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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 10:00

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Publié avec le concours du Centre nationale des Lettres, cet ouvrage est présenté par André Crépin qui a traduit les différents textes qui composent le livre.

 

Beowulf ayant déjà été fait l'objet des plusieurs articles en littérature anglaise, il ne sera pas présenté de nouveau. Nous aborderons donc les quatre autres textes qui se trouvent dans cet ouvrage, à savoir Judith, La Bataille de Maldon, Plainte de l'exilée et Exaltation de la Croix.

 

Quelques mots sur ces poèmes rédigés en vieil anglais…

 

La littérature écrite en vieil anglais représente les écrits les plus anciens qui ont survécu à l'Empire romain. Les poèmes dont nous allons parler, nous sont connus grâce à quatre manuscrits datant de l'an Mil. 30 535 vers en vieil anglais sont parvenus jusqu'à nous. Il s'agit de poèmes recopiés, ce qui ne nous permet pas de savoir quand furent composés, pour la première fois, ces poèmes.

Le poème héroïque glorifie un héros qui incarne les vertus qui assurent à la fois la cohésion sociale et le salut dans l'au delà.

 

Judith

 

Ce poème célèbre la confiance en la toute puissance de Dieu. Bien que le début du poème soit manquant, il est permis de croire, grâce à quelques éléments linguistiques, que le poème fut écrit vers 930.

Judith est héroïque par son dévouement. Holopherne et ses hommes, qui sont des Assyriens, sont présentés en terme traditionnel de chef et de vassaux. Les Hébreux, quant à eux, symbolisent une espèce de démocratie qui ne dépend que de Dieu, ce que souligne d'ailleurs Judith à la fin de ce poème.

 

LE TEXTE

Le début est manquant et commence par les derniers vers du chant IX. Nous n'avons que les trois chants suivants.

 

Judith, persuadée de l'assistance de Dieu, quelles que soient les épreuves, se trouvait depuis quatre jours dans la demeure d'Holopherne. Ce dernier avait convié "tous les vétérans d'entre ses vassaux" à un festin.

 

Chant X

Dans la grande salle, Holopherne et ses invités buvaient beaucoup. Durant toute la journée, il fit servir du vin aux "nobles de sa suite" qui finirent par être "étendus ivres morts, sans force ni valeur."

À la fin de la journée, Holopherne exigea que "la sainte fille fût amenée sans tarder dans le lit où il reposerait, parée de ses bijoux, ornée de ses bracelets." Il fut obéi par ses guerriers. Ces derniers virent confirmer à Holopherne, leur satrape, que la jeune femme avait été "menée dans son pavillon."

Holopherne se réjouissait à la "pensée de salir et de souiller cette femme brillante de pureté." Mais Dieu veillait sur Judith.

Le satrape, "enivré de vin", s'effondra sur son lit. Judith, "la fille aux cheveux tressés, la créature de Dieu", après avoir réfléchi à la façon d'échapper à cet homme, "saisit un glaive tranchant" et demanda à Dieu de l'assister dans son geste. "Elle saisit le païen fermement par la chevelure", puis par deux fois, elle le frappa si fort que sa tête roula sur le sol. L'esprit de Holopherne, quant à lui, tomba en Enfer pour l'éternité.

 

Chant XI

"Judith au combat avait acquis et la gloire et la vie" que Dieu lui avait offert.

Accompagnée de sa servante fidèle, Judith "emporta la tête ensanglantée du conquérant" cachée dans un panier jusqu'à leur cité de Béthulie. Lorsqu'elles eurent atteint la porte des remparts, Judith demanda "qu'un homme sorte de la vaste cité et vienne à sa rencontre.". Elle annonça à son peuple que Dieu allait donner gloire et prospérité aux siens après tant de souffrance.

Le bonheur des habitants était immense. Le peuple se dirigea alors vers elle.

Sur ordre de sa maîtresse, la servante montra à la foule, la tête ensanglantée du tyran, tandis que Judith exhortait les siens à reprendre les armes afin d'affronter les hommes de Holopherne.

Au point du jour, "les héros casqués quittèrent la ville sainte". Les Hébreux se dirigèrent vers le camp des Assyriens qui périrent tous sans exceptions de la main des Hébreux.

 

Chant XII

"Ainsi les preux du pays, dès la naissance du jour, attaquèrent les tributs étrangères sans le moindre répit." Les Assyriens, encore abrutis d'hydromel, "apprirent le massacre" que venait de faire les Hébreux. Tous étaient désemparés et aucun de ces hommes n'osait se rendre dans le pavillon de Holopherne afin de lui raconter ce qui s'était passé.

Enfin, un guerrier, surmontant sa peur, entra dans le pavillon de Holopherne. Alors "il trouva sur le lit, gisant livide, celui qui distribuait l'or, sans plus un souffle, déserté par la vie."

"Fou de désarroi", il fit part à ses compagnons de la défaite qui les attendait. Les hommes "jetèrent leurs armes par terre, s'éloignèrent l'âme accablée, et prirent la fuite."

Les Assyriens furent poursuivis et décimés par les Hébreux. Les cadavres, qui jonchaient le sol, furent débarrassés de leurs armes.

Les hommes "rapportèrent en prix de leur expédition, […] le butin de Holopherne" qu'ils donnèrent à Judith.

"De tout cela Judith glorifia le Seigneur des armées, qui lui donna prestige, honneur sur la terre mais aussi récompense au ciel, […] pour avoir conservé foi parfaite dans le Tout-Puissant."

 

 

La Bataille de Maldon

 

Ce poème nous est connu grâce à une transcription réalisée au XVIII en 1726, le texte original ayant été détruit lors de l'incendie de la Bibliothèque Cottonienne en 1731.

Les faits racontés dans ce poème sont attestés dans l'histoire. En 991, une flotte de 93 navires de Vikings –il s'agit de Norvégiens- remonte le fleuve Panta (aujourd'hui Blackwater) et débarquent près de Maldon.  

Les Norvégiens parviennent à vaincre les Anglais et décapitent leur chef, Byrhtnoth. Le poème est d'ailleurs aussi connu sous le titre de La Mort de Byrhtnoth.

Le poème met en scène courage et loyauté. Après la mort de leur chef, Byrhtnoth, les hommes cherchent au combat leur propre mort. Mais cette exaltation de la fidélité au chef a aussi été perçue comme un simple exercice littéraire, certains minimisant à la fois les faits rapportés de cette bataille et le symbole que cette bataille représente.

Une autre lecture de ce court poème -325 vers seulement- est possible. Le texte peut être compris comme un appel à l'union contre l'envahisseur, c'est d'ailleurs l'interprétation qu'en fit Winston Churchill pendant la Seconde Guerre mondiale lorsqu'il cita quelques vers de ce poème.

Différents détails –noms des compagnons de Byrhtnoth, noms topographiques- suggèrent que l'auteur avait une bonne connaissance de ces événements.

Il est aisé pour les Français de voir une certaine ressemblance entre ce poème et La Chanson de Roland, mais il faut être prudent. Certes, dans les deux poèmes, il s'agit de glorieuses et meurtrières défaites, certes, certains procédés littéraires sont les mêmes (prière du héros mourant), certes il y a un déroulement linéaire des faits (ce qui n'est pas le cas dans Beowulf), mais les ressemblances s'arrêtent là. Il n'y a pas l'idée de croisade dans le poème en vieil anglais. Il est surtout question de suivre, jusque dans la mort, le chef défenseur de la terre des ancêtres.

 

LE TEXTE

Le début est manquant.

 

Le comte demanda à ses hommes de laisser leurs chevaux et de se mettre en marche pour combattre. Le neveu d'Offa laissa alors son faucon s'envoler. La détermination des hommes était grande. "[Eadric] montra âme vaillante tant que de ses mains il put tenir écu et large épée. Il fut loyal à son serment de précéder son maître partout dans la mêlée."

Byrhtnoth installa ses hommes.

Alors, "[…], l'envoyé des Vikings lança son message assorti de menaces des gens d'outre-mer à l'intention du comte debout sur la berge." Le message était simple. Si Byrhtnoth acceptait de donner toutes les richesses de son peuple, alors il n'y aurait pas de guerre.

Furieux, Byrhtnoth répliqua que lui et ses hommes étaient bien décidés à défendre son pays, "terre d'Aethelred".

 

Ces paroles dites, Byrhtnoth "commanda, boucliers aux bras, aux hommes d'avancer jusqu'à ce que sur la berge ils fussent tous postés."

Les Saxons faisaient front à l'armée des Vikings prête au combat.

Byrhtnoth avait pris soin de faire garder le gué par un guerrier de renom : Wulfstan.

Les Vikings, ayant compris que le gué, trop bien gardé, était infranchissable, usèrent d'un stratagème : "[…], [ils] demandèrent de pouvoir disposer d'un accès, traverser le gué, avancer à pied sec." Byrhtnoth, magnanime, accepta.

Les Vikings, ayant traversé le fleuve, se mirent en ordre de bataille. Aussitôt les guerriers de deux camps s'affrontèrent. "Les hommes tombaient, dans l'une et l'autre armées, les jeunes corps jonchaient le sol." Malgré les morts, Byrhtnonth exhortait ses hommes.

 

Byrhtnoth affronta l'ennemi. Blessé, la détermination de Byrhtnoth n'en fut que plus grande. Il tua plusieurs combattants ennemis.

Le princier vassal d'Aethelred, Byrhtnoth, fut transpercé par un javelot. Un jeune guerrier, Wulfmaer, qui se trouvait à ses côtés, le lui ôta et le renvoya dans le camp ennemi. Le javelot tua celui qui l'avait, le premier, envoyé.

Byrhtnoth tenta encore de combattre mais il n'avait plus assez de force. Il parvint encore à exalter ses hommes puis regardant les cieux, demanda grâce à Dieu.

Les païens achevèrent Byrhtnoth et tuèrent deux guerriers, Aelfnoth et Wulfmaer, qui se trouvaient auprès de leur chef.

Certains Saxons décidèrent alors de quitter le champ de bataille. "Les fils d'Odda furent les premiers à fuir." Mais d'autres hommes "s'avancèrent, insensibles à la peur  […]. Ils étaient résolus à la simple alternative soit de quitter la vie soit de venger l'ami."

Le jeune Aelfwine, fils d'Aelfric, par ses paroles, encouragea ses compagnons et poursuivit le combat. Alors qu'il venait de tuer"l'un des marins ennemis", Offa prit la parole à son tour. Il trouva les mots pour réconforter les hommes après le départ du fils d'Odda. D'autres guerriers prirent la parole et confirmèrent qu'ils se battraient jusqu'au bout. Ce qu'ils firent. Un à un, ils tombèrent suivant leur chef dans la mort.

 

 

Plainte de l'exilée

 

Ce court poème –cinquante-trois vers- fut rédigé dans la seconde moitié du X e siècle. L'interprétation en est délicate. Nous sommes en présence du thème de l'exil mais éprouvé par une femme.

LE TEXTE

 

"Ce chant que je dis est l'histoire de ma vie, chant de tristesse, ma propre aventure, […]. Je n'ai connu que tourment de mes expériences d'exil."

La jeune femme fut éloignée de son "seigneur" car les proches de ce dernier avaient conçu le dessein de les désunir l'un de l'autre. La jeune femme dût prendre le chemin de l'exil afin d'obtenir ailleurs protection.

Son seigneur lui demanda de vivre dans les bois. Elle prit alors conscience que "l'homme, [son] autre moi-même, était incapable de bonheur, il avait peine profonde, cœur silencieux, noirs desseins." Le bonheur et les promesses d'antan n'existaient plus.

 

Chaque jour, le chagrin de la jeune femme est profond dans ce monde où le temps s'écoule lentement. "Il me faut, de près ou de loin, souffrir de mon bien-aimé l'inimitié" déclare la jeune femme.

En forêt où elle vit désormais, l'exilée ressent cruellement "l'éloignement du maître."

Son chagrin lui enlève toute sérénité. Alors, l'exilée meurtrie ne peut qu'émettre des souhaits :

"Puisse cet homme jeune ne connaître que la douleur, roide pensée au cœur. Qu'il ait mine joyeuse mais intime chagrin. Qu'il éprouve d'infinies tristesses." Ainsi peut-être que cet homme éprouvera ce qu'elle éprouve.

"Malheur à qui, languissant de chagrin, doit attendre l'être aimé" conclut-elle.

 

 

Exaltation de la Croix

 

Ce poème, qui clôt l'ouvrage de textes en vieil anglais, est une hymne religieuse, épique et lyrique.

Ce poème de 156 vers se trouve dans le codex de Verceil.

Certains vers de ce poème sont gravés en runes, sur la croix de Ruthwell. Ce qui permet de dater ce texte d'avant la moitié du VIII e siècle.

Ce poème raconte l'apparition, à un homme endormi, de la Croix, Celle qui accompagna le Christ dans son supplice. L'héroïsme du Christ tient une place importante.

Sachez, enfin, que le culte de la Croix est attesté tout au long du Moyen Âge.

 

LE TEXTE

 

Le narrateur eut "au milieu de la nuit" un songe dont il veut nous faire part.

Il vit "un arbre des plus rares se dresser dans les airs enveloppé de lumière –bois de toute beauté." Cet arbre était couvert d'or et d'objets précieux. "Ce n'était point là, potence de criminel mais objet de contemplation pour les saints esprits, les hommes sur la terre, la création entière."

Sous l'or que portait cet arbre, l'homme remarqua des "traces de lutte et de malheur". Il éprouva alors de la tristesse et de la terreur "devant cette merveille."

Alors qu'il ressentait un profond trouble, l'arbre du Sauveur se mit à parler. Le bois de l'arbre raconta son histoire. Abattu en lisière de forêt, l'arbre devint "un public échafaud."

Puis il vit "le Maître de l'humanité avec la fougue d'un héros se hisser sans hésiter." Alors qu'il aurait pu "bousculer tous les ennemis", il n'intervint pas. Il fut témoin du supplice du Christ et en porta aussi les marques. Les hommes le "percèrent de clous noirs : les blessures en sont encore visibles, plaies béantes de la haine, mais [il] n'os[ait] riposter.

Le Christ mort, l'arbre éprouva une terrible tristesse.

Des hommes détachèrent le Christ de la croix et laissèrent ainsi la croix "ruisselant[e] de sang, percé[e] de mille coups."

Le corps du Christ reçut "une demeure souterraine non loin de l'instrument de sa mort."

 

Les autres croix furent alors abattues, puis enterrées "dans une fosse profonde." Mais la Croix qui avait porté le Christ fut revêtue d'or et d'argent.

Dorénavant, l'arbre sait que le moment est venu où les hommes l'honoreront et invoqueront son signe. C'est pourquoi, "l'Arbre de gloire" demanda à celui qui venait de faire ce songe, d'en faire part aux hommes et de leur porter le message d'espérance du Christ ressuscité et bienveillant.

 

Alors, l'homme qui avait vu en songe le bois de la croix, eut le cœur plein de joie. L'espoir fut plus grand. Avant de rejoindre un jour ou l'autre ceux de ses amis qui ont déjà quitté ce monde, l'homme se mit sous "la garde de la croix." Chaque jour sera celui qui conduira vers la croix du Seigneur qui vint sur terre pour libérer les hommes.

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