Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

Présentation du Blog

Bienvenue sur ce blog !
 
Vous allez pouvoir plonger dans le monde des Lettres. Comme il n'est pas de littérature, quels que soient le pays et l'époque, hors du temps, vous pourrez aussi trouver des points de repères dans différents domaines : histoire, peinture, sculpture, musique, architecture, et tant d'autres encore…
 
Une place accordée aux nouveautés de tous pays ne fera pas oublier les textes plus anciens, voire très anciens. Vous pourrez découvrir ou redécouvrir non seulement les textes de l'Antiquité mais aussi ceux du Moyen Age. Les époques suivantes ne sont pas laissées de côté. Au milieu des textes devenus des classiques –comme le veut la formule- vous ferez peut-être d'heureuses découvertes… Vous voyagerez, je l'espère, ici et là dans des univers auxquels vous n'aviez pas encore songé…
 
Vous trouverez aussi des informations sur la langue française. Il ne s'agit pas d'un travail universitaire, mais simplement d'éléments qui permettent de rendre compte des différents états d'une langue.
 
Si vous avez envie de poursuivre, alors venez papillonner et j'espère que vous trouverez votre bonheur et que l'envie de lire sera au rendez-vous !
 
Je vous invite à partager tout cela !

Recherche

Archives

Pages

22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 10:02

Comme la plupart des textes du Moyen Age, ce roman a laissé son auteur dans l'ombre. Ce texte est visiblement de la fin du XII e siècle, mais pas de certitudes à ce sujet. Ce roman peut être plus ancien que la date retenue ou plus récent.

Ce court roman est l'histoire d'un destin, celui de Robert. Mais qui fut vraiment Robert dit le Diable ? Certains pensent qu'il s'agit de Robert I le Magnifique, père du futur Guillaume le Conquérant, mais là encore pas de certitudes. Il est vrai que le prénom de Robert fut courant parmi les ducs de Normandie.
 
Sans doute, serez-vous un peu surpris par ce roman, si vous lisez peu de textes médiévaux. Dieu y tient une place importante, la civilisation médiévale croit profondément et bâtit son univers autour de cette croyance. Les Turcs dont il est question ici, sont considérés comme étant polythéistes. Visiblement le monde médiéval considère que les Musulmans ont plusieurs dieux.
Les personnages qui se trouvent dans le roman, pleurent et pleurent beaucoup. Hommes et femmes versent des larmes sans que cela apparaissent comme un signe de faiblesse. D'ailleurs dans d'autres textes médiévaux vous verrez d'autres personnages pleurer.
C'est donc un univers très différent du nôtre dont il est question ici mais cet univers a fait parti de notre histoire…
 
L'histoire :
Un duc de Normandie fort brave épouse la fille d'un comte de bonne famille. Le couple vécut pendant dix-sept ans sans parvenir à avoir d'enfants. Désespérée de n'avoir été entendue par Dieu, la duchesse demande au Diable de faire d'elle une mère. Ce qui fut fait. Un garçon prénommé Robert vient au monde. Tout de suite, il est tyrannique ! En grandissant, il est encore plus méchant : "[…] il tuait, frappait, blessait tous ceux qui se trouvaient sur son passage." D'une grande taille et à la force herculéenne, Robert terrorise tout le monde. Banni par les siens, il trouve refuge dans la forêt où il rassemble autour de lui de nombreux brigands. Ses méfaits parviennent à être connus de ses parents. La mère alors propose de faire son fils chevalier. Ce qui fut fait le jour de la Pentecôte, mais cela n'empêche pas Robert de commettre d'autres méfaits. Finalement, Robert s'interroge sur son attitude. Il parvient à faire avouer à sa mère l'histoire de sa naissance. Robert décide alors d' "aller sans plus attendre chez le pape, afin de recevoir une dure pénitence pour les méfaits et les monstrueux péchés qui [l'] ont souillé."
Arrivé à Rome, il doit faire preuve d'une certaine imagination afin de pouvoir rencontrer le pape. Après son entrevue avec ce dernier, Robert doit se rendre dans la forêt auprès d'un ermite à qui il donne la lettre rédigée par la pape. L'ermite apprend à Robert quelles sont les pénitences à accomplir pour échapper au diable : se faire passer pour fou, garder toujours le silence et arracher sa nourriture aux chiens.
Ayant pris connaissance de cela, Robert quitte l'ermite. Il réussit à se faire passer pour fou en errant sur les chemins et parvient à trouver refuge chez l'empereur de Rome. Cet homme, père d'une fille magnifique mais muette, a toujours refusé de donner son enfant en mariage à son sénéchal qui, heurté par ce refus, lui fait souvent la guerre.
Robert passe ainsi dix ans auprès de l'empereur qui refuse que l'on fasse le moindre mal à son fou.
Régulièrement, le sénéchal fait la guerre à l'empereur. L'affaiblissement du peuple romain finit par être connu jusqu'en Asie Mineure et en Perse. Les habitants de ces contrées décident alors de profiter de cette occasion pour venir faire la guerre et reprendre ce qu'ils avaient perdu voilà plusieurs années en terre romaine.
Lorsque la guerre commence, Robert se désespère de ne pouvoir prendre part au combat. Auprès de la source du jardin de l'empereur, il implore Dieu qui l'exauce. Armé comme un guerrier, il arrive revêtu de blanc sur le champ de bataille et parvient à mettre les armées ennemies en déroute. Il s'éclipse à la fin du combat et rend son armement procuré par Dieu. Ce mystérieux chevalier, admiré par tous, est recherché, en vain.
Pourtant la fille de l'empereur qui a été témoin de le scène de lamentations de Robert que tous croient fou et de sa participation au combat, ne parvient pas à faire admettre que c'est lui le héros et lui seul. Ses propos traduits par une nourrice ne sont pas considérés comme vrais.
A peine, les Turcs et leurs alliés ont-ils quitté le sol romain pour regagner leur terre, qu'ils décident de revenir en Italie pour se venger de la disparition des leurs lors de ce terrible combat. Une deuxième guerre a lieu. Robert y prend part comme il a pu le faire la première fois, la jeune fille muette est de nouveau témoin de l'action de Robert mais comme la première fois, ses propos ne sont pas crus.
Lorsque les Turcs reviennent une troisième fois en Italie pour se battre, l'empereur met en place un piège afin de capturer ce mystérieux chevalier que chacun aimerait connaître et qui part en prenant toujours le même chemin le combat terminé. Le plan échoue. Robert a pu s'échapper, mais il est gravement blessé. Il se lave de ses plaies auprès de la source du jardin de l'empereur et retourne se cacher avec les chiens comme il le fait depuis qu'il vit ici.

Afin de connaître l'identité du sauveur de Rome sans avoir à le capturer, l'empereur prend une autre initiative. Le chevalier, blessé et de blanc vêtu, qui sera capable de prouver qu'il est celui qui a combattu pour le défense de Rome, aura la main de sa fille. Le sénéchal qui désire plus que tout épouser la fille de l'empereur, se blesse gravement et se rend au château de l'empereur habillé de blanc. Alors qu'il est sur le point d'être cru, la jeune fille retrouve la parole et dit toute la vérité. Elle apporte la preuve de ce qu'elle vient de narrer. Ce miracle – la parole retrouvée - provoque joie et bonheur. L'empereur offre sa fille en mariage à Robert, mais celui-ci refuse. Il ne veut pas non plus retourner sur sa terre natale en danger pourtant selon les paroles des quatre hommes de Normandie présents dans l'entourage de l'empereur. Il quitte Rome en compagnie de l'ermite qui lui avait fait faire pénitence. Il passe le restant de sa vie loin de tout. Quand il meurt, son corps est ramené à Rome et enterré à Saint-Jean-de-Latran. Quelques années plus tard, les restes de Robert sont emportés par un puissant seigneur du Puy qui fonde une abbaye connu sous le nom d'abbaye Saint-Robert.

Partager cet article

Repost 0

commentaires