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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 10:52

Source
statuette équestre dite de Charlemagne, cathédrale de Metz (IXe siècle)
Paris, musée du Louvre © Lauros - Giraudon


Connue par neuf manuscrits, La Chanson de Roland est la plus ancienne des chansons de geste – du latin gerere employé au participe passé au neutre pluriel dont la forme est gesta ; gesta a le sens de "ce qui a été accompli" – qui soit parvenue jusqu'à nous.

 
Entre la fin du XI e siècle et le XIII e siècle – époque capétienne – cent cinquante chansons de geste ont été composées. Les trois plus anciennes sont La Chanson de Roland (recopiée entre 1140 et 1170), La Chanson de Guillaume (découverte en 1901, peut-être contemporaine de La Chanson de Roland, composée en tout cas avant 1150) et Gormont et Isembart (composé vers 1130 et en octosyllabes ; a pour sujet l'invasion d'une armée qui, venue d'Angleterre en 881, ravagea la basse Somme).
 
Rédigées en laisses assonancées –qui sont des unités narratives et formelles de longueurs variées – les chansons de geste sont, la plupart du temps, en décasyllabes. Il existe quelques chansons de geste en alexandrins et en octosyllabes.
 
Les thèmes abordés dans ces œuvres sont les exploits guerriers accomplis soit contre les Sarrasins, soit contre d'autres lignées féodales, soit contre un souverain (ce qui est le cas dans Renaud de Montauban).
 
S'inspirant de faits historiques transfigurés en légende par la tradition locale à laquelle s'ajoute une part de merveilleux, les chansons de geste mettent en scène des héros qui ont existé, comme dans La Chanson de Roland.
 
Rédigée en anglo-normand et composée de 4 002 décasyllabes répartis en 291 laisses inégales, La Chanson de Roland s'intéresse à l'un des épisodes de la vie de Charlemagne.
Le jeune roi Charles – il a alors trente-six ans - franchit les Pyrénées au printemps 778. Il désire soumettre Pampelune, ville chrétienne, et assiéger Saragosse. Mais un soulèvement en Aquitaine l'oblige à lever le siège et a laissé son arrière-garde revenir seule.
Le 15 août 778, l'arrière-garde est surprise dans les défilés par des montagnards basques qui tuent les soldats et pillent leurs trésors. Parmi les victimes se trouveraient le sénéchal Eggihard, Anselme, comte du palais et Roland, duc de la Marche de Bretagne.
 
Composée trois siècles après les faits, La Chanson de Roland prit quelques libertés avec la réalité. D'ailleurs le souci de vérité historique n'apparaît pas dans ces vers. Ici, c'est l'esprit féodale du XI e siècle qui anime ce poème : ardeur guerrière, fidélité au serment, la foi, l'abnégation, la confiance en Dieu y sont exaltées.
 
Roland, qui devient le neveu de Charlemagne, se voit accorder un rôle qu'il n'a sans doute jamais eu. Certains mêmes doutent de son existence. Roland a un compagnon d'arme, Olivier.
Ce simple franchissement des Pyrénées devient une croisade qui dure depuis sept ans.
Le piège tendu par les Basques devient une attaque menée par 400 000 Sarrasins. La trahison de Ganelon, beau-père de Roland, a permis cet affrontement. Mais Charlemagne venge son neveu et punit de mort Ganelon.
L'organisation de l'armée des Sarrasins est identique à celle de l'armée de Charlemagne. La seule différence de l'armée sarrasine tient en sa croyance en Mahomet que l'auteur ne perçoit pas comme appartenant à une religion monothéiste.
La Chanson de Roland laisse assez peu de place aux femmes et à l'amour. Dans cet univers surtout masculin, deux femmes apparaissent : Bramimunde, épouse du roi païen Marsile et Aude, future épouse de Roland qui meurt en apprenant sa disparition au combat.
 
Turold apparaît dans le dernier vers de cette chanson de geste, mais comment faut-il traduire le verbe declinet qui précède ce prénom ? Ce verbe, en effet, signifie "composer" –ce qui ferait de Turold l'auteur du poème-, "transcrire" –ce qui ferait de Turold un copiste- et "raconter" –ce qui ferait de Turold un jongleur-. S'il est impossible de connaître son identité, nous pouvons néanmoins dire que cet homme fut cultivé. Il semble qu'il connaissait quelques-uns des poètes épiques de l'Antiquité comme Virgile et Lucain et la Bible.
 
A la fin de quelques laisses apparaissent les lettres AOI. Il s'agit peut-être de l'indication d'une sorte de refrain ou de phrase instrumentale marquant l'intervalle entre les laisses.
 
L'HISTOIRE
 
Vers 1 à 813 : Charles est en Espagne depuis sept ans. Il a tout conquis sauf Saragosse qui est détenu par la roi Marsile "ki Deu nen aimet" (i.e. "qui n'aime pas Dieu").
Cependant, ce dernier, voyant Charles aux porte de sa ville, rassemble ses ducs et comtes, afin de savoir que faire pour éviter la honte et la mort. Il est décidé, sur la proposition de Blancandrin de Val-Fonde, qu'une délégation sera envoyée auprès de Charles pour lui remettre des branches d'olivier en signe de paix. Marsile deviendra le vassal de Charles et recevra la religion chrétienne.
 
Blancandrin, envoyé de Marsile, se présente à Charlemagne qui se trouvait en compagnie de ses hommes dans un grand jardin, et lui délivre le message trompeur de Marsile. Ce dernier offre des présents :"Urs e leüns, veltres enchaïgnez, /Set cenz cameilz e mil hosturs müez, / D'or e d'argent quatre cenz muls trussez, / Cinquante care que carïer ferez." (i.e. "ours, lions, et vautres dressés à la laisse, sept cents chameaux et mille éperviers mués, quatre cents mulets chargés d'or et d'argent, cinquante chariots dont vous ferez un charroi."). Marsile viendra donc et se convertira au christianisme.
 
Après avoir écouté Blancandrin, Charles convoque les siens et tient conseil avec eux. L'empereur expose ses craintes quant aux propositions de Marsile, car Charles sait "quels en est sis curages" (i.e. quel est son vrai dessein."). Roland, neveu de Charles, se souvenant des anciennes traîtrises de Marsile, déclare qu'il faut lui faire la guerre. Ganelon, le traître, affirme le contraire. Naimes, l'un des meilleurs vassaux, propose une sorte de compromis. Un baron doit être envoyé auprès de Marsile pour délivrer le message de Charles, mais qui envoyer ? Roland propose d'envoyer Ganelon, son beau-père avec lequel il ne s'entend pas. Charles accepte et donne le bâton et le gant à Ganelon qui échappe le gant, signe de mauvais augure.
 
Ganelon, vivement blessé, part armé de son épée, Murgleis. Il chevauche Tachebrun et arrive auprès de Blancandrin. Après quelques paroles, ils décident qu'ils chercheront à faire tuer Roland, puis se rendent auprès de Marsile.
 
Le message de Charles délivré à Marsile cause une vive colère de celui-ci, mais ses conseillers parviennent à le calmer.
Ganelon répète en le modifiant quelque peu le message de Charles et donne à Marsile la lettre de Charles. Ce que contient la lettre déplaît. Blancandrin parvient à convaincre le roi d'accepter de parler avec Ganelon.
 
Après avoir évoqué Charles, Ganelon indique comment ils pourront tuer Roland, bras droit de Charles. Sur ce, Ganelon jure, devant Marsile, trahison. Les païens le comblent de trésors et donnent ce qui avait été promis à Charles. Ganelon retourne auprès de l'empereur.
 
Lorsqu'il arrive devant Charles, Ganelon lui remet les clés de Saragosse et les trésors. Sa mission est un succès. Ganelon ajoute que Marsile "recevrat la lei que vos tenez" (i.e. "recevra la religion que vous observez.").
 
Les Français lèvent le camp et retournent vers "dulce France" (i.e. "France la douce"). Tandis que les Français sont sur le chemin du retour, "quatre cenz milie [Sarrasins] atendent l'ajurnee" (i.e. "quatre cent mille y attendent l'aube").
 
La nuit venue, Charles fait plusieurs rêves. Ganelon lui arrache sa lance et la brise violemment. Ensuite, alors qu'il est à Aix, deux animaux l'attaquent mais il est défendu par un chien de chasse.
 
Le matin venu, l'armée doit se remettre en marche. Charles demande alors qui sera à l'arrière-garde. Ganelon propose Roland, ce qui irrite Charles. L'empereur finit par accepter mais à contre-cœur. Roland refuse de prendre la moitié de l'armée de Charles. Il ne gardera que "vint milie Francs […] ben vaillanz." (i.e. ""vingt mille Francs bien vaillants."). Roland assure que tout se passera bien.
Plusieurs hommes se joignent à Roland pour être à l'arrière-garde. Les hommes se mettent en place.
 
FIN DE LA PREMIERE PARTIE

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