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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
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24 février 2008 7 24 /02 /février /2008 10:52

Source
Les ruines de Carthage


Homère eut une influence considérable non seulement sur l'Antiquité grecque mais aussi sur l'Antiquité latine. Considérées comme inimitables, l'Iliade et l'Odyssée restèrent longtemps seules en tant qu'épopées.

 
Les raisons de l'absence de nouvelles épopées dans l'Antiquité latine sont multiples.
D'abord, Rome vint plus tardivement que la Grèce antique à la littérature. Les peuples du Latium furent avant tout agricoles. Entre la fondation de Rome - dont la date traditionnelle est 753 avant notre ère - et la rédaction des premiers textes, comme le discours sénatorial d'Appius Claudius Caecus (280 avant notre ère), cinq siècles se sont écoulés.
Ensuite, Rome, par l'intermédiaire des Etrusques et d'hommes d'origines non romaines, est nourrie de la pensée grecque ainsi que de sa littérature. Il est donc normal que les textes des écrivains latins du III e et du II e siècles avant notre ère soient, en ce qui concerne l'épopée, des traductions et des imitations de ces modèles grecs, mais ils n'influencèrent pas beaucoup Rome plus attachée, à cette époque, aux annales pontificales (i.e. résumé des faits marquants de l'année écoulée).
Enfin à l'époque de Virgile, l'épopée n'avait plus la même faveur qu'aux siècles précédents. En effet, elle était jugée peu accordée à la modernité parce que trop longue.
 
C'est pourtant vers l'épopée que Virgile se tourna. Les prédécesseurs de Virgile furent peu nombreux. Naevius et Ennuis qui avaient choisi la légende d'Enée pour leur épopée, abordaient un sujet presque actuel : les guerres puniques. Il s'agissait de narrer les raisons de l'hostilité entre Rome et Carthage qui avait été détruite. Nous avons avec ces deux auteurs une épopée historique.
 
Virgile reprit cette légende qui flattait l'orgueil national mais il l'adapta à son époque. Pour cela il fallait satisfaire aussi bien les lettrés que ses contemporains. Son érudition lui permit d'offrir à ce poème les différents visages dont il avait besoin pour obtenir la renommée.
 
L'épopée virgilienne est d'abord une épopée savante. Le poète montre qu'il connaît bien les textes d'Homère ainsi que les Antiquités Romaines. Mais l'Enéide est aussi une épopée où passé et présent sont liés. Elle est donc à la fois mythique et historique. Grâce aux différentes légendes, Virgile explique l'origine des rites religieux encore pratiqués à son époque. Le poète, afin de mieux servir Auguste qui lui avait commandé cette épopée, rappelle les liens pseudo-familiaux entre Enée et la Gens Julia et célèbre à travers ce personnage la grandeur de Rome au temps de l'empereur Auguste.
Cette épopée aurait dû être détruite à la mort de Virgile. En effet, la tradition veut que Virgile exprimât ce souhait avant sa mort car il estimait son œuvre inachevée. Cependant, cette tradition cache peut-être quelque chose d'autre. L'Enéide est le fruit de dix années de travail durant lesquelles le pouvoir d'Auguste avait évolué. Sans doute que Virgile ne se reconnaissait plus dans ce pouvoir auquel il avait adhéré. Là est peut-être le vrai motif de la destruction demandée.
Quoi qu'il en soit l'Enéide de Virgile nous est parvenue et le but du poète fut atteint : donner à Rome l'équivalent de l'épopée d'Homère. Ce genre littéraire influença même considérablement les siècles suivants.
 
L'Enéide est composée de douze livres. 705 vers composent le livre le plus court, 952 pour le livre le plus long. Le poème est écrit en hexamètres dactyliques et comporte quelques vers inachevés que Virgile n'eut pas le temps de terminer.
 
Livre premier :
 
Le poète annonce le sujet du poème : Enée, le héros troyen, victime de Junon et du Destin et fondateur de Rome.
Il fait ensuite une invocation à la Muse.
 
Junon qui préférait Carthage à toute autre ville, avait appris que le peuple troyen détruirait la cité tyrienne. Ayant encore en mémoire le jugement de Pâris, Troyen qui avait préféré Vénus à elle et à Pallas, Junon empêchait les Troyens d'aborder le Latium.
Mécontente et déchirée par ce futur annoncé, elle se rendit auprès d'Eole, dieu des vents pour qu'il déclenchât une tempête afin de nuire aux Troyens. Elle fut obéie et la mer déchaînée par les vents malmenait les vaisseaux d'Enée. Celui-ci désespéré, songeait à ceux qui étaient tombés pendant la guerre de Troie et enviait leur sort. Les vents toujours puissants, finirent par détruire des navires.
 
Neptune, dieu de la mer, troublé par tant d'agitation, vint à la surface de l'eau, lorsqu'il vit le malheur des Troyens. Emu par leur épreuve, il calma la tempête que sa sœur avait provoquée.
 
Fatigués par ces événements, les Troyens parvinrent à gagner le rivage de la Libye. De toute la flotte, seuls sept vaisseaux avaient réussi à accoster. Tandis que des hommes préparaient de quoi se restaurer, Enée, parvenu au sommet d'un rocher, observait l'éventuelle arrivée d'autres navires et aperçut des cerfs qu'il visa.
Ayant tué plusieurs bêtes, il retourna auprès des siens et partagea la chasse. Pendant le repas, Enée consola ses hommes en leur parlant d'un avenir meilleur et ils songèrent aux navires perdus.
 
Jupiter, dont le regard était tourné vers la Libye, reçut la visite de Vénus, mère d'Enée. Inquiète de tant de malheur, elle en demanda la cause à son père et l'interrogea sur l'avenir promis pour Rome. Jupiter donna un baiser à sa fille et lui confirma le destin prochain de la Ville aux sept collines en lui révélant ce qui arriverait.
Jupiter, afin de permettre aux Troyens un accueil favorable, envoya Mercure, le fils de Maia auprès des Carthaginois.
 
Décidé à explorer les environs pour savoir où ils étaient, Enée cacha sa flotte et partit avec Achate. Sur le chemin, le mère d'Enée leur apparut – sans se faire reconnaître- pour leur demander s'ils n'avaient pas aperçu sa sœur. Enée qui reconnut en elle une divinité mais pas sa mère, l'interrogea sur le lieu où ils se trouvaient. La déesse le leur apprit et en quelques mots, leur raconta l'histoire de Didon partie de Tyr pour échapper à son frère Pygmalion, meurtrier de son mari, Sychée. A la fin de ce récit, Vénus le questionna sur sa patrie d'origine. L'émotion ressentie par Vénus lors de la réponse de son fils, la lui fit interrompre. Elle indiqua à son fils ce qu'il devait faire et disparut au milieu de parfums divins. Ayant reconnu sa mère, Enée lui reprocha cette ruse et lui obéit en se rendant dans la ville.
 
Entourés d'un voile divin, Enée et son compagnon parvinrent dans la cité en construction qu'Enée admira. Dans un bois sacré, situé au milieu de la ville se trouvait un temple richement décoré de Junon, construit par Didon. Sur les murs, des tableaux représentaient l'histoire des malheurs de Troie. Emu au point de pleurer, Enée n'eut plus de crainte quant à l'hospitalité carthaginoise et continua de regarder les tableaux. Pendant ce temps, Didon et sa suite entrèrent dans le temple où elle rendait la justice et établissait les lois. Toujours entourés d'un nuage divin créé par Vénus, Enée et Achate n'étaient aperçus par personne mais virent certains de leurs compagnons perdus en mer. Troublés par ce retour inattendu, ils écoutèrent l'un de leurs compagnons, Ilionée, s'adresser à la reine. Déclarant qu'ils venaient dans la paix et narrant meurs malheurs, Ilonée demandait simplement l'hospitalité, le temps de remettre les vaisseaux en état et de retrouver Enée, leur roi (ils n'avaient pas abordé au même endroit de la Libye). Didon les rassura et leur dit qu'elle connaissait leur histoire. S'ils le désiraient, ils pourraient même s'établir ici, son pays devenait le leur. Rassurés par ces propos, Enée et Achate sortirent de leur divin nuage pour adresser leur profonde reconnaissance à Didon qui confirma ses paroles.
 
Alors qu'elle faisait entrer Enée dans son luxueux palais, Didon fit parvenir aux hommes restés sur le rivage de nombreuse bêtes. Enée envoya Achate auprès de son fils Ascagne afin que celui-ci vienne le rejoindre chargé de présents pour la reine.
 
Vénus, craignant un nouveau stratagème de Junon contre Enée, s'adressa à Cupidon, son autre fils. Il devait prendre l'apparence d'Ascagne , fils d'Enée que l'on cacherait pendant son sommeil, le temps de la supercherie, et souffler sur la Carthaginoise un feu secret qui la rendrait amoureuse pendant qu'elle embrasserait le faux Ascagne. Après avoir endormi et caché le fils d'Enée, Cupidon se dirigea vers Carthage portant les présents destinés à Didon, en compagnie d'Achate. Le banquet se mettait en place lorsque le faux Ascagne (Cupidon) arriva. Les riches présents furent admirés et Didon qui embrassa l'enfant, reçut le souffle de dieu qui peu à peu lui fit oublier son défunt mari Sychée. Après le repas, des libations furent faites et Didon qui interrogeait son hôte sur les personnalités de Troie, lui demanda le récit de ce passé.
 
Livre deuxième :
 
Entouré de la cour de Didon et des siens, Enée fit le récit de la guerre de Troie. (Ce récit s'étend sur les livres deuxième et troisième).
 
Alors qu'ils simulaient leur départ, les Grecs se cachèrent derrière une île et abandonnèrent un énorme cheval de bois dont le ventre contenait leurs guerriers. Les Troyens, après plusieurs années d'enfermement dans leur cité, sortirent enfin de leur demeure et leurs yeux se tournèrent vers le cheval. Le ferait-on entrer dans la cité ou pas ?
Malgré la mise en garde de certains, le peuple de Troie mit son sort entre les mains d'un faux prisonnier dénommée Sinon. Sur la demande de Priam, cet homme expliqua le rôle de ce cheval géant : ayant par sacrilège souillé le temple de Pallas, les Grecs devaient se racheter en construisant ce cheval qui ne pouvait entrer dans les murs de Troie. Lorsque le peuple apprit que Laocoon, opposé à l'entrée du cheval, venait de mourir, il interpréta faussement cet événement et entreprit de faire pénétrer le cheval dans la ville. Une fois qu'il fut dans la cité, les Grecs surgirent du ventre de l'animal et semèrent la mort. Enée, dans un songe, vit apparaître Hector qui lui dit de partir avec les objets sacrés et ses Pénates afin de fonder une nouvelle ville . Mais Enée qui avait été rejoint par Panthus, porteur des richesses troyennes, appela ses hommes à se battre. Ils furent d'abord victorieux. Armés des insignes des Danaens (Grecs), que les Troyens avaient pris à quelques-uns des vaincus, Enée et ses hommes continuèrent leur bataille.
 
Du temple de Minerve, les Grecs évacuaient la fille de Priam, Cassandre, dont ils avaient fait leur prisonnière. Trompés par les armes ravis à l'ennemi, les Troyens ne furent pas reconnus par leurs hommes tout de suite, alors qu'ils tentaient d'intervenir en la faveur de Cassandre. Au lever du jour, la ruse d'Enée ne marcha plus et la mort arriva parmi les troupes.
 

Les bruits provenant du palais de Priam obligèrent les Troyens à porter secours à ses habitants. Seul, Enée parvint à se rendre à l'intérieur du palais par une porte secrète. La bataille se poursuivit mais la vaillance troyenne ne suffit pas à renverser la situation. Priam et sa famille moururent sous les yeux d'Enée. Hors de lui, il s'apprêtait à tuer un traître quand sa mère intervint. Enée devait quitter Troie avec son père et les siens. Anchise, père d'Enée, se décida à partir. Sur le chemin de la fuite, Enée perdit sa femme, Créuse, qui lui apparut pour lui annoncer un avenir merveilleux mais sans elle.

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