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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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11 mai 2008 7 11 /05 /mai /2008 10:54

Source :
Qui a lu ou lit encore Frédéric Mistral ? Cet auteur considéré –sans doute à tort – comme un écrivain régional, reçut pourtant le prix Nobel de littérature en 1904, mais qui s'en souvient encore ?

Pourquoi a-t-on oublié Mireille, ce merveilleux poème composé de douze chants ? Même nos ouvrages scolaires ont oublié, entre autres, Frédéric Mistral. Redécouvrons-le !

 

Paru en 1906, Mes Origines retrace la vie de l'enfant de Maillane qui était alors âgé de soixante-quinze ans.

 

Grand défenseur de la langue provençale et de la culture provençale, Frédéric Mistral  écrivit tous ses textes en français –qu'il maîtrisait bien - et en provençal. Ce bilinguisme devrait plaire à tous ceux qui défendent l'apprentissage des langues dites régionales que peu d'entre nous savent encore comprendre.

 

Dix-huit chapitres composent cet ouvrage.

 

Mes Origines :

 

Frédéric Mistral naquit dans une vieille bastide nommée le mas du Juge, en face des Alpilles le 8 septembre 1830. Ses parents, des ménagers, "étaient de ces familles qui vivent sur leur bien".

 

Le père de Frédéric Mistral, veuf, s'était remarié à l'âge de cinquante-cinq ans avec Délaïde Poulinet, la fille du maire de Maillane, âgée de vingt-cinq ans.

 

L'enfance de Frédéric Mistral se déroule au milieu des siens. Parmi les membres de sa famille où le provençal était la langue de chaque jour, se trouvait l'aïeul maternel. Cet homme toujours de bonne humeur et insouciant a marqué l'enfance de Frédéric Mistral.

 

Derrière la demeure familiale, il existait "un fossé qui menait son eau à [un] vieux puits à roue." Cet endroit attira un jour Frédéric Mistral, encore petit, car de "belles fleurs jaunes qui se dressent en l'air comme des hallebardes d'or", poussaient là. Le désir de cueillir ses fleurs, qu'il nomme fleur de glais, le fit plonger trois fois dans la fosse au puits à roue. Mis au lit par sa mère après cette troisième chute, il eut une surprise à son réveil :

 

"Je m'éveille et que vois-je ! Une grosse poignée de fleurs de glais couleur d'or qui bondissaient sur ma couchette.

Lui-même, le patriarche, le Maître, mon seigneur père, était allé cueillir les fleurs qui me faisaient envie ; et la Maîtresse, ma mère belle, les avait mises sur mon lit."

 

Comme le rappelle Frédéric Mistral, "[son] enfance première se passa donc au mas, en compagnie des laboureurs, des faucheurs et des pâtres, […]." C'est au milieu de ces gens durs au labeur, mais farceurs que Frédéric Mistral vécut.

Parfois, la famille recevait de la visite qui ne s'exprimait qu'en français, ce qui déplaisait à l'enfant.

Il arrivait quelquefois que François Mistral, père du poète, évoquât sa jeunesse : "Engagé volontaire pour défendre la France, pendant la Révolution, il se plaisait, le soir, à raconter ses vieilles guerres."

Homme "fidèle aux anciens usages", François Mistral aimait à respecter la tradition de la "Bûche de Noël."

 

Le jour de la fête des Rois mages, les enfants du village allaient avec des offrandes à leur rencontre. Cette journée à laquelle participaient les adultes laisse Frédéric Mistral nostalgique :

"Qui me rendra le délice, le bonheur idéal de mon âme ignorante, quand, telle qu'une fleur , elle s'ouvrait toute neuve, aux chansons, aux sornettes, aux complaintes, […] que ma mère en filant cependant que j'étais blotti sur ses genoux, me disait, me chantait en douce langue de Provence […]."

 

Vient le moment de l'école…. "Vers les huit ans, et pas plus tôt –[…] – on m'envoya à l'école… pas plus tôt, Dieu merci !" Mais Frédéric Mistral ne rêvait que d'école buissonnière… comme beaucoup d'autres de ses camarades ! Il fallut trouver une solution pour qu'il soit plus assidu en classe.

 

Il fut alors mis en pension chez Monsieur Donnat à Saint-Michel de Frigolet. Cet homme "avait recueilli, dans son pensionnat, près de quarante enfants du voisinage, […]. Sur le tas, quelques-uns, […] s'acquittaient en argent ; les trois quarts payaient en nature, […]. En un mot, M. Donnat, avant la République démocratique et sociale, avait tout bonnement, et sans tant de vacarme, résolu le problème de la banque d'échange, […]." Malheureusement dans cet endroit magnifique, Frédéric Mistral ne put rester longtemps, car la générosité se heurta au manque d'argent. Le lieu fut racheté quelques années plus tard.

 

Les parents de Frédéric Mistral durent trouver une autre pension. Frédéric Mistral alla à Avignon chez M.Millet, rue Pétramale. Dans les années 1840, "le peuple d'Avignon, comme celui d'Aix et de Marseille et de, pour ainsi dire, toutes les villes de Provence, était pourtant, en général (depuis il a bien changé), regretteux de fleurs de lys comme du drapeau blanc. […]. Mais de croire que nos pères voulussent revenir au régime abusif d'avant la Révolution serait une erreur complète, puisque c'est la Provence qui envoya Mirabeau aux Etats généraux et que la Révolution fut particulièrement passionnée en Provence."

M.Millet "était fort bon diable." Il parlait parfois provençal.

Frédéric Mistral termina ses études en 1847 et reçut de nombreux prix.

 

A la rentrée suivante, Frédéric Mistral changea, une nouvelle fois, de pensionnat. Chez M. Dupuy, le provençal était à l'honneur. C'est d'ailleurs dans cet établissement que Frédéric Mistral fit la connaissance de Joseph Roumanille qui demeurera toujours un ami.

C'est d'ailleurs avec cet homme et d'autres par la suite, que Frédéric Mistral décida de redonner à la langue provençale, sa véritable orthographe et sa grammaire. Ensemble, ces hommes décidèrent d'instaurer quelques innovations qui ne furent pas approuvés par ceux qui déjà s'intéressaient à la langue.

 

Frédéric Mistral dut se rendre à Nîmes pour passer le bac. Il logea Au Petit Saint Jean où il fit la connaissance des gens avec lesquelles il discuta. Les épreuves durant plusieurs jours, Frédéric Mistral revit ces gens et leur apprirent qu'il était reçu, ce qui leur fit plaisir.

Frédéric Mistral revint à Maillane.

 

En février 1848, eut lieu la Révolution. Cet événement ne suscita pas la joie de la part du père de Frédéric Mistral. Il est vrai qu'il savait de  quoi il parlait :

"La République, je l'ai vue une fois. Il est à souhaiter que celle-ci ne fasse pas  des choses atroces comme l'autre. On tua Louis XVI et la reine son épouse : et de belles princesses, des prêtres, des religieux de braves gens de toutes sortes, on en fit mourir en France, […]. Pour défendre la République, il y eut la réquisition et la levée en masse."

Son fils ne fut pas de cet avis. : " Un enthousiasme fou m'avait enivré soudain pour ces idées libérales, humanitaires, que je voyais dans leur fleur : et mon républicanisme, tout en scandalisant les royalistes de Maillane, qui me traitèrent de "peau retournée", faisait la félicité des républicains du lieu […]."

Les événements de 1848 divisèrent la population, et ce, d'autant plus que le passé de cette fin de XVIII e siècle parlait encore à la plupart d'entre eux.

François Mistral essayait de faire comprendre à son fils ce qu'était la République. Si avant, tout n'était pas des plus heureux, la Révolution avait aussi apporté son lot d'horreurs. Frédéric Mistral se rendit compte que le jugement de son père était fondé : "Les journées de juin [1848] avec leur tueries, leurs massacres, épouvantèrent la nation. Les modérés se refroidirent, les enragés s'envenimèrent ; et sur mes jeunes rêves de république platonique une brume se répandit."

Les moissons arrivèrent, mais au grand regret de Frédéric Mistral, elles ne se déroulaient plus comme autrefois. "Tout cela à l'américaine, tristement, hâtivement, sans allégresse ni chansons, autour d'un fourneau de houille embrasée, au milieu de la poussière, de la fumée horrible, avec l'appréhension, si l'on ne prend pas garde, de se faire broyer ou trancher quelque membre."

La machine, qui peu à peu, prend la place de l'homme, ne parvient pas à séduire Frédéric Mistral. Gagner du temps ne lui semble pas important.

 

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

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