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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 10:14

Contes

 

La dernière partie du recueil, intitulée Contes, est composée de huit contes de longueurs diverses et de thèmes différents.

 

City of Benares

 

Le City of Benares, “trois mâts franc, devint un jour son seul maître après Dieu sous le ciel et la mer. » Il perdit son équipage sans que l’on parvienne à savoir ce qui était arrivé à ces hommes.

Le navire « n’était pas fait, quoi qu’il en soit, pour représenter, durant une existence, les intérêts de la maison Habburton and C° limited, d’Edimbourg […] avec l’espoir, à la fin de ses jours, d’une retraite aléatoire comme ponton embarcadère sur la Tamise, » car, hélas, le City of Benares eut une vie qui ne lui plaisait plus.

 

« Pendant tout un après-midi de calme plat, il somnola, dérivant doucement sur un courant inconnu, » puis il songea à d’autres horizons, c’est pourquoi, le City of Benares, dans sa naïveté de navire en bois, partit ainsi à la recherche du bout du monde. » Il navigua alors, « hors de tous les chemins battus du monde. » Après avoir traversé « des océans verts, des mers bleues, violettes, grises ou blanches, le City of Benares […] se rendit compte de la vanité de ses recherches, et que la terre n’est qu’une boule, légèrement aplatie –dit-on- aux pôles. » Il choisit de mourir « au large des Iles de la Sonde sur une mer très calme, » coulant ainsi par six mille brasses de fond.

 

Les Pétrels

 

« Les pétrels sont des oiseaux myopes, » ce qui permet de comprendre « l’entreprise hors du commun dans laquelle ils se jetèrent un jour sans raison valable. » Un soir, vers sept heures, quelques pétrels « se reposaient sur le sable tiède d’une plage peu fréquentée, » quand, soudain, le soleil fut sur le point de se coucher. Cela engendra une grande tristesse parmi les oiseaux. Au lieu de songer à dormir,  les pétrels « ne surent pas détourner leurs regards du soleil qui s’attardait indéfiniment à tous les détails du cérémonial prescrit à son coucher. »

Tout à coup, ils se mirent à courir jusqu’à la mer. « Là, toutes les ailes s’ouvrirent ensemble, » puis les pétrels volèrent fonçant « tout droit sur les vestiges éblouissants de la lumière. »

Rien n’arrêta le vol irréfléchi de ces oiseaux. « Ils s’élevèrent jusqu’aux régions de l’espace  d’où l’Océan s’arrondit et semble pacifié. » Puis la nuit tomba totalement, ce qui compliqua leur vol. Alors quelques oiseaux exténués « se détach[èrent] brusquement du groupe pour tomber » mais « rien ne put vaincre l’espoir têtu de la race ignorante et bornée. »

Ceux qui survécurent à cette aventure, n’ont toujours pas compris « comment le soleil, qu’ils poursuivaient depuis la veille, les surprit par derrière au lendemain matin. »

C’est pourquoi, les pétrels ont une étrange réputation.

 

La Mort de Sancho

 

Si l’on sait comment mourut Don Quichotte , il n’en est pas de même pour Sancho Panza.

 

Après la mort de son maître, Sancho Panza fut partagé entre la tristesse d’avoir perdu son maître et le bonheur de ne plus avoir à courir le monde.

Avec le temps, Sancho Panza retrouva une sérénité « exempt d’émotions inutiles. Il reprit , une à une, ses occupations rurales. »

De temps en temps, il rendait visite à la nièce de Don Quichotte. Parfois, sa femme demandait à ce que des travaux soient faits dans la maison, d’autres fois, sa fille lui demandait quand  elle pourrait s’établir. Quelquefois, c’est à son âne que Sancho Panza parlait.

Le temps passa. Des travaux furent faits dans la maison, la fille de Sancho Panza se maria et l’âne, compagnon muet de Sancho Panza mourut. « Mais son maître, qui le pleura, ne put jamais le remplacer. »

Quand Sancho Panza fut vieux, il resta chez lui. « Il plaça un banc de bois devant la porte, sur la grand’route, et se fit une occupation de regarder passer les hommes, les bêtes et les voitures. » Il parlait à qui voulait l’écouter.

Une nuit, il marcha « à travers la campagne, trébuchant contre les pierres, et pénétra jusqu’au milieu de la forêt. » Il parla comme si son ancien maître était toujours du monde. Soudain « il retomba sur la gazon. Tout porte à croire qu’il mourut sans souffrance, puisqu’il avait enfin connu la sagesse. »

 

Le Piano droit

 

Mademoiselle Cédéra devait déménager. Le jour choisi était un samedi mais l’heure n’avait pas été fixée. C’est pourquoi, mademoiselle Cédéra passa sa journée à attendre le voiturier. Quand, enfin, il arriva accompagné d’un autre homme, il faisait déjà nuit.

La demoiselle ayant bien peu de choses à emporter, elle fut vite installée. « Il ne restait plus que le piano droit, confié en bas à la vigilance du cheval triste. » Mais cet instrument, qui lui servait à dispenser ses cours, ne put être transporté au cinquième étage, à cause du peu « d’ampleur des tournants de l’escalier. » Le piano trouva refuge dans la loge en attendant le lundi suivant.

 

Muni de poulies, de cordes et de poutres, le piano fut levé « au rythme des « oh ! hisse ! » scandés par le concierge, » mais arrivé à la bonne hauteur, le piano « ne put pénétrer par l’orifice prévu et dut redescendre avec d’infinies précautions. »

Des travaux, durant lesquels « le professeur perdit une à une ses élèves de solfège, » furent réalisés. Quand enfin, l’ouverture fut assez grande, on monta le piano, mais la corde céda détruisant le piano dès qu’il toucha le sol.

Depuis mademoiselle Céréda est pensionnaire « d’une maison de santé du Loir-et-Cher » où elle prépare la fête annuelle musicale.

 

Les Matelots de la « Belle-Julie »

 

La Belle-Julie avait parcouru le monde et vécut des moments mémorables. On y buvait sec aussi. D’ailleurs, « le meilleur buveur de la corvette fut le commandant Bartus. »

Un jour, « une bourrasque imprévue » changea le destin de l’équipage. « La vergue sèche d’artimon se rompit et brisa le crâne du commandant Bartus, » le tuant sur le coup. « Il fallut pourtant procéder aux funérailles. Elles furent, selon l’usage, simples mais tragiques. » Cependant, comme le défunt « avait fait le serment à la veuve d’un avoué de Bayonne […] de revenir mort ou vif, à ses pieds, de l’autre bout du monde, » son cadavre fut plongé dans le dernier fût d’eau de vie du navire. Ce fait obligea l’équipage à boire de l’eau. Puis un jour, le cuisinier osa descendre  « dans la cale, un gobelet au fond de sa poche » afin de puiser le breuvage dans lequel avait été déposé le défunt commandant Bartus. Quand il remonta, il titubait, mais il était consolé. D’autres marins firent comme lui. Quand enfin, « le navire eut regagné son port d’attache, le fût était vide. »

Depuis, pour les hommes qui étaient allés sur ce bateau, qui avait vu mourir le commandant Bartus, aucun alcool ne valait « la cuvée du commandant Bartus. »

 

Entretien avec le diable

 

L’image du Diable varie en fonction des civilisations. Pourtant, « il ressemble à un professeur libre aussi bien qu’à un agent des ponts et chaussées. » D’ailleurs la première fois que le narrateur l’a rencontré à Paris, « il buvait un café noir sur le zinc d’un bar du quai de la Tourelle, vers onze heures du soir. »

Le narrateur ne se laissa pas, dans un premier temps, abuser par le Diable. Il refusa de jouer avec lui, resta insensible à ses flatteries et demanda d’arrêter toutes ruses avec lui.

Cependant, il ajouta que si le Diable parvenait à le distraire, il lui céderait son âme. Après avoir entendu quelles seraient les choses qui étonneraient le narrateur, le Diable se contenta de lui demander de se retourner juste avant de disparaître. C’est alors que le narrateur vit « deux lunes dans le ciel. » Mais en observant mieux, il réalisa que « la première des deux lunes marquait  exactement minuit. Elle n’était autre que le cadran lumineux de la gare de Lyon.

Voilà comment, un soir d’ivresse, j’ai vendu mon âme pour une pendule » conclut le narrateur.

 

L’Orage

 

L’orage approchait, cela se percevait à l’attitude des animaux. La population s’attendait aussi à voir l’orage éclater, mais rien ne venait pour le moment. Puis « un roulement s’entendit au loin. Non, ce n’était pas déjà le tonnerre. Un landau de louage qui revenait à vide d’une noce […] passa en tremblant de toutes ses vitres. »

A quelques pas de là, « mademoiselle Edith Tantamer, la fille cadette de l’huissier, » faisait de l’aquarelle. Il ne lui restait plus qu’à unir les trois œillets roses par un ruban, mais la jeune fille ne savait quelle couleur choisir. En plus, « les brusques dépressions barométriques » et « [l’]écolier du voisinage [jouant] « Cœur de tziganes » sur son violon » avaient une influence sur ses pensées. Son imagination la transporta ailleurs, puis « afin de détourner ses idées, elle ouvrit la croisée et remonta la jalousie. » Le vente tiède se leva, les grosses gouttes de pluie « s’écrasaient déjà, en bas, dans la poussière. »

L’enfant se pencha par dessus l’entablement de la fenêtre, s’exposant ainsi « à la fureur des éléments. »

« Car subitement l’orage creva, accompagné de bruit. […] L’averse ricochait sur les tuiles, débordait des gouttières engorgées, fouettait les vitres et traçait peu à peu de larges cercles humides au plafond des chambres de bonnes, sous les combles. »

La pluie mouillait son visage et la jeune fille adressa comme une prière à l’orage :

« Emporte sur tes ailes dévastatrices mon pauvre cœur brûlant et inassouvi destiné à d’autres aventures que le train-train de cette existence tranquille ! »

Soudain, la mère de l’enfant entra dans sa chambre et lui demanda d’aller mettre des vêtements secs pour venir dîner.

 

Mon ami le prophète

 

L’hiver arrivait humide et tiède. La pluie était là tout le temps si bien que « les rues ne ressemblaient plus à des rues. »

Tout ruisselait. Le spleen pesait sur la population.

 

Le narrateur habitait un appartement avec Baruch sur l’île Saint-Louis, rue Le Regrattier.

Pour parvenir jusqu’à leur appartement, il fallait « suivre tant de méandres compliqués et monter tant de marches inutiles, que la personne la mieux douée de l’instinct d’orientation, se fût trouvée, une fois parvenue à notre logis, absolument incapable de désigner les quatre points cardinaux. » C’est pourquoi, peu de gens venaient les voir. Peu de lumière entrait dans l’appartement.

Ayant plus que rarement les idées noires, les deux hommes eurent du mal, cet hiver, à se lever le matin. Les ténèbres persistèrent jusqu’à dix heures dans leur pièce. Ensuite, on pouvait voir les objets dans cette pièce où la consommation de bougies entamait considérablement leur budget, ce qui ne les empêchait pas de payer leur loyer.

 

Les deux hommes s’étaient connus à « l’automne précédent » dans la rue de Rivoli : une rencontre due au hasard. Le visage de Baruch, abîmé par l’alcool, provoqua une espèce de pitié. Alors qu’ils se faisaient face en pleine rue , ni l’un ni l’autre ne parvinrent à faire le moindre mouvement. Alors Baruch « posa sa main sur [son] épaule. »

Ils parlèrent, puis finirent par aller prendre un verre. Baruch évoqua ses parents, sa vie. Quand les deux hommes quittèrent l’estaminet, ils étaient devenus inséparables. Ensemble, leur quotidien ne fut pas toujours facile.

 

Avec le temps, le narrateur admira son « compagnon presque plus qu’[il] ne l’aim[a]. »

Baruch « vendait ses livres pieux avec une facilité déconcertante, » tandis que le narrateur avait du mal à vendre ses marchandises. Il faut dire que le narrateur manquait  de persuasion et était vite lassé.

 

Un après-midi pluvieux, alors que le narrateur était occupé à réparer sa bottine, une musique lui rappela le passé. Tout à coup, Baruch prit la parole. Il répéta de nombreuses fois les mêmes propos désespérés jusqu’à ce qu’il ait obtenu « dans sa diction un accent parfait de contrition et de désespoir. » Si Baruch s’adonnait à ce discours, c’était afin de réussir à gagner « une somme d’argent suffisante pour [les] aider à vivre pendant plusieurs semaines » grâce aux dons d’une « Israélite récemment convertie à la religion réformée. » Ceci dit, Baruch sortit et revint fort tard, un peu grisé, mais « vêtu de neuf. »

Le matin suivant, Baruch apprit à son ami qu’il avait « reçu quelque argent de sa bienfaitrice, » mais qu’il l’avait distribué aux mendiants rencontrés sur le chemin du retour.

Puis Baruch resta quelques jours à se reposer, buvant et chantant et sans doute réfléchissant.

 

Le projet de Baruch était « de fonder une religion nouvelle, avec l’aide de Dieu, bien entendu. » Le narrateur avait toutefois quelques doutes, car il estimait que leur époque « de cafés-concerts, d’aéroplanes et d’incrédulité »ne permettait pas la réussite de ce genre d’entreprise. Baruch, certain que « tout est permis aux esprits audacieux » pensait que la publicité les aiderait.

Baruch avait une vision globale de son projet. Il fallait « réunir d’abord un certain nombre de disciples qui pourvoiront à [leurs] besoins les plus urgents » en les choisissant dans les classes riches. Ensuite, il suffirait de leur prononcer « des paroles de vie et d’espérance. »

Dès le lendemain matin, le narrateur devrait se promener dans les rues, « une palme à la main, annoncer la bonne nouvelle à tous les carrefours. Baruch, quant à lui agirait de son côté.

 

Le narrateur obéit à Baruch et le matin venu, habillé d’un drap en guise de costume et muni d’une pancarte rédigée par Baruch, il erra « de bar en bar. » A l’heure du rendez-vous fixé par Baruch dans un bar, le narrateur ne vit que quelques personnes. Quand Baruch comprit que « le nombre de ses disciples » n’augmenterait pas, il prit la parole.

L’assistance « d’un accord unanime » se leva afin de « répéter avec gravité la prière que récitait Baruch. »

Ensuite, Baruch poursuivit en chantant « un cantique suggestif » composé par « un de ses anciens lieutenants de l’Armée du Salut. » Tout le monde reprit le refrain. Baruch s’adressa de nouveau aux gens. Habillement, il captiva son auditoire avec des citations « des deux Testaments et de l’Apocalypse. » Même le narrateur éprouva « une vénération tout à fait singulière et imprévue envers [son] banal camarade de chaque jour. »

Les paroles de Baruch firent réagir l’assistance : la femme du cabaretier avoua avoir trompé son mari plusieurs fois. Baruch eut des paroles apaisantes envers elle. Sur ce, le narrateur fit une quête qui fut fructueuse. Ensuite, Baruch promit de revenir le lendemain à la même heure afin de donner plus de détails sur sa doctrine.

 

En revenant chez eux, ils croisèrent un pauvre homme qui demandait l’aumône. Dès que Baruch eut prononcé quelques paroles apaisantes, le vieil homme « sauta de joie et s’en fut en gambadant comme un écolier. » La réaction de cet homme fait croire à Baruch qu’il pouvait réaliser des miracles. Le narrateur tenta de calmer l’enthousiasme de Baruch qui ne voulut rien entendre.

Ce soir-là, ils ne parvirent pas à s’endormir. Baruch était tout à ses certitudes. Il était persuadé de savoir faire des miracles et son ami ne comprenait pas cela.

 

Le lendemain de cette journée, Baruch fut interné dans un asile d’aliénés « où l’autorité laïque jugea bon de l’enfermer. » Régulièrement, le narrateur a rendu visite à Baruch, qui même en ces lieux, continuait d’avoir de l’influence sur ceux qui étaient autour de lui.

Le narrateur n’a jamais réussi à comprendre pourquoi Baruch ne put se guérir « d’un regrettable penchant pour les liqueurs fortes. » L’alcool « camphrée de l’infirmerie de l’asile » qu’il parvint à boire, lui coûta la vie.

FIN DE LA DEUXIEME ET DERNIERE PARTIE

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