba delle Statue près de Caeré.

 

Au VII e siècle, l'orfèvrerie étrusque atteint une perfection jusqu'alors inégalée. Les Étrusques sont parvenus à améliorer les techniques de la granulation (réduire des fils d'or en boules minuscules afin de les fixer grâce à une soudure quasi invisible) et du filigrane (étirer l'or en fils très fins) connues en Orient depuis le VIII e siècle. Des objets de grand luxe ont d'ailleurs été trouvés dans plusieurs tombes, notamment dans la tombe Regolini-Galassi. Ces objets funéraires somptueux pouvaient aussi bien être destinés aux hommes et aux femmes. À cet égard, nous remarquons que les princesses étrusques de l'orientalisant ne furent jamais inférieures aux princes dans la mort.

 

Les tombes princières les plus connues sont à Caeré, Vetulonia, Populonia, Pontecagnano.

En Romagne, près de Rimini, à Verucchio, la tombe n°85 avait de nombreux objets en céramique, en ambre et en bronze, et fait rare, en bois (cette matière n'est que peu fréquemment conservée). Il s'agit d'un trône et de trois tables tripodes qui font songer à la façon dont banquetait l'aristocratie.

Parmi les objets funéraires, le char à deux roues est représentatif du statut aristocratique du défunt qu'il soit homme ou femme.

Nous les trouvons surtout en Italie centrale. En effet, le char permettait, lors du vivant du défunt, de se déplacer sur la totalité de son domaine agricole qui était alors la base de sa richesse et de sa puissance.

 

Dans une quinzaine de tombes aristocratiques ou princières du VII e siècle avant notre ère, nous trouvons parfois un objet étrange : un petit instrument de bronze qui ressemble à une actuelle râpe à fromage…. Et qui en est une !!!

Nous parvenons maintenant à mettre en relation cet objet avec un passage de l'Iliade d'Homère (chant XI, vers 629 à 641). La râpe à fromage était alors un instrument nécessaire à la consommation du vin. Les Étrusques de l'aristocratie avaient adopté cette habitude alimentaire de nature héroïque.

 

Les demeures des princes

 

Des fouilles réalisées à Murlo (Poggio Civitate), qui se trouve au Sud de Sienne et à Acquarossa, ont fourni aux archéologues des renseignements sur les résidences princières. Deux phases de construction ont été identifiées : la première est du milieu du VII e siècle et la seconde du début du VI e siècle avant notre ère.

Murlo, qui se trouve en Étrurie septentrionale, avait un palais totalement isolé, tandis qu'Acquarossa, en Étrurie méridionale, avait un palais entouré d'environ cent maisons et pratiquement au cœur de l'agglomération.

Seul le plan de la période archaïque du palais de Murlo est connu : un édifice carré avec quatre ailes portiquées autour d'une cour. Ce plan rappelle les palais orientaux dont celui de Larissa en Éolide.

 

Par contre, la richesse des princes de Murlo ne fait aucun doute : céramiques –de très grande qualité- importées de tout le monde grec et du reste de l'Étrurie, des bronzes, des ivoires et des bijoux en or.

Ces fouilles ont aussi permis de mettre en évidence l'utilisation de terre cuite pour le décor architectonique. Nous savons maintenant que si les temples pouvaient recevoir de tels éléments, les palais aussi. Ainsi, les palais d'Acquarossa et de Murlo (avec un acrotère représentant un chevalier) étaient surmontés, dès le VII e siècle avant notre ère, d'acrotères en terre cuite fabriqués d'ailleurs sur place, l'analyse de l'argile des statues le confirmant.

 

Les urnes-cabanes villanoviennes et les urnes peintes en forme de maison de Cerveteri ont reproduit ces modèles pour les défunts.

 

Un objet typiquement étrusque : le bucchero

 

Durant la période orientalisante, vers 670 avant notre ère, apparaît le bucchero. Il s'agit de ce que certains prénomment la céramique nationale des Étrusques.

Nous le trouvons aussi bien dans les habitations que dans les tombes.

Le bucchero est une poterie tournée de couleur noire finement lustrée. Cette céramique, sans vernis, ni peinture, fut produite dans les régions fortement étrusquisées comme le Latium.

Ces vases noires apparaissent pour la première fois en 670 avant notre ère dans des tombes des Cerveteri. D'autres vases furent produits à Véies et à Tarquinia.

 

Les Étrusques sont donc passés de l'impasto –les vases de la période villanovienne- au bucchero, qui bien que typique de la phase orientalisante, s'inspire de différentes productions grecques ou/et orientales.

Cet objet, qui connut un essor considérable aussi bien en Étrurie que dans tout le bassin méditerranéen, se présente sous différentes formes.

Les premières séries reçoivent le nom de bucchero sottile et proviennent d'ateliers d'Étrurie méridionale. Ensuite nous avons le bucchero pesante qui est produit en Étrurie intérieure, ce fut d'ailleurs l'une des spécialités de Chiusi, mais toutes les cités étrusques ont produit ces objets.

Nous avons découvert le bucchero en Étrurie padane, en Campanie. Exporté, le bucchero atteignit la Grèce, la Turquie, l'Égypte, Carthage et la Gaule. Durant un siècle, à partir de 650 avant notre ère, le bucchero sera exporté. Ce qui correspond à l'apogée de l'Étrurie.

En Gaule, le bucchero est présent dans les environs de Marseille, mais d'autres objets ont été mis à jour comme des amphores étrusques. Certains archéologues ont même avancé l'hypothèse que les Étrusques auraient fait connaître le vin aux Gaulois vers la fin du VII e siècle avant notre ère !

Dans le reste de la Gaule, le bucchero n'est pas l'objet le plus fréquent. À Bourges, les objets découverts datent des VIII et VII e siècle. Il s'agit de fibules et d'autres objets de parure.

 

Dès le VII e siècle, les cités-États se constituent progressivement. Le développement urbain prend, entre autres, la place des grandes résidences aristocratiques et des palais dynastiques.

FIN DE LA DEUXIÈME PARTIE

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Published by Clélie - dans Histoire
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