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Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 11:31


Ecrit soit vers 730-750, soit vers l'an Mil, Beowulf est le plus ancien des longs poèmes rédigés en vieil-anglais d'avant la Conquête normande de 1066 qui nous sont parvenus. Beowulf représente un dixième du corpus de poésie vieil-anglais. Composé de 3 182 vers, ce poème d'un auteur anonyme nous est connu par un seul manuscrit, conservé aujourd'hui à Londres, à la British Library. Archivé sous la cote Cotton Vitellius A.xv., il comporte deux codex. Beowulf se trouve dans le second sous le nom de Codex Nowell, du nom de Laurence Nowell, homme du XVI e siècle qui écrivit son nom au recto du premier feuillet de cet ouvrage.

 
L'écriture révèle que deux scribes ont (re)copié ce poème. Les paléographes estiment que l'écriture utilisée date des environs de l'an Mil, ce qui ne veut pas dire que la composition du poème date de cette époque.
 
Alors que le poème est écrit dans le dialecte west-saxon tardif des Xe-Xie siècles, sa matière est scandinave. En plus comme toute la littérature vieil-anglais, ce poème est chrétien. L'évangélisation des Anglo-saxons qui commença au VII e siècle, fut plus tardive en Scandinavie encore païenne au IX e siècle. Cependant l'Eglise et le Christ ne sont pas évoqués dans cette société païenne où l'incinération –condamnée par l'Eglise jusqu'au XX e siècle- est pratiquée couramment. Nous avons un prince païen à la conduite chrétienne.
 
L'archéologie a confirmé quelques éléments décrits dans le poème. Ainsi les tertres funéraires de Sutton Hoo situés à cent trente kilomètres de Londres ont livré des nombreux objets comme des armes de Suède, une petite harpe, coupes et plats… Le palais du roi Hrothgar – assez grand pour recevoir tous les guerriers - décrit dans le poème fait songer au complexe de Yeavering, situé au nord de l'Angleterre. Il en est de même pour les bateaux évoqués dans le poème et les différentes pièces qui composent une armure.
 
Nous savons grâce, entre autres, à Grégoire de Tours que Hygelac mourut lors d'un raid malheureux à l'embouchure du Rhin entre 520 et 530. Par contre, les autres hommes, nommés dans le poème, nous sont pratiquement inconnus, même si certains d'entre eux apparaissent dans d'autres textes.
 
Beowulf, "le loup des abeilles", c'est-à-dire, l'ours est le héros qui donne son nom à ce poème héroïque. Ce poème est donc aussi une espèce de manuel du Prince, une sorte de traité politique. Ici se trouvent l'exaltation de la vaillance guerrière, la loyauté vassalique, la justice et le droit.
Beowulf doit combattre. Il le fait trois fois dans sa vie. La dernière bataille, alors qu'il est vieux, lui coûtera la vie.
 
Le poème permet de connaître certaines coutumes ou usages de cette période. Les exemples sont nombreux. La société est fortement masculine. Tous les hommes reçoivent un prénom porteur de sens, ce qui n'est pas le cas de toutes les femmes. Certaines d'entre elles sont désignées par rapport à leur époux (femme de…) ou par rapport à leur père (fille de…). Elles sont assez peu présentes dans le poème, juste à l'occasion des banquets. Elles sont évoquées dans certains récits, notamment lors de mariage politique. Cette pratique courante au Haut Moyen Age est présentée dans la poème comme inefficace, puisque de là naissent d'autres conflits.
La boisson (l'hydromel la plupart du temps ) tient un rôle important dans cette société. Elle permet de sceller solidarité et engagement. Elle est souvent servie par une femme au début d'un banquet. Par contre, la nourriture n'est pas évoquée. Seul l'ogre mange, mais il s'agit de chair humaine.
Les armes ont une généalogie et se transmettent de génération en génération. Les épées portent parfois des noms.
La vengeance au Haut Moyen Age est un devoir naturel. Cette pratique est courante, mais il arrive parfois qu'elle ne puisse être accomplie. Dans le poème, un ogre tue un homme, la compensation ne peut existe. Toutefois, même si les ogres ignorent les lois et les armes, la mère de Grendel vient venger la mort de son fils.
 
Le narrateur signale sa présence à plusieurs reprises dans le poème, souvent au moyen de cette phrase "d'après mes sources".
 
L'ouvrage propose le texte en vieil-anglais, ce qui peut être intéressant. Vous aurez quelques surprises si, par curiosité, vous décidez de plonger dans le vieil-anglais. Vous retrouverez bien peu de mots actuels.
La lecture du poème est parfois délicate, mais en fin d'ouvrage vous trouverez des tableaux généalogiques et un répertoire des noms propres, ce qui vous aidera.
 
 
Le poème :
Vers 1 à 193 :
Les Danois, sous le règne de Scyld, ont connu puissance et renommée. Ce roi eut un héritier prénommé Beowulf dont l'aura se répandit dans toute la Scandinavie.
Après un long règne, le roi Scyld mourut. Les funérailles de cet homme, qui encore nourrisson avait été trouvé dans une barque à la dérive, furent somptueuses. Le roi fut placé "au sein d'un vaisseau […] près du mât. Maint trésor venu de très loin, maint objet de prix l'accompagnèrent."
Beowulf régna à son tour "en souverain aimé, pendant des longues années." Il eut un fils, Healfdene, "qui toute sa vie, […], gouverna les Scyldiens heureux". Quatre enfants lui naquirent : "Heorogar et Hrothgar ainsi qu'Halga le Bon" et une fille, épouse du roi Onela.
Le deuxième fils, Hrothgar, après avoir remporté plusieurs combats, fit construire un magnifique et grand palais aux parois ornées de bois de cerf. Des festins avaient lieu en ces murs où récompenses étaient offertes par le roi à ses compagnons. Les temps troublés seraient pour plus tard.
Cette vie plaisante eut un terme. Un ogre du nom de Grendel, jaloux des festins des hommes fidèles au souverain Hrothgar, sema la mort parmi eux. Chaque nuit, alors que le festin avait pris fin, Grendel, être maudit, sauvage et sanguinaire" se rendait au palais d'où il emportait des hommes endormis avec lesquels il regagnait son repaire. Le carnage de Grendel est immense. La peur força les convives à ne plus rester la nuit dans le palais après chaque festin. Le demeure finit par être déserte, car ces massacres durèrent "douze hivers." Dans les environs, tout le monde savait que le roi Hrothgar, trop vieux pour se battre, était victime des attaques répétées de Grendel. Les massacres successifs de Grendel obligèrent les conseillers à chercher une solution. Païens, "ils célèbrèrent dans leurs temples, des cultes à leurs idoles," mais en vain.
 
Vers 194 à 661 :
Hrothgar ne parvenait plus à mettre fin au ravage de Grendel. Lorsque Beowulf, un Gaut (habitant du sud de la Suède actuelle) apprit cette nouvelle, "il se fit armer un solide vaisseau de mer." Quatorze hommes, "les plus motivés qu'il pût trouver," se joignirent à lui. Ils prirent la mer et arrivèrent facilement à destination.
Aperçus rapidement par "la sentinelle des Scyldiens chargée de garder les falaises," les hommes de Beowulf furent interrogés par l'officier de Hrothgar afin de savoir d'où ils venaient et pourquoi ils étaient venus.
Beowulf, fils d'Ecgtheow, répondit que lui et ses compagnons étaient de la race des Gauts et qu'ils étaient venus aider le peuple danois et son roi à combattre un tueur dont la terreur avait franchi les frontières. Tandis que leur bateau était surveillé, ils furent conduits auprès roi, Hrothgar.
Armés de leur équipement, les hommes se rendent à pied au palais. L'officier du roi Hrothgar, Wulfgar, vint les interroger sur leurs intentions. Beowulf prit la parole et annonça qu'il souhaitait voir Hrothgar afin de lui faire part de son intention de combattre Grendel.
Wulfgar se rendit auprès de Hrothgar et lui fit part du message de Beowulf. Le roi répondit qu'il connaissait cet homme depuis son enfance. La réputation de combattant de Beowulf était venu jusqu'au roi Hrothgar qui envoya chercher le jeune homme. Arrivé auprès du roi Hrothgar, Beowulf s'exprima. Ayant appris par "les dires des gens navigateurs" que des massacres avaient lieu au palais de Hrothgar la nuit tombée, Beowulf était venu combattre sans épée, ni bouclier cet ogre afin de le supprimer.
Etant intervenu au début de son règne en faveur d'Ecgtheow, père de Beowulf, après un combat, Hrothgar avait obtenu la reconnaissance de cet homme. Il reçoit son fils avec plaisir.
Hrothgar évoque avec tristesse les pertes humaines infligées par Grendel et l'impuissance de ses hommes face à cet ogre. Dans la grand-salle où tout le monde est attablé, Beowulf fait part de son projet.
Envieux de Beowulf, Hunferth prit la parole. Il critiqua Beowulf qui lui répondit sur le combat contre Breca qu'il avait remporté. Beowulf ajouta que : "De toi je n'ai pas entendu conter pareilles aventures, duels périlleux." Tout en mettant en doute son statut de guerrier, il déclara que lui irait affronter Grendel.
Hrothgar vit en Beowulf le combattant idéal. L'épouse de Hrothgar, Wealhtheow, "parée d'or", offrit "la coupe d'abord au gardien de la terre ancestrale des Danois-de-l'Est." Vint le tour de Beowulf qui reprit la parole afin de rappeler ce qui l'attendait : vivre ou mourir.
Le festin achevé, Hrothgar les guerriers quittèrent la grand-salle, laissant Beowulf avec ses hommes dans ce lieu.
 
Vers 662 à 824 :
Beowulf, le chef des Gauts, confiant dans sa force physique, "don de la Providence", ôta sa tunique et son heaume. Sachant que Grendel ne pouvait se battre avec des armes, Beowulf estima qu'il devait l'affronter à mains nues. Tandis que ses compagnons trouvèrent le sommeil, Beowulf veilla.
Grendel arriva dans le palais, comme il le faisait depuis douze ans déjà. Il parvint à la grand-salle pour la dernière fois. Beowulf l'observa et le vit tuer puis dévorer un guerrier endormi.
Le second individu que Grendel saisi, fut Beowulf. L'ogre comprit aussitôt qu'elle était la force de son ennemi. Le combat fut rude et bruyant. Grendel, gravement blessé, prit la fuite. Beowulf avait réussi à lui arracher un bras.
L'espoir des Danois était enfin réalisé. Beowulf avait triomphé de Grendel, mangeur d'homme.
 
 
 
 

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